Fiche pays — Europe
Assurance expatrié et assurance santé en Roumanie

En 5 lignes
En Roumanie, il n'existe pas d'assurance santé privée obligatoire en tant que telle : c'est l'affiliation à la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAS, Casa Națională de Asigurări de Sănătate), caisse publique unique, qui est obligatoire pour tout salarié ou indépendant travaillant sur le territoire roumain. Un salarié cotise à hauteur de 10 % de son salaire brut au titre de la contribution d'assurance santé (CASS), intégralement retenue à sa charge par l'employeur lors du versement. Pour un séjour temporaire non salarié, seule la carte européenne d'assurance maladie (CEAM, appelée CEASS en Roumanie) donne accès aux soins conventionnés dans les mêmes conditions qu'un assuré local. Le système public reste toutefois marqué par un sous-financement chronique et des délais d'attente importants, ce qui a nourri depuis l'adhésion à l'UE en 2007 un secteur privé en forte croissance, particulièrement développé à Bucarest. Sans affiliation CNAS ni CEAM, seuls les soins d'urgence vitale restent garantis via le panier minimum ; le reste des soins est facturé au tarif plein, sans aide de l'ambassade de France.
Chiffres clés
- 4 994 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (4 995 en 2024, soit -0,02 %), évolution quasi stable.
- Espérance de vie à la naissance : 76,46 ans en 2024 (Banque mondiale) — parmi les plus basses de l'UE.
- Dépenses de santé : 5,71 % du PIB en 2023 (Banque mondiale) — parmi les taux les plus faibles de l'UE.
- Cotisation santé obligatoire (CASS) pour un salarié : 10 % du salaire brut, intégralement à la charge du salarié.
Système de santé local
Le système de santé roumain repose sur une caisse publique unique, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAS, Casa Națională de Asigurări de Sănătate), qui réglemente et gère le régime d’assurance maladie obligatoire, fixe les prestations couvertes et négocie les mécanismes de paiement avec les prestataires publics et privés via ses caisses locales (casele județene de asigurări de sănătate). La couverture repose sur un principe contributif : seule une personne à jour de cotisation, ou rattachée à un statut assimilé (enfant, retraité, demandeur d’emploi indemnisé notamment), a accès au panier de base. Une personne sans qualité d’assuré ne conserve l’accès qu’à un panier minimum : soins d’urgence, suivi de grossesse, accouchement, services de planification familiale et prévention.
Le panier de base financé par la CNAS couvre les soins médicaux de premier recours et spécialisés, les soins ambulatoires et à domicile, l’hospitalisation, une partie du dentaire, les médicaments et dispositifs médicaux sur liste, ainsi que la réadaptation. Les médicaments prescrits sont à retirer dans une pharmacie sous contrat avec la CNAS, avec un taux de remboursement variable selon la liste (de 20 % à 100 % selon le médicament). Le système public souffre d’un sous-financement chronique — les dépenses de santé par habitant comptent parmi les plus faibles de l’UE — qui se traduit par des délais d’attente significatifs et une pénurie de personnel soignant, une partie ayant émigré vers l’Europe de l’Ouest. Depuis l’adhésion à l’UE en 2007, un secteur privé s’est fortement développé en réponse, en particulier à Bucarest, où plusieurs réseaux de cliniques privées proposent délais réduits et équipements plus récents, à la charge du patient ou de son assurance complémentaire.
Obligations légales et de visa
- Citoyen UE : aucun visa exigé, entrée avec passeport ou carte d’identité valide. Pour un séjour de plus de 90 jours, enregistrement obligatoire auprès de l’Inspection générale pour l’immigration (certificat d’enregistrement pour les citoyens UE).
- Affiliation à la CNAS : obligatoire pour tout salarié dès le début d’une activité en Roumanie, l’employeur déclarant le salarié et retenant la contribution d’assurance santé (CASS) de 10 % du salaire brut, intégralement à la charge du salarié, lors du versement de la paie. Un indépendant s’affilie et cotise directement auprès de la caisse locale, sur son revenu déclaré.
- Sans affiliation CNAS ni CEAM : accès limité au panier minimum (urgences vitales, suivi de grossesse, accouchement, prévention) ; le reste des soins est facturé au tarif plein par l’établissement, public comme privé, tarif variable selon établissement et non communiqué publiquement de façon uniforme.
- Étudiant : la CEAM suffit pour un séjour temporaire (type Erasmus) ; au-delà, une affiliation locale ou une assurance étudiante complémentaire reste recommandée pendant la période de transition administrative.
- Salarié détaché : jusqu’à 24 mois (prolongeable), reste rattaché au régime français via le formulaire A1, dispensé de l’affiliation à la CNAS.
- Retraité : formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite française avant le départ, pour une prise en charge par le système roumain sans nouvelle cotisation propre.
Aucune amende individuelle n’est prévue en tant que telle en cas de défaut d’affiliation, mais l’employeur a l’obligation légale de déclarer son salarié ; pour l’expatrié lui-même, le risque reste avant tout financier, limité au panier minimum, sans aide de l’ambassade de France en cas de soins non couverts.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation médecin généraliste, patient affilié CNAS | Prise en charge (financée par la cotisation) | — |
| Urgences vitales, non-assuré compris | Prise en charge via le panier minimum | — |
| Hospitalisation, patient affilié CNAS | Prise en charge (financée par la cotisation) | — |
| Médicaments sur liste CNAS, patient affilié | Remboursement de 20 % à 100 % selon la liste | — |
| Consultation sans affiliation ni CEAM (hors urgence vitale) | Tarif plein facturé par l'établissement, non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Consultation en clinique privée (réseaux type Regina Maria, MedLife, Sanador) | — | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
Accords de sécurité sociale avec la France
La Roumanie étant membre de l’UE depuis 2007, pas de convention bilatérale classique avec la France : la coordination passe par les règlements européens 883/2004 et 987/2009, comme pour les autres États membres.
- Séjour temporaire : la CEAM (appelée CEASS en Roumanie, à demander auprès de sa caisse française au moins 15 jours avant le départ) donne droit à la même prise en charge qu’un assuré local auprès des prestataires conventionnés par la CNAS ; en cas de carte oubliée ou perdue, un certificat provisoire de remplacement (CPR), valable 3 mois, y donne les mêmes droits.
- Détachement : formulaire A1, maintien au régime français jusqu’à 24 mois (prolongeable), dispense de l’affiliation à la CNAS.
- Installation durable : affiliation directe auprès de la CNAS (via l’employeur pour un salarié, directement pour un indépendant) ; formulaire S1 pour un retraité, pris en charge par le système roumain sans nouvelle cotisation propre.
- La CEAM ne couvre ni le rapatriement, ni les soins programmés, ni une installation durable ; au retour, un séjour non couvert par avance peut faire l’objet d’un remboursement a posteriori via le formulaire S3125, selon les tarifs roumains ou français.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT | Non applicable (France-Roumanie = libre circulation UE) | — |
| Étudiant | CEAM pour un séjour temporaire (type Erasmus) | Au-delà, affiliation locale à envisager ; assurance étudiante complémentaire recommandée pendant la transition |
| Salarié détaché | Maintien au régime français via le formulaire A1, jusqu'à 24 mois | Dispense de l'affiliation CNAS ; complémentaire utile pour l'accès rapide aux soins et au secteur privé pendant le détachement |
| Salarié local / résident installé | Affiliation CNAS obligatoire dès le début d'activité (cotisation CASS de 10 % du salaire brut, à charge du salarié) | Panier de base sous tension (délais, sous-financement) ; anticiper une couverture relais pendant le délai administratif et pour l'accès au privé |
| Indépendant / freelance | Affiliation et cotisation directes auprès de la caisse locale, sur le revenu déclaré | Vérifier le mode de calcul auprès de la caisse avant de s'installer, les modalités précises n'étant pas communiquées de façon uniforme |
| Retraité (formulaire S1) | Prise en charge par le système roumain, sans nouvelle cotisation propre | Délais et disparités public/privé particulièrement sensibles pour ce profil ; complémentaire privée souvent recherchée à Bucarest |
Hôpitaux et réseau de soins
- Bucarest : Spitalul Clinic de Urgență București (dit « Floreasca »), principal centre de traumatologie et d'urgences de la capitale.
- Bucarest : Spitalul Clinic Colțea, l'un des plus anciens hôpitaux de la ville, modernisé par un investissement de 90 millions d'euros en 2011.
- Cluj-Napoca : Spitalul Clinic Județean de Urgență Cluj, principal centre hospitalo-universitaire de Transylvanie (plus de 1 500 lits).
Démarches
- Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
- Salarié détaché : demander le formulaire A1 auprès de sa caisse française avant le départ.
- Retraité : demander le formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite avant le départ.
- Avant le départ, au moins 15 jours à l’avance : demander la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) auprès de sa caisse française pour couvrir la période de transition.
- Dès l’arrivée, pour un séjour de plus de 90 jours : demander le certificat d’enregistrement auprès de l’Inspection générale pour l’immigration (Bureau des étrangers du domicile).
- Salarié : vérifier auprès de son employeur la déclaration et l’affiliation à la CNAS dès le début du contrat de travail.
- Indépendant : s’affilier et cotiser directement auprès de la caisse locale d’assurance santé (casa județeană de asigurări de sănătate).
- Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Bucarest).
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement souscrire une assurance santé privée pour s'installer en Roumanie ?
Pas une assurance privée classique, mais l'affiliation à la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAS) est obligatoire pour tout salarié ou indépendant travaillant en Roumanie, financée par une cotisation (CASS) de 10 % du salaire brut, intégralement à la charge du salarié.
La carte européenne d'assurance maladie (CEAM) suffit-elle pour s'installer durablement en Roumanie ?
Non. Elle donne droit à la même prise en charge qu'un assuré local pour un séjour temporaire, mais une installation durable nécessite l'affiliation à la CNAS, ou le transfert de droits via le formulaire S1 pour un retraité.
Que risque-t-on sans affiliation CNAS ni CEAM en cas de soins ?
Seul un panier minimum reste accessible (urgences vitales, suivi de grossesse, accouchement, prévention) ; le reste des soins est facturé au tarif plein par l'établissement, public comme privé, sans aide de l'ambassade de France.
Pourquoi le secteur privé s'est-il développé en Roumanie ?
Le système public souffre d'un sous-financement chronique — parmi les dépenses de santé par habitant les plus faibles de l'UE — qui se traduit par des délais d'attente et une pénurie de personnel. Depuis l'adhésion à l'UE en 2007, un secteur privé s'est fortement développé pour y répondre, en particulier à Bucarest.
Un salarié détaché depuis la France doit-il s'affilier à la CNAS ?
Non, s'il dispose du formulaire A1 attestant du maintien au régime français, pour une durée n'excédant pas 24 mois (prolongeable sous conditions). Il reste dispensé de l'affiliation à la CNAS pendant cette période.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Roumanie, Santé
- France Diplomatie — Roumanie, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (2025)
- CLEISS — Le système de santé roumain
- CLEISS — Vacances en Roumanie : quelle couverture maladie ?
- PwC Worldwide Tax Summaries — Roumanie, cotisation d'assurance santé (CASS, 10 %)
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Roumanie
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Roumanie