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Italie · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Italie quand on est français : santé, impôts et coût de la vie

L’essentiel

Un retraité français séjourne en Italie dès lors qu'il dispose de ressources suffisantes et d'une couverture santé complète : le formulaire S1, demandé à sa caisse de retraite avant le départ, l'inscrit auprès de l'ASL, la France finançant les soins. Selon la convention fiscale franco-italienne de 1989, les pensions de Sécurité sociale française sont imposables en France et en Italie, l'Italie accordant un crédit pour l'impôt payé en France, tandis que les pensions de fonctionnaires restent imposables en France et les pensions privées dans l'État de résidence. Un régime fiscal forfaitaire de 7 % sur les revenus étrangers existe pour les retraités qui s'installent dans une commune de 30 000 habitants au plus des régions du Sud, seuil relevé de 20 000 à 30 000 habitants le 7 avril 2026. Le budget des ménages y est plus modeste que dans le Nord.

  • Régime fiscal forfaitaire de 7 % sur les revenus étrangers pour les retraités qui s'installent dans une commune de 30 000 habitants au plus du Sud, valable dix périodes d'imposition au total (Agenzia delle Entrate).
  • Formulaire S1 à demander à sa caisse de retraite avant le départ, puis à présenter à l'ASL ; la carte Vitale reste utilisable lors des séjours en France (Assurance Maladie).
  • Pension de la Sécurité sociale française : imposable en France et en Italie, avec crédit d'impôt en Italie ; pension de fonctionnaire : imposable en France seulement (convention de 1989).
  • Retenue à la source française des non-résidents sur les pensions imposables en France : 0 % jusqu'à 17 122 €, 12 % jusqu'à 49 667 €, 20 % au-delà, après abattement de 10 % (revenus 2025).
  • Résidence permanente après 5 ans de séjour régulier continu, avec attestation délivrée par la commune sous 30 jours (décret législatif 30/2007).
  • Dépense mensuelle moyenne d'un ménage en 2024 : 2 199 € dans le Sud et 2 321 € dans les îles, contre 3 032 € dans le Nord-Est (ISTAT).

Repères économiques : Italie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+0,5 %
Inflation
1,5 %
Taux de chômage
6,4 %
PIB par habitant
43 309 $
Population
58,9 millions
Monnaie
Euro
pas de frais de change

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour : ressources et assurance santé pour les retraités

Un citoyen de l’Union présent plus de trois mois en Italie sans y travailler s’inscrit à l’anagrafe de sa commune en justifiant de ressources suffisantes pour lui et sa famille et d’une assurance santé ou d’un autre titre couvrant tous les risques sur le territoire (décret législatif 30/2007). La commune apprécie la situation personnelle globale de l’intéressé, qui peut l’attester par une déclaration sur l’honneur, et remet immédiatement une attestation d’inscription.

Après cinq ans de séjour régulier continu, le droit de séjour permanent est acquis et la commune délivre sur demande une attestation sous trente jours. Le retraité couvert par un formulaire S1 relève du Servizio Sanitario Nazionale comme un assuré italien. La page vivre en Italie détaille le codice fiscale, l’anagrafe et le coût de la vie par rapport à la France.

Santé du retraité : le formulaire S1 et l'ASL

Avant le départ, le retraité demande le formulaire E 121 ou S1 à sa caisse de retraite ; ce document permet de s’inscrire auprès de l’organisme de sécurité sociale de son lieu de résidence (Assurance Maladie), c’est-à-dire l’ASL. Les soins suivent ensuite les règles italiennes, ticket compris, détaillées dans le système de santé italien, et la France finance la prise en charge au titre de la pension.

Lors d’un séjour temporaire en France, le retraité conserve ses droits auprès de sa caisse et peut utiliser sa carte Vitale s’il l’a gardée. Pour un déplacement dans un autre pays européen, la CEAM se demande au moins 15 jours avant le départ. Les guides formulaire S1 : mode d’emploi et assurance maladie du retraité à l’étranger détaillent les démarches, et la page remboursement des soins en Italie compare chaque situation, de la CFE à l’assurance privée.

Un retraité qui a aussi travaillé en Italie ou dans un autre pays voit ses périodes se cumuler ; voir trimestres travaillés à l’étranger et toucher sa retraite à l’étranger.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-italienne

La France et l’Italie sont liées par la convention fiscale signée à Venise le 5 octobre 1989. Son article 18 prévoit que les pensions versées à un résident au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence, mais que les pensions payées en application de la législation de sécurité sociale d’un État sont imposables dans cet État. L’article 19 réserve à l’État qui les verse les pensions publiques, sauf pour un bénéficiaire résident de l’autre État qui en a seul la nationalité.

Pour un résident d’Italie, cela donne trois cas, selon la réponse du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères publiée au Journal officiel du 19 septembre 2023 :

  • Pensions de sécurité sociale : régimes de base (général, spéciaux, agricole), régimes complémentaires obligatoires comme l’Agirc-Arrco, assurance volontaire des expatriés et complémentaires obligatoires d’entreprise. L’imposition est partagée : la France et l’Italie sont toutes deux fondées à imposer, et l’Italie déduit de son impôt un crédit égal à l’impôt payé en France, dans la limite de l’impôt italien.
  • Pensions de la fonction publique : imposables dans l’État qui les verse, donc en France.
  • Autres pensions privées : imposables seulement dans l’État de résidence, donc en Italie.

L’Agenzia delle Entrate confirme que les pensions comprises dans la liste des régimes de sécurité sociale, arrêtée par un échange de lettres de décembre 2000, sont imposables en Italie à l’IRPEF (principe de droit n° 2/2022) : le retraité les déclare donc en Italie.

Côté français, la caisse de retraite applique aux non-résidents une retenue à la source : 0 % jusqu’à 17 122 €, 12 % de 17 122 € à 49 667 € et 20 % au-delà pour les revenus 2025, après un abattement de 10 %. Ces pensions se déclarent sur la déclaration 2042, rubriques 1AL et suivantes, la retenue figurant en case 8TA (impots.gouv.fr). Une personne estimant subir une imposition non conforme à la convention peut engager une procédure amiable. Les cas particuliers se vérifient auprès de la DGFiP et de l’Agenzia delle Entrate.

Le régime fiscal forfaitaire de 7 % pour les retraités dans le Sud

L’article 24-ter du code des impôts italien permet aux titulaires d’une pension versée par des organismes étrangers qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie d’opter pour un impôt de remplacement de l’IRPEF au taux de 7 % sur leurs revenus de source étrangère, de toute catégorie. Voici les conditions publiées par l’Agenzia delle Entrate :

  • Territoire : communes de Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise et Pouilles, ainsi que certaines communes touchées par les séismes de 2009 et 2016, de 30 000 habitants au plus. Ce seuil s’applique depuis le 7 avril 2026, contre 20 000 auparavant ; la population retenue est celle de l’ISTAT au 1er janvier de l’année précédant le premier exercice concerné.
  • Bénéficiaires : personnes non résidentes fiscales en Italie pendant au moins cinq périodes d’imposition précédentes, venant d’un pays lié à l’Italie par un accord de coopération administrative, dont la France. Les pensions versées par un organisme italien sont exclues.
  • Durée : dix années au total, soit la période d’imposition du transfert de résidence puis les neuf suivantes.
  • Exercice de l’option : elle s’exerce dans la déclaration de revenus de l’année du transfert, avec la mention du dernier État de résidence fiscale et des États pour lesquels l’impôt de remplacement ne s’applique pas.
  • Effet : l’impôt de remplacement épuise l’obligation fiscale italienne sur les revenus produits à l’étranger, qui ne subissent aucun autre impôt de remplacement ni retenue en Italie.

Cette option porte sur l’impôt italien et laisse subsister les règles de la convention, qui réserve à la France un droit d’imposer les pensions de sécurité sociale. L’articulation avec la retenue à la source française et le crédit d’impôt se confirme auprès de l’Agenzia delle Entrate avant de choisir la commune.

Coût de la vie du retraité : Nord, Centre, Sud et îles

La dépense mensuelle moyenne d’un ménage atteint 3 032 € dans le Nord-Est, 2 999 € dans le Centre, 2 973 € dans le Nord-Ouest, 2 321 € dans les îles et 2 199 € dans le Sud, contre 2 755 € pour la moyenne nationale ; la région la moins dépensière est les Pouilles, avec 2 000 € (ISTAT, 2024). Les familles du Nord-Est dépensent 37,9 % de plus que celles du Sud.

Pour le logement, l’Agenzia delle Entrate relève, pour les nouveaux baux ordinaires de longue durée conclus en 2025 dans les communes à forte tension locative, un loyer annuel moyen d’environ 130 €/m² dans le Nord-Ouest et 112 € dans le Centre, contre environ 60 € dans le Sud et les îles. Hors communes tendues, les loyers moyens y oscillent de 41 à 65 €/m². Pour 80 m², 60 €/m² par an représentent de l’ordre de 400 € par mois, selon un calcul d’après ces données. La comparaison des prix avec la France figure dans vivre en Italie.

Villes et régions prisées par les retraités

Le choix de la commune détermine à la fois l’éligibilité au régime à 7 % et l’accès aux soins. Quelques repères officiels :

  • Sicile : Palerme affiche un loyer annuel moyen de 68,5 €/m² pour les nouveaux baux de longue durée, le plus bas des grandes villes (Agenzia delle Entrate). La Sicile figure aussi parmi les régions en deçà du seuil des niveaux essentiels d’assistance dans deux domaines d’évaluation (Commission européenne et OCDE).
  • Pouilles : la dépense moyenne des ménages y est la plus basse du pays (ISTAT), ce qui profite aux revenus venus d’ailleurs.
  • Calabre, Basilicate et Molise : 21 %, 29 % et 32 % des admissions hospitalières aiguës ont lieu hors de la région, signe d’une offre locale limitée. La proximité d’un hôpital mérite une vérification avant l’installation.
  • Abruzzes : région du Sud éligible, également en deçà du seuil des niveaux essentiels dans deux domaines.
  • Sardaigne et Campanie : régions éligibles ; les îles affichent une dépense moyenne de 2 321 € par ménage et par mois.
  • Toscane et Ligurie : hors du champ du régime, mais très recherchées ; Florence affiche 167 €/m² par an en loyer moyen et Gênes 87,1 €/m².

L’éligibilité d’une commune dépend de sa population selon l’ISTAT : le nombre d’habitants se vérifie auprès de l’Agenzia delle Entrate. Pour la protection santé du retraité, Expavy compare les solutions privées sur la page assurance retraite à l’étranger.

Imposition des pensions françaises pour un résident d'Italie

Type de pensionOù est-elle imposable ?Précision
Régime général et régimes spéciaux de Sécurité socialeEn France et en ItalieCrédit d'impôt en Italie pour l'impôt payé en France
Agirc-Arrco et complémentaires obligatoiresEn France et en ItalieComprises dans la liste des régimes de sécurité sociale de l'échange de lettres de décembre 2000
Pension de la fonction publiqueEn FranceArticle 19 de la convention, avec une exception pour un résident qui a seul la nationalité italienne
Autre pension privée liée à un emploi antérieurEn ItalieArticle 18, paragraphe 1 : imposable seulement dans l'État de résidence
Revenus étrangers sous le régime à 7 %Impôt de remplacement en ItalieCommunes de 30 000 habitants au plus des régions du Sud, dix années au total

Sources : convention franco-italienne du 5 octobre 1989, réponse ministérielle du 19/09/2023, Agenzia delle Entrate. Chaque situation se vérifie auprès de la DGFiP et de l'Agenzia delle Entrate.

Questions fréquentes

Un retraité français peut-il s'installer en Italie ?

Oui : un citoyen de l'Union s'installe en Italie à condition de disposer de ressources suffisantes et d'une assurance santé couvrant tous les risques. Il s'inscrit à l'anagrafe après trois mois, et acquiert le droit de séjour permanent après cinq ans de séjour régulier continu.

Comment un retraité français est-il couvert pour la santé en Italie ?

Il demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ et l'inscrit auprès de l'ASL. Il reçoit alors les soins du système italien, avec un ticket, la France finançant la prise en charge au titre de la pension. Lors d'un séjour en France, ses droits français s'appliquent.

Quels impôts sur la pension française quand on réside en Italie ?

Selon la convention franco-italienne, les pensions de Sécurité sociale française sont imposables en France et en Italie, l'Italie accordant un crédit pour l'impôt payé en France ; les pensions de fonctionnaires sont imposables en France ; les autres pensions privées sont imposables en Italie. Des vérifications auprès des deux administrations sont conseillées.

Comment fonctionne le régime à 7 % pour les retraités en Italie ?

Il permet aux titulaires d'une pension étrangère qui transfèrent leur résidence fiscale dans une commune de 30 000 habitants au plus de certaines régions du Sud, ou de communes touchées par les séismes de 2009 et 2016, de payer 7 % sur leurs revenus étrangers pendant dix années au total. Le seuil de population est passé de 20 000 à 30 000 habitants le 7 avril 2026.

Quelle ville d'Italie choisir pour sa retraite ?

Le choix dépend du budget, du climat et de l'accès aux soins. Le Sud et les îles offrent des loyers moyens d'environ 60 €/m² par an dans les communes tendues et le régime à 7 % ; Florence ou Gênes conviennent à ceux qui privilégient le Centre ou le Nord-Ouest. Vérifier la proximité d'un hôpital reste utile dans les régions où la mobilité hospitalière est forte.

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Italie pour un retraité ?

La carte Vitale sert en France ; un retraité qui la conserve l'utilise lors de ses séjours en France. En Italie, l'accès aux soins passe par l'inscription à l'ASL avec le formulaire S1 et la tessera sanitaria italienne ; la CEAM couvre les déplacements temporaires dans un autre pays européen.

Faut-il déclarer sa pension en France et en Italie ?

Un résident d'Italie déclare ses pensions de sécurité sociale en Italie, où elles sont imposables à l'IRPEF. Les pensions imposables en France se déclarent aussi sur la déclaration 2042 des non-résidents, la retenue à la source étant prélevée par la caisse de retraite ; la convention prévoit un crédit d'impôt pour éviter la double imposition.

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