Fiche pays — Europe
Assurance expatrié et assurance santé en Islande

En 5 lignes
En Islande, aucune loi n'impose de souscrire une assurance santé privée à un citoyen français : le système, universel et financé par l'impôt, est piloté par la caisse nationale d'assurance maladie Sjúkratryggingar Íslands, avec un médecin de famille (heilsugæsla) comme porte d'entrée et l'hôpital universitaire Landspítali de Reykjavik comme établissement de référence pour les soins spécialisés et les urgences. L'Islande n'est pas membre de l'Union européenne mais appartient à l'Espace économique européen (EEE) et à l'espace Schengen : les règlements européens de coordination de sécurité sociale 883/2004 et 987/2009 s'y appliquent depuis 2012 comme dans un État membre de l'UE, si bien que la CEAM et les formulaires A1 et S1 y produisent les mêmes effets qu'ailleurs en Europe. L'ouverture des droits auprès de Sjúkratryggingar Íslands suppose toutefois un délai de carence de six mois après l'inscription au registre national de population (Þjóðskrá), délai qu'un citoyen EEE peut faire réduire en produisant un justificatif de ses droits d'assurance antérieurs (formulaire E104 ou S1 selon le cas) ; à défaut, seule une assurance privée temporaire couvre les frais pendant cette période, la CEAM restant conçue pour un séjour temporaire et non pour une installation durable. Les tarifs pratiqués restent élevés pour un pays réputé cher : une consultation de médecin de famille en journée coûte 1 000 ISK pour un assuré affilié et un passage aux urgences de Landspítali environ 12 900 ISK, le tout plafonné par un mécanisme de participation mensuelle (37 794 ISK au premier mois). Aucune amende n'est prévue en l'absence d'affiliation, mais le risque reste purement financier pendant le délai de carence, sans aide de l'ambassade de France.
Chiffres clés
- 890 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (762 en 2024, soit +16,80 %).
- Espérance de vie à la naissance : 82,81 ans en 2024 (Banque mondiale).
- Dépenses de santé : 8,98 % du PIB en 2024 (Banque mondiale).
- Délai de carence avant l'ouverture des droits à Sjúkratryggingar Íslands : 6 mois après l'inscription au registre national (Þjóðskrá), réductible pour un citoyen EEE.
Système de santé local
L’Islande n’est pas membre de l’Union européenne, mais elle appartient à l’Espace économique européen (EEE) aux côtés de la Norvège et du Liechtenstein, ainsi qu’à l’espace Schengen. Cet accord lui fait appliquer les mêmes règlements européens de coordination de sécurité sociale (883/2004 et 987/2009) que les États membres de l’UE depuis 2012 : la carte européenne d’assurance maladie (CEAM), les formulaires A1 et S1 y produisent donc les mêmes effets qu’en France ou en Norvège. Le système de santé lui-même est un régime universel, contrôlé et financé par l’impôt, dont l’assurance maladie est gérée par un organisme unique, Sjúkratryggingar Íslands (caisse nationale d’assurance maladie), qui négocie les tarifs avec les prestataires publics et privés. Le pays est divisé en sept secteurs de soins de santé (heilbrigðisumdæmi).
Chaque assuré choisit librement son médecin de famille (heilsugæsla), en centre médical public ou en cabinet privé conventionné, qui joue le rôle de porte d’entrée vers les soins spécialisés tout en laissant le libre choix du spécialiste ou de l’établissement. L’hôpital universitaire national Landspítali, à Reykjavik, est l’établissement de référence pour les soins spécialisés, les urgences, l’enseignement et la recherche. Les frais restent plafonnés par un mécanisme de participation mensuelle (greiðsluþátttökukerfi) : un assuré affilié ne paie jamais plus de 37 794 ISK sur un mois donné, ce plafond redescendant à 6 299 ISK pour les mois suivants en cas de soins continus. Les médicaments sur ordonnance suivent un barème dégressif par paliers de consommation annuelle (100 % à la charge du patient au premier palier, puis 15 % puis 7,5 % aux paliers suivants) ; les soins hospitaliers publics et la rééducation (kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie) sont gratuits pour un assuré affilié.
Obligations légales et de visa
- Citoyen UE/EEE : aucun visa exigé pour un séjour de moins de trois mois, libre circulation au sein de l’espace Schengen dont l’Islande est membre ; une carte d’identité ou un passeport en cours de validité pour toute la durée du séjour suffit.
- Inscription au registre national (Þjóðskrá) : obligatoire dès lors que le séjour dépasse trois mois, pour l’obtention d’un numéro d’identité (kennitala) qui conditionne la plupart des démarches administratives, y compris l’assurance maladie.
- Affiliation à Sjúkratryggingar Íslands : s’ouvre six mois après l’inscription au registre national, sauf réduction du délai pour un citoyen EEE justifiant de droits d’assurance antérieurs (formulaire E104 ou S1 selon le cas) demandé auprès de sa caisse française avant le départ.
- Pendant le délai de carence : les soins sont facturés au tarif plein hors affiliation ; seule une assurance santé privée temporaire, ou pour un séjour encore couvert par la CEAM une prise en charge ponctuelle limitée au strict cadre d’un séjour temporaire, permettent de limiter le risque financier.
- Étudiant : la CEAM suffit pour un séjour temporaire (type Erasmus) ; au-delà, l’inscription au registre national puis, six mois plus tard, l’affiliation à Sjúkratryggingar Íslands s’imposent, et une assurance étudiante complémentaire reste recommandée pendant la transition.
- Salarié détaché : via le formulaire A1, reste rattaché au régime français pendant la durée du détachement, dispensé de l’affiliation à Sjúkratryggingar Íslands.
- Retraité : formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite française avant le départ, pour une prise en charge par Sjúkratryggingar Íslands sans délai de carence ni nouvelle cotisation propre.
Aucune amende n’est prévue en cas d’absence d’affiliation, mais le risque reste purement financier pendant le délai de carence de six mois, sans aide de l’ambassade de France.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation médecin de famille (heilsugæsla) en journée, patient affilié à Sjúkratryggingar Íslands | 1 000 ISK | — |
| Passage aux urgences de Landspítali, patient affilié (consultation + frais d'examen) | ≈12 937 ISK (9 221 + 3 716 ISK) | — |
| Plafond mensuel de participation aux soins (greiðsluþátttökukerfi), patient affilié | 37 794 ISK le 1er mois, 6 299 ISK les mois suivants en cas de soins continus | — |
| Consultation ou soins sans affiliation à Sjúkratryggingar Íslands (délai de carence ou non affilié) | tarif plein, non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Consultation en clinique privée hors système conventionné | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
Accords de sécurité sociale avec la France
L’Islande n’étant pas membre de l’Union européenne, aucune adhésion aux institutions communautaires ne s’applique en théorie — mais dans les faits, la coordination de sécurité sociale avec la France passe par les mêmes règlements européens 883/2004 et 987/2009 que pour un État membre de l’UE, grâce à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE), applicable à l’Islande depuis 2012.
- Séjour temporaire : la CEAM donne droit à la même prise en charge qu’un assuré local dans le secteur public (consultation en centre heilsugæsla facturée au tarif réduit) ; elle n’est en revanche pas acceptée par les praticiens privés non conventionnés.
- Détachement : formulaire A1, maintien au régime français pendant la durée du détachement, dispense de l’affiliation à Sjúkratryggingar Íslands.
- Installation durable : inscription au registre national (Þjóðskrá) puis, six mois plus tard, affiliation à Sjúkratryggingar Íslands ; un citoyen EEE peut faire réduire ce délai en produisant un justificatif de ses droits d’assurance antérieurs (formulaire E104 ou S1 selon le cas) ; formulaire S1 pour un retraité, pris en charge sans délai de carence ni nouvelle cotisation propre.
- La CEAM ne couvre ni le rapatriement, ni les soins programmés, ni une installation durable.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT | Non applicable (France-Islande = libre circulation EEE) | — |
| Étudiant | CEAM pour un séjour temporaire (type Erasmus) | Au-delà de trois mois, inscription au registre national requise ; affiliation à Sjúkratryggingar Íslands seulement six mois plus tard ; assurance étudiante complémentaire recommandée pendant la transition |
| Salarié détaché | Maintien au régime français via le formulaire A1 | Dispense de l'affiliation à Sjúkratryggingar Íslands ; complémentaire utile pour l'accès rapide aux soins pendant le détachement |
| Salarié local / résident installé | Inscription au registre national (Þjóðskrá) puis affiliation à Sjúkratryggingar Íslands six mois plus tard | Sans affiliation, soins facturés au tarif plein ; anticiper une couverture relais (assurance privée temporaire ou formulaire E104/S1) pendant le délai de carence |
| Retraité (formulaire S1) | Prise en charge par Sjúkratryggingar Íslands, sans délai de carence ni nouvelle cotisation propre | Dentaire adulte et optique restent largement à charge, hors plafond de participation mensuelle |
Hôpitaux et réseau de soins
- Reykjavik : Landspítali, hôpital universitaire national, principal centre hospitalier du pays pour les soins spécialisés, les urgences, l'enseignement et la recherche.
- Akureyri : Sjúkrahúsið á Akureyri (Akureyri Hospital), second hôpital spécialisé du pays, centre de référence pour le nord de l'Islande et base des secours héliportés.
Démarches
- Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
- Salarié détaché : demander le formulaire A1 auprès de sa caisse française avant le départ.
- Retraité : demander le formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite avant le départ.
- Citoyen EEE souhaitant réduire le délai de carence : demander un justificatif de ses droits d’assurance antérieurs (formulaire E104 ou équivalent) auprès de sa CPAM avant le départ.
- Avant le départ ou dès l’arrivée : demander la CEAM pour couvrir la période de transition.
- Dès l’arrivée, pour un séjour prévu de plus de trois mois : s’inscrire auprès du registre national (Þjóðskrá) pour obtenir un numéro d’identité (kennitala).
- Six mois après cette inscription (ou avant, sur justificatif de droits antérieurs) : vérifier l’ouverture des droits auprès de Sjúkratryggingar Íslands et s’inscrire auprès d’un médecin de famille (heilsugæsla).
- Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Reykjavik).
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement souscrire une assurance santé privée pour s'installer en Islande ?
Non. Aucune loi islandaise n'impose une assurance privée : le système est universel et financé par l'impôt via Sjúkratryggingar Íslands. L'ouverture des droits suppose en revanche un délai de carence de six mois après l'inscription au registre national, pendant lequel une couverture relais (CEAM pour un séjour temporaire, assurance privée, ou justificatif de droits antérieurs pour un citoyen EEE) reste nécessaire.
L'Islande applique-t-elle les mêmes règles que les pays de l'UE en matière de sécurité sociale ?
Dans les faits, oui. Bien que non membre de l'Union européenne, l'Islande applique depuis 2012 les règlements européens 883/2004 et 987/2009 grâce à l'accord sur l'Espace économique européen (EEE) : la CEAM et les formulaires A1 et S1 y fonctionnent comme dans un État membre de l'UE.
Pourquoi un délai de six mois avant l'affiliation à Sjúkratryggingar Íslands ?
C'est le délai standard appliqué à tout nouveau résident après son inscription au registre national (Þjóðskrá), quelle que soit sa nationalité. Un citoyen EEE peut le faire réduire ou supprimer en produisant, avant son départ, un justificatif de ses droits d'assurance antérieurs auprès de sa caisse française (formulaire E104 ou S1 selon le cas).
La CEAM suffit-elle pour s'installer durablement en Islande ?
Non. Elle donne droit à la même prise en charge qu'un assuré local dans le secteur public pour un séjour temporaire, mais une installation durable nécessite l'inscription au registre national puis l'affiliation à Sjúkratryggingar Íslands, ou le transfert de droits via le formulaire S1 pour un retraité.
Un salarié détaché depuis la France doit-il s'affilier au système islandais ?
Non, s'il dispose du formulaire A1 attestant du maintien au régime français pour la durée du détachement. Il reste dispensé de l'affiliation à Sjúkratryggingar Íslands pendant cette période.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Islande, Santé
- France Diplomatie — Islande, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (2025)
- CLEISS — Le système de santé islandais
- CLEISS — Vacances en Islande : quelle couverture maladie ?
- CLEISS — Application des règlements européens 883/2004 et 987/2009 à l'Islande (EEE)
- Ísland.is — Application for health insurance when moving to Iceland (Sjúkratryggingar Íslands)
- Ísland.is — Co-payment system for health service
- Ísland.is — Price list, Heilsugæsla höfuðborgarsvæðisins (with Icelandic health insurance)
- Ísland.is — Price list, Landspítali
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Islande
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Islande