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Mauritanie · Travailler et économie

Travailler en Mauritanie quand on est français : contrat, cotisations, impôt et économie

L’essentiel

Un Français qui exerce en Mauritanie relève en principe de la législation locale dès qu'il y travaille, sauf s'il reste détaché par son employeur français dans le cadre de la convention de sécurité sociale. Les salariés locaux cotisent à la CNSS et à la CNAM : au 1er janvier 2025, le CLEISS relève 20 % à la charge de l'employeur et 5 % à la charge du salarié. Une convention fiscale de 1967 organise l'imposition des revenus entre les deux pays. Les moteurs de l'économie sont le fer, l'or, le cuivre, la pêche et le gaz offshore, ce qui offre des débouchés aux ingénieurs, aux techniciens et aux cadres du secteur extractif.

  • Cotisations d'un salarié : 5 % à sa charge et 20 % à la charge de l'employeur (CLEISS).
  • Plafond de 70 000 MRU par mois pour les branches vieillesse, accidents du travail, prestations familiales et médecine du travail ; l'assurance maladie porte sur la totalité du salaire.
  • Retraite à 63 ans (58 ans pour un travail pénible), après 20 ans d'immatriculation au minimum (CLEISS).
  • Convention fiscale franco-mauritanienne signée le 15 novembre 1967, complétée par un échange de lettres du 8 mars 1994 (BOFiP).
  • Échanges commerciaux franco-mauritaniens de l'ordre de 300 millions d'euros ; une cinquantaine d'entreprises françaises implantées (France Diplomatie).
  • Indemnité maternité de 100 % du salaire pendant 14 semaines (6 avant et 8 après l'accouchement) pour une salariée affiliée.

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Repères chiffrés : Mauritanie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,0 %
Inflation
1,5 %
Taux de chômage
10,3 %
PIB par habitant
2 198 $
Population
5,3 millions
Espérance de vie
68,7 ans
Dépense de santé (% du PIB)
4,3 %
Médecins pour 1 000 hab.
0,26
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
0,4

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et statut : trois façons d'exercer

En Mauritanie, un Français travaille sous l’un de ces trois statuts : le contrat local, signé avec un employeur mauritanien ; le détachement, lorsque l’employeur français envoie son salarié en mission ; l’expatriation, lorsque le salarié est recruté par une entité étrangère et affilié localement. La distinction détermine le régime de sécurité sociale, la fiscalité et la protection santé. Le guide détaché ou expatrié détaille ces différences.

Le CLEISS rappelle le principe : dès que l’on exerce une activité professionnelle en Mauritanie, on relève de la législation mauritanienne de sécurité sociale, à moins que l’employeur n’ait détaché le salarié dans le cadre de la convention franco-mauritanienne. Les droits sont alors ouverts à l’intéressé et aux membres de sa famille qui résident avec lui. Il est recommandé d’informer la CPAM, la CAF et France Travail du départ, afin d’éviter d’avoir à rembourser des prestations indûment perçues.

Les conditions d’autorisation de travail pour un étranger (permis, visa de long séjour, carte de séjour) relèvent de l’administration mauritanienne : le ministère de la Fonction publique et du Travail et les services de l’immigration. Votre employeur accomplit en général ces démarches ; faites-vous confirmer par écrit le type de titre, sa durée et les délais avant votre arrivée. Pour l’entrée, la procédure de visa en deux temps est décrite sur la page vivre en Mauritanie.

Salaire minimum et niveaux de rémunération

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est fixé par décret et exprimé en taux horaire ; il est revalorisé par le gouvernement à intervalles irréguliers. Aucune source officielle consultée pour cette page ne donne un montant mensuel unique que l’on puisse citer sans risque d’erreur : le texte du décret en vigueur, publié par le ministère de la Fonction publique et du Travail, fait foi.

Les niveaux de salaire des cadres expatriés dépendent surtout du secteur (mines, énergie, pêche industrielle, organisations internationales, coopération) et de la négociation du package : salaire de base, logement, scolarité des enfants, billets d’avion, assurance santé internationale. Pour un contrat local, vérifiez que les cotisations salariales de 5 % et la couverture maladie de la CNAM sont bien appliquées sur la totalité du salaire.

Les prestations familiales versées par la CNSS restent modestes : depuis le 1er janvier 2023, 50 MRU par enfant et par mois, une prime de naissance de 288 MRU pour chacune des trois premières naissances et des allocations prénatales de 216 MRU au total (CLEISS). Elles supposent d’être salarié, d’avoir un enfant à charge, de travailler au moins 18 jours ou 120 heures par mois et de percevoir au moins le SMIG.

Cotisations sociales : CNSS, CNAM et médecine du travail

L’affiliation à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) est obligatoire pour les salariés relevant du Code du travail ou du Code de la marine marchande ; elle couvre la vieillesse, l’invalidité, le décès, les accidents du travail et maladies professionnelles et les prestations familiales. L’assurance maladie des salariés est gérée par la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie), et l’ONMT supervise la médecine du travail. Le risque chômage n’est pas couvert.

Selon le CLEISS, le taux global est de 20 % pour l’employeur et de 5 % pour le salarié. L’assurance maladie représente 5 % à la charge de l’employeur et 4 % à la charge du salarié sur la totalité du salaire. La vieillesse, l’invalidité, le décès, les accidents du travail, les maladies professionnelles et les prestations familiales représentent 13 % pour l’employeur et 1 % pour le salarié, dans la limite de 70 000 MRU par mois. La médecine du travail ajoute 2 % à la charge de l’employeur, avec le même plafond. Les cotisations sont versées par trimestre.

Les retraités mauritaniens versent 2,5 % de leur pension à la CNAM pour leur couverture maladie. Côté retraite, la pension de vieillesse suppose d’avoir atteint 63 ans (58 ans en cas d’usure prématurée ou de travail pénible), d’avoir cessé toute activité salariée, d’être immatriculé depuis 20 ans au moins et de justifier de 60 mois d’assurance sur les 10 dernières années. Elle équivaut à 20 % du salaire moyen des trois ou cinq dernières années, majorée de 1,33 % par tranche de 12 mois au-delà de 180 mois, dans la limite de 80 %.

La convention bilatérale de sécurité sociale, entrée en vigueur en 1967, coordonne les branches invalidité, vieillesse-survivants, accidents du travail et prestations familiales (voir convention bilatérale). Elle facilite le calcul des droits à la retraite quand une carrière s’est déroulée dans les deux pays ; le guide trimestres travaillés à l’étranger explique la logique.

Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-mauritanienne

La France et la Mauritanie ont signé une convention fiscale le 15 novembre 1967 (publiée au Journal officiel du 27 avril 1969), complétée par un échange de lettres le 8 mars 1994 ; elle vise l’impôt sur le revenu, les successions et les droits d’enregistrement (liste des conventions fiscales du BOFiP). Son rôle est d’éviter qu’un même revenu soit imposé deux fois et de désigner l’État qui taxe chaque catégorie de revenu.

Le barème de l’impôt mauritanien sur les traitements et salaires est fixé par le Code général des impôts et publié par la Direction générale des impôts ; il n’est pas reproduit ici faute de lecture d’un texte officiel actuel. La résidence fiscale se détermine d’après les critères du droit interne de chaque pays, puis, en cas de conflit, d’après la convention. Un expatrié qui quitte durablement la France mais conserve un foyer ou le centre de ses intérêts économiques peut rester résident fiscal français : faites valider votre situation avant le départ auprès du service des impôts des particuliers.

Pour l’affiliation sociale comme pour l’impôt, conservez les justificatifs de présence (contrat, bulletins de paie, quittances de cotisations), car ils servent aussi à établir les droits à la retraite.

Indépendants, entrepreneurs et télétravail

Les travailleurs non salariés ne relèvent pas de la CNAM ni de la CNSS pour la vieillesse, les accidents du travail et les prestations familiales (CLEISS). Ils peuvent adhérer à la CNASS (Caisse nationale de solidarité en santé), assurance maladie volontaire ouverte depuis septembre 2023, en famille (six personnes minimum) ou en groupe, avec un délai de carence de 2 mois et des soins à effectuer dans des structures conventionnées. Un indépendant français doit donc prévoir sa propre protection santé (CFE ou assurance internationale) et sa retraite.

Pour le télétravail depuis la Mauritanie au profit d’un employeur étranger, aucun visa spécifique n’est mentionné dans les sources officielles consultées : le visa à l’arrivée de 30 jours ne permet pas une installation durable, et un séjour de plus de trois mois suppose une carte de séjour. La page assurance nomade digital présente les protections adaptées à ce profil.

Quel que soit le statut, souscrire un contrat d’assistance avec rapatriement est jugé impératif par France Diplomatie ; voir qui rembourse quoi en Mauritanie.

Économie mauritanienne : secteurs et perspectives

L’économie repose sur les mines (fer, or, cuivre, avec un projet d’uranium), la pêche (zone économique exclusive étendue et accord de pêche avec l’Union européenne signé en 2021 pour cinq ans) et le gaz naturel liquéfié offshore, avec le projet Grand Tortue Ahmeyim partagé avec le Sénégal et le projet BirAllah. Le potentiel solaire, éolien et d’hydrogène est présenté comme un relais de croissance (France Diplomatie). L’économie reste structurellement volatile, car dépendante des cours internationaux des minerais.

Les repères macroéconomiques actualisés (croissance, inflation, chômage) figurent dans le bloc ci-dessus. France Diplomatie rappelle que le FMI a accordé en janvier 2023 un mécanisme élargi de crédit de 86,9 millions de dollars. La monnaie est l’ouguiya (MRU).

Côté relations économiques, le volume des échanges bilatéraux atteint plusieurs centaines de millions d’euros ; d’après France Diplomatie, une cinquantaine d’entreprises françaises, dont 19 filiales, y emploient environ 2 600 personnes. Ces chiffres montrent un marché étroit mais structuré, où les profils techniques et l’ingénierie trouvent leur place.

Cotisations d'un salarié en Mauritanie selon la branche

BrancheEmployeurSalariéBase ou plafond mensuel
Assurance maladie (CNAM)5 %4 %Totalité du salaire
Vieillesse, invalidité, décès, accidents du travail, prestations familiales (CNSS)13 %1 %Plafond de 70 000 MRU
Médecine du travail (ONMT)2 %AucunePlafond de 70 000 MRU
Total20 %5 %Versement par trimestre

Source : CLEISS, cotisations en Mauritanie. Conversions indicatives au taux de change du CLEISS.

Questions fréquentes

Mon employeur français peut-il me maintenir à la sécurité sociale française en Mauritanie ?

Oui, sous conditions : la convention franco-mauritanienne permet à l'employeur de détacher un salarié tout en le gardant au régime français, avec remboursement des soins reçus sur place sur factures acquittées (formulaire S 3125c, selon le CLEISS). Les conditions précises se vérifient auprès de l'Urssaf et du CLEISS avant le départ.

Quelles cotisations un salarié en contrat local paie-t-il ?

Le CLEISS indique 5 % à la charge du salarié et 20 % à la charge de l'employeur, dont 4 % salarié et 5 % employeur pour l'assurance maladie sur la totalité du salaire, le reste étant plafonné à 70 000 MRU par mois.

À quel âge prend-on sa retraite en Mauritanie ?

À 63 ans, ou 58 ans en cas d'usure prématurée ou de travail pénible, avec 20 ans d'immatriculation au minimum et 60 mois d'assurance sur les 10 dernières années (CLEISS).

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et la Mauritanie ?

Oui, signée le 15 novembre 1967 et complétée par un échange de lettres le 8 mars 1994, elle concerne l'impôt sur le revenu, les successions et les droits d'enregistrement (BOFiP).

Un travailleur indépendant est-il couvert par la sécurité sociale mauritanienne ?

Pas pour la vieillesse, les accidents du travail ni les prestations familiales. Une assurance maladie volontaire, la CNASS, existe depuis septembre 2023 pour les non-salariés, avec carence de 2 mois. Un indépendant français doit prévoir sa protection santé et sa retraite par ailleurs.

Quels secteurs recrutent en Mauritanie ?

Les mines (fer, or, cuivre), le gaz offshore, la pêche et les énergies renouvelables structurent l'économie selon France Diplomatie. Une cinquantaine d'entreprises françaises sont implantées, dont 19 filiales de groupes français, pour environ 2 600 emplois.

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