Fiche pays — Europe
Assurance expatrié et assurance santé en Norvège

En 5 lignes
En Norvège, aucune loi n'impose de souscrire une assurance santé privée : le système, financé par l'impôt, est organisé sur trois niveaux — l'État via quatre autorités régionales de santé pour les soins spécialisés, les communes pour les soins primaires — dans le cadre du régime national d'assurance (Folketrygden). Bien que la Norvège ne soit pas membre de l'Union européenne, elle applique depuis 2012 les règlements européens de coordination 883/2004 et 987/2009 via l'accord sur l'Espace économique européen (EEE) : la CEAM y fonctionne donc exactement comme dans un État membre de l'UE, de même que les formulaires A1 (détachement) et S1 (retraité). L'accès au tarif réduit suppose une inscription au registre national de population (folkeregisteret) auprès du Skatteetaten dès lors que le séjour dépasse six mois, laquelle attribue un numéro d'identité — fødselsnummer pour un résident enregistré, D-nummer pour les autres cas — puis une inscription auprès d'un médecin de famille (fastlege). Chaque consultation reste soumise à une participation forfaitaire (egenandel, de l'ordre de 160 NOK chez un généraliste et 375 NOK chez un spécialiste), plafonnée annuellement (egenandelstak 1, 3 278 NOK en 2026) au-delà de laquelle une carte de gratuité (frikort) dispense de tout paiement pour le reste de l'année civile. Aucune amende n'est prévue en l'absence de couverture, mais le risque reste purement financier pendant le délai d'inscription ou pour tout séjour plus court, sans aide de l'ambassade de France.
Chiffres clés
- 5 306 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (4 739 en 2024, soit +11,96 %), une des progressions les plus marquées d'Europe.
- Espérance de vie à la naissance : 83,16 ans en 2024 (Banque mondiale).
- Dépenses de santé : 9,43 % du PIB en 2023 (Banque mondiale).
- Plafond annuel de participation aux soins (egenandelstak 1) : 3 278 NOK en 2026, au-delà duquel une carte de gratuité (frikort) est délivrée pour le reste de l'année civile.
Système de santé local
La Norvège n’est pas membre de l’Union européenne, mais elle appartient à l’Espace économique européen (EEE) aux côtés de l’Islande et du Liechtenstein. Depuis 2012, cet accord lui fait appliquer les mêmes règlements européens de coordination de sécurité sociale (883/2004 et 987/2009) que les États membres de l’UE : la carte européenne d’assurance maladie (CEAM), les formulaires A1 et S1 y produisent donc exactement les mêmes effets qu’en Suède ou au Danemark. Le système de santé lui-même repose sur le régime national d’assurance (Folketrygden), financé par l’impôt et la cotisation sociale (trygdeavgift), et organisé sur trois niveaux : l’État, via quatre autorités régionales de santé, est propriétaire des hôpitaux et responsable des soins spécialisés ; les communes organisent librement les soins primaires ; les comtés se limitent aux soins dentaires prévus par la loi.
Chaque résident est rattaché à un médecin de famille (fastlege) de son choix, qu’il peut changer jusqu’à deux fois par an : l’accès à un spécialiste ou à une clinique externe d’hôpital suppose en principe une prescription de ce médecin, sauf urgence. Chaque consultation reste soumise à une participation forfaitaire (egenandel), plafonnée sur l’année civile (egenandelstak 1, 3 278 NOK en 2026) : une fois ce montant atteint, une carte de gratuité (frikort) est délivrée sous trois semaines et dispense de tout paiement pour le reste de l’année. Les médicaments sur ordonnance figurant sur la liste positive sont pris en charge en partie par l’Administration norvégienne de l’économie de la santé (Helfo) ; le dentaire adulte et l’optique restent très largement hors du panier de soins financé par l’impôt.
Obligations légales et de visa
- Citoyen UE/EEE : aucun visa exigé, libre circulation au sein de l’espace Schengen dont la Norvège est membre ; un passeport ou une carte d’identité en cours de validité reste exigé — les autorités norvégiennes ne reconnaissent pas la prolongation de validité des CNI françaises délivrées entre 2004 et 2013 au-delà de leur date d’expiration imprimée.
- Inscription au folkeregisteret (registre national de population) : obligatoire auprès du Skatteetaten (administration fiscale, également registre de population) dès lors que le séjour est prévu pour plus de six mois. Elle attribue un numéro d’identité : fødselsnummer pour une personne enregistrée comme résidente, D-nummer pour un citoyen étranger ne remplissant pas ce critère (séjour plus court, besoin ponctuel d’identification).
- Affiliation au Folketrygden : financée par la cotisation sociale (trygdeavgift), elle ouvre l’accès au tarif réduit (egenandel) auprès d’un fastlege ou d’un hôpital public.
- Sans fødselsnummer/D-nummer ni CEAM : les soins sont facturés au tarif plein, sans bénéficier du plafond egenandelstak ni du tarif réduit egenandel réservé aux personnes affiliées.
- Étudiant : la CEAM suffit pour un séjour temporaire (type Erasmus) ; au-delà de six mois, l’inscription au folkeregisteret s’impose, et une assurance étudiante complémentaire reste recommandée pendant la période de transition.
- Salarié détaché : jusqu’à 24 mois (prolongeable), reste rattaché au régime français via le formulaire A1, dispensé de l’inscription au folkeregisteret et de l’affiliation au Folketrygden.
- Retraité : formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite française avant le départ, pour une prise en charge par le Folketrygden sans nouvelle cotisation propre.
Aucune amende n’est prévue en cas d’absence d’inscription au folkeregisteret, mais le risque est purement financier, en particulier pendant le délai administratif qui précède l’attribution du numéro d’identité et l’inscription auprès d’un fastlege, sans aide de l’ambassade de France.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation médecin de famille (fastlege), patient enregistré (egenandel) | ≈160 NOK | — |
| Consultation spécialiste sur prescription, patient enregistré (egenandel) | ≈375 NOK | — |
| Consultation en clinique externe d'hôpital (poliklinikk), patient enregistré | Tarif fixé nationalement selon l'acte, entre dans le plafond egenandelstak 1, montant précis non communiqué de façon uniforme | — |
| Hospitalisation en établissement public (traitement), patient enregistré | Prise en charge par le Folketrygden, sans egenandel supplémentaire au-delà de la consultation | — |
| Plafond annuel de participation aux soins (egenandelstak 1) | 3 278 NOK/an (2026), frikort ensuite pour le reste de l'année civile | — |
| Consultation sans fødselsnummer/D-nummer ni CEAM (patient non affilié) | Tarif plein facturé par l'établissement, non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Consultation en clinique privée hors système public | — | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
Accords de sécurité sociale avec la France
La Norvège n’étant pas membre de l’Union européenne, aucune adhésion aux institutions communautaires ne s’applique en théorie — mais dans les faits, la coordination de sécurité sociale avec la France passe par les mêmes règlements européens 883/2004 et 987/2009 que pour un État membre de l’UE, grâce à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE), qui les rend applicables à la Norvège depuis 2012.
- Séjour temporaire : la CEAM donne droit à la même prise en charge qu’un assuré local (egenandel d’environ 160 NOK chez un généraliste, 375 NOK chez un spécialiste) ; un certificat provisoire de remplacement (CPR), valable trois mois, se substitue à une carte oubliée ou perdue.
- Détachement : formulaire A1, maintien au régime français jusqu’à 24 mois (prolongeable), dispense de l’inscription au folkeregisteret et de l’affiliation au Folketrygden.
- Installation durable : inscription au folkeregisteret auprès du Skatteetaten (séjour de plus de 6 mois), puis affiliation au Folketrygden ; formulaire S1 pour un retraité, pris en charge par le régime norvégien sans nouvelle cotisation propre.
- La CEAM ne couvre ni le rapatriement, ni les soins programmés, ni une installation durable.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT | Non applicable (France-Norvège = libre circulation EEE) | — |
| Étudiant | CEAM pour un séjour temporaire (type Erasmus) | Au-delà de six mois, inscription au folkeregisteret à demander pour basculer sur le tarif egenandel ; assurance étudiante complémentaire recommandée pendant la transition |
| Salarié détaché | Maintien au régime français via le formulaire A1, jusqu'à 24 mois | Dispense de l'inscription au folkeregisteret et de l'affiliation au Folketrygden ; complémentaire utile pour l'accès rapide aux soins pendant le détachement |
| Salarié local / résident installé | Inscription au folkeregisteret auprès du Skatteetaten (séjour > 6 mois), puis affiliation au Folketrygden | Sans numéro d'identité, soins facturés au tarif plein ; anticiper une couverture relais pendant le délai administratif avant l'inscription auprès d'un fastlege |
| Retraité (formulaire S1) | Prise en charge par le Folketrygden, sans nouvelle cotisation propre | Dentaire adulte et optique restent largement à charge, hors plafond egenandelstak 1 |
Hôpitaux et réseau de soins
- Oslo : Oslo universitetssykehus (OUS), principal centre hospitalo-universitaire du pays, réparti sur plusieurs sites dont Rikshospitalet et Ullevål.
- Bergen : Haukeland universitetssjukehus, principal centre hospitalier de l'ouest de la Norvège.
- Trondheim : St. Olavs hospital, centre hospitalo-universitaire régional du centre du pays, adossé à l'université norvégienne de sciences et de technologie (NTNU).
Démarches
- Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
- Salarié détaché : demander le formulaire A1 auprès de sa caisse française avant le départ.
- Retraité : demander le formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite avant le départ.
- Avant le départ ou dès l’arrivée : demander la CEAM pour couvrir la période de transition.
- Dès l’arrivée, pour un séjour prévu de plus de six mois : notifier le déménagement au Skatteetaten pour l’inscription au folkeregisteret et l’attribution du numéro d’identité (fødselsnummer ou D-nummer selon le statut).
- Une fois le numéro d’identité obtenu : s’inscrire auprès d’un fastlege (médecin de famille) de son choix, point d’entrée du système de soins.
- Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Oslo).
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement souscrire une assurance santé privée pour s'installer en Norvège ?
Non. Aucune loi norvégienne n'impose une assurance privée : le système est financé par l'impôt dans le cadre du Folketrygden. L'accès au tarif réduit (egenandel) suppose en revanche d'être inscrit au folkeregisteret et affilié auprès d'un médecin de famille (fastlege), ce qui prend un certain délai après l'arrivée.
La Norvège applique-t-elle les mêmes règles que les pays de l'UE en matière de sécurité sociale ?
Dans les faits, oui. Bien que non membre de l'Union européenne, la Norvège applique depuis 2012 les règlements européens 883/2004 et 987/2009 grâce à l'accord sur l'Espace économique européen (EEE) : la CEAM et les formulaires A1 et S1 y fonctionnent exactement comme dans un État membre de l'UE.
Qu'est-ce que le folkeregisteret et pourquoi conditionne-t-il l'accès aux soins ?
C'est le registre national de population norvégien, géré par le Skatteetaten, obligatoire pour tout séjour prévu de plus de six mois. Il attribue un numéro d'identité (fødselsnummer pour un résident enregistré, D-nummer sinon), nécessaire pour s'inscrire auprès d'un fastlege et accéder au tarif réduit egenandel.
La CEAM suffit-elle pour s'installer durablement en Norvège ?
Non. Elle donne droit à la même prise en charge qu'un assuré local pour un séjour temporaire, mais une installation durable nécessite l'inscription au folkeregisteret puis l'affiliation au Folketrygden, ou le transfert de droits via le formulaire S1 pour un retraité.
Un salarié détaché depuis la France doit-il s'inscrire au système norvégien ?
Non, s'il dispose du formulaire A1 attestant du maintien au régime français, pour une durée n'excédant pas 24 mois (prolongeable sous conditions). Il reste dispensé de l'inscription au folkeregisteret et de l'affiliation au Folketrygden pendant cette période.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Norvège, Santé
- France Diplomatie — Norvège, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (2025)
- CLEISS — Le système de santé norvégien
- CLEISS — Vacances en Norvège : quelle couverture maladie ?
- CLEISS — Application des règlements européens 883/2004 et 987/2009 à la Norvège (EEE)
- Helsenorge — Exemption card and user fees (egenandelstak, frikort)
- Skatteetaten — National identity number: fødselsnummer vs D-number
- Skatteetaten — You must notify us when you move (folkeregisteret, séjour > 6 mois)
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Norvège
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Norvège