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Mauritanie · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Mauritanie : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
La convention de sécurité sociale entre la France et la Mauritanie, en vigueur depuis 1967, ne contient aucune règle de coordination pour la maladie-maternité : la carte Vitale ne fonctionne donc pas sur place. Le salarié local est couvert par la CNAM, le salarié détaché peut rester au régime français sous conditions, et le retraité ou l'indépendant choisit entre la CFE et une assurance internationale. La CFE rembourse sur des barèmes propres au pays de soins, l'assurance au premier euro rembourse les frais réels dans ses plafonds, et le touriste s'appuie sur un contrat d'assistance. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille les postes de soins.
- Convention franco-mauritanienne de 1965 (en vigueur depuis 1967) : aucune disposition de coordination pour la maladie-maternité (CLEISS).
- CNAM : 67 % pour les médicaments, 80 % à 90 % pour les consultations, 90 % pour l'hospitalisation, 100 % pour les évacuations sanitaires (CLEISS).
- Détaché : remboursement des soins sur factures acquittées avec le formulaire S 3125c, sans cotisation supplémentaire (CLEISS).
- CFE : offres MondExpat, JeunExpat et retraités selon l'âge et le profil, tarif sur devis ; prise en charge immédiate si l'adhésion a lieu avant le départ ou dans les 3 mois.
- Retour en France : carence de 3 mois en principe, avec maintien gratuit de la CFE pendant 3 mois.
- Retraité : cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire lors d'une prise en charge française.
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Le principe : quatre payeurs possibles, aucun automatisme
La convention bilatérale franco-mauritanienne de 1965 coordonne l’invalidité, la vieillesse-survivants, les accidents du travail et les prestations familiales. Elle ne coordonne pas la maladie-maternité : le CLEISS le précise pour l’expatriation, en indiquant que les membres de la famille restés en France ne perçoivent aucune prestation maladie ou maternité du fait de votre travail en Mauritanie. Ni totalisation des périodes ni prise en charge croisée : c’est le statut qui désigne le payeur.
Quatre acteurs peuvent intervenir : le régime mauritanien (CNAM pour les salariés, CNASS pour les non-salariés), le régime français maintenu pour un salarié détaché, la CFE et une assurance santé internationale. L’ambassade de France rappelle que l’État français ne prend pas en charge les frais de santé des Français à l’étranger. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les offres. Le fonctionnement du réseau de soins est présenté sur la page système de santé.
Salarié en contrat local et salarié détaché
Le salarié en contrat local est affilié par son employeur à la CNSS et à la CNAM. Selon le CLEISS, la CNAM rembourse 67 % du prix des médicaments, 80 % des consultations dans le privé et 90 % dans le public, 90 % de l’hospitalisation, et 100 % des évacuations sanitaires, de l’hémodialyse et des affections de longue durée. Le conjoint et les enfants jusqu’à 21 ans sont ayants droit. Les soins doivent être réalisés chez un prestataire conventionné par la CNAM. Une complémentaire privée ouvre l’accès direct aux cliniques privées et à l’évacuation vers l’étranger. Voir le glossaire du contrat local.
Le salarié détaché reste, sous conditions fixées par la convention, affilié au régime français. Le CLEISS indique qu’il conserve alors la couverture des soins reçus en Mauritanie sans cotisation supplémentaire, qu’il adresse les factures acquittées à sa caisse d’affiliation avec le formulaire S 3125c et qu’il doit envoyer l’avis d’arrêt de travail dans les 48 heures. Les tarifs mauritaniens pouvant dépasser les tarifs français, une complémentaire adaptée au pays est recommandée. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
Indépendant, nomade numérique et étudiant
L’indépendant ou le nomade numérique ne bénéficie ni de la CNAM ni de la CNSS pour la vieillesse, les accidents du travail et les prestations familiales. La CNASS, assurance maladie volontaire lancée en septembre 2023, s’adresse aux non-salariés en famille de six personnes minimum ou en groupe, avec une carence de 2 mois et un parcours de soins coordonné. Pour un indépendant français, la CFE ou une assurance internationale reste la solution la plus lisible ; voir l’assurance nomade digital.
L’étudiant n’a pas de régime obligatoire sur place. Avant 30 ans, la CFE propose l’offre JeunExpat (tarif sur devis) ; une assurance étudiante internationale est l’alternative. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.
Retraité, conjoint et enfants
Le retraité ne relève ni du formulaire S1 (valable dans l’Union européenne) ni d’une prise en charge automatique. Le CLEISS précise que la convention de 1965 ne permet pas d’obtenir le remboursement en Mauritanie de soins au titre de la pension française : il faut adhérer volontairement à la CFE (offre retraités, tarif sur devis, sans questionnaire médical) ou souscrire une assurance privée. Lors d’un séjour temporaire en France, les soins sont couverts si l’on perçoit une pension de base française, si l’on justifie d’au moins 15 ans d’assurance en France et si l’on n’exerce pas d’activité ; une hospitalisation de plus d’un mois exige un accord préalable de la CPAM, et le conjoint n’est pas couvert. La CNAREFE, rattachée à la CPAM de Seine-et-Marne, gère ces dossiers. Voir la retraite en Mauritanie et le guide assurance maladie du retraité à l’étranger.
Le conjoint et les enfants accompagnent le titulaire : ils sont ayants droit de la CNAM s’il est salarié local, de la caisse française s’il est détaché, ou couverts par un contrat famille de la CFE ou d’un assureur. Les membres de la famille restés en France relèvent seulement du droit français. Voir l’assurance famille expatriée.
Adhérent de la CFE : barèmes par pays, carence et retour en France
La CFE est un organisme de protection sociale volontaire. En France, elle rembourse selon les principes de l’Assurance Maladie, avec tiers payant dans les hôpitaux publics et privés ; à l’étranger, le remboursement s’applique en taux ou en forfait selon le pays et le type d’acte. Quand le prix mauritanien dépasse la base retenue, l’écart reste à la charge de l’adhérent : le guide remboursements CFE détaille ce mécanisme.
- Offres : MondExpat (plus de 30 ans), JeunExpat (moins de 30 ans) et offre retraités, tarif sur devis ; aucun questionnaire de santé n’est demandé (CFE).
- Délai de carence : prise en charge immédiate si l’adhésion a lieu avant le départ ou dans les 3 mois suivant l’installation ; au-delà, 3 mois de carence avant 44 ans et 6 mois au-delà de 45 ans.
- Maternité : la conception doit être postérieure à l’adhésion ou au rattachement comme ayant droit.
- Aide : la catégorie aidée s’adresse aux foyers à ressources modestes, sur dossier instruit par le service consulaire ; voir catégorie aidée.
Au retour en France, la CFE ne demande pas de carence pour reprendre une adhésion, et un adhérent sans activité bénéficie d’un maintien gratuit de ses droits pendant les trois premiers mois ; ensuite, la protection universelle maladie s’ouvre pour qui réside de façon stable et régulière en France ou y travaille. Voir réduire le délai de carence et assurance retour en France.
Assurance au 1er euro et touriste
L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, délais de carence et exclusions. Elle donne accès aux cliniques privées de Nouakchott avec prise en charge directe, ce qui compte quand l’accès aux soins dépend d’une garantie financière : France Diplomatie avertit que sans assurance, l’accès peut être compromis y compris en cas d’urgence vitale. Comparez le plafond annuel, la zone de couverture, l’évacuation et le traitement des antécédents.
Le touriste doit souscrire avant le départ un contrat d’assistance couvrant les frais médicaux, la chirurgie, l’hospitalisation et le rapatriement sanitaire, car l’ambassade ne prend en charge aucun frais. L’assistance de la carte bancaire peut compléter ce dispositif, avec des plafonds à vérifier. Voir l’assurance voyage longue durée.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : 80 % dans le privé et 90 % dans le public pour un affilié CNAM, dans la limite de 10 000 MRU par prestation ; régime français et S 3125c pour le détaché ; barème pays pour la CFE ; frais réels pour un contrat 1er euro.
- Hospitalisation : 90 % à la CNAM et 100 % pour l’évacuation sanitaire ; régime français pour le détaché ; tiers payant ou prise en charge directe selon le contrat.
- Médicaments : 67 % à la CNAM, avec reste à charge plafonné à 1 500 MRU par médicament ; remboursement selon barème pour la CFE.
- Dentaire et optique : les sources officielles lues ne détaillent pas ces postes pour la CNAM ; la CFE cite le dentaire parmi ses prestations sans taux détaillé, et l’optique relève surtout des contrats internationaux, dans la limite des plafonds.
- Maternité : indemnité de 100 % du salaire pendant 14 semaines pour une salariée affiliée à la CNSS (54 jours ou 360 heures de travail sur les 3 derniers mois) ; conception postérieure à l’adhésion pour la CFE ; carence fréquente dans les contrats internationaux.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères pour comparer ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | CNAM : 67 % à 100 % selon le poste | Affiliation par l'employeur ; prestataire conventionné | Cliniques privées : prévoir une complémentaire |
| Salarié détaché | Régime français maintenu | Détachement sous conditions ; formulaire S 3125c | Écart avec les prix locaux ; avis d'arrêt sous 48 heures |
| Indépendant, nomade | CNASS, CFE ou assurance internationale | Adhésion volontaire ; carence de 2 mois à la CNASS | Hors CNAM et CNSS ; protection retraite à prévoir |
| Retraité | CFE ou assurance privée | Pas de S1 ; convention sans remboursement local | Séjours en France : 15 ans d'assurance, CNAREFE |
| Étudiant | CFE JeunExpat ou assurance étudiante | Adhésion avant le départ | Pas de régime obligatoire sur place |
| Conjoint et enfants | Ayants droit CNAM, caisse française ou contrat famille | Rattachement au titulaire | Famille restée en France : droit français seul |
| Adhérent CFE | CFE : barème du pays de soins | Adhésion avant le départ ou sous 3 mois | Reste à charge dans le privé ; carence si adhésion tardive |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical ; prise en charge directe | Franchise, carence, exclusions |
| Touriste | Assurance voyage ou assistance bancaire | Souscription avant le départ | Rapatriement et plafonds |
| Retour en France | CFE maintenue 3 mois, puis Sécurité sociale | Résidence stable et régulière en France | Carence de 3 mois en principe |
Sources : CLEISS (régime mauritanien, détachement, expatriation, retraités), CNAM Mauritanie, CFE, ambassade de France à Nouakchott, France Diplomatie. Conversions indicatives au taux de change du CLEISS.
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Mauritanie ?
Non. La convention franco-mauritanienne ne coordonne pas la maladie-maternité. Un salarié détaché peut obtenir un remboursement selon les règles françaises sur factures acquittées (formulaire S 3125c) ; les autres profils passent par la CNAM, la CFE ou une assurance privée.
Que rembourse la CNAM mauritanienne ?
Selon le CLEISS : 67 % des médicaments, 80 % des consultations dans le privé et 90 % dans le public, 90 % de l'hospitalisation, 100 % des évacuations sanitaires, de l'hémodialyse et des affections de longue durée, avec des plafonds de 10 000 MRU par prestation.
Un retraité français peut-il être remboursé en Mauritanie par la Sécurité sociale ?
Non : le CLEISS indique que la convention de 1965 ne le permet pas. Le retraité adhère à la CFE ou souscrit une assurance privée. Lors de séjours en France, il est couvert s'il perçoit une pension de base française, justifie de 15 ans d'assurance et n'exerce pas d'activité.
Comment la CFE rembourse-t-elle les soins à l'étranger ?
En taux ou en forfait selon le pays et le type d'acte, appliqués aux dépenses réelles ; l'écart avec le prix facturé reste à la charge de l'adhérent. Les offres MondExpat et JeunExpat sont proposées sur devis.
Quel est le délai de carence de la CFE ?
Aucun si l'adhésion a lieu avant le départ ou dans les 3 mois suivant l'installation. Au-delà, 3 mois de carence avant 44 ans et 6 mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.
Une assurance au premier euro évite-t-elle l'avance des frais ?
Souvent, grâce à la prise en charge directe dans le réseau privé. Les plafonds, franchises, carences et exclusions du contrat déterminent le reste à charge ; sans assurance, France Diplomatie avertit que l'accès aux soins peut être compromis.
Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?
En principe un délai de carence de 3 mois s'applique avant l'ouverture de la protection universelle maladie. Un adhérent CFE sans activité bénéficie d'un maintien gratuit des droits pendant 3 mois ; une reprise d'activité ou une pension française peut lever la carence, à confirmer auprès de la CPAM.
Les autres guides : Mauritanie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
