Roumanie · Système de santé
Système de santé roumain : assurance CNAS, médecin de famille, hôpitaux, urgences et accès pour un Français
L’essentiel
La Roumanie finance ses soins par une assurance sociale de santé gérée par la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAS) et 43 caisses locales, qui passent des contrats avec les médecins, les hôpitaux, les laboratoires et les pharmacies. Les salariés cotisent 10 % de leur salaire brut ; l'ANAF collecte la contribution. Chaque assuré s'inscrit sur la liste d'un médecin de famille, qui l'oriente vers un spécialiste par un bilet de trimitere. Le 112 est le numéro unique d'urgence. Une personne non assurée garde un panier minimal : urgences, suivi de grossesse, planification familiale et prévention.
- 10 % du salaire ou du revenu : contribution d'assurance maladie (CASS), collectée par l'ANAF et reversée au Fonds national unique d'assurance maladie (CNAS, CLEISS).
- 43 caisses d'assurance maladie : 41 caisses départementales, celle de Bucarest et celle de la défense, de l'ordre public et de la sécurité nationale (CNAS).
- 6 mois : délai minimal avant de changer de médecin de famille, sauf exceptions (CNAS).
- 90 %, 50 %, 100 % et 20 % : taux de compensation des médicaments des sous-listes A, B, C et D ; 50 % ou 100 % pour la sous-liste E (CNAS).
- 2 ans : validité de la carte européenne d'assurance maladie roumaine (CEASS), gratuite pour les assurés (CNAS).
- 300 lei par jour au plus : plafond des services hôteliers de haut confort facturés à l'hôpital public (CNAS).
Une assurance sociale de santé : la CNAS, les caisses locales et l'ANAF
Le système roumain repose sur l’assurance sociale de santé. La Caisse nationale d’assurance maladie (CNAS) administre le dispositif ; 43 caisses lui sont rattachées, dont 41 départementales, la caisse de Bucarest et celle de la défense et de l’ordre public. Ces caisses ne remboursent pas le patient : elles concluent des contrats avec les prestataires, qui facturent les soins du panier de base directement à la caisse. La contribution est collectée par l’ANAF, l’administration fiscale ; le ministère de la Santé définit la politique de santé et, selon le CLEISS, les acteurs se répartissent entre un niveau national et un niveau départemental (CNAS, guide de l’assuré de mars 2024 ; CLEISS, données de 2021).
- Deux paniers : les assurés accèdent au panier de base (médecin de famille, spécialistes, hôpital, analyses, soins à domicile, médicaments compensés, dispositifs médicaux, réadaptation) ; les non-assurés relèvent d’un panier minimal.
- Prestataires sous contrat : seuls les cabinets, hôpitaux, laboratoires et pharmacies qui ont un contrat avec une caisse appliquent le panier de base. Les listes se consultent sur les sites des caisses.
- Carte nationale de santé : elle prouve la qualité d’assuré chez le médecin et à la pharmacie ; elle se bloque après cinq saisies erronées du code PIN, et la qualité d’assuré se vérifie en ligne sur le site de la CNAS.
La fiche pays Roumanie rassemble les coûts et les accords de coordination.
Qui est assuré : salarié, indépendant, personne sans activité, retraité
Le code fiscal fixe à 10 % la contribution des salariés, de ceux qui perçoivent des revenus soumis à la CASS et de ceux qui n’ont pas de revenus mais choisissent de s’assurer (CNAS). Le CLEISS précise que toute personne résidant légalement en Roumanie peut être assurée à condition de cotiser. Les taux et les seuils des salariés et des indépendants figurent dans la page travailler en Roumanie.
- Assuré sans payer : les enfants de moins de 18 ans, les jeunes de 18 à 26 ans élèves ou étudiants, le conjoint et les parents sans revenu à la charge d’un assuré, les femmes enceintes et les accouchées, les personnes handicapées, les retraités, les chômeurs indemnisés et les parents en congé parental (CNAS).
- Personne sans activité : elle peut opter pour l’assurance en déposant la déclaration unique (D212) à l’ANAF. La contribution annuelle est de 10 % de six salaires minimum bruts, calculés au 1er janvier de l’année : pour 2026, 10 % de 24 300 lei (6 × 4 050 lei), soit 2 430 lei, payés pour 25 % au dépôt de la déclaration et pour 75 % au plus tard le 25 mai de l’année suivante (ANAF).
- Retraité français : il enregistre son formulaire S1 pour être pris en charge sans cotisation locale. Voir la page retraite en Roumanie.
Une femme enceinte non assurée devient assurée pour la durée de la grossesse et du post-partum en remettant le certificat de grossesse à sa caisse, sans autre dépense (CNAS). Les situations par statut sont détaillées dans la page remboursements des soins en Roumanie.
Médecin de famille, spécialistes et examens
Le médecin de famille est le premier contact avec le système. Toute personne s’inscrit sur la liste du médecin de son choix, qu’elle peut changer après au moins six mois ; l’inscription est obligatoire (CNAS, CLEISS). Il assure les consultations de maladie aiguë, le suivi des maladies chroniques, les consultations à domicile pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer, la prévention, la prescription et les certificats médicaux. Un forfait annuel de prévention propose à partir de 40 ans jusqu’à trois consultations par an pour évaluer les risques cardiovasculaires, oncologiques et rénaux.
- Spécialistes : la consultation de spécialité se fait sur un bilet de trimitere délivré par le médecin de famille ou par un autre spécialiste sous contrat. Il n’est pas exigé pour les urgences et la planification familiale ; certains patients atteints de maladies chroniques (diabète, glaucome, asthme, cancer, par exemple) consultent directement, sur rendez-vous, pour un contrôle périodique.
- Analyses et imagerie : elles sont gratuites pour l’assuré muni d’un bilet de trimitere, dans un laboratoire sous contrat. Le bilet est valable 30 jours, jusqu’à 60 jours pour la prévention et jusqu’à 90 jours pour les maladies chroniques.
- Téléconsultation : les consultations pour maladies chroniques et pour certaines maladies infectieuses peuvent se faire à distance, avec une ordonnance électronique envoyée au patient.
Hôpitaux et urgences : le 112 et les services d'urgence
Le 112 est le numéro unique d’urgence. Le système classe les appels par code couleur (rouge, jaune, vert) pour déterminer l’ambulance à envoyer selon la gravité (CLEISS). L’hôpital public sous contrat avec une caisse prend en charge, pour l’assuré hospitalisé, les consultations, les examens, les soins, les médicaments, le matériel, le logement et les repas ; seuls les services hôteliers de haut confort, plafonnés à 300 lei par jour, et les prestations demandées hors du contrat sont à la charge du patient. Un bilet de trimitere ouvre l’hospitalisation programmée ; il n’est pas nécessaire pour une urgence, un accouchement, une chimiothérapie ou une radiothérapie (CNAS).
- Non assuré : l’hôpital prend en charge les urgences médico-chirurgicales jusqu’à leur résolution et les maladies à potentiel épidémique jusqu’à la fin du traitement.
- Hôpital privé sous contrat : un établissement privé conventionné peut demander au patient une contribution personnelle, égale à la différence entre son tarif et le tarif remboursé par la caisse. Il affiche ses tarifs et remet un devis estimatif valable cinq jours ouvrables avant l’hospitalisation.
- Assurance voyage et rapatriement : France Diplomatie rappelle que l’ambassade ne règle pas les frais médicaux et recommande une couverture des soins et du rapatriement ; la page rapatriement et assistance présente ces garanties.
Médicaments, soins dentaires et dispositifs médicaux
Seuls les assurés bénéficient des médicaments compensés, sur ordonnance électronique et dans une pharmacie sous contrat. La caisse paie le pourcentage de compensation appliqué au prix de référence : 90 % pour la sous-liste A, 50 % pour la sous-liste B, 100 % pour la sous-liste C, 20 % pour la sous-liste D et 50 % ou 100 % pour la sous-liste E selon les publics (CNAS). Le CLEISS résume cette échelle par des taux de 20 % à 100 % selon la liste. Une ordonnance pour maladie aiguë dure au plus sept jours de traitement, jusqu’à 30 ou 31 jours pour une maladie chronique, et jusqu’à 90 jours pour une maladie chronique stabilisée.
- Dentaire : la consultation est gratuite une fois tous les 12 mois, pour les assurés comme pour les non-assurés. Les assurés bénéficient en plus du traitement de la carie simple, des extractions, de la prothèse acrylique amovible et du détartrage aux ultrasons ; les services du panier de base sont remboursés à 100 % jusqu’à 18 ans et à 60 % ou 100 % pour les adultes (CNAS).
- Optique et dispositifs : le panier de base inclut des dispositifs pour les déficiences visuelles, sur prescription et décision de la caisse ; les lunettes courantes d’un adulte ne sont pas décrites comme remboursées dans les sources consultées. Se renseigner auprès de la caisse avant tout achat.
- Rééducation : jusqu’à 21 jours par an de procédures de médecine physique en ambulatoire, 42 jours dans certains cas (accident vasculaire cérébral, paralysie cérébrale, grands brûlés).
Risques sanitaires et vaccinations
France Diplomatie demande d’être à jour du calendrier vaccinal français, en particulier pour la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la rougeole. Selon les conditions de séjour, les hépatites A et B, la fièvre typhoïde, la méningite ACWY, la tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans, la rage et l’encéphalite à tiques peuvent justifier une vaccination (page du 15 septembre 2026). Une alerte de France Diplomatie signale par ailleurs une hausse des cas de rougeole (13 mars 2026).
- Moustiques et tiques : le virus du Nil occidental se transmet par piqûre de moustique et ne dispose pas de vaccin ; l’encéphalite à tiques survient surtout au printemps et en été, et des vêtements couvrants limitent le risque.
- Rage et grippe aviaire : la rage est signalée chez des chiens errants, y compris à Bucarest ; la Roumanie est un lieu de passage d’oiseaux migrateurs. Éviter le contact avec les animaux.
- Hygiène alimentaire : France Diplomatie recommande l’eau en bouteille, les aliments bien cuits et la baignade en zones surveillées.
Accéder aux soins quand on est français : repères par situation
Une personne en séjour temporaire (touriste, étudiant, salarié temporairement détaché) reçoit avec la CEAM les soins nécessaires auprès des prestataires du système public, aux mêmes conditions que les assurés roumains ; elle se demande à sa caisse au moins 15 jours avant le départ. Un salarié local est affilié par son employeur, un indépendant déclare ses revenus à l’ANAF, un retraité enregistre son S1 et un salarié détaché garde le régime français avec le formulaire A1.
Pour compléter ces droits avec une couverture au premier euro, une prise en charge directe ou un accès aux prestataires privés, Expavy aide à comparer les options à partir de votre situation, avec la page assurance santé expatrié.
Où se faire soigner selon le besoin
| Besoin | Où aller | Orientation préalable |
|---|---|---|
| Consultation courante | Médecin de famille choisi sur liste | Non ; inscription obligatoire, changement possible après 6 mois |
| Spécialiste | Cabinet ou ambulatoire sous contrat avec une caisse | Oui, bilet de trimitere, sauf urgence, planification familiale et contrôle de certaines maladies chroniques |
| Analyses et imagerie | Laboratoire sous contrat | Oui, bilet de trimitere valable 30 jours (60 en prévention, 90 en maladie chronique) |
| Urgence | Appel au 112 | Non |
| Hospitalisation programmée | Hôpital public sous contrat | Oui ; sans bilet en cas d'urgence, d'accouchement, de chimiothérapie ou de radiothérapie |
| Médicaments compensés | Pharmacie sous contrat, carte de santé | Ordonnance électronique |
Sources : CNAS (guide de l'assuré, mars 2024), CLEISS. Les règles évoluent ; les caisses locales publient les mises à jour.
Questions fréquentes
Le système de santé roumain est-il public ou privé ?
Il est financé par une assurance sociale de santé, la CASS de 10 %, gérée par la CNAS et 43 caisses locales qui passent des contrats avec des prestataires publics et privés. Les soins du panier de base se font chez les prestataires sous contrat.
Un Français peut-il s'affilier au système de santé roumain ?
Oui. Un salarié est assuré par son employeur, un indépendant déclare ses revenus à l'ANAF, un retraité enregistre son formulaire S1. Une personne sans activité peut opter pour l'assurance en déposant la déclaration D212 et en payant 10 % de six salaires minimum bruts.
Faut-il un médecin de famille pour voir un spécialiste ?
En principe oui : le médecin de famille délivre un bilet de trimitere. Il n'est pas exigé pour les urgences et la planification familiale, ni pour le contrôle périodique de certaines maladies chroniques sur rendez-vous.
Quel numéro appeler en urgence en Roumanie ?
Le 112, numéro unique et gratuit pour l'ambulance, la police et les pompiers. L'ambassade de France à Bucarest répond au +40 311 333 777.
Que se passe-t-il quand on n'est pas assuré en Roumanie ?
Seul un panier minimal reste accessible : urgences médico-chirurgicales, maladies à potentiel épidémique, suivi de grossesse, planification familiale et prévention. Les analyses, l'imagerie et les médicaments restent entièrement à la charge du patient.
Comment sont remboursés les médicaments en Roumanie ?
La caisse paie un pourcentage du prix de référence selon la sous-liste : 90 % (A), 50 % (B), 100 % (C), 20 % (D) et 50 % ou 100 % (E). La participation du patient est la différence, sur ordonnance électronique et en pharmacie sous contrat.
Les soins dentaires sont-ils pris en charge en Roumanie ?
La consultation est gratuite une fois par an pour les assurés. Le panier de base est remboursé à 100 % jusqu'à 18 ans et à 60 % ou 100 % pour les adultes ; les soins hors panier restent à la charge du patient.
Faut-il se faire vacciner avant de partir en Roumanie ?
France Diplomatie demande d'être à jour du calendrier vaccinal français et cite, selon les conditions de séjour, les hépatites A et B, la fièvre typhoïde, la méningite ACWY, la rage et l'encéphalite à tiques. Elle signale aussi une hausse des cas de rougeole.
Les autres guides : Roumanie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
