Aller au contenu principal

Fiche pays — Europe

Assurance expatrié et assurance santé au Portugal

Ruelle aux façades d'azulejos à Lisbonne, Portugal

En 5 lignes

Pour un citoyen français, aussi citoyen de l'Union européenne, une assurance santé privée n'est pas obligatoire par la loi portugaise pour s'installer au Portugal : la libre circulation UE dispense d'un visa de type D (le régime D7 « retraités/revenus passifs » vise les ressortissants de pays tiers). Une couverture privée reste fortement recommandée pendant la période transitoire avant l'ouverture des droits au SNS, et contractuellement exigée (couverture minimale de 30 000 €) pour toute personne non-UE demandant un visa D7, D2, D8 ou étudiant. Sans couverture pendant cette phase, le risque n'est pas une sanction pénale mais une prise en charge à 100 % des frais, hors urgence vitale.

Source : France Diplomatie — Portugal, Santé

Chiffres clés

  • 21 023 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (21 113 en 2024, soit -0,43 %).
  • Espérance de vie à la naissance : ≈82,5 ans en 2024.
  • Dépense de santé : ≈10 % du PIB en 2023 (OCDE/Banque mondiale), contre ≈9,3 % en moyenne OCDE.

Système de santé local

Le Portugal a un système de santé universel, le SNS (Serviço Nacional de Saúde), financé par l’impôt, coexistant avec un secteur privé développé (CUF, Luz Saúde, Lusíadas, HPA Grupo) et des assurances privées pour réduire les délais d’attente.

L’accès au SNS est universel en droit pour toute personne en résidence légale, y compris les citoyens UE, via un numéro d’utilisateur (número de utente) obtenu par le Registo Nacional de Utentes. Un citoyen français doit obtenir le Certificado de Registo de Cidadão da União Europeia (CRUE) auprès de la mairie, dans les 30 jours suivant les 3 premiers mois de séjour. Le parcours classique est : NIF (finances) → CRUE (mairie) → NISS (Segurança Social) → numéro d’utilisateur SNS (centre de santé) — de quelques semaines à plusieurs mois selon les rendez-vous, d’où l’intérêt d’une couverture privée transitoire.

Depuis la réforme des taxas moderadoras (2020-2021, élargie en 2024), les consultations de médecin de famille et la plupart des consultations de suivi hospitalier au SNS sont gratuites pour les résidents inscrits ; seules les urgences non référées restent facturées à un tarif modéré.

Obligations légales et de visa

  • Citoyen français/UE (cas général) : aucune assurance exigée par la loi pour entrer ou résider — recommandée par France Diplomatie pour la période avant affiliation complète au SNS, indispensable pour le rapatriement (non couvert par le SNS ni la CEAM).
  • Visa D7 (retraités/revenus passifs, ressortissants de pays tiers) : assurance santé/voyage avec plafond minimal de 30 000 €, couvrant urgences, hospitalisation et rapatriement. Ne concerne pas un citoyen français, sauf situation familiale mixte.
  • Visa D2, autres visas D « résidence » : mêmes exigences de principe (30 000 € minimum, rapatriement inclus).
  • Visa étudiant (D4) : couverture minimale de 30 000 € pour toute la durée, sauf dispense pour certains établissements reconnus — à vérifier au cas par cas.
  • Salarié détaché : règlement CE 883/2004, formulaire A1 délivré en France, maintien de la couverture française pendant le détachement (jusqu’à 24 mois, renouvelable), sans affiliation à la Segurança Social portugaise pendant cette période.
  • Statut RNH/IFICI : régime purement fiscal (RNH fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024, remplacé par l’IFICI) — aucun effet sur l’accès au SNS ou les obligations d’assurance.
  • CEAM / S1 : la CEAM (CESD au Portugal) couvre les séjours temporaires. Un retraité s’installant durablement doit demander le formulaire S1 pour être affilié au système portugais sans nouvelle cotisation.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en Portugal, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation généralisteGratuite (résident inscrit)40 à 70 €
Consultation spécialiste—80 à 125 €
Consultation pédiatre—≈52 € (CUF, tarif hors convention)
Passage aux urgencesTarif modéré (~quelques dizaines d'euros) si non référé≈78 € (urgência geral, CUF, hors actes complémentaires)
Analyses sanguines simples—≈1,50 à 4 € pour un paramètre isolé (ex. cholestérol total), ≈10 à 14 € pour un dosage plus complexe (ex. insuline) — tarif libre, variable selon le laboratoire (Germano de Sousa, Joaquim Chaves Saúde, Labamaro, Affidea, Luís Marinho)
IRM—≈175 à 500 € selon l'examen et la clinique (moyenne ≈300 €)
Scanner (TAC)—≈80 à 450 € selon l'examen et la clinique
Nuit d'hospitalisation privée—≈360 à 500 € en quarto individual (cirurgia/medicina), jusqu'à ≈700 € en cuidados intermédios (CUF)

Accords de sécurité sociale avec la France

Le Portugal étant membre de l’UE, il n’y a pas d’accord bilatéral classique avec la France : la coordination passe par les règlements européens 883/2004 et 987/2009, gérés côté français par le CLEISS.

  • Séjour temporaire : la CEAM (CESD localement) prend en charge les soins publics comme un assuré portugais, avec participation pour les urgences non référencées (≈14-18 €) et sur les médicaments (10 à 85 %). Ne couvre ni rapatriement ni soins programmés.
  • Installation durable : basculement vers une affiliation pleine (Segurança Social puis SNS) — S1 pour un retraité, emploi/activité indépendante pour un actif.
  • Traitement en cours en France à poursuivre au Portugal : autorisation préalable et formulaire portable S2, à confirmer au cas par cas.
  • Remboursement de frais avancés au Portugal, possible au retour en France via le formulaire S3125.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Portugal
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVTNon applicable (France-Portugal = libre circulation UE)—
Étudiant (Erasmus ou hors programme)Pas de visa D4 pour un citoyen UECEAM pour un séjour court, affiliation complète pour un séjour long ; assurance rapatriement recommandée
Salarié détachéCouverture maintenue par la France via le formulaire A1Complémentaire santé/rapatriement utile pour l'accès rapide au secteur privé portugais
Salarié local / indépendantAffiliation Segurança Social puis SNSAssurance privée complémentaire courante pour réduire les délais d'attente publics
Retraité (formulaire S1)Affiliation au SNS sans nouvelle cotisationComplémentaire utile pour le privé (délais plus courts) et les soins non couverts (dentaire, optique)

Hôpitaux et réseau de soins

  • Lisbonne : Hospital da Luz Lisboa (Luz Saúde) et Hospital Lusíadas Lisboa (accrédité JCI), personnel anglophone.
  • Porto : CUF Porto Hospital — urgences, chirurgie, imagerie, maternité.
  • Algarve (Faro, Portimão/Alvor) : réseau Hospital Particular do Algarve (HPA Saúde), dont l'unité de Gambelas.

Démarches

  1. Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
  2. NIF (numéro fiscal portugais) : auprès de l’Autoridade Tributária, généralement dès l’arrivée.
  3. CRUE : à demander à la Câmara Municipal du lieu de résidence, dans les 30 jours suivant les 3 premiers mois.
  4. NISS : demande auprès de la Segurança Social sur présentation du CRUE.
  5. Inscription au centre de santé (numéro d’utilisateur SNS) : pièce d’identité, NIF, NISS, justificatif d’adresse.
  6. Pour un retraité : demande du formulaire S1 auprès de la caisse française, avant ou peu après l’installation.

Questions fréquentes

Un Français doit-il obtenir un visa pour s'installer au Portugal ?

Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, un Français bénéficie de la liberté de circulation et n'a pas besoin de visa de type D. Une simple inscription (CRUE) est requise au-delà de 3 mois de séjour.

Le régime D7 concerne-t-il les Français ?

Non directement : le visa D7 est conçu pour les ressortissants de pays tiers disposant de revenus stables. Il peut concerner un proche non-UE d'un foyer franco-étranger.

La CEAM suffit-elle pour un Français qui s'installe durablement au Portugal ?

Non. La CEAM est prévue pour des séjours temporaires et ne couvre ni le rapatriement ni les soins programmés. Un résident durable doit basculer vers une affiliation complète au SNS.

Combien de temps faut-il pour être couvert par le SNS après l'installation ?

Pas de délai de carence légal une fois les documents réunis, mais le parcours administratif (NIF, CRUE, NISS, inscription) prend en pratique de plusieurs semaines à plusieurs mois — d'où l'intérêt d'une couverture privée transitoire.

Le statut de résident non habituel (RNH) donne-t-il accès à une couverture santé particulière ?

Non. Le RNH (et son successeur l'IFICI depuis 2024) est un régime exclusivement fiscal, sans lien avec l'accès au SNS.

Vous partez vous installer à destination de Portugal ? Obtenir un devis