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Polynésie française · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite en Polynésie française : retraite locale, pension métropolitaine, fiscalité et accès aux soins
L’essentiel
La Polynésie française faisant partie de la République, un retraité français n'y a pas de visa de retraité à demander, mais il change de régime d'assurance maladie : il obtient le formulaire 980-06 auprès de sa caisse de retraite, puis se déclare à la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS) avec une attestation de droits qu'il doit renouveler chaque année. Sa pension métropolitaine continue d'être versée ; les pensions sont soumises à la contribution de solidarité territoriale pour une personne domiciliée sur le territoire, et l'articulation avec l'impôt français se vérifie auprès des services fiscaux. La retraite locale de la CPS s'ouvre à 62 ans avec une durée de 38 ans pour le taux plein. Le retraité de l'État peut percevoir l'indemnité temporaire de retraite, dont le plafond diminue jusqu'à 2028. Lors de ses séjours en métropole, le conjoint non pensionné n'est pas couvert : une assurance est conseillée.
- 62 ans : âge d'ouverture de la retraite du régime des salariés de la CPS, avec au moins 60 mois d'assurance.
- 38 ans (456 mois) : durée d'assurance pour le taux plein, soit 70 % du salaire moyen des 180 meilleurs mois sur les 240 derniers.
- 75 % du montant principal de la pension : taux de l'indemnité temporaire de retraite en Polynésie française (décret n° 2009-114).
- 183 jours consécutifs de résidence effective : condition de l'indemnité temporaire de retraite ; absences cumulées limitées à moins de trois mois par an.
- 1 an maximum : validité de l'attestation de droits transmise à la CPS, à renouveler un mois avant son expiration.
- 40 % : réfaction sur le montant brut des pensions versées par un débiteur établi en métropole à une personne domiciliée en Polynésie française (article 83 A du CGI, BOFiP).
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S'installer comme retraité : formalités et démarches
Un Français n’a pas de démarche d’entrée ni de visa à demander pour la Polynésie française, selon le haut-commissariat, qui exige un passeport en cours de validité ; la notion de visa retraité ne s’applique donc pas. Ce qui compte pour un retraité est la couverture santé et la fiscalité, qui relèvent du Pays. La page vivre en Polynésie française décrit l’installation, et le guide retraite à l’étranger les principes généraux.
Côté budget, l’ISPF mesure des prix en moyenne environ 30 % plus élevés qu’en métropole (+45 % pour l’alimentation, +35 % pour le logement, environ 25 % de moins pour les carburants), et une inflation modérée. Le franc Pacifique a une parité fixe avec l’euro (IEOM). Une aide forfaitaire de l’État à la continuité territoriale (111 575 F CFP, soit 935 € par voyageur pour un aller-retour vers la métropole) est ouverte aux résidents depuis au moins six mois sous un plafond de revenus annuels de 2 147 971 F CFP.
La retraite locale de la CPS : âge, durée et montant
Les salariés du Pays relèvent du régime de retraite de la CPS, dont le CLEISS décrit les règles du régime général des salariés pour la tranche A (jusqu’à 269 000 F CFP de salaire mensuel) :
- Âge et durée : 62 ans depuis le 1er janvier 2023, avec au moins 60 mois d’assurance et la cessation de l’activité salariée. Le taux plein suppose 38 ans (456 mois) ; la pension est alors de 70 % du salaire moyen, calculé sur les 180 meilleures rémunérations mensuelles des 240 derniers mois, et proportionnelle au nombre de mois cotisés sinon.
- Départs anticipés : dès 57 ans avec 33 ans d’assurance, avec une réduction ; dès 55 ans avec 33 ans et 120 mois d’activité pénible sur les 180 derniers ; dès 50 ans en cas d’incapacité, avec au moins cinq ans d’assurance.
- Tranche B : la part du salaire supérieure au plafond de la tranche A ouvre des points, égaux au salaire annuel divisé par 1 024,74 F CFP, valorisés au point selon une valeur révisée périodiquement.
- Complémentaire : l’adhésion à l’Agirc-Arrco est facultative sur le territoire.
Les indépendants peuvent s’affilier volontairement à la retraite du régime des non-salariés : pension de base dès 62 ans avec 5 ans d’assurance, taux plein de 70 % du revenu moyen avec 38 ans. La CPS gère aussi des aides à destination des personnes âgées, dont l’allocation de solidarité pour les personnes âgées citée sur la page de son régime de solidarité ; les conditions se vérifient auprès d’elle. Les montants de pension ne sont pas avancés ici faute de grille officielle lue.
Pension métropolitaine : formulaire 980-06 et démarches
Un retraité du régime métropolitain continue de percevoir sa pension depuis le territoire. Pour la couverture maladie, le formulaire 980-06 est rempli en partie A par la caisse de retraite, puis en partie B par la CPS. Selon le haut-commissariat :
- Secteur privé : signaler le changement de situation à la CPAM de Seine-et-Marne (centre national des retraités de France à l’étranger, CNAREFE), puis demander le 980-06 à la caisse nationale d’assurance vieillesse en précisant la date d’installation.
- Pensionnés de l’État : depuis le 1er janvier 2023, la gestion relève du centre de gestion des retraites de Rennes, et depuis fin juin 2024 le 980-06 se demande par la messagerie sécurisée du compte ENSAP.
- À l’arrivée : se déclarer à la CPS avec le formulaire, une attestation de droits actualisée, un RIB, un acte de naissance et une pièce d’identité. Le délai de traitement peut atteindre plusieurs semaines : il faut anticiper.
L’attestation de droits transmise à la CPS est valable un an au plus et doit être renouvelée un mois au moins avant son expiration, faute de quoi la CPS suspend les droits sans préavis. Le haut-commissariat précise aussi que, pour un agent de l’État ou un pensionné résidant en Polynésie, le contrôle de résidence de la protection universelle maladie ne doit justifier que d’une activité ou d’une retraite, et surtout pas d’une résidence en métropole, au risque d’une radiation.
Fiscalité de la pension : CST, réfaction de 40 % et vérifications
Toute personne domiciliée en Polynésie française est assujettie à la contribution de solidarité territoriale (CST) sur ses pensions, retraites et rentes, par principe et dans leur intégralité, selon la DICP. Lorsque l’organisme payeur est établi en Polynésie, il précompte la CST sur salaires et pensions (CST-S) et le bénéficiaire n’a aucune démarche. Lorsque le payeur est situé hors du territoire, le titulaire est personnellement redevable et déclare ses revenus selon les modalités de la CST, notamment la déclaration semestrielle de la CST sur sources multiples. Le service des retraites de l’État indique que la Polynésie française applique, pour ses pensionnés, un système de retenue à la source.
Côté impôt français, le BOFiP rappelle que l’article 83 A du code général des impôts prévoit une réfaction de 40 % sur le montant brut des pensions versées par un débiteur établi en métropole à des personnes domiciliées en Polynésie française, à Wallis-et-Futuna, dans les terres australes et antarctiques françaises ou en Nouvelle-Calédonie, pour compenser le coût de la vie plus élevé, et que les salaires, pensions et rentes de source française versés à des personnes domiciliées hors de France relèvent de la retenue à la source de l’article 182 A. L’administration fiscale publie une page « Polynésie française » dans sa liste de conventions internationales, dont le contenu n’a pas pu être lu. Les pages consultées ne permettent pas de dire comment s’articulent la CST et la retenue française pour une même pension : à confirmer auprès de la DICP et du service des impôts des non-résidents avant le départ.
Le CLEISS ajoute que si la résidence fiscale n’est plus en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas prélevées sur la pension ; une cotisation d’assurance maladie est retenue si le retraité relève encore d’un régime français, par exemple pour ses droits lors de séjours en France.
Indemnité temporaire de retraite pour les pensionnés de l'État
Les pensionnés de l’État qui résident en Polynésie française peuvent percevoir l’indemnité temporaire de retraite (ITR), complément de pension demandé auprès du centre de retraite par la messagerie ENSAP, avec une déclaration annuelle de résidence et d’absences (service des retraites de l’État). Le décret n° 2009-114 du 30 janvier 2009, dont la version initiale a été lue sur Légifrance, fixe le taux à 75 % du montant principal de la pension pour la Polynésie française, impose une résidence effective de plus de 183 jours consécutifs et suspend le paiement au-delà de trois mois d’absence cumulée dans l’année, les évacuations sanitaires justifiées n’étant pas comptées. Le plafond annuel décroît de 800 € par an, de 7 200 € en 2019 à 800 € en 2027, puis 0 € en 2028, selon l’année de première mise en paiement : l’indemnité diminue donc pour les nouveaux bénéficiaires. La version consolidée du texte et les conditions de services se vérifient auprès du centre de retraite. L’arrêté du 28 juillet 1967 prévoit par ailleurs des coefficients de majoration pour les fonctionnaires en activité (1,84 aux îles du Vent et Sous-le-Vent, 2,08 ailleurs).
Accès aux soins des retraités, sur place et en métropole
Une fois le 980-06 déposé, le retraité est inscrit à la CPS ainsi que ses ayants droit qui vivent avec lui, pour les soins de santé ; les modalités de remboursement sur place se demandent à la CPS. Le Centre hospitalier de la Polynésie française, à Pirae, compte 490 lits dont 45 de réanimation ; le 15 est le numéro d’urgence. Si les soins ne peuvent être réalisés sur place, la CPS organise une évacuation sanitaire, dont la prise en charge diffère selon le régime : le ressortissant de la Sécurité sociale métropolitaine n’a que son billet aller-retour avancé, l’hébergement et les repas restant à sa charge. Une affection de longue durée se reconnaît auprès de la CPS comme de l’organisme métropolitain pour être couverte à 100 % des deux côtés.
En séjour en métropole ou dans un département d’outre-mer, les soins sont remboursés par la caisse qui verse la pension, sur présentation du titre de pension ; une hospitalisation de plus d’un mois suppose un accord préalable après contrôle médical. Pour des soins imprévus dans un autre pays, les frais sont avancés puis remboursés par la CPS selon la législation polynésienne. Le conjoint non pensionné n’est pas couvert en France : une assurance « soins de santé et hospitalisation » est conseillée avant le séjour. Les adhérents de la CFE envoient leurs demandes pour des soins reçus en France à la CPAM de Seine-et-Marne ; l’éligibilité d’un résident se confirme auprès de la CFE. Voir aussi l’assurance maladie du retraité à l’étranger et la page remboursement des soins en Polynésie française.
Où vivre et quelles précautions
Tahiti concentre les services : le recensement compte environ 210 000 habitants aux îles du Vent, dont près de 30 000 à Faa’a et près de 29 000 à Punaauia, et environ 18 000 à Moorea, à portée du CHPF. Les îles Sous-le-Vent (36 000 habitants) et les archipels éloignés dépendent davantage de l’évacuation sanitaire vers Papeete, qui concerne des milliers de patients entre îles selon le rapport IGAS/IGA/IGF. Pour une personne qui suit un traitement régulier, la proximité d’un hôpital pèse donc dans le choix du lieu. Se protéger de la dengue et de la ciguatera, de la chaleur et des plaies coralliennes figure parmi les conseils de la Direction de la santé.
Pour un retour en métropole, la protection universelle maladie suppose de justifier d’une résidence stable et régulière en France ; il faut contacter la caisse du lieu de résidence pour rouvrir ses droits. Le guide assurance retraite à l’étranger complète ces repères, et le glossaire définit le formulaire S1, propre à l’Union européenne et sans objet ici ; Expavy propose un diagnostic pour comparer les options de complémentaire.
Retraite : à qui s'adresser selon l'origine de la pension
| Origine de la pension | Interlocuteur | Démarche ou règle | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Retraite du régime des salariés de la CPS | CPS | 62 ans, 60 mois d'assurance au minimum, cessation d'activité salariée | Taux plein à 38 ans d'assurance ; Agirc-Arrco facultatif |
| Régime général métropolitain | CNAV et CPAM de Seine-et-Marne (CNAREFE) | Formulaire 980-06, puis déclaration à la CPS | Attestation de droits à renouveler chaque année |
| Pension de l'État | Centre de gestion des retraites de Rennes (ENSAP) | Formulaire 980-06 par la messagerie ENSAP | Indemnité temporaire de retraite à 75 % du principal, plafond en baisse jusqu'à 0 € en 2028 |
| Retraite volontaire d'un indépendant | CPS (régime des non-salariés) | 62 ans et 5 ans d'assurance pour la pension de base | Affiliation volontaire à la retraite |
| Impôt sur la pension | DICP et administration fiscale française | CST pour une personne domiciliée sur le territoire ; réfaction de 40 % de l'article 83 A | Articulation à confirmer avant le départ |
| Soins en métropole | Caisse qui verse la pension | Titre de pension ; accord préalable au-delà d'un mois d'hospitalisation | Conjoint non pensionné non couvert |
Sources : CLEISS, haut-commissariat, DICP, BOFiP, service des retraites de l'État.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour prendre sa retraite en Polynésie française ?
Non : la Polynésie française faisant partie du territoire national, un Français n'a aucune démarche d'entrée particulière. Le haut-commissariat exige toutefois un passeport en cours de validité.
À quel âge peut-on prendre sa retraite de la CPS ?
Le régime des salariés ouvre la pension de base à 62 ans depuis le 1er janvier 2023, avec au moins 60 mois d'assurance ; le taux plein suppose 38 ans (456 mois), selon le CLEISS. Des départs anticipés existent dès 57, 55 ou 50 ans dans des cas précis.
Comment être soigné avec une pension métropolitaine ?
En demandant à sa caisse de retraite le formulaire 980-06, puis en se déclarant à la CPS avec une attestation de droits à jour, un RIB, un acte de naissance et une pièce d'identité. L'attestation est valable un an au plus et doit être renouvelée.
Ma pension de retraite est-elle imposée en Polynésie française ?
Une personne domiciliée sur le territoire supporte la contribution de solidarité territoriale sur ses pensions, par principe et dans leur intégralité, selon la DICP. L'articulation avec l'impôt français sur une pension de source métropolitaine, qui bénéficie d'une réfaction de 40 % prévue à l'article 83 A du CGI, est à confirmer auprès des services fiscaux.
Qu'est-ce que l'indemnité temporaire de retraite ?
C'est un complément de pension pour les retraités de l'État qui résident dans certains territoires d'outre-mer. Le décret n° 2009-114 la fixe à 75 % du montant principal en Polynésie française, avec une résidence effective de plus de 183 jours consécutifs et un plafond qui diminue jusqu'à 0 € en 2028.
Mon conjoint est-il couvert en métropole pendant un séjour ?
Non : le CLEISS précise que le conjoint non pensionné qui accompagne le retraité en France ne peut pas bénéficier de la prise en charge française, et conseille de souscrire une assurance avant le séjour.
Que se passe-t-il si je rentre en métropole ?
Il faut rouvrir ses droits auprès de la caisse du lieu de résidence en justifiant d'une résidence stable et régulière en France. Les périodes accomplies sur chaque territoire se totalisent selon le décret de coordination n° 94-1146.
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