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Fiche pays — Amériques

Assurance expatrié et assurance santé aux États-Unis

Rue résidentielle bordée de brownstones aux États-Unis, en automne

En 5 lignes

Aux États-Unis, aucune obligation fédérale générale d'assurance santé n'existe depuis la suppression de la pénalité fédérale de l'Affordable Care Act fin 2018, mais l'obligation redevient réelle selon le type de visa et l'État de résidence : les titulaires d'un visa J-1 sont soumis à une obligation fédérale explicite de couverture minimale, les visas H-1B, L-1 ou F-1 n'en ont pas mais sont souvent assortis d'une exigence de l'employeur ou de l'université. Cinq États et Washington D.C. imposent en outre une obligation à leurs résidents fiscaux, sous peine de pénalité. Aucune convention de sécurité sociale santé n'existe entre la France et les États-Unis : la carte Vitale ne produit aucun effet sur place. Le risque financier en cas de défaut est considérable — un passage aux urgences peut dépasser 20 000 $.

Source : CLEISS — Accords de sécurité sociale France-États-Unis

Chiffres clés

  • 168 529 Français inscrits fin 2025 (+5,3 % sur un an) — 2e pays d'accueil de la communauté française, juste derrière la Suisse.
  • Espérance de vie à la naissance : 79,0 ans en 2024, un niveau record.
  • Dépense de santé : 5 300 milliards $ en 2024, soit 15 474 $ par habitant et 18,0 % du PIB — la part la plus élevée de l'OCDE.

Système de santé local

Les États-Unis n’ont pas de système de santé public universel comparable aux systèmes européens. La couverture repose principalement sur l’assurance privée, très majoritairement liée à l’emploi, complétée par des programmes publics ciblés : Medicare (65 ans et plus, sous condition de cotisation), Medicaid (très faibles revenus, géré État par État) et les marketplaces de l’ACA pour les particuliers. Un résident étranger n’a en principe aucun accès automatique à Medicare ou Medicaid. Il n’existe ni tarif national régulé ni convention fixant le prix des actes médicaux : chaque hôpital fixe librement ses tarifs, d’où des écarts de prix considérables pour un acte identique.

Obligations légales et de visa

  • Visa J-1 (échange, Work and Travel, stagiaire) : obligation fédérale explicite (22 CFR § 62.14). Couverture minimale : 100 000 $ par accident/maladie, 50 000 $ pour l’évacuation médicale, 25 000 $ pour le rapatriement du corps, franchise ≤ 500 $. Toute lacune peut entraîner la fin du programme.
  • Visa F-1 (étudiant) : aucune obligation fédérale, mais quasi toutes les universités l’imposent, avec ou sans dérogation possible sur preuve d’équivalence.
  • Visas H-1B et L-1 : aucune obligation fédérale liée au visa. L’employeur sponsor doit proposer les mêmes prestations qu’à ses salariés américains.
  • Visa retraité : n’existe pas aux États-Unis. Un retraité doit recourir à d’autres catégories de visa, aucune n’imposant d’assurance fédérale.
  • Obligation par État : Massachusetts (≈1 620 $/an/adulte), New Jersey (dès 750 $), Rhode Island (dès 750 $ ou 2,5 % du revenu net excédentaire), Californie (dès 950 $/adulte) et Washington D.C. imposent une pénalité fiscale aux résidents non assurés.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en États-Unis, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation généraliste—150 à 500 $
Urgences, cas non critique (accueil)—1 500 à 3 500 $, jusqu'à 20 000 $+ avec imagerie/hospitalisation
Ambulance—500 à 1 300 $
Fracture (chirurgie + hospitalisation)—20 000 à 50 000 $
Accouchement voie basse (moyenne)—≈14 768 $
Accouchement césarienne (moyenne)—≈26 280 $ (15 000 à 50 000 $ selon État)
IRM—≈400 à 1 200 $ en centre d'imagerie indépendant, 1 500 à 3 500 $ en hôpital (2 à 3× plus cher) — écarts restant très importants d'un établissement à l'autre

Accords de sécurité sociale avec la France

La France et les États-Unis ont un accord classé partiel par le CLEISS : il ne coordonne que les branches vieillesse, survivants et invalidité (totalisation des périodes, sous 6 crédits de trimestre minimum sur le sol américain). Il ne couvre à aucun moment l’assurance maladie.

  • Aucune prise en charge croisée des frais de santé, dans un sens comme dans l’autre.
  • La coordination retraite ne s’étend pas à Medicare, soumis à ses propres règles d’éligibilité.
  • Affiliation volontaire à la CFE possible, en complément ou alternative à une assurance américaine.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour États-Unis
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVT / mobilité jeunePas de PVT classique ; le J-1 Work and Travel est la voie la plus proche, avec assurance fédérale obligatoireVérifier que la police respecte précisément les minimums J-1
Étudiant (F-1)Pas d'obligation fédérale, mais quasi systématiquement exigée par l'universitéVérifier la politique exacte de l'établissement
Salarié détaché (L-1, H-1B)Pas d'obligation fédérale liée au visa ; obligation d'État possible selon résidence fiscaleVérifier l'offre de l'employeur et l'éventuelle pénalité d'État
RetraitéPas de visa dédié ; pas d'accès à Medicare ; aucune coordination CLEISS maladieCouverture privée ou internationale indispensable ; envisager la CFE en complément
FamilleLes visas dérivés (J-2, F-2, H-4, L-2) suivent en général les mêmes obligationsVérifier que chaque membre est couvert individuellement

Hôpitaux et réseau de soins

  • New York : NewYork-Presbyterian, NYU Langone, Mount Sinai — cités dans les annuaires de médecins francophones de l'ambassade.
  • San Francisco / Bay Area : Kaiser San Francisco Medical Center (inclut l'ancien site du French Hospital).
  • Miami : Jackson Memorial Hospital, Baptist Health, avec une présence croissante de praticiens francophones.

Démarches

  • Avant le départ, quel que soit le visa : souscrire une assurance santé et rapatriement couvrant au moins les minimums exigés.
  • Visa J-1 : vérifier auprès de l'organisme sponsor que la police respecte précisément les seuils réglementaires avant le départ.
  • Visa F-1 : contacter le bureau des étudiants internationaux de l'université avant la rentrée.
  • Résident fiscal en Californie, Massachusetts, New Jersey, Rhode Island ou D.C. : vérifier l'obligation et la pénalité lors de la déclaration fiscale.
  • Dans les mois suivant l'installation : inscription au registre des Français établis hors de France.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle aux États-Unis ?

Non, en aucun cas. Il n'existe pas de convention de sécurité sociale maladie entre la France et les États-Unis ; la carte Vitale ne produit aucun effet sur le sol américain.

Faut-il obligatoirement une assurance santé pour entrer aux États-Unis ?

Pas d'obligation générale fédérale pour tous les visiteurs, mais certains visas l'imposent explicitement (J-1 notamment), et l'absence de couverture expose à un risque financier considérable, sans aucune prise en charge possible par l'ambassade.

Que couvre l'accord de sécurité sociale France-États-Unis ?

Uniquement la retraite (vieillesse, survivants, invalidité), via la totalisation des périodes de cotisation. Il ne couvre à aucun moment l'assurance maladie.

Existe-t-il un visa retraité pour s'installer durablement aux États-Unis ?

Non. Un retraité français doit recourir à d'autres catégories de visa, aucune n'imposant d'assurance santé au niveau fédéral.

Pourquoi les prix médicaux américains varient-ils autant d'un établissement à l'autre ?

Il n'existe ni tarif national régulé, ni convention fixant le prix des actes médicaux : chaque hôpital et chaque intervenant fixe librement ses tarifs.

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