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Guide salarié en entreprise

Travailler à l’étranger : trouver un emploi, choisir son statut, protéger sa situation

Partir travailler à l’étranger se prépare en trois temps : trouver l’offre, choisir le bon statut et organiser sa protection sociale. Le statut du contrat de travail détermine la suite : régime de santé, droits à la retraite, chômage et fiscalité. Ce guide présente les portails publics pour chercher un emploi, les statuts possibles et la check-list à parcourir avant le départ.

Trouver un emploi à l’étranger : les portails publics et les réseaux

France Travail (ex-Pôle emploi) propose un espace dédié au travail à l’étranger. Des conseillers en mobilité internationale accompagnent les projets, un portail réunit des offres d’emploi à l’international filtrables par secteur et par continent (Afrique, Amériques, Asie, Europe, Océanie), et des ressources aident à adapter son CV aux usages du pays visé. Le parcours en ligne « Travailler à l’étranger » suit cinq étapes : envisager le projet, rechercher des offres, s’informer sur les pays et les langues, régler les droits et démarches administratives, puis préparer le retour en France. France Travail mentionne aussi des aides financières à la mobilité, comme un soutien au déménagement ou à l’apprentissage des langues, ainsi que des stages Erasmus+ en Europe.

EURES est la plateforme européenne des services de l’emploi, gérée par l’Autorité européenne du travail. Elle permet de chercher un emploi dans l’Union européenne, de créer un CV Europass, de consulter des informations sur les conditions de vie et de travail dans chaque pays, de dialoguer en ligne avec des conseillers EURES et de participer aux Journées européennes de l’emploi. Le portail est accessible en 24 langues.

Au sein de l’Union européenne, aucun permis n’est nécessaire : le portail Your Europe rappelle qu’un citoyen de l’Union peut travailler comme salarié ou indépendant dans n’importe quel pays de l’UE, et y résider dans certaines conditions. Hors de l’Union, le pays d’accueil fixe ses propres règles de visa et de permis de travail : les fiches pays de ce site, par exemple celles du Canada, de Singapour ou des Émirats arabes unis, donnent le point de départ côté assurance santé.

Les réseaux complètent les portails : anciens élèves de son école, collègues déjà en poste à l’étranger, mobilité interne d’un groupe présent dans plusieurs pays, salons et événements de recrutement. France Travail et EURES annoncent régulièrement des événements consacrés à l’emploi à l’international.

Le VIE : un premier emploi international pour les 18-28 ans

Le volontariat international en entreprise (VIE) est un dispositif public créé par la loi en 2000 et opéré par Business France. Il s’adresse aux jeunes de 18 à 28 ans, de nationalité française ou résidant dans l’Espace économique européen, pour des missions de 6 à 24 mois, prolongeables, dans une entreprise française implantée à l’étranger. Business France comptait en juin 2026 plus de 11 400 jeunes en poste dans 119 pays, et plus de 120 000 contrats signés depuis la création du dispositif.

Le statut est protecteur : l’indemnité mensuelle est fixée selon le pays d’affectation et exonérée de charges sociales en France, et le volontaire bénéficie d’une protection sociale assurée par l’État, à l’étranger comme en France. Les candidatures passent par la plateforme Mon VIE VIA de Business France (qui a repris l’ancien site Civiweb), où plus de 70 000 candidats déposent leur CV. Pour un jeune diplômé, c’est une porte d’entrée vers un premier emploi à l’étranger avec un cadre sécurisé, et la couverture santé reste à vérifier selon le pays pour les besoins non pris en charge.

Détachement, expatriation, contrat local : choisir son statut

Le statut de départ détermine l’ensemble de la protection sociale. Trois montages dominent, présentés en détail dans le guide salarié en entreprise.

  • Détachement. Un employeur français envoie son salarié à l’étranger pour une durée limitée, en principe 24 mois au plus. Le salarié reste dans le régime de protection sociale français, les cotisations continuent d’être versées en France et le formulaire A1 atteste de cette affiliation. La carte européenne d’assurance maladie couvre les soins dans l’UE, et les frais de santé se remboursent par l’organisme local (si le formulaire S1 a été remis) ou par l’Assurance maladie française avec les justificatifs. Les proches qui accompagnent le salarié peuvent bénéficier des prestations.
  • Expatriation. Le salarié quitte le régime français et relève obligatoirement du régime local du pays où il travaille, où ses cotisations sont versées. Ameli demande de transmettre une déclaration de transfert de résidence hors de France dans un délai d’un mois et de restituer la carte Vitale et la CEAM. Pour conserver des droits français, il est possible d’adhérer à la CFE tout en cotisant au régime local, ce qui évite des délais de carence et des trimestres perdus pour la retraite.
  • Contrat local. Le salarié signe avec un employeur du pays d’accueil, sous le droit du travail local, avec une affiliation locale proche de celle de l’expatriation.

Pour savoir lequel de ces montages correspond à un projet précis, le guide détaché ou expatrié et l’outil de diagnostic de statut donnent une méthode de vérification.

PVT et télétravail : deux situations particulières

Le permis vacances-travail (PVT) naît d’un accord bilatéral entre la France et le pays de destination : chaque accord fixe sa tranche d’âge, sa durée et ses conditions, dont une preuve d’assurance santé dans la plupart des cas. Le guide PVT et la page assurance PVT détaillent ces exigences.

Le télétravail depuis l’étranger pour un employeur resté en France pose une autre question : le régime de protection sociale se rattache en principe au pays où le salarié exerce son activité, d’après ameli, et un salarié installé à l’étranger sans détachement peut donc relever de règles différentes de celles de son poste en France. Une confirmation avec l’employeur et avec le Cleiss, avant le départ, évite les mauvaises surprises. Les télétravailleurs indépendants se tournent souvent vers un visa de nomade numérique : voir le guide des visas nomades numériques et l’assurance nomade digital.

Les conséquences sur la santé, la retraite et le chômage

Santé. Le détaché garde la Sécurité sociale française ; l’expatrié et le salarié en contrat local passent au régime du pays d’accueil. Hors Union européenne, l’affiliation française s’interrompt : la CFE ou une assurance santé au 1er euro devient alors la base, complétée par une garantie de rapatriement.

Retraite. Les périodes travaillées à l’étranger se comptent selon le pays : coordination européenne, convention bilatérale ou calcul séparé, comme l’explique le guide trimestres travaillés à l’étranger. Le détachement maintient la carrière comme si le salarié n’avait pas quitté la France ; pour un expatrié, la CFE propose une assurance volontaire vieillesse.

Chômage. Un demandeur d’emploi indemnisé qui part chercher du travail dans l’UE, l’EEE ou en Suisse conserve ses allocations pendant trois mois, prolongeables jusqu’à six mois selon le pays dans la limite de ses droits, avec le formulaire U2 (E303) à demander à France Travail avant le départ. Sans allocations, le formulaire S1 (E106) ou la CEAM assure la couverture santé. Hors de cette zone, la protection française s’interrompt : une assurance volontaire (CFE ou assureur privé) est nécessaire, et il convient de prévenir sa caisse d’assurance maladie du départ.

Fiscalité : la résidence fiscale décide

L’impôt dépend de la résidence fiscale, une notion définie par la législation fiscale et par les conventions que la France a conclues avec chaque pays. Le portail Your Europe rappelle que la détermination du pays de résidence fiscale fait partie des points à traiter avant tout départ dans l’UE. Le site des impôts propose un espace international, avec une rubrique « Je pars à l’étranger », ainsi qu’un accès aux conventions fiscales, et service-public.fr consacre une rubrique à l’impôt sur le revenu des Français à l’étranger (déclaration, plus-values, exit tax).

Le régime fiscal est distinct du régime social : un salarié détaché peut payer ses cotisations en France tout en étant imposé selon sa résidence fiscale, et un expatrié cotise au pays d’accueil tout en relevant éventuellement d’une convention fiscale. Le budget santé se calcule en parallèle, comme le montre le guide budgétiser sa santé en expatriation.

La check-list avant de partir travailler à l’étranger

  • Confirmer le statut (détaché, expatrié, contrat local, VIE, PVT) par écrit dans le contrat de travail.
  • Vérifier le visa ou le permis de travail du pays d’accueil, sauf dans l’UE où aucun permis n’est requis pour un citoyen européen.
  • Organiser la santé avant le départ : A1 ou S1 pour un détaché, CEAM au moins quinze jours avant le départ dans l’UE, CFE ou assurance privée sinon.
  • Déclarer le transfert de résidence à sa caisse d’assurance maladie dans le mois en cas d’expatriation, et restituer sa carte Vitale et sa CEAM.
  • Préserver sa retraite : évaluer l’assurance volontaire de la CFE et les points Agirc-Arrco, noter le délai de rachat de cotisations.
  • Faire le point sur le chômage : demander le formulaire U2 à France Travail si des droits sont ouverts.
  • Clarifier la fiscalité : résidence fiscale, convention applicable, obligations déclaratives en France.
  • Souscrire les garanties complémentaires : rapatriement, assistance et responsabilité civile, détaillées sur la page rapatriement et assistance.
  • Consulter les formalités avant le départ sur France Diplomatie, qui regroupe les informations pour préparer une expatriation, puis suivre la check-list des 90 premiers jours.
  • Anticiper le retour : en cas de retour, le formulaire S1106 rouvre les droits à l’Assurance maladie, comme le détaille le guide retour en France.

Questions fréquentes

Comment trouver un travail à l’étranger quand on est français ?

Plusieurs portails publics regroupent les offres : l’espace emploi international de France Travail (offres filtrables par secteur et par continent, avec des conseillers en mobilité internationale), EURES pour l’Europe et, pour les 18-28 ans, les missions de VIE proposées par Business France. S’y ajoutent les réseaux professionnels, la mobilité interne d’un groupe et les événements de recrutement.

Qu’est-ce que le VIE et qui peut y candidater ?

Le volontariat international en entreprise (VIE) est un dispositif public créé par la loi en 2000. Il s’adresse aux jeunes de 18 à 28 ans, de nationalité française ou résidant dans l’Espace économique européen, pour des missions de 6 à 24 mois dans une entreprise française à l’étranger. L’indemnité est exonérée de charges sociales en France et le volontaire bénéficie d’une protection sociale assurée par l’État. Business France comptait 11 440 jeunes en poste dans 119 pays en juin 2026.

Que devient mon assurance maladie si je pars travailler à l’étranger ?

Cela dépend du statut. Un salarié détaché reste affilié à la Sécurité sociale française, avec le formulaire A1 pour l’attester. Un salarié expatrié ou en contrat local relève obligatoirement du régime du pays d’accueil et peut adhérer à la CFE pour conserver une couverture proche du système français. Hors Union européenne, l’affiliation française s’arrête sans démarche volontaire.

Garde-t-on ses droits au chômage quand on part travailler à l’étranger ?

Un demandeur d’emploi indemnisé qui part chercher du travail dans l’UE, l’EEE ou en Suisse peut conserver ses allocations pendant trois mois, prolongeables jusqu’à six mois selon le pays, grâce au formulaire U2 (E303) demandé à France Travail avant le départ. Hors de cette zone, la protection sociale française s’interrompt, sans indemnités journalières pendant une incapacité de travail.

Travailler comme expatrié : faut-il être détaché ou en contrat local ?

Le détachement est un envoi temporaire par un employeur français, avec maintien du régime français (en principe 24 mois au plus dans l’UE, l’EEE et en Suisse). L’expatriation ou le contrat local lie le salarié à un employeur du pays d’accueil et au régime de ce pays, sans limite de durée. Le choix dépend de l’offre de l’employeur, mais le statut réel se lit dans le contrat de travail.

Les années travaillées à l’étranger comptent-elles pour la retraite ?

Oui, selon le pays : dans l’UE, l’EEE et en Suisse, les périodes sont coordonnées, avec une pension versée par chaque pays ; avec un État conventionné, les règles de la convention s’appliquent ; sinon la retraite est calculée séparément dans chaque pays. Le détachement et l’assurance volontaire de la CFE permettent de continuer à cotiser à la retraite française.

Peut-on travailler à l’étranger sans permis de travail ?

Un citoyen de l’Union européenne peut travailler, comme salarié ou indépendant, dans n’importe quel pays de l’UE sans permis de travail, selon le portail Your Europe. Pour un pays hors de l’UE, c’est la réglementation du pays d’accueil qui fixe le visa ou le permis nécessaire, à vérifier auprès de son ambassade avant de s’engager.

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