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Mauritanie · Système de santé
Système de santé en Mauritanie : organisation, CNAM, hôpitaux, urgences et vaccinations
L’essentiel
Le système de santé mauritanien associe des hôpitaux généraux publics, des cliniques privées et des cabinets médicaux, concentrés à Nouakchott, où France Diplomatie juge les structures privées mieux équipées. Les salariés sont couverts par la CNAM, les non-salariés peuvent adhérer à la CNASS depuis septembre 2023, mais un résident français sans emploi local ne dispose d'aucun accès évident à ces régimes. Le service d'ambulances est très peu développé, les médicaments sont d'une disponibilité irrégulière et une évacuation sanitaire est préconisée pour les urgences graves une fois le patient stabilisé. Une assurance avec rapatriement est jugée impérative avant le départ.
- Dépenses de santé : de l'ordre de 90 USD par habitant et de l'ordre de 4 % du PIB (OMS).
- Urgences : SAMU 101, police 17, pompiers 18, gendarmerie 119 (France Diplomatie).
- CNAM : médicaments remboursés à 67 %, consultations à 80 % dans le privé et 90 % dans le public, hospitalisation à 90 % (CLEISS).
- CNASS : assurance maladie volontaire des non-salariés, avec un délai de carence de 2 mois.
- Mortalité des moins de 5 ans : de l'ordre de 25 pour 1 000 naissances vivantes (OMS).
- Fièvre jaune : vaccination obligatoire en provenance d'une zone d'endémie et fortement recommandée pour tous ; paludisme signalé surtout d'août à novembre.
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Organisation du système : public, privé et déséquilibres territoriaux
Le système mauritanien repose sur des hôpitaux généraux publics, des cliniques privées et des cabinets médicaux, avec une forte concentration des moyens à Nouakchott. France Diplomatie observe que les structures privées de la capitale sont mieux organisées et équipées pour une urgence médicale ou chirurgicale. En dehors de la capitale, l’offre est plus limitée : l’OMS relève que la plupart des formations sanitaires périphériques et régionales n’ont pas les capacités diagnostiques de base, et que le transport des échantillons vers le laboratoire national de référence, installé à Nouakchott, retarde les confirmations.
Les repères financiers donnent une idée de l’échelle : selon l’OMS, la dépense de santé reste faible, de l’ordre de 4 % du PIB, et l’espérance de vie à la naissance avoisine 70 ans pour les hommes et 72 ans pour les femmes. La mortalité des enfants de moins de cinq ans reste élevée. L’OMS décrit aussi des ruptures de stock de médicaments liées à la logistique, et un reste à charge élevé pour les populations vulnérables.
Pour un résident français, cela se traduit par un parcours simple à décrire : consultations de premier recours en cabinet ou en clinique à Nouakchott, examens et hospitalisations dans le secteur privé lorsque c’est possible, évacuation sanitaire pour les situations graves. La page remboursements des soins en Mauritanie explique qui prend en charge chaque étape.
L'assurance maladie locale : CNAM pour les salariés, CNASS pour les non-salariés
La CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie), placée sous la tutelle du ministère de la Santé, assure les salariés et leurs ayants droit : le conjoint, les enfants jusqu’à 21 ans et les enfants handicapés sans limite d’âge. Créée en 2007 pour le secteur public, elle s’est étendue au secteur parapublic et aux professions libérales en 2010, puis au secteur privé et aux travailleurs indépendants en 2012 ; en 2024, l’accès a été étendu aux veufs, veuves et ascendants directs d’assurés. Pour être remboursé, il faut consulter un prestataire conventionné par la CNAM ; les soins reçus à l’étranger sans évacuation préalable ne sont remboursés qu’au tarif national.
Les remboursements indiqués par le CLEISS sont les suivants : 67 % pour les médicaments, avec un reste à charge plafonné à 1 500 MRU par médicament ; 80 % dans le privé et 90 % dans le public pour les consultations, examens et rééducation, dans la limite de 10 000 MRU par prestation ; 90 % pour l’hospitalisation et la radiothérapie ; 90 % pour les appareillages et les prothèses auditives ; 100 % pour les évacuations sanitaires, l’hémodialyse et les affections de longue durée. Un salarié conserve ses droits six mois après la perte de la qualité d’assuré.
Les non-salariés peuvent adhérer à la CNASS (Caisse nationale de solidarité en santé), lancée en septembre 2023 : l’adhésion se fait en famille de six personnes au minimum ou en groupe, avec un délai de carence de 2 mois, et les soins doivent être effectués dans des structures conventionnées, selon un parcours coordonné. Pour un résident étranger sans employeur local, l’éligibilité à ces régimes n’est pas établie par les sources officielles consultées : renseignez-vous auprès des deux caisses (coordonnées sur la page du CLEISS consacrée aux organismes mauritaniens) avant de compter dessus.
Médecin de premier recours, hôpitaux et urgences
Le médecin de premier recours est, selon les cas, un généraliste de cabinet ou de clinique privée à Nouakchott, ou un poste ou centre de santé pour le parcours CNASS. Les consultations de spécialistes, les examens d’imagerie et les actes chirurgicaux se concentrent dans les cliniques de la capitale. France Diplomatie ne nomme aucun établissement ; la liste des formations sanitaires publiques est tenue par le ministère de la Santé. L’ambassade de France publie par ailleurs une liste de professionnels francophones consultable sur son site.
Pour les urgences, les numéros relevés par France Diplomatie sont le 101 (SAMU), le 17 (police), le 18 (pompiers) et le 119 (gendarmerie). Le service d’ambulances est qualifié de très peu développé : en pratique, il est souvent plus rapide de rejoindre soi-même une clinique, ou de faire appel à un transporteur d’assistance relié à votre assureur. Une fois l’urgence stabilisée, France Diplomatie recommande d’envisager l’évacuation sanitaire vers l’étranger.
L’enjeu financier est central : sans contrat d’assistance, l’accès aux soins peut être compromis y compris en cas d’urgence vitale, et l’ambassade de France ne peut en aucun cas prendre en charge ces frais. Le principe est détaillé sur assistance et rapatriement.
Médicaments et pharmacies
France Diplomatie signale quelques pharmacies de qualité à Nouakchott, mais une disponibilité globalement irrégulière dans le pays. Emportez uniquement les médicaments strictement nécessaires, dans leur emballage d’origine, avec une ordonnance mentionnant les noms en dénomination commune internationale (DCI), et vérifiez qu’ils sont autorisés en Mauritanie. N’achetez jamais de médicaments dans la rue : le risque de contrefaçon est réel.
Pour un traitement chronique, constituez avant le départ une réserve couvrant plusieurs mois et un double de l’ordonnance. L’OMS note que les listes nationales de médicaments essentiels existent, mais que les ruptures sont fréquentes dans les zones éloignées.
Risques sanitaires et vaccinations recommandées
La fièvre jaune est la seule vaccination obligatoire : exigée pour les voyageurs venant de zones d’endémie, elle est fortement recommandée pour tous, idéalement dix jours au moins avant le départ ; le carnet de vaccinations internationales peut être exigé dans tous les cas. Le calendrier vaccinal français doit être à jour (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole). Selon la durée et les conditions du séjour, France Diplomatie recommande aussi les vaccins contre l’hépatite A, la fièvre typhoïde, l’hépatite B, la méningite ACWY (saison sèche ou épidémie signalée), la rage, la tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans, ainsi que le chikungunya et la dengue en cas d’épidémie.
Les maladies signalées sont le paludisme (prévalence forte dans la vallée du fleuve Sénégal, cas possibles à Nouakchott d’août à novembre), la dengue, le chikungunya, la fièvre de la vallée du Rift, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (recrudescences possibles, sans vaccin), la rage, le choléra et la diphtérie (des épidémies ont été signalées, principalement dans le Hodh Ech Chargui). Des alertes ponctuelles de France Diplomatie signalent des hausses de cas de rougeole.
La prévention repose sur la protection contre les piqûres de moustiques, l’hygiène alimentaire et un statut vaccinal vérifié avant le départ. Les méningites sont régulières en Afrique subsaharienne de novembre à juin.
Préparer sa couverture santé avant de partir
Selon votre statut, trois protections coexistent : le régime français maintenu (détachement), la CFE et une assurance internationale. Le guide questionnaire médical et antécédents explique comment anticiper la déclaration de l’état de santé, et l’assurance santé expatrié présente les critères de comparaison. Vérifiez enfin que votre contrat prend en charge l’évacuation depuis Nouakchott et la prise en charge directe dans le réseau privé, et inscrivez-vous sur Fil d’Ariane.
Forfaits de l'assurance maladie volontaire CNASS (en MRU)
| Niveau de soins | Coût du forfait | Pris en charge | Reste à charge |
|---|---|---|---|
| Poste de santé, soins ambulatoires | 200 | 190 | 10 |
| Centre de santé, soins ambulatoires | 270 | 250 | 20 |
| Centre de santé, forfait obstétrical | 400 | 400 | 0 |
| Hôpital général public, soins ambulatoires | 650 | 550 | 100 |
| Hôpital, chirurgie | 5 400 à 13 000 | 4 400 à 12 000 | 1 000 |
Source : CLEISS, protection sociale en Mauritanie (page consultée). Une pénalité de 100 MRU s'applique en cas de recours à l'hôpital sans passage par une structure primaire, hors urgences.
Questions fréquentes
Un Français peut-il s'affilier à la CNAM en Mauritanie ?
La CNAM assure les salariés affiliés par leur employeur et leurs ayants droit. Pour un résident sans emploi local, les sources officielles consultées n'indiquent pas de voie d'accès ; il faut interroger directement la caisse (info@cnam.mr, centre d'appel 19 19).
Les hôpitaux publics mauritaniens soignent-ils les étrangers ?
France Diplomatie décrit surtout des cliniques privées mieux équipées à Nouakchott et recommande une évacuation sanitaire pour les urgences graves. L'accès aux soins peut être compromis sans assurance, y compris en cas d'urgence vitale.
Quels numéros d'urgence appeler ?
Le SAMU au 101, la police au 17, les pompiers au 18 et la gendarmerie au 119. L'ambassade de France à Nouakchott est joignable au +222 45 29 96 99.
Quelles vaccinations sont obligatoires ?
La fièvre jaune, obligatoire pour les voyageurs en provenance d'une zone d'endémie et fortement recommandée pour tous. Le calendrier vaccinal français doit aussi être à jour, et d'autres vaccins sont conseillés selon le séjour (hépatite A, typhoïde, méningite ACWY, rage).
Le paludisme est-il présent à Nouakchott ?
Des cas peuvent être signalés à Nouakchott, surtout pendant ou après la saison des pluies, d'août à novembre, la prévalence étant forte dans la vallée du fleuve Sénégal. Consultez un médecin avant le départ pour une prévention adaptée.
Les médicaments se trouvent-ils facilement ?
La disponibilité est globalement irrégulière malgré quelques pharmacies de qualité à Nouakchott. Emportez le strict nécessaire dans l'emballage d'origine avec une ordonnance en DCI et n'achetez jamais de médicaments dans la rue.
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