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Île de Man · Remboursements des soins
Remboursement des soins à l'Île de Man : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
Le CLEISS indique que la convention franco-britannique de sécurité sociale de 1956 s'applique toujours entre la France et l'Île de Man, mais il ne publie aucune fiche pratique sur l'île (ni régime, ni vacances, ni détachement, ni retraite) : formulaires, caisse locale et durée de maintien se confirment auprès de lui avant le départ. Dans l'île, le service public de santé est réservé en pratique aux résidents ; un visiteur français n'est soigné gratuitement qu'aux urgences, aux médecins de garde et à l'unité de soins mineurs, le reste étant payant. Le retraité n'a pas de formulaire S1, le salarié local relève du régime mannois, le détaché du régime français sous conditions, et l'indépendant, l'étudiant ou le conjoint s'appuient sur la CFE ou une assurance internationale. Le tableau récapitulatif résume chaque cas.
- Convention franco-britannique du 10 juillet 1956 toujours applicable entre la France et l'Île de Man (CLEISS) ; aucune fiche pratique du CLEISS dédiée à l'île.
- Visiteur d'un pays autre que le Royaume-Uni : urgences, médecins de garde (MEDS) et unité de soins mineurs gratuits ; hospitalisation, médicaments et examens payants (gouvernement de l'Île de Man).
- Accord de santé réciproque avec le Royaume-Uni : réservé aux résidents britanniques, pour des séjours de moins de six mois ; il ne s'applique pas à un Français résidant en France.
- CFE : cotisation variable selon l'offre (principale pour les 30 ans et plus, jeunes, retraités) ; le coût final dépend de l'âge, de la situation familiale et du pays.
- Ordonnance du service public : 3,85 £ par article ; certificat de prépaiement de 54 £ par an pour les résidents.
- Retour en France : maintien des prestations de la CFE pendant 3 mois sous conditions ; sinon 3 mois de résidence en France avant la protection universelle maladie (service-public.fr).
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Le principe : une convention de 1956, des modalités à confirmer
L’Île de Man n’est pas membre de l’Union européenne : ni les règlements européens de coordination ni la carte européenne d’assurance maladie n’y jouent. Le CLEISS précise toutefois que la convention bilatérale de sécurité sociale franco-britannique du 10 juillet 1956 s’applique toujours dans les relations entre la France et l’Île de Man. L’île n’apparaît pas dans la liste des conventions par pays du CLEISS et aucune fiche ne détaille son régime, ses règles de séjour temporaire, de détachement, d’expatriation ou de retraite. Pour Jersey, autre territoire auquel le texte est étendu, le CLEISS décrit une coordination de la maladie-maternité avec des dispositions sur les soins hospitaliers urgents ; son champ exact pour l’Île de Man n’est pas publié. Ce qui suit distingue donc ce que le gouvernement de l’île indique et ce qui doit être confirmé auprès du CLEISS.
Le service public de santé de l’île (IOM NHS), géré par Manx Care, est financé par l’impôt. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les offres. L’organisation des soins est détaillée dans le guide du système de santé de l’Île de Man.
Salarié en contrat local, salarié détaché et expatrié
Le salarié en contrat local cotise à la National Insurance (11 % du salaire hebdomadaire entre 176 £ et 1 082 £, 12,8 % à la charge de l’employeur) et s’inscrit auprès d’un cabinet de médecin généraliste de son secteur. L’accès aux soins du service public repose sur la résidence ; les conditions précises applicables à un nouvel arrivant se confirment auprès de Manx Care. Pendant les premiers mois, une complémentaire ou une assurance internationale couvre les frais qui ne seraient pas pris en charge. Voir le glossaire du contrat local.
Le salarié détaché par un employeur français peut rester rattaché au régime français sous conditions ; la durée, les cotisations et les formulaires dépendent de la convention de 1956 et se vérifient auprès du CLEISS et de l’Urssaf, aucune fiche CLEISS ne couvrant l’île. Les frais engagés sur place se présentent à la caisse d’affiliation avec l’imprimé « Soins reçus à l’étranger » (S3125) et les factures acquittées, selon Assurance Maladie. Les employeurs ajoutent souvent un contrat collectif international. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
Le salarié expatrié relève de la législation mannoise dès qu’il y travaille. Le visa Worker Migrant ne comporte pas de surtaxe de santé. Les modalités de coordination des périodes d’assurance françaises se vérifient auprès du CLEISS.
Indépendant et étudiant
L’indépendant ne peut pas travailler avec un visa Worker Migrant, qui interdit toute activité indépendante ; les routes Start-up et Innovator concernent les projets d’entreprise. Il cotise en Class 2 et Class 4. Tant que l’accès au service public n’est pas établi, la CFE ou une assurance internationale prend le relais ; voir l’assurance nomade digital pour le travail à distance.
L’étudiant dispose d’une route Student auprès de l’Immigration Service. Aucune carte européenne n’est mentionnée par le gouvernement de l’île ; une assurance étudiante couvre l’hospitalisation et le rapatriement. Avant 30 ans, la CFE propose son offre jeunes, dont la cotisation dépend de l’âge et du pays.
Retraité, conjoint et enfants
Le retraité ne relève pas du formulaire S1, qui est propre à la coordination européenne. Assurance Maladie rappelle qu’une fois en dehors de France, les frais de santé ne sont plus couverts par l’Assurance Maladie française, que certains États ont signé une convention avec la France (à vérifier auprès de la caisse ou du CLEISS) et que l’adhésion à la CFE ou une assurance privée sont possibles. Pour les séjours temporaires en France, un retraité du régime général s’inscrit au Cnarefe (ameli-rfe.fr) : le remboursement est possible, en l’absence de convention applicable, s’il a cotisé au moins 15 ans à des régimes obligatoires français ; son conjoint n’est pas pris en charge. Le service public de l’île exempte les personnes ayant atteint l’âge de la retraite d’État de la participation aux ordonnances. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page retraite à l’Île de Man.
Le conjoint et les enfants suivent le visa du titulaire ou détiennent leur propre statut ; les personnes à charge d’un titulaire du visa Worker Migrant demandent un permis de travail pour travailler. La CFE et les assurances internationales proposent des contrats familiaux ; l’accès des enfants au service public de l’île se confirme auprès de Manx Care. Voir l’assurance famille expatriée.
Adhérent de la CFE et assurance au 1er euro
La CFE est un organisme de protection sociale volontaire. Elle propose des assurances santé pour les expatriés : l’offre principale (30 ans et plus), l’offre jeunes (moins de 30 ans) et l’offre retraités ; le montant final dépend du pays de résidence, de l’âge et de la situation familiale, et se calcule avec son simulateur. À l’étranger, le remboursement s’applique sur des taux ou forfaits propres au pays de soins ; l’écart avec le prix facturé dans l’île reste à la charge de l’adhérent. Le guide des remboursements CFE détaille ce mécanisme, et le délai de carence se vérifie dans les documents de la CFE.
L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carence et exclusions. Elle couvre l’hospitalisation, les médicaments et les examens qu’un visiteur non britannique doit régler, ainsi que le rapatriement que l’accord de santé réciproque ne couvre pas dans tous les cas. Les contrats se comparent sur le plafond annuel, la zone de couverture, l’évacuation et la gestion des antécédents médicaux ; voir aussi le contrat d’assistance. Le fisc de l’île admet une déduction pour assurance médicale privée plafonnée et révisée chaque année pour un résident.
Touriste et retour en France
Le touriste français est un visiteur d’un pays autre que le Royaume-Uni : il est soigné gratuitement aux urgences de Noble’s Hospital, auprès des médecins de garde et à l’unité de soins mineurs de Ramsey. L’hospitalisation après les urgences, les médicaments et les examens sont payants, et le patient hospitalisé fournit ses références d’assurance ou règle ses frais avant sa sortie. Chez un médecin généraliste, il est patient privé et paie sur place. Le gouvernement de l’île juge impératif de disposer d’une assurance voyage complète. Une assurance voyage longue durée complète utilement le dispositif.
Au retour en France, service-public.fr indique qu’un cotisant à la CFE peut, sous conditions, bénéficier des prestations du régime CFE pendant trois mois après le retour. Sans cotisation à la CFE, un salarié est affilié dès la première heure travaillée (formulaire S1106 à la CPAM) ; sans emploi, un délai de trois mois consécutifs de résidence est exigé avant la protection universelle maladie. Pour un retraité, tout dépend de la convention applicable et d’une résidence stable en France. Voir retour en France et le guide pour réduire le délai de carence.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : médecin généraliste du service public pour un résident inscrit ; patient privé payant sur place pour un visiteur hors Royaume-Uni ; barème pays pour la CFE ; frais réels pour un contrat 1er euro ; régime français sur factures acquittées pour un détaché.
- Hospitalisation : gratuite aux urgences ; ensuite payante pour un visiteur hors Royaume-Uni, avec références d’assurance ou règlement avant la sortie ; régime mannois pour un résident dont les droits sont établis ; contrat international avec prise en charge directe.
- Médicaments : 3,85 £ par article du service public pour un résident, avec exemptions (enfants, étudiants de moins de 19 ans à temps plein, personnes ayant atteint l’âge de la retraite d’État, femmes enceintes) ; prix demandé pour un visiteur hors Royaume-Uni ; remboursement selon le barème de la CFE ou le contrat.
- Dentaire : une participation est normalement due au titre du service public, avec exemptions pour certains groupes ; barème CFE ou plafond annuel d’un contrat international.
- Optique : les pages consultées ne décrivent pas de prise en charge publique ; elle relève surtout des contrats internationaux, avec des plafonds par période.
- Maternité : suivie à Noble’s Hospital (Jane Crookall Maternity Unit) ; les règles de gratuité pour une personne non résidente sont celles de l’accès aux soins des visiteurs ; la CFE exige une conception postérieure à l’adhésion ; les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence à la maternité.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | Service public de l'île (IOM NHS), après inscription de résident | Visa Worker Migrant ; cotisations de National Insurance ; cabinet de médecin généraliste du secteur | Conditions d'un nouvel arrivant à confirmer auprès de Manx Care ; assurance utile au début |
| Salarié détaché | Régime français maintenu, sous conditions | Convention de 1956 ; formulaires et durée à vérifier auprès du CLEISS et de l'Urssaf | Aucune fiche CLEISS pour l'île ; remboursement sur factures acquittées (S3125) |
| Salarié expatrié | Service public de l'île | Résidence ; attestation des périodes d'assurance françaises | Accès aux soins fondé sur la résidence |
| Indépendant, nomade | CFE ou assurance internationale | Visa Worker Migrant incompatible avec le travail indépendant ; routes Start-up ou Innovator | Hospitalisation et rapatriement à prévoir |
| Retraité | CFE (offre retraités) ou assurance internationale ; service public de l'île après résidence | Pas de formulaire S1 ; aucune route de séjour retraité décrite | Conjoint non couvert en France ; vérifier la convention auprès du CLEISS |
| Étudiant | Assurance étudiante ou CFE (offre jeunes) | Route Student de l'Immigration Service | Aucune carte européenne mentionnée par le gouvernement de l'île |
| Conjoint et enfants | Contrat famille CFE ou assurance ; service public après inscription de résident | Statut de résidence ou visa de personne à charge | Permis de travail requis pour un conjoint qui travaille |
| Adhérent CFE | CFE : barème du pays de soins | Adhésion avant le départ ; simulateur sur cfe.fr | Reste à charge si le tarif de l'île dépasse le barème |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical ; évacuation et rapatriement | Franchise, carence, exclusions, antécédents |
| Touriste | Urgences gratuites ; assurance voyage pour le reste | Aucune formalité pour les urgences ; règlement ou assurance avant la sortie d'hôpital | Hospitalisation, médicaments, examens et rapatriement payants |
| Retour en France | CFE maintenue 3 mois sous conditions, puis protection universelle maladie | Formulaire S1106 ; résidence de 3 mois si pas d'emploi | Retraité : dépend de la convention et de la situation |
Sources : CLEISS, gouvernement de l'Île de Man, CFE, service-public.fr, Assurance Maladie (ameli.fr). Les tarifs en livres sterling sont ceux publiés par le gouvernement de l'île.
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle à l'Île de Man ?
Non pour une prise en charge directe sur place. Un salarié détaché peut demander le remboursement à sa caisse française avec le formulaire de soins reçus à l'étranger et des factures acquittées, sous réserve des conditions à confirmer auprès du CLEISS. Les autres profils passent par le service public de l'île après inscription de résident, la CFE ou une assurance privée.
Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et l'Île de Man ?
Le CLEISS indique que la convention franco-britannique du 10 juillet 1956 s'applique toujours dans les relations entre la France et l'Île de Man. Il ne publie pas de fiche détaillée sur l'île : les formulaires et la caisse locale se confirment auprès de lui avant le départ.
Un touriste français est-il soigné gratuitement ?
Seulement aux urgences de Noble's Hospital, auprès des médecins de garde (MEDS) et à l'unité de soins mineurs de Ramsey. L'hospitalisation, les médicaments et les examens sont payants, avec références d'assurance ou règlement avant la sortie de l'hôpital.
Un retraité français est-il remboursé de ses soins à l'Île de Man ?
Pas au titre d'un formulaire S1, qui relève de la coordination européenne. Un retraité s'appuie sur le service public de l'île une fois résident, la CFE ou une assurance privée ; les droits au titre de la convention de 1956 sont à confirmer auprès du CLEISS.
L'accord de santé avec le Royaume-Uni profite-t-il aux Français ?
Non. L'accord de santé réciproque entre l'Île de Man et le Royaume-Uni concerne les résidents d'Angleterre, d'Écosse, du pays de Galles et d'Irlande du Nord pour les séjours de moins de six mois. Un Français résidant en France est un visiteur d'une autre juridiction.
Combien coûte la CFE pour un expatrié à l'Île de Man ?
La cotisation dépend de l'offre (principale pour les 30 ans et plus, jeunes pour les moins de 30 ans, retraités). Le coût final dépend du pays de résidence, de l'âge et de la situation familiale, et se calcule avec le simulateur de la CFE.
Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?
Un salarié est affilié dès la première heure travaillée avec le formulaire S1106. Sans emploi, trois mois consécutifs de résidence sont demandés avant la protection universelle maladie. Un cotisant à la CFE peut bénéficier de ses prestations pendant trois mois sous conditions (service-public.fr).
Les autres guides : Île de Man
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
