Italie · Système de santé
Le système de santé italien : comment fonctionne le SSN pour un Français
L’essentiel
Le Servizio Sanitario Nazionale (SSN) est un système universel financé par l'impôt, géré par 19 régions et 2 provinces autonomes à travers les Aziende Sanitarie Locali (ASL). Salariés, indépendants et titulaires d'un formulaire S1 y sont affiliés ; les autres citoyens de l'Union peuvent s'inscrire volontairement, pour un minimum de 2 000 € par an selon une autorité sanitaire locale. L'assuré choisit un médecin traitant ; les spécialistes donnent lieu à un ticket plafonné à 36 € ou 36,15 € par ordonnance selon la région. Les hôpitaux sont financés à 96 % par des fonds publics, et les urgences se joignent au 112 ou au 118. Les délais d'attente pour un premier rendez-vous de spécialiste constituent le principal point d'attention.
- 8,4 % du PIB consacrés à la santé en 2023, soit 1,6 point sous la moyenne de l'UE ; 73 % de la dépense sont financés par des fonds publics, contre 80 % dans l'UE (Commission européenne et OCDE).
- 5,4 médecins pour 1 000 habitants en 2023, plus de 25 % au-dessus de la moyenne de l'UE, contre 6,9 infirmiers pour 1 000 habitants au lieu de 8,4 en moyenne.
- Financement public de 96 % des dépenses hospitalières, mais de 58 % des soins ambulatoires (UE : 77 %), d'où un recours fréquent au privé pour les consultations spécialisées.
- Ticket de 36 € à 36,15 € au maximum par ordonnance pour les spécialistes, et 25 € pour un passage aux urgences en code blanc, hors exonérations (Lombardie, Émilie-Romagne).
- 7,6 % de la population a renoncé à des soins en 2023 à cause des listes d'attente, soit 2,7 millions de personnes ; 74 jours d'attente moyenne pour une chirurgie programmée en 2022.
- Inscription volontaire au SSN pour les citoyens de l'UE sans autre droit : 2 000 € minimum par an, 700 € pour les étudiants (ASST de Pavie, juillet 2026).
Un système national financé par l'impôt et géré par les régions
Le Servizio Sanitario Nazionale est un système universel financé par l’impôt et administré par 19 régions et deux provinces autonomes. Le ministère de la Santé fixe les priorités, répartit les recettes fiscales par dotations et contrôle les régions grâce au Nuovo Sistema di Garanzia, qui mesure le respect des niveaux essentiels d’assistance (LEA), le panier de services garanti à tous. Les régions planifient et organisent les soins par l’intermédiaire des Aziende Sanitarie Locali, qui gèrent les budgets et fournissent les soins de prévention, de premier recours et hospitaliers.
Les généralistes et les pédiatres servent de porte d’entrée vers les spécialistes et l’hôpital. Les soins aigus sont délivrés par des établissements publics et des établissements privés accrédités, dans des proportions variables selon les régions. Le panier public couvre les soins primaires et préventifs, l’hôpital, les consultations de spécialistes et les médicaments essentiels.
En 2023, la dépense de santé atteint 8,4 % du PIB, soit 3 086 € par habitant en parité de pouvoir d’achat contre 3 832 € dans l’Union. Les fonds publics couvrent 73 % de la dépense ; les 27 % restants sont privés, dont 24 points de paiements directs des ménages et 3 points d’assurances volontaires (Commission européenne et OCDE). L’espérance de vie atteint 81,7 ans pour les hommes et 85,7 ans pour les femmes en 2025 (ISTAT).
Qui est affilié au SSN : salariés, retraités et inscription volontaire
Selon le décret législatif 30/2007, un citoyen de l’Union présent plus de trois mois peut demander l’inscription obligatoire au service sanitaire régional lorsqu’il entre dans les catégories prévues : travailleurs, membres de la famille, titulaires d’un formulaire S1 ou E121, étudiants (Regione Lombardia, mise à jour du 11 août 2026). Le salarié et l’indépendant relèvent donc du SSN par leur activité, et le retraité par son formulaire S1.
Les autres citoyens de l’Union peuvent souscrire une inscription volontaire payante, à condition de ne pas disposer de la couverture de leur pays d’origine. L’ASST de Pavie précise que la cotisation est calculée sur le revenu perçu en Italie et à l’étranger l’année précédente, avec un minimum de 2 000 € par an et de 700 € pour les étudiants. Il faut présenter le codice fiscale, un justificatif de résidence, une autocertification de revenus et la preuve du paiement. Cette inscription ouvre le droit aux soins sur le territoire italien et n’autorise pas l’émission de la carte européenne d’assurance maladie.
Les situations de chacun, du détaché au retraité, sont comparées dans le remboursement des soins en Italie.
S'inscrire à l'ASL et choisir son médecin traitant
L’inscription s’effectue auprès de l’ASL du lieu de résidence, aux guichets « scelta e revoca ». Selon l’Émilie-Romagne, il faut une pièce d’identité et une autocertification de résidence ; la tessera sanitaria individuelle donne ensuite accès aux visites médicales, aux analyses et aux hospitalisations. À l’inscription, l’assuré choisit son médecin de famille ou son pédiatre.
La médecine générale traverse une période de tension : le nombre de généralistes par habitant a baissé d’environ 13 % en dix ans, près de 52 % d’entre eux suivaient en 2023 plus de 1 500 patients, plafond de la convention nationale, et le déficit est estimé entre 2 910 et 5 897 médecins, surtout dans le Nord ; la Lombardie devrait accroître ses effectifs de 20 %. Environ 70 % des généralistes exercent en cabinet de groupe (Commission européenne et OCDE). Il est donc utile de s’inscrire dès l’arrivée.
Ticket sanitaire, médicaments et exonérations
Le ticket est la participation du patient aux dépenses publiques. Il varie selon les régions : en Lombardie, il atteint au plus 36,00 € par ordonnance pour les spécialistes, 25 € pour un passage aux urgences en code blanc sans hospitalisation, et 2 € par boîte de médicament dans la limite de 4 € par ordonnance ; en Émilie-Romagne, il atteint au plus 36,15 € par ordonnance, 25 € pour les urgences non appropriées, et 2,20 € par boîte de classe A dans la limite de 4 € depuis mai 2025. Le supplément fixe de 10 €, ou « superticket », a été supprimé en 2020.
Les médicaments de classe A sont à la charge du SSN, ceux de classe C à la charge du citoyen (AIFA). Les exonérations couvrent notamment les femmes enceintes, les enfants de moins de 14 ans, les maladies chroniques et rares, et des situations de revenu : le code E01 concerne les moins de 6 ans et les plus de 65 ans selon le revenu familial, le code E02 les chômeurs et leurs ayants droit, le code E04 les titulaires d’une pension minimale de plus de 60 ans. En 2023, les exonérations couvraient environ 28 % des prestations ambulatoires de spécialistes.
Délais d'attente et plan national
Les listes d’attente sont la principale difficulté d’accès : en 2023, 7,6 % de la population a renoncé à des soins pour cette raison, le coût ou la distance, et 2,7 millions de personnes étaient concernées par les listes d’attente, contre 1,5 million en 2019. Les retards se concentrent sur les premières consultations et les examens, plus de 60 % des obstacles liés aux délais. Une fois le patient inscrit sur une liste chirurgicale, l’attente moyenne est de 74 jours pour la cataracte, la hanche et le genou, parmi les plus courtes de l’Union (Commission européenne et OCDE, données 2022).
Le Plan national de gestion des listes d’attente 2025-2027 s’appuie sur une plateforme nationale opérationnelle depuis juillet 2025. Les prestations urgentes, dues sous trois jours, sont bien assurées ; les cas moins urgents, plus de 75 % de la demande, posent davantage de difficultés. Des « parcours de protection » obligent les ASL à proposer une alternative, y compris dans le privé aux frais du public, avec 50 millions d’euros de budget en 2025 et 100 millions par an à partir de 2026.
Hôpitaux publics et établissements privés conventionnés
Les services sont fournis par les ASL, les entreprises hospitalières et des établissements privés conventionnés ou accrédités avec le SSN. Les fonds publics financent 96 % des dépenses hospitalières, ce qui protège les patients du coût des séjours. L’Italie compte 3 lits pour 1 000 habitants, 40 % de moins que la moyenne européenne, avec un taux d’occupation de 75 % ; 40 % des hospitalisations sont des séjours d’une journée (Commission européenne et OCDE).
Les écarts régionaux restent marqués : en 2023, treize régions atteignent le seuil minimal des LEA dans les trois domaines évalués, tandis que huit restent en dessous dans au moins un ; la Vallée d’Aoste, les Abruzzes et la Sicile sont en deçà dans deux domaines. Plus de 8 % des admissions en soins aigus ont lieu hors de la région de résidence, avec 21 % en Calabre, 29 % en Basilicate et 32 % dans le Molise, et 84 % de ces séjours se dirigent vers le Nord. Le lieu d’installation compte donc pour l’accès aux soins.
Le secteur privé répond à la demande de rapidité : les paiements directs des ménages représentent 24 % de la dépense de santé, dont 47 % pour les consultations et interventions de spécialistes. Le réseau de soins et la prise en charge directe concernent surtout les contrats privés.
Urgences, médecin de garde et pharmacies
Le 112 est le numéro unique d’urgence européen, gratuit depuis tout téléphone, et le 118 est la ligne des secours médicaux, joignable 24 heures sur 24 sur tout le territoire (ministère de la Santé). Le 116117 donne accès aux consultations médicales non urgentes. Au pronto soccorso, le triage classe les patients en cinq codes : rouge pour l’urgence immédiate, orange, bleu, vert et blanc, ce dernier désignant les situations que le médecin traitant peut résoudre et qui passent après les autres (Regione Lombardia).
En pharmacie, les médicaments de classe A sont remboursés par le SSN et ceux de classe C réglés par le patient. Les fonds publics couvrent 63 % des dépenses de médicaments en pharmacie ; la dépense directe en produits pharmaceutiques représente 6,5 % de la dépense de santé totale, contre 3,9 % dans l’Union (Commission européenne et OCDE).
France Diplomatie recommande de vérifier son calendrier vaccinal, de prévoir un contrat d’assistance couvrant tous les frais médicaux et de conserver les médicaments dans leur emballage d’origine. Elle signale aussi les moustiques porteurs de chikungunya, de dengue et du virus du Nil occidental dans le nord du pays, la chaleur estivale pour les personnes âgées et une hausse de la rougeole signalée le 13 mars 2026.
Dentaire, optique et soins hors du panier public
Les soins dentaires publics se limitent largement aux enfants de moins de 14 ans et à certains groupes vulnérables, ce qui en fait un poste majeur de dépense directe pour la plupart des ménages : le dentaire représente environ 30 % des paiements directs consacrés aux consultations et interventions de spécialistes. En 2024, 4,6 % des adultes ayant besoin de soins dentaires n’y ont pas accédé, contre 6,3 % dans l’Union, et 12,5 % des personnes à risque de pauvreté (Commission européenne et OCDE). Pour l’optique, les sources officielles consultées ne détaillent aucun barème général : l’ASL ou le contrat souscrit précisent la prise en charge.
Pour compléter le dispositif public, Expavy compare les couvertures privées sur la page assurance santé expatrié. Le guide systèmes de santé à l’étranger donne le cadre général.
Les principaux coûts dans le système public italien
| Poste | Prise en charge publique | Reste à payer |
|---|---|---|
| Médecin traitant | Visites gratuites pour l'assuré inscrit à l'ASL | Gratuit |
| Spécialiste et examens | Sur ordonnance du médecin traitant | Ticket jusqu'à 36 € (Lombardie) ou 36,15 € (Émilie-Romagne) par ordonnance |
| Urgences en code blanc | Accueil au pronto soccorso | 25 € si le passage n'est pas suivi d'une hospitalisation, hors exonérations |
| Médicaments de classe A | À la charge du SSN | Ticket régional : de 2 € à 2,20 € par boîte, 4 € au plus par ordonnance |
| Médicaments de classe C | À la charge du citoyen | Prix plein |
| Hospitalisation | 96 % des dépenses hospitalières financées par des fonds publics | Selon la région et l'établissement |
| Dentaire | Enfants de moins de 14 ans et groupes vulnérables | À la charge du patient pour la plupart des adultes |
| Inscription volontaire au SSN | Citoyens de l'UE sans droit d'office | 2 000 € minimum par an, 700 € pour un étudiant |
Sources : Regione Lombardia, Regione Emilia-Romagna, AIFA, Commission européenne et OCDE, ASST de Pavie. Les montants varient selon les régions ; vérifier auprès de son ASL.
Questions fréquentes
Comment fonctionne le système de santé italien ?
Le Servizio Sanitario Nazionale est un système universel financé par l'impôt et géré par 19 régions et 2 provinces autonomes, à travers les ASL. Le médecin traitant est la porte d'entrée vers les spécialistes et l'hôpital, les soins étant délivrés par des établissements publics et des établissements privés accrédités. Un ticket reste dû pour une partie des prestations.
Comment s'inscrire à l'ASL quand on est français ?
L'inscription se fait auprès de l'ASL du lieu de résidence avec une pièce d'identité, le codice fiscale et une autocertification de résidence. Elle est obligatoire pour les travailleurs, leur famille, les titulaires d'un formulaire S1 et les étudiants entrant dans les conditions du décret 30/2007, et volontaire et payante pour les autres citoyens de l'Union.
Les soins sont-ils gratuits en Italie ?
Les visites chez le médecin traitant sont gratuites pour l'assuré inscrit. Les spécialistes et les examens donnent lieu à un ticket de 36 € à 36,15 € au plus par ordonnance selon la région, les passages non urgents aux urgences à 25 €, et les médicaments de classe A à un ticket régional de 2 € à 2,20 € par boîte. Des exonérations existent selon l'âge, le revenu ou la maladie.
Quels numéros composer en cas d'urgence en Italie ?
Le 112 est le numéro unique d'urgence européen et le 118 la ligne des secours médicaux, tous deux gratuits. Le 116117 oriente vers un avis médical non urgent. Les urgences hospitalières trient les patients en cinq codes de couleur, du rouge au blanc.
Combien de temps faut-il attendre pour voir un spécialiste ?
Les délais varient selon la région et la prestation. En 2023, 7,6 % de la population a renoncé à des soins à cause des listes d'attente. Une fois inscrit sur une liste chirurgicale, le délai moyen est de 74 jours pour la cataracte, la hanche et le genou. Un plan national 2025-2027 oblige les ASL à proposer une alternative lorsqu'un délai garanti n'est pas tenu.
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Italie ?
La carte Vitale est celle du régime français. En Italie, un séjour temporaire s'appuie sur la CEAM, et une installation durable sur l'affiliation au SSN par l'emploi, le formulaire S1 pour un retraité ou l'inscription volontaire, qui donne droit à la tessera sanitaria italienne. Une couverture privée peut compléter le dispositif, surtout pour réduire les délais.
Les autres guides : Italie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.