Roumanie · Travailler et économie
Travailler en Roumanie quand on est français : droit au travail, salaire minimum, contrat, impôts et cotisations
L’essentiel
Un Français travaille en Roumanie sans permis ni visa, au titre de la libre circulation dans l'Union européenne. Le salaire minimum brut garanti est de 4 325 lei par mois depuis le 1er juillet 2026. Sur un salaire, le CLEISS indique un impôt sur le revenu de 10 %, une cotisation de retraite (CAS) de 25 % et une cotisation d'assurance maladie (CASS) de 10 %, toutes deux retenues sur le salarié ; l'employeur verse en plus une cotisation d'assurance du travail de 2,25 %. La convention fiscale franco-roumaine du 27 septembre 1974 évite la double imposition, et la monnaie reste le leu.
- 4 325 lei bruts par mois : salaire minimum garanti depuis le 1er juillet 2026, contre 4 050 lei auparavant, soit environ 825 euros au second semestre 2026 (Hotărârea 146/2026, Eurostat).
- 10 % d'impôt sur le revenu, 25 % de cotisation retraite (CAS) et 10 % de cotisation maladie (CASS) : prélèvements du salarié, sans plancher ni plafond d'assiette (CLEISS, barème du 1er janvier 2025).
- 2,25 % du salaire brut : cotisation d'assurance du travail à la charge de l'employeur, majorée de 4 % ou de 8 % pour les conditions de travail difficiles ou spéciales (CLEISS).
- 18 mois sur 3 années consécutives : durée maximale de séjour dans l'autre État pour que le salaire d'un détaché reste imposable dans l'État de résidence selon la convention franco-roumaine (impots.gouv.fr).
- 48 600 lei de revenu annuel (12 salaires minimum) : seuil à partir duquel l'indépendant cotise à la retraite ; la CASS se calcule entre 6 et 60 salaires minimum (CLEISS, 2025).
- 24 mois au plus : durée du détachement avec le formulaire A1, qui maintient le salarié au régime français (europa.eu).
Repères économiques : Roumanie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +0,7 %
- Inflation
- 7,2 %
- Taux de chômage
- 6,0 %
- PIB par habitant
- 22 538 $
- Population
- 19,0 millions
- Change
- 1 € = 5,336 RON
- leu roumain, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : un accès sans permis pour un Français
Les citoyens de l’Union européenne exercent une activité salariée ou indépendante en Roumanie au titre de leur droit de séjour : un Français n’a pas à demander de permis de travail. Pour un emploi de plus de trois mois, le salarié obtient auprès de l’IGI le certificat d’enregistrement, gratuit, sur présentation du contrat de travail et d’une attestation de l’employeur ; la page vivre en Roumanie détaille ces formalités. L’employeur déclare ensuite le salarié et retient les cotisations.
La recherche d’emploi passe par les offres des employeurs et par l’Agence nationale pour l’emploi, qui gère le chômage. Le roumain ouvre le marché le plus large ; plusieurs entreprises internationales fonctionnent aussi en anglais. Le guide travailler à l’étranger aide à préparer le départ côté français.
Salaire minimum et niveaux de salaire
Le salaire de base minimum brut garanti en paiement est fixé par le Gouvernement. La Hotărârea n° 146 du 12 mars 2026, publiée au Monitorul Oficial n° 196 du 13 mars 2026, le porte à 4 325 lei par mois à compter du 1er juillet 2026, pour un horaire normal de 166,667 heures par mois, et abroge la décision n° 1 506/2024 qui l’avait fixé à 4 050 lei. Eurostat, qui convertit les salaires minimums nationaux en euros, retient 825 euros par mois en Roumanie au second semestre 2026 (795 euros au premier semestre), contre 1 867 euros en France.
- Salaire moyen : l’INS publie chaque mois le gain salarial moyen brut et net de l’économie, dans ses communiqués de presse ; l’écart avec le minimum est important selon les secteurs et les villes.
- Comment lire une offre : l’annonce mentionne en général le salaire brut mensuel ; le net dépend de la cotisation retraite, de la cotisation maladie et de l’impôt décrits plus bas.
Pour comparer une offre avec un poste en France, le guide détaché ou expatrié rappelle les différences de statut qui changent le salaire net et la protection sociale.
Contrat, arrêts maladie et maternité
Le contrat de travail relève du Code du travail (loi n° 53/2003). Selon le CLEISS, les indemnités journalières de maladie sont versées jusqu’à 183 jours par an : depuis août 2025, elles atteignent 55 % de la base de calcul pour les arrêts jusqu’à 7 jours, 65 % entre 8 et 14 jours et 75 % à partir de 15 jours. Le congé de maternité dure 126 jours, dont 42 jours obligatoires après l’accouchement, avec une indemnité de 85 % du revenu brut moyen cotisable des six derniers mois.
- Remboursement des soins : les droits du salarié à l’assurance maladie et leur articulation avec une complémentaire sont expliqués dans la page remboursements des soins en Roumanie.
- Contrat local ou détachement : un salarié recruté localement relève du régime roumain ; voir le glossaire du contrat local.
Impôt sur le revenu et convention franco-roumaine
Le CLEISS indique pour un salarié un impôt sur le revenu de 10 %, calculé sur le salaire net des cotisations sociales (barème en vigueur au 1er janvier 2025, page mise à jour le 16 octobre 2025). Les déductions personnelles, les seuils et les règles propres aux autres revenus changent d’une année à l’autre et se vérifient sur le site de l’ANAF.
- Convention franco-roumaine : signée à Bucarest le 27 septembre 1974 et en vigueur depuis le 27 septembre 1975, elle prévoit que le salaire d’un résident d’un État n’est imposable que dans cet État, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État, qui peut alors l’imposer (article 15). Le salaire reste imposable dans l’État de résidence si le bénéficiaire séjourne dans l’autre État au plus 18 mois au total sur trois années consécutives, si l’employeur n’y est pas résident et si la charge n’est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe.
- Double imposition (article 24) : la France exonère les revenus imposables en Roumanie en vertu de la convention, tout en pouvant les prendre en compte pour calculer le taux applicable au reste du revenu ; les dividendes, intérêts, redevances, tantièmes et revenus d’artistes et de sportifs ouvrent droit à un crédit d’impôt. La Roumanie déduit l’impôt français de l’impôt roumain exigible, dans la limite de ce dernier.
- Résidence fiscale : au-delà de 183 jours de séjour sur 12 mois consécutifs, un questionnaire de situation fiscale se remplit auprès de l’ANAF dans les 30 jours (France Diplomatie).
En cas de doute sur la résidence fiscale ou sur un double emploi entre les deux pays, le service des impôts des particuliers non-résidents en France et l’administration fiscale roumaine restent les interlocuteurs.
Cotisations sociales : salarié, employeur et indépendant
Selon le CLEISS, un salarié supporte en Roumanie une cotisation d’assurance pensions (CAS) de 25 % et une cotisation d’assurance maladie (CASS) de 10 % du salaire brut, sur l’intégralité du salaire, sans minimum ni maximum. L’employeur verse une cotisation d’assurance du travail de 2,25 % du revenu brut du salarié, avec 4 % ou 8 % supplémentaires pour les emplois en conditions difficiles ou spéciales. La CASS finance l’accès aux soins décrit dans la page système de santé roumain.
- Indépendant : la CAS de 25 % du revenu net est obligatoire à partir de 12 salaires minimum de revenu annuel (48 600 lei dans le barème 2025 du CLEISS) et plafonnée à 25 % de 24 salaires minimum ; la CASS de 10 % s’applique à un revenu net compris entre 6 salaires minimum (24 300 lei) et 60 salaires minimum (243 000 lei). Une assurance maladie-maternité volontaire de 1 % du revenu fixé au contrat est possible. Les montants de l’année en cours se confirment auprès de l’ANAF, car ils se calculent sur le salaire minimum.
- Déclaration : l’indépendant dépose la déclaration unique (D212) auprès de l’ANAF, au plus tard le 25 mai de l’année suivante pour les revenus de l’année précédente (ANAF, déclaration unique pour 2026).
- Détaché depuis la France : un salarié détaché avec le formulaire A1 reste au régime français, pour 24 mois au plus, et ne cotise pas en Roumanie (europa.eu).
Télétravail et indépendants
Selon le règlement (CE) n° 883/2004, un salarié qui télétravaille au moins 25 % de son temps dans son État de résidence relève de la sécurité sociale de cet État (CLEISS). L’accord-cadre multilatéral qui permet de rester affilié à l’État de l’employeur pour moins de 50 % de télétravail compte 23 États signataires au 1er février 2026 ; la Roumanie ne figure pas dans la liste, alors que la France en est signataire. Un télétravail régulier entre la France et la Roumanie se règle donc au cas par cas, par une demande de l’employeur à son institution compétente, qui peut délivrer un formulaire A1.
Les indépendants et les nomades numériques installés en Roumanie relèvent de l’ANAF pour l’impôt et les cotisations ; le guide assurance nomade digital présente les points d’attention de ce statut.
L'économie roumaine : secteurs, leu et perspectives
Eurostat chiffre la valeur ajoutée brute de la Roumanie à 1 594 milliards de lei en 2024 (données provisoires). Le commerce, les transports et l’hébergement-restauration en représentent 22,7 %, l’industrie hors construction 19,1 % (dont 14,6 % pour l’industrie manufacturière), l’administration publique, l’éducation et la santé 14,3 %, les activités spécialisées et de soutien 9,1 %, la construction 8,8 %, l’immobilier 8,0 %, l’information et la communication 7,6 %, la finance et l’assurance 3,8 %, les autres services 3,6 % et l’agriculture 3,1 %.
- Monnaie : la Roumanie conserve sa monnaie, le leu (RON), et n’appartient pas à la zone euro. Un revenu perçu en euros comporte donc un risque de change, dont l’évolution est suivie dans le bloc « Repères économiques » de cette page.
- Perspectives : les prévisions de croissance, d’inflation et de chômage sont actualisées en continu dans le même bloc.
Prélèvements sur un salaire en Roumanie
| Prélèvement | Taux | Qui le supporte |
|---|---|---|
| Assurance pensions (CAS) | 25 % du salaire brut | Salarié |
| Assurance maladie (CASS) | 10 % du salaire brut | Salarié |
| Impôt sur le revenu | 10 %, calculé sur le salaire net des cotisations | Salarié |
| Assurance du travail | 2,25 % du revenu brut du salarié | Employeur |
| Conditions de travail difficiles ou spéciales | 4 % ou 8 % supplémentaires pour la retraite | Employeur |
Source : CLEISS, barème en vigueur au 1er janvier 2025 (page mise à jour le 16 octobre 2025). Les déductions et seuils de l'année en cours se vérifient sur le site de l'ANAF.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Roumanie ?
Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, un Français travaille en Roumanie au titre de son droit de séjour. Pour plus de trois mois, il obtient le certificat d'enregistrement de l'IGI, gratuit, avec son contrat de travail et une attestation de l'employeur.
Quel est le salaire minimum en Roumanie ?
Le salaire de base minimum brut garanti est de 4 325 lei par mois depuis le 1er juillet 2026, contre 4 050 lei auparavant, pour 166,667 heures de travail par mois. Eurostat l'évalue à environ 825 euros au second semestre 2026.
Combien d'impôt sur le revenu paie-t-on en Roumanie ?
Le CLEISS indique un impôt sur le revenu de 10 % pour un salarié, calculé sur le salaire net des cotisations sociales. Les déductions et les règles des autres revenus se vérifient sur le site de l'ANAF.
Quelles cotisations sociales sont retenues sur un salaire roumain ?
Le salarié supporte 25 % de cotisation retraite (CAS) et 10 % de cotisation maladie (CASS) sur son salaire brut. L'employeur ajoute une cotisation d'assurance du travail de 2,25 %, majorée de 4 % ou de 8 % pour certains emplois.
Comment cotise un indépendant en Roumanie ?
Selon le barème 2025 du CLEISS, la CAS de 25 % est obligatoire à partir de 48 600 lei de revenu annuel et plafonnée, et la CASS de 10 % s'applique entre 6 et 60 salaires minimum. La déclaration unique D212 se dépose à l'ANAF au plus tard le 25 mai de l'année suivante.
Que prévoit la convention fiscale entre la France et la Roumanie pour les salaires ?
Le salaire d'un résident est imposable dans son État de résidence, sauf si l'emploi est exercé dans l'autre État. Un séjour de 18 mois au plus sur trois années consécutives, avec un employeur non résident et sans charge pour un établissement stable, maintient l'imposition dans l'État de résidence.
Le télétravail depuis la France pour un employeur roumain est-il possible ?
Oui, mais l'affiliation dépend de la part de télétravail : à partir de 25 % dans l'État de résidence, la sécurité sociale de cet État s'applique. La Roumanie n'est pas signataire de l'accord-cadre sur le télétravail transfrontalier ; l'employeur demande un A1 à son institution compétente.
Combien de temps un salarié détaché reste-t-il au régime français ?
Jusqu'à 24 mois au plus avec le formulaire A1, qui atteste le maintien à la sécurité sociale française. Au-delà, le salarié s'affilie au régime roumain, sauf prolongation convenue entre les autorités des deux pays.
Les autres guides : Roumanie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
