Norvège · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Norvège : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
En Norvège, la carte Vitale n'est pas utilisée : bien que non membre de l'Union européenne, le pays applique les règlements européens de coordination par l'accord sur l'Espace économique européen, et c'est le statut qui désigne le payeur (CLEISS). Le salarié local est membre du régime national d'assurance dès son premier jour de travail, le détaché garde le régime d'origine avec le formulaire A1, le retraité s'inscrit avec le formulaire S1, et l'étudiant ou le touriste utilise la CEAM pour un séjour temporaire. Un adhérent CFE ou un assuré au premier euro complète le dispositif selon son contrat, et le retour en France rouvre les droits avec le formulaire S1106. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille les postes de soins.
- Aucune carte Vitale en Norvège : l'EEE rend applicables les règlements 883/2004 et 987/2009, avec la CEAM pour un séjour temporaire et les formulaires A1 et S1 pour un séjour durable (CLEISS).
- 24 mois au plus : durée d'un détachement depuis un pays de l'EEE sans affiliation au régime norvégien (NAV).
- 12 mois : séjour réel ou prévu qui ouvre l'affiliation d'un résident au régime national d'assurance ; un salarié de l'EEE en devient membre dès son premier jour de travail (NAV).
- 3 278 NOK : plafond annuel de participation aux frais de santé en 2026, puis carte d'exemption ; 60 % du coût, 400 NOK au plus par délivrance, sur une ordonnance bleue (helsenorge.no, Helfo).
- 3 mois : validité du certificat provisoire de remplacement de la CEAM, en cas de perte ou d'oubli (CLEISS).
- 4 semaines : délai habituel de traitement d'un S1 pour un membre de la famille résidant dans un autre pays de l'EEE (helsenorge.no).
Le principe : le statut désigne le payeur
La Norvège n’est pas membre de l’Union européenne, mais le CLEISS indique que les règlements 883/2004 et 987/2009 s’appliquent aux 27 États de l’Union, à l’Islande, au Liechtenstein, à la Norvège et à la Suisse. La carte Vitale ne fonctionne pas chez un médecin norvégien : la preuve de droits est l’inscription au régime national d’assurance pour un résident, la CEAM pour un séjour temporaire, ou un formulaire portable (A1, S1) pour un séjour durable.
Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les couvertures. Le fonctionnement du réseau de soins est décrit dans le guide du système de santé norvégien.
Salarié en contrat local, salarié détaché et indépendant
Le salarié en contrat local devient membre du régime national d’assurance dès son premier jour de travail (NAV). Il paie les mêmes participations aux frais que les Norvégiens et peut obtenir une carte européenne d’assurance maladie norvégienne pour ses séjours dans d’autres pays de l’EEE (helsenorge.no). Voir le glossaire du contrat local.
Le salarié détaché par un employeur français pour 24 mois au plus ne devient généralement pas membre du régime norvégien : il reste sous la législation de son pays d’origine (NAV) grâce au formulaire A1. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
L’indépendant installé en Norvège cotise à l’assurance nationale au titre de son activité ; son affiliation et son accès aux soins se confirment auprès de NAV, qui indique qu’un citoyen de l’EEE devient membre du régime pour avoir le droit légal de travailler. Les cotisations sont présentées dans la page travailler en Norvège.
Retraité, étudiant, famille et personne sans activité
Le retraité qui perçoit uniquement une pension française demande, si possible avant le départ, le formulaire S1 à sa caisse de retraite : il permet la prise en charge par le régime local pour le compte de la Sécurité sociale française (CLEISS). Helsenorge.no précise qu’un retraité de l’EEE titulaire d’un S1 reçoit les soins selon les règles norvégiennes et peut devoir acquitter les participations aux frais. Hors de France, des cotisations d’assurance maladie remplacent la CSG et la CRDS : 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire selon le CLEISS, à confirmer auprès de la caisse. Voir le guide formulaire S1 mode d’emploi et la page retraite en Norvège.
L’étudiant de l’EEE n’est en général pas considéré comme résident norvégien pendant ses études et conserve ses droits dans son pays : la CEAM prouve son droit aux soins nécessaires dans les établissements publics. Helsenorge.no recommande une assurance complémentaire pour le transport médical de retour, et invite l’étudiant qui travaille à contacter NAV. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.
Le conjoint et les enfants qui résident en Norvège relèvent du régime en tant que résidents lorsque leur séjour dure, ou est prévu pour durer, au moins 12 mois (NAV). Les membres de la famille d’un salarié de la Norvège qui résident dans un autre pays de l’EEE peuvent obtenir un S1, demandé auprès de Helfo avec les copies du contrat de travail et une confirmation de l’employeur ; le traitement prend en général jusqu’à quatre semaines (helsenorge.no). Voir l’assurance famille expatriée.
La personne sans activité qui s’installe pour plus de 12 mois relève du régime en tant que résident (NAV) ; pendant le délai administratif, la CEAM ou une assurance complémentaire sert de relais.
Adhérent CFE, assurance au 1er euro et touriste
L’adhérent CFE peut conserver une couverture française : l’Assurance Maladie précise qu’un expatrié cotise alors à la CFE et au régime obligatoire du pays. Selon la CFE, aucune carence ne s’applique si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’expatriation ; au-delà, la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois ensuite. L’adhésion ne comporte pas de questionnaire médical, et la conception de l’enfant doit être postérieure à l’adhésion pour la maternité. Voir le guide remboursements CFE.
L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carences et exclusions. Elle prend en charge des services privés sans accord avec le secteur public, que helsenorge.no décrit comme payés en totalité par le patient, et peut inclure le rapatriement.
Le touriste présente sa CEAM, qui donne droit à la même prise en charge que les assurés locaux auprès des professionnels du système public, avec les participations locales ; un certificat provisoire de remplacement valable trois mois la remplace en cas de perte ou d’oubli (CLEISS). Une assurance voyage complète la CEAM pour le rapatriement. Voir l’assurance voyage longue durée.
Retour en France : rouvrir ses droits
Un expatrié qui rentre adresse à sa caisse d’assurance maladie le formulaire S1106 pour rétablir sa couverture (Assurance Maladie). Avec un contrat de travail, les droits s’ouvrent sans délai de carence ; sans activité, la caisse apprécie la condition de résidence stable en France. La CFE indique une reprise sans carence au retour pour ses adhérents. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.
Au retour d’un séjour temporaire, le formulaire S3125 permet de demander le remboursement des frais avancés, selon les tarifs de l’assurance maladie norvégienne ou la législation française (CLEISS).
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : participation de 179 NOK pour une consultation de jour chez le médecin de famille et de 443 NOK chez un spécialiste en 2026 (helsenorge.no) ; ces montants s’accumulent jusqu’au plafond de 3 278 NOK, puis la carte d’exemption dispense de participation pour le reste de l’année civile.
- Hospitalisation : gratuite dans un hôpital public ; les consultations en clinique externe donnent lieu à une participation (helsenorge.no). Contrat international avec prise en charge directe pour un établissement sans accord public.
- Médicaments : sur ordonnance bleue, 60 % du coût à la charge du patient, 400 NOK au plus par délivrance, depuis le 1er janvier 2026 (Helfo).
- Dentaire : pour les adultes, la règle générale est de payer l’intégralité du traitement, avec un soutien de l’assurance nationale pour une liste de maladies précises, présenté dans la page système de santé.
- Optique : elle ne figure pas parmi les prestations décrites par le CLEISS ; les contrats complémentaires et internationaux fixent un plafond par période.
- Maternité : les femmes enceintes sont exemptées de participation pour les consultations de suivi, et l’hospitalisation en établissement public est gratuite (helsenorge.no). La CFE exige une conception postérieure à l’adhésion, et les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence à la maternité.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | Régime national d'assurance (folketrygden) | Membre dès le premier jour de travail ; médecin de famille | Mêmes participations que les Norvégiens, plafond annuel de 3 278 NOK en 2026 |
| Salarié détaché | Régime d'origine maintenu | Formulaire A1 pour 24 mois au plus ; CEAM ou S1 selon la résidence | Formulaire S3125 pour demander le remboursement de frais avancés |
| Indépendant | Régime national d'assurance | Affiliation à confirmer auprès de NAV | Cotisation d'assurance nationale propre aux indépendants |
| Retraité | Régime local pour le compte de la France | Formulaire S1 à demander à la caisse de retraite | Participations aux frais comme les résidents ; cotisation maladie selon la résidence fiscale |
| Étudiant | CEAM pour un séjour temporaire | Non considéré comme résident en général ; contacter NAV si emploi | Assurance complémentaire utile pour le transport médical de retour |
| Conjoint et enfants | Régime national comme résidents (séjour d'au moins 12 mois) ; S1 si résidence dans un autre pays de l'EEE | S1 demandé à Helfo avec le contrat de travail | Traitement d'un S1 : jusqu'à 4 semaines |
| Personne sans activité | Régime national pour un résident | Séjour réel ou prévu d'au moins 12 mois | CEAM ou assurance complémentaire pendant le délai administratif |
| Adhérent CFE | CFE en complément du régime du pays | Adhésion avant le départ ou sous 3 mois | Carence de 3 mois avant 45 ans ou de 6 mois ensuite pour une adhésion tardive |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical, carences, exclusions | Accès à des services sans accord avec le secteur public |
| Touriste | Système public norvégien avec la CEAM | CEAM ou certificat provisoire valable 3 mois | Participations locales ; rapatriement non couvert |
| Retour en France | Assurance Maladie via le formulaire S1106 | Contrat de travail : sans délai de carence | Sans activité : condition de résidence stable en France |
Sources : CLEISS, NAV, helsenorge.no, Helfo, Assurance Maladie, CFE, consultés le 05/10/2026. Les participations varient selon la situation et se revalorisent chaque année.
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Norvège ?
Non. Pour un séjour temporaire, la CEAM donne accès aux soins publics aux conditions des assurés locaux. Pour une installation durable, la preuve de droits est l'inscription au régime national d'assurance, ou le formulaire A1 ou S1 selon le statut.
La Norvège applique-t-elle les règles européennes de sécurité sociale ?
Oui : le CLEISS indique que les règlements 883/2004 et 987/2009 s'appliquent à la Norvège, à l'Islande, au Liechtenstein et à la Suisse comme aux 27 États de l'Union.
Que rembourse la Norvège à un salarié français ?
Le salarié est membre du régime national dès son premier jour de travail et paie les mêmes participations que les Norvégiens : 179 NOK pour une consultation de jour chez le médecin de famille en 2026, jusqu'au plafond de 3 278 NOK, puis exemption. L'hospitalisation publique est gratuite.
Un retraité français peut-il se faire soigner en Norvège ?
Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite. Il reçoit les soins selon les règles norvégiennes et peut devoir payer les participations aux frais comme les résidents (helsenorge.no).
Que couvre la CEAM en Norvège ?
Elle donne droit à la même prise en charge que les assurés locaux auprès des professionnels du système public, avec les participations locales. Un certificat provisoire de remplacement valable trois mois remplace une carte perdue ou oubliée (CLEISS).
Comment se faire rembourser des frais avancés en Norvège ?
Au retour, le formulaire S3125 permet de demander le remboursement à sa caisse française, selon les tarifs de l'assurance maladie norvégienne ou la législation française (CLEISS).
Quel est le délai de carence de la CFE ?
Aucun si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l'expatriation. Au-delà, la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.
Comment rouvrir ses droits au retour en France ?
En adressant le formulaire S1106 à sa caisse d'assurance maladie. Avec un contrat de travail, l'affiliation se fait sans délai de carence ; sans activité, la caisse apprécie la condition de résidence stable. Un adhérent CFE bénéficie d'une reprise sans carence selon l'organisme.
Les autres guides : Norvège
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
