Norvège · Travailler et économie
Travailler en Norvège quand on est français : droit au travail, salaires, impôt et cotisations
L’essentiel
Un Français travaille en Norvège sans permis de travail : l'accord sur l'Espace économique européen lui ouvre l'emploi salarié et l'activité indépendante, avec un enregistrement à effectuer au-delà de trois mois. La Norvège n'a pas de salaire minimum légal général ; des minima issus de conventions collectives étendues s'appliquent dans neuf secteurs, comme la construction ou l'hôtellerie-restauration (Arbeidstilsynet). Le salaire mensuel moyen atteignait 62 070 NOK en novembre 2025 (SSB). En 2026, l'impôt sur le revenu général est de 22 %, à quoi s'ajoutent l'impôt par tranches et la cotisation d'assurance nationale de 7,6 % sur les salaires (Skatteetaten). Un citoyen de l'EEE qui vient travailler devient membre du régime national d'assurance dès son premier jour de travail (NAV).
- 9 secteurs disposent d'un salaire minimum issu d'une convention collective étendue ; dans les autres secteurs aucun minimum légal ne s'applique (Arbeidstilsynet).
- 62 070 NOK : salaire mensuel moyen par équivalent temps plein en novembre 2025, contre 59 370 NOK un an plus tôt, soit +4,5 % (SSB).
- 22 % : impôt sur le revenu général des personnes en 2026 ; 7,6 % : cotisation d'assurance nationale (trygdeavgift) sur les salaires, 10,8 % pour les autres indépendants (Skatteetaten).
- 226 100 NOK : seuil sous lequel aucun impôt par tranches n'est dû en 2026 ; cinq tranches de 1,7 % à 17,8 % au-delà (Skatteetaten).
- 25 jours ouvrables de congés par an et 10,2 % au moins du salaire brut en congés payés ; préavis d'un mois (Arbeidstilsynet).
- 24 mois : durée maximale d'un détachement depuis un pays de l'EEE sans affiliation au régime norvégien (NAV).
Repères économiques : Norvège
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,1 %
- Inflation
- 3,1 %
- Taux de chômage
- 4,6 %
- PIB par habitant
- 94 594 $
- Population
- 5,6 millions
- Change
- 1 € = 10,76 NOK
- couronne norvégienne, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : un Français travaille sans permis
Un citoyen de l’Union européenne occupe un emploi en Norvège sans permis de travail, grâce à l’accord sur l’Espace économique européen. Pour un séjour de plus de trois mois, il s’enregistre auprès de la police, sur la base d’un emploi, d’une activité indépendante ou d’autres conditions, puis déclare son déménagement au Skatteetaten pour un séjour de plus de six mois, comme l’explique la page vivre en Norvège.
Pour travailler, la plupart des personnes ont besoin d’une carte de retenue fiscale (skattekort) et d’un numéro d’identité norvégien, D-nummer ou fødselsnummer (Skatteetaten). Le guide travailler à l’étranger complète ces repères avec les questions de statut.
Salaire minimum : pas de plancher légal général, des minima conventionnels étendus
EURES indique qu’en 2024 la Norvège n’avait pas de salaire minimum légal général. L’Arbeidstilsynet précise que des règles légales de salaire minimum existent dans neuf secteurs, par extension de conventions collectives : l’automobile, la construction, les électriciens, la transformation du poisson, le transport routier de marchandises, l’agriculture et l’horticulture, l’hôtellerie-restauration, le transport de voyageurs par autocar de tourisme, le nettoyage et la construction navale. Dans les autres secteurs, aucun salaire minimum fixe ne s’applique, et la rémunération se lit dans la convention collective de l’employeur lorsqu’il en a signé une.
À titre d’exemple, l’Arbeidstilsynet affiche pour la construction un taux horaire de 264,32 NOK pour les ouvriers qualifiés, en vigueur depuis le 15 juin 2025 ; ces taux évoluent, et la page de l’autorité donne les montants courants.
Niveaux de salaire, contrat de travail et temps de travail
SSB mesure en novembre 2025 un salaire mensuel moyen de 62 070 NOK par équivalent temps plein, contre 59 370 NOK en novembre 2024 (+4,5 %), avec 65 610 NOK pour les hommes et 57 690 NOK pour les femmes. SSB observe que la hausse des salaires a été la plus forte pour les emplois les mieux rémunérés, ce qui accroît les inégalités et l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes ; les données proviennent du système unifié de déclaration des salaires (a-ordningen), avec novembre comme mois de référence. Ces moyennes se comparent aux loyers présentés dans la page vivre en Norvège.
- Contrat écrit : tout salarié a droit à un contrat écrit ; pour un emploi de plus d’un mois, il est signé au plus tard sept jours après le début de l’emploi (Arbeidstilsynet).
- Temps de travail : la durée normale est de 9 heures par jour et de 40 heures par semaine ; les heures supplémentaires donnent lieu à une majoration d’au moins 40 % du salaire horaire convenu.
- Congés : 25 jours ouvrables par an et une indemnité d’au moins 10,2 % du salaire brut ; 12,5 % avec une semaine supplémentaire au-delà de 60 ans.
- Préavis : le licenciement se notifie par écrit, avec un préavis d’un mois pendant lequel le salarié travaille et est rémunéré.
- Suivi du temps et arrêts maladie : l’employeur tient un relevé des heures de début et de fin de service ; les litiges sur les indemnités de maladie se signalent à NAV, et non à l’Arbeidstilsynet.
Impôt sur le revenu : revenu général, tranches et convention franco-norvégienne
L’impôt sur le revenu des personnes combine trois éléments en 2026 (Skatteetaten) : l’impôt sur le revenu général au taux de 22,0 % (18,5 % dans les comtés de Troms et Finnmark), l’impôt par tranches (trinnskatt) sur le revenu brut, et la cotisation d’assurance nationale (trygdeavgift). Aucun impôt par tranches ne s’applique sous 226 100 NOK.
La convention fiscale entre la France et la Norvège a été signée à Paris le 19 décembre 1980 et est entrée en vigueur le 10 septembre 1981, modifiée par des avenants entrés en vigueur en 1985, 1996 et 2002 (impots.gouv.fr). Pour les salaires, l’article 15 prévoit l’imposition dans l’État où l’emploi est exercé, avec une exception pour les séjours n’excédant pas 183 jours dans l’année fiscale lorsque l’employeur est résident du même État que le bénéficiaire et ne supporte pas la rémunération par un établissement stable ou une base fixe dans l’État d’activité.
Cotisations sociales : trygdeavgift et folketrygden
Un citoyen de l’EEE qui vient travailler en Norvège devient automatiquement membre du régime national d’assurance (folketrygden) dès son premier jour de travail, même s’il réside dans un autre pays de l’EEE ; la condition décisive est le droit légal de travailler (NAV). Cette affiliation ouvre l’accès aux soins et la constitution de droits à pension. Les cotisations (trygdeavgift) de 2026 sont de 7,6 % du salaire pour les salariés de 17 à 69 ans, de 10,8 % du revenu pour les autres indépendants et de 5,1 % du revenu de pension ; elles ne dépassent pas 25 % du revenu au-delà de 99 650 NOK (Skatteetaten).
Le contrat local place le salarié sous ce régime. Pour une activité dans plusieurs pays de l’EEE, NAV recommande de contacter les autorités de sécurité sociale du pays de résidence, car des règles de coordination particulières s’appliquent.
Indépendants, détachement et télétravail
Le CLEISS précise que les travailleurs salariés bénéficient d’une couverture complète incluant le chômage, tandis que les indépendants ne sont pas couverts contre le chômage et que l’assurance contre les accidents du travail reste facultative pour eux. Leur trygdeavgift est de 10,8 % du revenu d’une activité indépendante en 2026, ou de 7,6 % pour la pêche, la chasse et la garde d’enfants (Skatteetaten).
Le salarié envoyé par un employeur d’un pays de l’EEE pour au plus 24 mois reste en principe sous la législation de son pays d’origine et ne devient pas membre du régime norvégien (NAV). Voir le glossaire du détaché, le formulaire A1 et le guide détaché ou expatrié. Un télétravail depuis la France pour un employeur norvégien relève des règles européennes de coordination ; le CLEISS et l’Assurance Maladie renseignent sur le régime applicable.
L'économie norvégienne : monnaie, secteurs et perspectives d'emploi
La monnaie est la couronne norvégienne (NOK). La direction générale du Trésor décrit, dans son article du 5 mai 2023, une économie où les hydrocarbures dominent les exportations : en 2022, le gaz et le pétrole brut représentent 73 % des exportations du pays, et le Trésor cite l’aquaculture, avec le premier producteur et exportateur mondial de salmonidés, l’éolien en mer et la mobilité électrique, qui représente 80 % des voitures neuves en 2022. Il rappelle aussi que l’encours du fonds souverain atteignait 13 770 milliards de NOK entre décembre 2022 et mars 2023, ce qui le plaçait au premier rang mondial des fonds souverains.
EURES indique qu’en 2022 la plupart des salariés travaillaient dans le commerce de gros et de détail (20,1 %), la construction (14,2 %) et l’industrie manufacturière (11,5 %), et recense, pour 2024, des pénuries de professionnels du bâtiment, de professions scientifiques et d’ingénieur et d’enseignants, ainsi que d’infirmiers et de médecins spécialistes selon les régions. Les indicateurs de croissance, de chômage et d’inflation de la page s’actualisent en continu.
Impôt par tranches (trinnskatt) sur le revenu brut
| Tranche de revenu brut | Taux | Remarque |
|---|---|---|
| Jusqu'à 226 100 NOK | 0 % | Aucun impôt par tranches |
| 226 101 à 318 300 NOK | 1,7 % | Tranche 1 |
| 318 301 à 725 050 NOK | 4,0 % | Tranche 2 |
| 725 051 à 980 100 NOK | 13,7 % | Tranche 3 |
| 980 101 à 1 467 200 NOK | 16,8 % | Tranche 4 |
| À partir de 1 467 201 NOK | 17,8 % | Tranche 5 |
Source : Skatteetaten, taux de 2026, consultés le 05/10/2026. L'impôt sur le revenu général de 22 % et la cotisation d'assurance nationale s'y ajoutent.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Norvège ?
Non : l'accord sur l'Espace économique européen lui ouvre l'emploi salarié et l'activité indépendante. Pour un séjour de plus de trois mois, il s'enregistre auprès de la police, et il déclare son déménagement au Skatteetaten pour un séjour de plus de six mois.
Existe-t-il un salaire minimum en Norvège ?
Il n'existe pas de salaire minimum légal général. Dans neuf secteurs, dont la construction, l'hôtellerie-restauration et le nettoyage, des minima issus de conventions collectives étendues s'appliquent (Arbeidstilsynet) ; ailleurs la convention de l'employeur fixe la rémunération.
Quel est le salaire moyen en Norvège ?
SSB relève un salaire mensuel moyen de 62 070 NOK par équivalent temps plein en novembre 2025, soit +4,5 % sur un an, avec 65 610 NOK pour les hommes et 57 690 NOK pour les femmes.
Combien d'impôt paie-t-on sur un salaire en Norvège ?
En 2026, un impôt sur le revenu général de 22 %, un impôt par tranches de 1,7 % à 17,8 % au-delà de 226 100 NOK et une cotisation d'assurance nationale de 7,6 % sur les salaires (Skatteetaten).
Que change la convention fiscale entre la France et la Norvège ?
Signée le 19 décembre 1980 et en vigueur depuis le 10 septembre 1981, elle attribue en principe l'imposition des salaires à l'État où l'emploi est exercé, avec une exception pour les séjours de 183 jours au plus dans l'année fiscale sous conditions (impots.gouv.fr).
À partir de quand est-on affilié au régime norvégien ?
Un citoyen de l'EEE qui vient travailler en Norvège devient membre du régime national d'assurance dès son premier jour de travail, même s'il réside dans un autre pays de l'EEE (NAV).
Quelle est la durée d'un détachement vers la Norvège ?
Un salarié envoyé par un employeur de l'EEE pendant 24 mois au plus ne devient généralement pas membre du régime norvégien et reste sous la législation de son pays d'origine (NAV).
Les indépendants sont-ils couverts contre le chômage ?
Non selon le CLEISS : les indépendants ne sont pas couverts contre le chômage, et l'assurance contre les accidents du travail est facultative pour eux. Leur cotisation d'assurance nationale est de 10,8 % du revenu d'une activité indépendante en 2026.
Les autres guides : Norvège
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
