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Brésil · Remboursements des soins

Remboursement des soins au Brésil : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

Au Brésil, la carte Vitale ne fonctionne pas : l'accord franco-brésilien de sécurité sociale, applicable depuis le 1er septembre 2014, coordonne surtout les retraites, et son volet maladie se limite à la totalisation des périodes pour les indemnités journalières. C'est donc votre statut qui désigne le payeur. Le salarié local relève du SUS et souvent d'un plano de saúde d'entreprise, le détaché garde le régime français pendant 24 mois, extensibles de 24 mois, et le retraité, l'indépendant ou l'étudiant choisit entre le SUS, la CFE et une assurance internationale. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille les postes de soins.

  • 24 mois, prolongeables de 24 mois : durée du détachement prévue par l'accord franco-brésilien de sécurité sociale, applicable depuis le 1er septembre 2014 (CLEISS).
  • 15 décembre 2011 : signature de l'accord ; son volet maladie-maternité totalise les périodes d'assurance pour les indemnités journalières, sans remboursement des soins reçus au Brésil (CLEISS).
  • À partir de 87 € par mois pour MondExpat (30 ans et plus), 57 € pour JeunExpat (moins de 30 ans) et 147 € pour l'offre retraités : tarifs de départ de la CFE.
  • Carence CFE : couverture immédiate si l'adhésion a lieu avant le départ ou dans les 3 mois de l'expatriation, puis 3 mois jusqu'à 44 ans et 6 mois dès 45 ans.
  • 38 791 344 bénéficiaires de plans collectifs d'entreprise en juin 2026 : la voie d'accès privée du salarié local (ANS).
  • 3 mois : délai de carence de la Sécurité sociale au retour en France sans activité, levé dans plusieurs cas dont l'adhésion antérieure à la CFE (CLEISS).

Le principe : quatre acteurs possibles, aucun automatisme

La France et le Brésil ont signé à Brasília, le 15 décembre 2011, un accord de sécurité sociale complété par un arrangement administratif du 22 avril 2013 et applicable depuis le 1er septembre 2014 (CLEISS). Il coordonne les pensions de vieillesse, d’invalidité et de survivant, les accidents du travail et maladies professionnelles, les prestations familiales et la maladie-maternité-paternité. Pour ce dernier volet, l’article 23 prévoit la totalisation des périodes d’assurance qui ouvre droit aux prestations en espèces, c’est-à-dire aux indemnités journalières. Les soins reçus au Brésil relèvent du système local, de la CFE ou d’une assurance privée : le CLEISS le rappelle pour les retraités, en invitant à s’adresser directement aux assureurs pour connaître leurs prestataires. Voir le glossaire de la convention bilatérale de sécurité sociale.

Quatre acteurs peuvent intervenir selon le statut : le système brésilien (SUS et plano de saúde), le régime français maintenu (détachement), la CFE et une assurance santé internationale. France Diplomatie souligne que les frais médicaux peuvent dépasser 30 000 € et qu’une assurance couvrant l’hospitalisation, la chirurgie et l’évacuation s’impose, les ambassades ne finançant pas les soins. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les offres. Le fonctionnement du SUS et des planos est présenté dans le guide système de santé brésilien.

Salarié en contrat local et salarié détaché

Le salarié en contrat local cotise à l’INSS et bénéficie du FGTS ; pour ses soins, il s’appuie sur le SUS, gratuit au point d’usage, et très souvent sur un plano de saúde d’entreprise : en juin 2026, 38 791 344 personnes sont couvertes par un plan collectif d’entreprise (ANS). Les garanties, le réseau et les carences se lisent dans le contrat collectif, et l’ANS encadre les carences maximales, les délais d’accès et la couverture minimale. Voir le glossaire du contrat local.

Le salarié détaché par un employeur français reste affilié au régime français pendant sa mission : l’accord prévoit que le travailleur détaché garde la législation de son pays habituel et qu’il est dispensé de cotiser au Brésil (articles 8 et 9). La durée maximale est de 24 mois, prolongeable de 24 mois avec l’accord des autorités des deux États. Les remboursements suivent les règles françaises ; leurs modalités se confirment auprès de la CPAM, et les employeurs ajoutent souvent un contrat collectif international pour couvrir l’écart avec les tarifs du secteur privé. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.

Indépendant, nomade numérique et étudiant

L’indépendant n’a pas d’employeur qui souscrive un plan collectif. Il choisit entre le SUS pour les soins de base, un plano de saúde individuel (8 434 495 bénéficiaires en juin 2026, ANS), la CFE ou une assurance internationale. Une couverture incluant hospitalisation et rapatriement reste la plus complète pour un séjour de plusieurs années.

Le nomade numérique présente, parmi les pièces du visa, un seguro de saúde valable sur le territoire brésilien (résolution CNIG/MJSP n° 45) ; le contrat doit donc prévoir une prise en charge au Brésil. Voir l’assurance nomade digital.

L’étudiant titulaire d’un visa d’études résidant au Brésil accède au SUS comme tout résident. Avant 30 ans, la CFE propose l’offre JeunExpat, qui couvre consultations, médicaments, hospitalisation, maternité, dentaire, transport d’urgence et vaccins. Les pièces d’assurance exigées pour le visa se confirment auprès du consulat du Brésil. Voir l’assurance étudiant à l’étranger et l’assurance PVT.

Retraité, conjoint et enfants

Le retraité s’appuie sur le SUS, la CFE ou une assurance privée : le CLEISS recommande l’adhésion à la CFE ou une assurance privée, l’accord bilatéral étant centré sur les retraites, et le formulaire S1 est propre à l’Europe. La résolution CNIG n° 40 demande, pour le visa de retraité, un seguro de saúde valable au Brésil. La CFE propose aux retraités l’offre RetraitExpat, réservée aux titulaires d’une pension du régime de base français sans activité professionnelle, sans questionnaire médical, pour l’assuré, ses enfants mineurs et son conjoint retraité ; elle débute à 147 € par mois. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger, le formulaire S1 et la page retraite au Brésil.

Le conjoint et les enfants suivent le visa du titulaire ou détiennent leur propre statut. Le SUS leur est ouvert comme résidents, la CFE et les assurances internationales proposent des contrats familiaux, et un plano de saúde d’entreprise couvre souvent les ayants droit. Pour la maternité, la CFE exige une conception postérieure à l’adhésion. Voir l’assurance famille expatriée.

Adhérent de la CFE : barèmes par pays, carence et retour en France

En France, la CFE rembourse selon les principes de la Sécurité sociale, avec tiers payant dans les hôpitaux publics et privés. À l’étranger, le remboursement dépend du pays de soins et s’applique en taux ou en forfait sur la facture réelle ; quand le prix brésilien dépasse la base retenue, l’écart reste à la charge de l’adhérent. Le guide remboursements CFE détaille ce mécanisme.

  • Offres : MondExpat (30 ans et plus) dès 87 € par mois, JeunExpat (moins de 30 ans) dès 57 € par mois, offre retraités dès 147 € par mois. MondExpat et JeunExpat couvrent les consultations de généraliste, les médicaments, les analyses, l’hospitalisation, la maternité, le dentaire, le transport d’urgence et les vaccins, y compris pendant les séjours de moins de trois mois en France ; MondExpat s’adresse aux non-retraités sans questionnaire médical.
  • Délai de carence : couverture immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation à l’étranger ; au-delà, trois mois d’attente jusqu’à 44 ans et six mois à partir de 45 ans. Voir le glossaire du délai de carence.
  • Maternité : la conception doit être postérieure à l’adhésion ou au rattachement comme ayant droit ; les indemnités de congé maternité des salariées demandent 10 mois consécutifs d’adhésion à l’option indemnités journalières.

Au retour en France, l’affiliation à l’Assurance Maladie est acquise dès la première heure travaillée ; sans activité, elle suppose une résidence stable et régulière de plus de trois mois, avec un délai de carence de trois mois en principe. Le CLEISS cite parmi les exemptions la reprise immédiate d’un emploi, une pension française, une adhésion antérieure à la CFE et les pays liés à la France par une convention bilatérale ; l’application de cette dernière au Brésil, dont l’accord coordonne surtout les retraites, se confirme auprès de la CPAM. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.

Assurance au 1er euro et touriste

L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, délais de carence et exclusions du contrat. Elle ouvre l’accès aux établissements privés avec prise en charge directe, ce qui évite l’avance de frais hospitaliers élevés. Les contrats se comparent sur le plafond annuel, la zone de couverture, l’évacuation et la gestion des antécédents médicaux.

Le touriste séjourne jusqu’à 90 jours sur toute période de 180 jours sans visa. France Diplomatie recommande de partir avec une assurance couvrant hospitalisation, chirurgie et évacuation sanitaire, l’assistance de la carte bancaire pouvant compléter ce dispositif, avec des plafonds à vérifier. Voir l’assurance voyage longue durée et la page rapatriement et assistance.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : gratuite dans le SUS ; dans un plano de saúde, l’ANS impose des délais maximaux (consultation de base, spécialité) ; remboursée par la CFE sur son barème pays ; frais réels pour un contrat 1er euro ; règles françaises pour le détaché.
  • Hospitalisation : SUS gratuit ; plano de saúde avec carence maximale de 180 jours pour les situations hors urgence ; CFE avec tiers payant en France et barème pays à l’étranger ; contrat international avec prise en charge directe.
  • Médicaments : couverts dans le réseau public selon l’offre locale, dans les plafonds d’un contrat international et sur les barèmes de la CFE ; la couverture d’un plano dépend de son segment et de la liste de couverture obligatoire de l’ANS.
  • Dentaire : 36 766 931 personnes disposent d’un plan exclusivement dentaire en juin 2026 (ANS) ; la CFE inclut le dentaire selon ses barèmes, et les contrats internationaux appliquent un plafond annuel.
  • Optique : lunettes et lentilles dépendent du contrat choisi ; le tableau des garanties précise les plafonds par période.
  • Maternité : carence maximale de 300 jours pour un accouchement à terme dans un plano de saúde ; conception postérieure à l’adhésion à la CFE ; délai de carence habituel dans les contrats internationaux.

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localSUS et plano de saúde d'entrepriseContrat CLT, adhésion au plan collectifCarences, réseau et garanties du contrat collectif
Salarié détachéRégime français maintenuDétachement de 24 mois, prolongeable de 24 moisModalités auprès de la CPAM ; contrat collectif fréquent
Indépendant, nomadeSUS, plano individuel, CFE ou assurance internationaleSeguro de saúde valable au Brésil pour le visa nomadeHospitalisation et rapatriement à prévoir
RetraitéCFE (offre retraités) ou assurance internationalePension du régime de base, sans questionnaire médical à la CFEPas de S1 ; accord limité aux retraites
ÉtudiantSUS, CFE JeunExpat ou assurance étudianteMoins de 30 ans pour JeunExpatPièces d'assurance du visa à vérifier au consulat
Conjoint et enfantsAyants droit du plano, contrat famille CFE ou assuranceVisa ou statut de résidence individuelMaternité : conception après adhésion
Adhérent CFECFE : barème du pays de soinsAdhésion avant le départ ou sous 3 moisReste à charge dans le privé ; carence si adhésion tardive
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical, prise en charge directeFranchise, carence, exclusions, antécédents
Touriste (90 jours)Assurance voyage ou assistance bancaireSouscription avant le départPlafonds et durée de couverture
Retour en FranceAssurance Maladie, selon l'affiliationActivité ou résidence stable de plus de 3 moisCarence de 3 mois levée dans plusieurs cas

Sources : CLEISS, CFE, ANS (données de juin 2026), France Diplomatie, résolutions CNIG/MJSP n° 40 et n° 45. Les tarifs CFE sont des prix de départ qui varient selon le pays et l'âge.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle au Brésil ?

Non : l'accord franco-brésilien de sécurité sociale coordonne les retraites, les accidents du travail et les prestations familiales, et limite son volet maladie à la totalisation des périodes pour les indemnités journalières. Les soins reçus au Brésil relèvent du SUS, d'un plano de saúde, de la CFE ou d'une assurance privée ; seul le détaché reste affilié au régime français.

Combien de temps dure un détachement entre la France et le Brésil ?

L'accord prévoit 24 mois, avec une prolongation possible de 24 mois supplémentaires si les autorités compétentes française et brésilienne y consentent. Le salarié détaché garde la législation française et reste dispensé de cotiser au Brésil pendant cette période.

Un retraité français peut-il utiliser le SUS ?

Le SUS est ouvert aux résidents, et le retraité titulaire d'un visa de résident y accède comme un national. Le CLEISS recommande de compléter par la CFE ou une assurance privée, car l'accord bilatéral ne rembourse pas les soins reçus au Brésil. L'offre CFE pour retraités débute à 147 € par mois, sans questionnaire médical.

Comment la CFE rembourse-t-elle les soins au Brésil ?

Sur des taux ou forfaits propres au pays de soins, appliqués aux dépenses réelles ; l'écart avec le prix facturé dans le privé reste à la charge de l'adhérent. MondExpat débute à 87 € par mois, JeunExpat à 57 € par mois.

Quel est le délai de carence de la CFE ?

Il n'y en a pas si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois suivant l'installation à l'étranger. Au-delà, la carence est de trois mois jusqu'à 44 ans et de six mois dès 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.

Une assurance au premier euro évite-t-elle d'avancer les frais ?

Souvent oui : avec une prise en charge directe, l'assureur règle l'hôpital privé sans avance de la part de l'assuré. Les plafonds, franchises, carences et exclusions du contrat déterminent le reste à charge.

Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?

L'affiliation est acquise dès la première heure travaillée ; sans activité, elle suppose une résidence stable et régulière de plus de trois mois, avec un délai de carence de trois mois en principe. Il est levé dans plusieurs cas, dont la reprise d'un emploi, une pension française ou une adhésion antérieure à la CFE.

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