Aller au contenu principal
Expavy

Polynésie française · Travailler et économie

Travailler en Polynésie française quand on vient de métropole : emploi local, salaire minimum, impôts et cotisations

L’essentiel

Un Français n'a besoin d'aucun titre de séjour ni permis de travail en Polynésie française, qui fait partie du territoire national, mais il travaille sous le code du travail du Pays et sous des mesures de protection de l'emploi local, qui réservent certaines activités aux personnes résidant depuis 3, 5 ou 10 ans. Le salaire minimum (SMIG) est de l'ordre de 1 025 F CFP de l'heure d'après le service public du Pays, la durée légale est de 39 heures par semaine, et les revenus salariés et les pensions supportent la contribution de solidarité territoriale (CST) plutôt qu'un impôt sur le revenu global. Les cotisations vont à la Caisse de Prévoyance Sociale, qui ne comporte pas d'assurance chômage. L'économie repose largement sur le tourisme et sur les perles.

  • SMIG horaire fixé par arrêté du Conseil des ministres et revalorisé régulièrement ; le montant en vigueur est publié par le gouvernement de la Polynésie française.
  • 39 heures par semaine, ou 169 par mois : durée légale du travail (article Lp. 3211-1 du code du travail).
  • 3, 5 ou 10 ans de résidence : durées de la protection de l'emploi local, selon l'activité professionnelle concernée.
  • 14,94 % de cotisation d'assurance maladie (9,96 % employeur, 4,98 % salarié) dans la limite d'un plafond mensuel fixé par la réglementation.
  • Salaire moyen brut en équivalent temps plein publié chaque année par l'ISPF.
  • Environ 74 000 salariés déclarés à la CPS en moyenne annuelle (ISPF).

Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.

Droit au travail et protection de l'emploi local

La Polynésie française faisant partie du territoire national, un Français n’a ni visa ni titre de séjour à demander, selon le haut-commissariat, qui exige toutefois un passeport en cours de validité pour s’y rendre. Le régime d’autorisation de travail du Pays concerne les étrangers, non les Français. Ce qui s’applique à tous les candidats, c’est la promotion et la protection de l’emploi local : la déclaration préalable à l’embauche de la CPS demande à l’employeur d’indiquer le code ROME du métier et de cocher l’une des situations prévues lorsque l’activité est soumise à une mesure de protection.

  • Bénéficiaire de la protection : une personne résidant en Polynésie française depuis au moins 3, 5 ou 10 ans, selon la durée de protection requise pour l’activité. La liste des activités protégées est publiée par le service de l’emploi (SEFI), la CPS et la direction du travail.
  • Parcours de l’employeur : il dépose l’offre au SEFI ; si aucun candidat protégé n’est proposé, le SEFI délivre une attestation de carence, et l’employeur peut recruter une personne non protégée après un délai d’un mois.
  • Urgence : en cas d’urgence imprévisible, le SEFI dispose de 72 heures pour proposer un candidat ; à défaut, une personne non protégée ne peut être recrutée qu’en contrat à durée déterminée.

Pour un Français récemment arrivé, la durée de résidence compte donc dans certaines professions ; avant d’accepter une offre, il est utile de vérifier si l’activité figure parmi les activités protégées. Les salariés détachés par leur employeur de métropole suivent un autre régime : voir le glossaire du détachement.

Le droit du travail local : durée, contrat et maternité

Le code du travail de la Polynésie française est consultable en ligne (Ti’arama), et la direction du travail publie des fiches pratiques, les conventions collectives et leurs grilles salariales. La durée légale est de 39 heures par semaine ou 169 heures par mois (article Lp. 3211-1) ; les heures au-delà sont des heures supplémentaires, dont les règles figurent dans le code et les conventions. L’employeur doit effectuer une déclaration préalable à l’embauche au plus tôt 8 jours avant le début du travail : elle vaut déclaration d’emploi à la CPS, demande d’immatriculation, inscription à la médecine du travail et déclaration d’embauche à la direction du travail. Un examen médical a lieu avant l’embauche ou au plus tard 30 jours après.

Côté droits du salarié, le CLEISS décrit pour le régime général des salariés : un congé maternité de 16 semaines (6 avant et 10 après la date prévue) indemnisé à 100 % du salaire moyen des trois derniers mois dans la limite du plafond de cotisation, l’absence de congé de paternité dans le régime, des indemnités journalières de maladie payées par l’employeur à 100 % pendant les trois premiers jours, avancées par lui jusqu’au trentième jour et remboursées par la CPS, puis versées par la CPS à 75 % du salaire (jusqu’à 90 % avec trois enfants à charge ou plus), pendant 18 mois au plus. Voir aussi la définition du contrat local.

Salaire minimum et niveaux de rémunération

Le service public du Pays indique que le salaire horaire minimum interprofessionnel garanti est de l’ordre de 1 025 F CFP de l’heure, soit environ 173 000 F CFP pour 169 heures (calcul à partir du taux horaire). Ce montant est révisé par arrêté : le montant en vigueur se vérifie auprès de la direction du travail. Les grilles de salaires par branche (bâtiment, hôtellerie, assurances, etc.) sont publiées avec les conventions collectives.

L’ISPF mesure un salaire moyen brut en équivalent temps plein de l’ordre de 360 000 F CFP par mois, soit un taux horaire d’environ 2 100 F CFP, avec un temps moyen de travail de 148 heures par mois. À titre de comparaison, l’ISPF mesure un niveau de prix supérieur d’environ 30 % à celui de la métropole. Pour les fonctionnaires de l’État, le traitement est majoré par un coefficient de 1,84 aux îles du Vent et aux îles Sous-le-Vent et de 2,08 dans les autres subdivisions (arrêté du 28 juillet 1967, en vigueur selon Légifrance).

Impôts : la contribution de solidarité territoriale

Toute personne physique domiciliée en Polynésie française est assujettie à la contribution de solidarité territoriale (CST) dès qu’elle perçoit des revenus salariés (traitements, salaires, indemnités, primes) ou des revenus de remplacement (pensions, retraites, rentes), selon la direction des impôts et des contributions publiques (DICP). La CST sur salaires et pensions (CST-S) est précomptée par l’employeur ou l’organisme payeur situé sur le territoire, ce qui dispense le salarié de toute démarche. Le barème est publié par la DICP et ne figure pas sur les pages lues ; il n’est donc pas repris ici.

  • Revenus de sources multiples ou payeur hors du territoire : le contribuable déclare lui-même, chaque semestre, les sommes perçues (CST-M), au plus tard le dernier jour du mois suivant la fin du semestre, par exemple le 31 juillet pour le premier semestre, en déduisant la CST-S déjà prélevée.
  • Professions non salariées : des taux de 0,75 % à 5 % pour les prestataires de services et professions libérales et de 0,4 % à 3,25 % pour les commerçants, selon le service public du Pays.
  • Revenus de capitaux mobiliers : une CST de 5 %.
  • Indemnités exonérées : les pensions alimentaires et rentes, ainsi que les indemnités et rentes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, ne sont pas soumises à la CST.

Il n’existe pas ici d’impôt sur le revenu global comparable à celui de la métropole : la DICP applique une fiscalité propre au Pays. Pour l’articulation avec l’impôt français sur les revenus de source métropolitaine, voir la page retraite en Polynésie française.

Cotisations sociales de la CPS

Le CLEISS publie les taux suivants pour les salariés : maladie 9,96 % à la charge de l’employeur et 4,98 % à celle du salarié, dans la limite de 5 000 000 F CFP par mois ; vieillesse, tranche A (jusqu’à 269 000 F CFP) 15,69 % et 7,84 %, tranche B (de 269 000 à 525 000 F CFP) 11,62 % et 5,81 % ; accidents du travail 0,77 % à la charge de l’employeur, dans la limite de 3 000 000 F CFP ; prestations familiales 0 % ou 4,16 % selon le secteur, dans la limite de 750 000 F CFP. La part salariale totale est de 18,63 %. L’employeur précompte la cotisation du salarié et verse la totalité chaque mois.

Le régime des salariés ne comporte pas d’assurance chômage à ce jour, selon le CLEISS. Il prévoit en revanche des allocations familiales (15 000 F CFP par enfant et par mois jusqu’à 100 000 F CFP de revenu mensuel, 12 000 F CFP au-delà), une allocation de rentrée scolaire et des allocations prénatales. La retraite s’ouvre à 62 ans, avec un régime complémentaire Agirc-Arrco facultatif sur le territoire.

Indépendants, entrepreneurs et télétravail

Un indépendant est affilié au régime des non-salariés de la CPS lorsque son revenu mensuel brut moyen déclaré atteint 87 346 F CFP (97 346 F CFP pour un ménage), qu’il réside depuis plus de six mois sur le territoire et qu’il ne relève pas d’un autre régime obligatoire ; la loi du pays n° 2026-1 du 8 janvier 2026 est citée par le CLEISS pour les conditions d’affiliation et les contrôles. L’assurance maladie et maternité est obligatoire, la couverture des accidents du travail et la retraite sont volontaires. Les taux de cotisation du régime sont publiés par la CPS dans une fiche de cotisations qui n’a pas pu être lue en direct.

Pour le télétravail d’un salarié qui garde un employeur de métropole, la règle est celle du lieu d’activité sauf détachement : le décret n° 94-1146 prévoit un maintien au régime d’origine de trois ans au plus, avec les formulaires 980-01 et 980-04, détaillés dans la page remboursement des soins en Polynésie française. Les pages sur le nomade digital et sur le travail à l’étranger donnent des repères généraux à adapter à un territoire de la République.

L'économie : tourisme, perles et monnaie

Selon l’ISPF, la croissance de l’économie polynésienne est modérée, dans un contexte d’inflation généralement modérée. Elle est tirée par la demande extérieure : la fréquentation touristique et les exportations de produits perliers progressent, alors que la consommation des ménages progresse peu. Le PIB par habitant représente environ la moitié de celui de l’Hexagone en valeur courante.

Sur le marché du travail, l’enquête emploi de l’ISPF dénombre un peu plus de 100 000 personnes en emploi, dont plus d’un quart de non-salariés, un taux d’emploi inférieur à 60 % chez les 15-64 ans et plus de 25 000 personnes au chômage ou dans son halo ; environ 10 000 salariés relèvent de l’État, dont environ un quart sont déclarés à la CPS, les autres étant inscrits à la Sécurité sociale métropolitaine. La monnaie est le franc Pacifique (F CFP), dont la parité avec l’euro est fixe et inscrite dans le code monétaire et financier selon l’IEOM. Le bloc « Repères économiques » ci-dessus reprend des séries internationales qui peuvent différer des statistiques locales citées ici.

Questions fréquentes

Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Polynésie française ?

Non : la Polynésie française faisant partie du territoire national, un Français n'a pas de démarche d'entrée particulière, mais le haut-commissariat exige un passeport en cours de validité. Les mesures de protection de l'emploi local s'appliquent en revanche à certaines activités.

Qu'est-ce que la protection de l'emploi local ?

Pour certaines activités, l'embauche est réservée en priorité aux personnes résidant en Polynésie française depuis 3, 5 ou 10 ans selon l'activité. L'employeur passe par le SEFI, qui peut délivrer une attestation de carence, et peut recruter une personne non protégée après un délai d'un mois ou, en cas d'urgence, en contrat à durée déterminée.

Quel est le salaire minimum en Polynésie française ?

Le SMIG est de l'ordre de 1 025 F CFP de l'heure, soit environ 173 000 F CFP pour 169 heures, d'après le service public du Pays. Un arrêté plus récent éventuel se vérifie auprès de la direction du travail.

Y a-t-il un impôt sur le revenu en Polynésie française ?

Pas d'impôt sur le revenu global comme en métropole : les salaires et les pensions supportent la contribution de solidarité territoriale (CST-S), précomptée par l'employeur ou l'organisme payeur local. Un contribuable dont le payeur est hors du territoire déclare lui-même la CST chaque semestre.

Quelles cotisations sont prélevées sur un salaire ?

La part salariale totale est de 18,63 % selon le CLEISS : maladie 4,98 %, vieillesse 7,84 % (tranche A) et 5,81 % (tranche B). La part employeur comprend notamment 9,96 % de maladie et 0,77 % d'accidents du travail.

Existe-t-il une assurance chômage ?

Le CLEISS indique que le régime des salariés de la CPS ne comporte pas d'assurance chômage à ce jour.

Un indépendant doit-il s'affilier à la CPS ?

Oui, au régime des non-salariés, si son revenu mensuel brut moyen atteint 87 346 F CFP (97 346 F CFP pour un ménage), s'il réside depuis plus de six mois sur le territoire et ne relève d'aucun autre régime obligatoire. L'assurance maladie et maternité y est obligatoire.

Les autres guides : Polynésie française