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Italie · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Italie : qui paie quoi selon votre situation

L’essentiel

En Italie, le remboursement des soins dépend du régime qui vous couvre : régime français maintenu pour un salarié détaché (formulaire A1), Servizio Sanitario Nazionale pour un contrat local ou un indépendant, formulaire S1 pour un retraité à pension française ou un frontalier résidant en France, CEAM pour un séjour temporaire. Dans le système public, les visites du médecin traitant sont gratuites, les spécialistes donnent lieu à un ticket de 36 € à 36,15 € au plus par ordonnance et le dentaire reste largement à la charge du patient. La CFE et les assurances privées complètent ce socle selon le profil. Le tableau récapitulatif ci-dessous résume chaque cas.

  • Détaché : couverture française maintenue grâce au formulaire A1 ; un S1 se demande avant le départ pour la prise en charge des soins sur place (Assurance Maladie, Your Europe).
  • Retraité à pension française : formulaire S1 à demander à sa caisse de retraite avant le départ, puis inscription auprès de l'ASL italienne.
  • CEAM : soins devenus nécessaires pendant le séjour, à demander au moins 15 jours avant le départ, valable 2 ans au plus (Assurance Maladie).
  • Frontalier résidant en France et travaillant en Italie : S1 remis à la CPAM de résidence ; soins en Italie pris en charge par le SSN, soins en France pour le compte de l'Italie.
  • Ticket italien : 36 € à 36,15 € au plus par ordonnance de spécialiste, 25 € aux urgences en code blanc, 2 € à 2,20 € par boîte de médicament, 4 € au plus par ordonnance.
  • CFE : de 291 € à 909 € par trimestre en solo pour MondExpat Santé à partir de 30 ans, 180 € avec JeunExpat Santé avant 25 ans, et 492 € pour RetraitExpat Santé solo (barème d'avril 2026).

Le principe : un seul régime à la fois, déterminé par l'activité

Dans l’Union, le pays responsable de la couverture santé dépend de la situation économique et de la résidence, et non de la nationalité (Your Europe, Commission européenne). Une personne qui travaille relève en général du pays où elle exerce ; un salarié détaché pour moins de deux ans reste couvert par son pays d’origine ; un retraité dépend du pays qui verse sa pension, sauf s’il perçoit aussi une pension du pays où il vit, qui devient alors responsable.

Trois documents matérialisent ces droits : le formulaire A1 pour la législation applicable, le formulaire S1 pour l’inscription auprès de l’assurance maladie du pays de résidence, et la CEAM pour un séjour temporaire. Le fonctionnement du système public est détaillé dans le système de santé italien.

Salarié détaché : le régime français est maintenu

Le salarié envoyé par son employeur français en Italie conserve la couverture française grâce au formulaire A1 (Assurance Maladie). Your Europe recommande de demander aussi un formulaire S1 avant le départ afin de couvrir le détaché et ses ayants droit pendant l’affectation, de moins de deux ans. Les soins sont alors délivrés selon les règles italiennes, y compris le ticket, et la prise en charge est financée par le régime français. La CEAM couvre les déplacements ponctuels du détaché dans un autre pays européen.

Le guide détaché ou expatrié complète ce point, et la page détaché définit le statut.

Contrat local, indépendant et frontalier

Contrat local. Le salarié embauché par un employeur italien relève du Servizio Sanitario Nazionale par son emploi. Selon l’Assurance Maladie, l’expatrié déclare son transfert de résidence hors de France dans le délai d’un mois et restitue sa carte Vitale et sa CEAM. Il accède ensuite aux soins comme un assuré italien : visites du médecin traitant gratuites, ticket pour les spécialistes. Voir aussi contrat local.

Indépendant. Le travailleur indépendant, titulaire d’une partita IVA, fait partie des travailleurs visés par l’inscription obligatoire au service sanitaire régional (Regione Lombardia) et cotise à l’INPS. La page travailler en Italie décrit les cotisations.

Frontalier. Le travailleur frontalier exerce dans un pays et rentre chez lui chaque jour ou chaque semaine dans un autre. S’il réside en France et travaille en Italie, il s’inscrit auprès de l’organisme italien, qui délivre un formulaire S1 à remettre à sa CPAM ; celle-ci lui délivre une carte Vitale et prend en charge ses soins en France pour le compte de l’Italie. Les soins en Italie restent à la charge de l’organisme italien, et chaque membre de la famille a son S1. À l’arrêt de l’activité, la couverture française intervient sous conditions (Assurance Maladie).

Retraité à pension française : formulaire S1

Un retraité du régime français qui s’installe en Italie demande le formulaire E 121 ou S1 à sa caisse de retraite avant le départ ; ce document permet de s’inscrire auprès de l’organisme de sécurité sociale du lieu de résidence (Assurance Maladie), ici l’ASL. Les titulaires d’un S1 figurent parmi les catégories à inscription obligatoire au service sanitaire régional (Regione Lombardia). Les soins suivent les règles italiennes, ticket compris, et la France finance la prise en charge au titre de la pension.

Un séjour temporaire en France rétablit les droits français, avec la carte Vitale si le retraité l’a conservée ; pour un déplacement dans un autre pays européen, la CEAM se demande au moins 15 jours avant le départ. Un retraité qui perçoit aussi une pension italienne relève du pays de résidence (Your Europe). La CFE propose RetraitExpat Santé aux retraités, à 492 € par trimestre en solo et 894 € en famille au barème d’avril 2026 ; les conditions d’adhésion figurent sur cfe.fr.

Les démarches sont décrites dans le guide formulaire S1 : mode d’emploi et dans la page retraite en Italie.

Étudiant, conjoint et personne sans activité

Étudiant. La CEAM est individuelle et nominative, valable 2 ans au plus. Pendant les études en Europe, l’affiliation française continue avec une CEAM valide, et les soins sont remboursés selon les règles du pays d’accueil : avance de frais avec remboursement sur place, ou demande à la caisse française au retour. L’étudiant qui travaille en Italie s’affilie au régime local et quitte l’affiliation française (Assurance Maladie). Une inscription volontaire au SSN existe à partir de 700 € par an pour les étudiants (ASST de Pavie). Voir assurance étudiant à l’étranger et Erasmus et échanges.

Conjoint ou personne sans activité. Les membres de la famille d’un assuré figurent parmi les catégories d’inscription obligatoire (Regione Lombardia). Un adulte sans autre droit peut souscrire l’inscription volontaire au SSN, à partir de 2 000 € par an, qui couvre uniquement le territoire italien (ASST de Pavie), ou se tourner vers la CFE ou une assurance privée. La page assurance famille expatriée présente ces options.

Adhérent CFE, assurance au 1er euro et séjour temporaire

Adhérent CFE. La Caisse des Français de l’Étranger propose une assurance maladie volontaire sans questionnaire médical. Au barème d’avril 2026, MondExpat Santé coûte en solo de 291 € par trimestre à 30 ans à 909 € à partir de 70 ans, et en famille de 600 € à 1 623 € ; les moins de 25 ans relèvent de JeunExpat Santé, à 180 €. La couverture démarre immédiatement si l’adhésion intervient dans les trois mois suivant le départ de France ; le remboursement s’appuie sur les tarifs de la Sécurité sociale française, avec des accords de tiers payant dans certains établissements. Voir remboursements CFE et cotisations CFE.

Assurance privée au 1er euro. Un contrat de santé internationale prend en charge les frais dès le premier euro, avec une prise en charge directe possible dans un réseau. Les garanties, plafonds et exclusions se comparent contrat par contrat sur la page assurance santé expatrié, où Expavy aide à choisir, et dans le glossaire 1er euro.

Séjour temporaire. Avec la CEAM, le touriste reçoit les soins du SSN selon les règles et formalités du pays de séjour. Elle couvre les soins devenus nécessaires pendant le séjour, urgents ou inopinés, mais non les soins programmés. Selon l’Assurance Maladie, on peut éviter l’avance de frais ou l’effectuer et se faire rembourser sur place ; sans remboursement local, le formulaire S3125 permet de demander un remboursement à la caisse française au retour. Si le départ a lieu dans moins de 15 jours, un certificat provisoire valable 3 mois remplace la CEAM.

Par poste de soins : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation. Le médecin traitant est gratuit pour l’assuré inscrit ; le spécialiste donne lieu à un ticket de 36 € (Lombardie) à 36,15 € (Émilie-Romagne) au plus par ordonnance. Dans le privé, les honoraires restent à la charge du patient, sauf contrat privé ou couverture d’un régime français selon la situation : seuls 58 % des coûts ambulatoires sont financés par des fonds publics.
  • Hospitalisation. Les fonds publics financent 96 % des dépenses hospitalières, dans les établissements publics et privés accrédités avec le SSN.
  • Médicaments. Ticket régional de 2 € à 2,20 € par boîte, 4 € au plus par ordonnance ; les fonds publics couvrent 63 % des dépenses de médicaments en pharmacie.
  • Dentaire. La prise en charge publique se limite largement aux enfants de moins de 14 ans et à certains groupes vulnérables ; un budget privé est à prévoir pour la plupart des adultes.
  • Optique. Les sources officielles consultées ne détaillent aucun barème général : ce poste se budgète comme un soin privé, avec une garantie dédiée si le contrat en comporte une.
  • Maternité. Les femmes enceintes figurent parmi les catégories exonérées de ticket (Regione Lombardia) ; le congé de maternité des salariées est indemnisé par l’INPS.

Retour en France

En cas de retour définitif, l’Assurance Maladie demande de fournir le formulaire S1106, demande d’ouverture des droits à l’assurance maladie, à la caisse française. Les démarches, la protection universelle maladie (PUMA) et le délai de carence éventuel sont détaillés dans assurance retour en France et dans le guide réduire le délai de carence. Anticiper ce retour avant le départ d’Italie fluidifie la reprise des droits.

Tableau récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationRégime qui couvreDocument cléSoins en Italie
Salarié détachéRégime français maintenu, moins de deux ansFormulaire A1, et S1 avant le départRègles italiennes, prise en charge financée par la France
Salarié en contrat localServizio Sanitario NazionaleInscription à l'ASL, tessera sanitariaMédecin traitant gratuit, ticket pour les spécialistes
IndépendantServizio Sanitario NazionalePartita IVA, inscription à l'ASLMêmes droits que le salarié
Frontalier résidant en FranceAssurance maladie italienneFormulaire S1 remis à la CPAMSoins en Italie par le SSN, soins en France pour le compte de l'Italie
Retraité à pension françaiseAssurance maladie française, soins en ItalieFormulaire S1, inscription à l'ASLRègles italiennes, ticket compris
ÉtudiantAffiliation française si séjour d'étudesCEAM, ou inscription volontaire dès 700 € par anSoins du SSN aux conditions des assurés italiens
Conjoint ou sans activitéAyant droit, inscription volontaire, CFE ou assurance privéeInscription volontaire dès 2 000 € par anTerritoire italien uniquement pour l'inscription volontaire
Adhérent CFECFE, adhésion volontaireContrat CFERemboursement sur la base des tarifs français
Assurance au 1er euroAssureur privéContrat de santé internationaleRéseau privé, prise en charge directe possible
Séjour temporaireRégime françaisCEAM, ou S3125 au retourSoins nécessaires aux conditions des assurés italiens
Retour en FranceAssurance maladie françaiseFormulaire S1106, PUMASoins en France

Sources : Assurance Maladie, Your Europe, Regione Lombardia, ASST de Pavie, CFE, Commission européenne et OCDE. Vérifier son cas auprès de sa caisse et de son ASL.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la CEAM et le formulaire S1 ?

La CEAM couvre les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire dans un autre pays européen. Le formulaire S1 atteste d'un droit aux soins dans le pays de résidence pour une personne qui y vit durablement, comme un retraité ou un frontalier, et permet l'inscription auprès de l'assurance maladie locale.

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Italie ?

La carte Vitale est celle du régime français. En Italie, un séjour temporaire s'appuie sur la CEAM, qui donne accès aux soins du SSN aux conditions des assurés locaux. Pour une installation durable, c'est la tessera sanitaria italienne, obtenue après l'inscription à l'ASL, qui ouvre l'accès aux soins ; l'expatrié restitue sa carte Vitale et sa CEAM.

Comment se faire rembourser des soins payés en Italie ?

Pour un séjour temporaire, on peut obtenir un remboursement sur place auprès de l'organisme italien ou, au retour, demander le formulaire S3125 « Soins reçus à l'étranger » à sa caisse française, sur le compte ameli ou par courrier. Pour un assuré du SSN, les soins sont pris en charge selon les règles italiennes, ticket compris.

Un retraité français est-il couvert en Italie ?

Oui, en demandant le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ, puis en l'inscrivant auprès de l'ASL. Il reçoit les soins du système italien, la France finançant la prise en charge au titre de la pension. Un séjour temporaire en France rétablit ses droits français.

Un frontalier est-il couvert en France et en Italie ?

Un frontalier résidant en France et travaillant en Italie s'inscrit auprès de l'organisme italien, obtient un formulaire S1 et le remet à sa CPAM. Il bénéficie alors de la prise en charge de ses frais de santé à la fois dans son pays de rattachement et dans son pays de résidence, avec un S1 pour chaque membre de la famille.

Les soins dentaires et l'optique sont-ils remboursés en Italie ?

La prise en charge publique du dentaire se limite largement aux enfants de moins de 14 ans et aux groupes vulnérables. Les sources officielles consultées ne détaillent aucun barème général pour l'optique. Ces postes relèvent surtout du secteur privé et d'un contrat adapté.

Faut-il adhérer à la CFE pour vivre en Italie ?

La CFE est une assurance volontaire, sans questionnaire médical. Elle s'adresse notamment aux personnes sans autre couverture, avec, au barème d'avril 2026, des cotisations trimestrielles de 291 € à 909 € en solo selon l'âge pour MondExpat Santé à partir de 30 ans, et 492 € en solo pour RetraitExpat Santé, réservé aux retraités remplissant les conditions.

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