Italie · Travailler et économie
Travailler en Italie quand on est français : emploi, salaires, fiscalité et économie
L’essentiel
Un Français travaille librement en Italie, avec les mêmes droits qu'un Italien : la libre circulation européenne tient lieu de permis de travail. L'Italie figure parmi les cinq pays de l'Union dépourvus de salaire minimum national ; les minima sont négociés secteur par secteur dans les conventions collectives (CCNL), dont une centaine, signées par les trois grandes confédérations, couvrent plus de 97 % des salariés du privé selon le CNEL. Le salaire brut annuel moyen atteignait 37 302 € en 2022 (ISTAT), l'impôt sur le revenu (IRPEF) s'échelonne de 23 % à 43 % et les indépendants peuvent opter pour le régime forfettario à 15 %, jusqu'à 85 000 € de recettes. Le marché du travail reste contrasté entre le Nord et le Mezzogiorno.
- Minima salariaux négociés par secteur dans les CCNL : l'Italie compte parmi les 5 pays de l'UE dépourvus de salaire minimum national au 1er juillet 2026, avec le Danemark, l'Autriche, la Finlande et la Suède (Eurostat).
- Salaire brut annuel moyen : 37 302 € en 2022, soit 16,4 € de l'heure ; 10,9 € dans l'hébergement-restauration contre 25,9 € dans la finance et l'assurance (ISTAT).
- IRPEF : 23 % jusqu'à 28 000 €, 33 % de 28 001 à 50 000 €, 43 % au-delà (Agenzia delle Entrate).
- Régime forfettario : impôt unique de 15 % sur un revenu calculé par coefficient, ou 5 % pendant cinq ans sous conditions, jusqu'à 85 000 € de recettes.
- Cotisations INPS des indépendants en 2026 : 26,07 % pour les professionnels libéraux en gestion séparée ; 24 % pour les artisans et 24,48 % pour les commerçants.
- Taux d'emploi des 15-64 ans au 4e trimestre 2025 : 69,5 % dans le Nord, 66,8 % dans le Centre, 50,0 % dans le Mezzogiorno (ISTAT).
Repères économiques : Italie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +0,5 %
- Inflation
- 1,5 %
- Taux de chômage
- 6,4 %
- PIB par habitant
- 43 309 $
- Population
- 58,9 millions
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Emploi pour un Français : un accès libre au marché italien
Un citoyen français a le droit de travailler dans tout pays de l’Union, comme salarié ou comme indépendant, sans permis de travail (Your Europe, Commission européenne). Il bénéficie de l’égalité de traitement avec les travailleurs italiens, peut consulter les offres du réseau EURES, présenter un CV Europass et demander la reconnaissance de ses qualifications professionnelles.
Le droit de séjour accompagne l’activité. Les formalités d’inscription à l’anagrafe et d’obtention du codice fiscale, qui précède en pratique la signature du contrat, figurent dans vivre en Italie. L’employeur affilie ensuite le salarié à l’INPS et au Servizio Sanitario Nazionale.
Les démarches et les statuts sont décrits dans le guide travailler à l’étranger et dans la comparaison détaché ou expatrié.
Salaires et conventions collectives : l'absence de salaire minimum légal
Au 1er juillet 2026, 22 pays de l’Union sur 27 appliquaient un salaire minimum national ; l’Italie figure avec le Danemark, l’Autriche, la Finlande et la Suède parmi les cinq qui s’en remettent aux conventions collectives sectorielles (Eurostat). Les contrats collectifs nationaux, ou CCNL, fixent donc les minima de chaque branche, les qualifications et de nombreuses conditions de travail.
Selon le CNEL, environ 99 CCNL signés par la CGIL, la CISL et l’UIL couvrent plus de 97 % des salariés du secteur privé, tandis qu’environ 800 contrats de syndicats plus petits en couvrent un peu plus de 2 %, soit environ 350 000 salariés (communiqué du 20 avril 2026). Le CCNL applicable figure dans le contrat de travail.
L’enquête de l’ISTAT sur la structure des rémunérations, portant sur les entreprises et institutions de dix salariés ou plus, donne les repères suivants pour 2022 :
- salaire brut annuel moyen à temps plein : 37 302 €, soit 39 982 € pour les hommes et 33 807 € pour les femmes ;
- 38 760 € dans l’industrie au sens strict, 32 202 € dans la construction ;
- salaire horaire moyen : 16,4 €, avec 10,9 € dans l’hébergement-restauration et 25,9 € dans la finance et l’assurance ;
- les 10 % les moins payés gagnent au plus 8,8 € de l’heure, les 10 % les mieux payés plus de 26,6 € ;
- les moins de 30 ans gagnent 36,4 % de moins que les plus de 50 ans, et un contrat à durée déterminée est payé 24,6 % de moins qu’un contrat permanent ;
- écart de rémunération horaire entre femmes et hommes : 5,6 %.
Contrats de travail et protection sociale du salarié
Au 4e trimestre 2025, l’Italie comptait 24,07 millions de personnes en emploi, dont 16,48 millions de salariés en contrat permanent (68,5 %), 2,42 millions en contrat à durée déterminée (10,0 %) et 5,17 millions d’indépendants (21,5 %). Le temps partiel concerne 15,1 % des emplois (ISTAT).
Le contrat prévoit généralement un treizième mois et, selon la convention collective, une quatorzième mensualité ; une indemnité de fin de rapport de travail, le TFR, s’accumule chaque année. Les cotisations à l’INPS sont partagées entre l’employeur et le salarié, la plus grande part revenant à l’employeur.
La couverture santé du salarié est automatique : l’affiliation au Servizio Sanitario Nazionale découle de l’emploi. Le détail figure dans le système de santé italien et dans le remboursement des soins en Italie. Un salarié engagé localement relève du statut de contrat local.
Indépendants : partita IVA et régime forfettario
L’indépendant ouvre une partita IVA auprès de l’Agenzia delle Entrate. Le régime forfettario s’adresse aux personnes physiques exerçant une activité d’entreprise, artistique ou libérale dont les recettes de l’année précédente n’excèdent pas 85 000 €, avec au plus 20 000 € de dépenses pour le travail accessoire et les collaborateurs. L’Agenzia en décrit ainsi le fonctionnement :
- le revenu imposable s’obtient en appliquant un coefficient de rentabilité propre à chaque activité, et les cotisations sociales obligatoires sont déductibles ;
- un impôt unique de 15 % remplace l’impôt sur le revenu ordinaire et les additionnels régionaux et communaux ;
- un taux de 5 % s’applique pendant les cinq premières années d’une nouvelle activité, pour qui n’a exercé aucune activité indépendante ou libérale pendant les trois années précédentes ;
- l’exonération de TVA s’accompagne de l’obligation de facturer ;
- un dépassement de 85 000 € entraîne la sortie du régime l’année suivante, et un dépassement de 100 000 € la sortie immédiate.
Côté INPS, les professionnels libéraux affiliés à la gestion séparée cotisent à 26,07 % en 2026, dont 0,35 point pour l’indemnité ISCRO, jusqu’à un plafond de revenu de 122 295 € (circulaire INPS n° 8 du 3 février 2026). Les artisans et commerçants cotisent à 24 % et 24,48 % du revenu, avec un revenu minimal de 18 808 €, soit 4 521,36 € par an pour un artisan et 4 611,64 € pour un commerçant ; une réduction de 35 % est possible sur option au régime forfettario (circulaire INPS n° 14 du 9 février 2026). Un indépendant s’affilie au Servizio Sanitario Nazionale au titre de son activité. Pour un télétravailleur, voir l’assurance nomade digital.
Impôt sur le revenu : barème de l'IRPEF
Selon l’Agenzia delle Entrate, l’IRPEF applique trois tranches : 23 % jusqu’à 28 000 €, 33 % de 28 001 à 50 000 € et 43 % au-delà. La loi de finances pour 2026 a ramené la deuxième tranche de 35 % à 33 %, avec un mécanisme qui neutralise cet avantage pour les revenus supérieurs à 200 000 €. Des additionnels régionaux et communaux s’ajoutent, sauf pour l’impôt unique du régime forfettario.
La résidence fiscale italienne et le calendrier de déclaration sont présentés dans vivre en Italie.
Économie italienne : repères
En 2025, le PIB aux prix du marché s’est établi à 2 265 003 millions d’euros courants, soit +2,5 % sur un an, et le PIB en volume a progressé de 0,6 %. L’investissement fixe a augmenté de 3,9 % en volume, la consommation finale nationale de 1,0 %, les exportations de 1,7 % et les importations de 4,2 %. Les recettes totales des administrations publiques représentent 48,0 % du PIB (ISTAT, comptes nationaux publiés le 22 septembre 2026).
Les indicateurs courants de croissance, d’inflation et de chômage sont actualisés dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus.
Nord et Sud : un marché du travail à deux vitesses
Au 4e trimestre 2025, le taux d’emploi des 15-64 ans atteint 69,5 % dans le Nord, 66,8 % dans le Centre et 50,0 % dans le Mezzogiorno, pour une moyenne nationale de 62,4 %. Le taux de chômage des 15-74 ans ressort à 3,8 % dans le Nord, 4,4 % dans le Centre et 9,4 % dans le Mezzogiorno, où le taux d’inactivité des 15-64 ans atteint 44,6 % contre 27,6 % dans le Nord (ISTAT).
Pour un Français, les grands bassins d’emploi se situent donc surtout dans le Nord et le Centre, tandis que le Sud et les îles séduisent davantage les revenus venus d’ailleurs ou les activités liées au tourisme. Les budgets par région figurent dans vivre en Italie.
Tourisme, industrie et plan de relance : les moteurs de l'économie
Tourisme. Selon la Banque d’Italie, le solde de la balance des paiements touristique a atteint 22,7 milliards d’euros en 2025, soit 1,0 % du PIB. La dépense des voyageurs étrangers a augmenté de 4,6 %, ou 3,1 % en termes réels, et l’Italie se place au cinquième rang mondial pour les recettes touristiques, avec 3,4 % du marché. Au premier trimestre 2026, cette dépense progresse de 5,4 % sur un an, portée par les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina.
Industrie. L’industrie au sens strict offre le salaire annuel moyen le plus élevé des grands secteurs, à 38 760 € en 2022 (ISTAT), devant la construction à 32 202 €.
Plan national de relance et de résilience (PNRR). Le plan italien, le plus important de NextGenerationEU, représente 194,4 milliards d’euros, dont 71,8 milliards de subventions et 122,6 milliards de prêts, avec 150 lignes d’investissement et 66 réformes. Les jalons et objectifs devaient être atteints avant août 2026. Selon la Commission européenne, 39 % des fonds soutiennent les objectifs climatiques et 25,6 % la transition numérique.
Repères chiffrés pour travailler en Italie
| Indicateur | Valeur | Source et période |
|---|---|---|
| Salaire brut annuel moyen à temps plein | 37 302 € | ISTAT, 2022 |
| Salaire horaire moyen | 16,4 € | ISTAT, 2022 |
| Salaire horaire dans l'hébergement-restauration | 10,9 € | ISTAT, 2022 |
| Salaire horaire dans la finance et l'assurance | 25,9 € | ISTAT, 2022 |
| IRPEF | 23 % / 33 % / 43 % | Agenzia delle Entrate, tranches jusqu'à 28 000 €, 50 000 €, au-delà |
| Régime forfettario | 15 % (5 % cinq ans sous conditions) | Agenzia delle Entrate, jusqu'à 85 000 € de recettes |
| Cotisation INPS, gestion séparée | 26,07 % | INPS, 2026, plafond de 122 295 € |
| Cotisation INPS, artisans et commerçants | 24 % et 24,48 % | INPS, 2026, revenu minimal de 18 808 € |
| Taux d'emploi des 15-64 ans, Nord / Centre / Mezzogiorno | 69,5 % / 66,8 % / 50,0 % | ISTAT, 4e trimestre 2025 |
| Taux de chômage, Nord / Centre / Mezzogiorno | 3,8 % / 4,4 % / 9,4 % | ISTAT, 4e trimestre 2025 |
Sources : Eurostat, CNEL, ISTAT, Agenzia delle Entrate, INPS, Banque d'Italie, Commission européenne. Consultation le 02/10/2026.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Italie ?
Un citoyen de l'Union travaille en Italie comme salarié ou comme indépendant sans permis de travail et avec les mêmes droits que les Italiens. Il s'inscrit à l'anagrafe après trois mois et demande un codice fiscale gratuitement à l'Agenzia delle Entrate.
Quel est le salaire minimum en Italie ?
L'Italie laisse aux conventions collectives sectorielles le soin de fixer les minima, faute de salaire minimum légal : elle fait partie des cinq pays de l'Union concernés, avec le Danemark, l'Autriche, la Finlande et la Suède (Eurostat, 1er juillet 2026). Le CNEL indique qu'environ 99 CCNL signés par les trois grandes confédérations couvrent plus de 97 % des salariés du privé.
Quel est le salaire moyen en Italie ?
Selon l'ISTAT, le salaire brut annuel moyen à temps plein s'élevait à 37 302 € en 2022 dans les entités de dix salariés ou plus, soit 39 982 € pour les hommes et 33 807 € pour les femmes. Le salaire horaire moyen est de 16,4 €, avec de fortes variations par secteur : de 10,9 € dans l'hébergement-restauration à 25,9 € dans la finance et l'assurance.
Comment fonctionne le régime forfettario pour un indépendant ?
Il s'applique aux personnes physiques dont les recettes de l'année précédente restent à 85 000 € ou moins : un impôt unique de 15 % remplace l'impôt ordinaire sur un revenu calculé par coefficient de rentabilité, avec un taux de 5 % pendant cinq ans sous conditions pour une nouvelle activité. La TVA est exonérée et la sortie est immédiate au-delà de 100 000 € de recettes.
Quel est le barème de l'impôt sur le revenu en Italie ?
Selon l'Agenzia delle Entrate, l'IRPEF s'élève à 23 % jusqu'à 28 000 €, 33 % de 28 001 à 50 000 € et 43 % au-delà, la loi de finances pour 2026 ayant ramené la deuxième tranche de 35 % à 33 %. Des additionnels régionaux et communaux s'ajoutent.
Quelles cotisations sociales verse un indépendant en Italie ?
En 2026, les professionnels libéraux de la gestion séparée de l'INPS cotisent à 26,07 % jusqu'à un plafond de revenu de 122 295 €. Les artisans cotisent à 24 % et les commerçants à 24,48 % du revenu, avec un revenu minimal de 18 808 €. Les artisans et commerçants au régime forfettario peuvent opter pour une réduction de 35 %.
Où trouve-t-on le plus d'emplois en Italie ?
Le Nord et le Centre concentrent les emplois : au 4e trimestre 2025, le taux d'emploi des 15-64 ans atteint 69,5 % dans le Nord et 66,8 % dans le Centre, contre 50,0 % dans le Mezzogiorno, où le taux de chômage est de 9,4 % contre 3,8 % dans le Nord (ISTAT).
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