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Guide retraite

Toucher sa retraite à l’étranger : démarches, compte bancaire, certificat de vie et impôts

Une pension de retraite française se perçoit dans le pays de résidence : l’Assurance retraite, l’Agirc-Arrco et le Service des retraites de l’État organisent ce versement à l’international. Il reste quelques démarches à connaître avant le départ, un justificatif d’existence à fournir chaque année et des règles fiscales propres aux non-résidents. Ce guide les passe en revue, du compte bancaire jusqu’à la différence entre un départ définitif et des séjours de six mois.

Quelles pensions françaises se perçoivent à l’étranger

Une retraite française se compose le plus souvent de plusieurs pensions, versées chacune par un organisme distinct : la retraite de base (le régime général géré par l’Assurance retraite pour les salariés du privé, ou le régime dont relève le retraité), la retraite complémentaire (l’Agirc-Arrco pour les salariés du privé) et, pour les anciens fonctionnaires et militaires, la pension de l’État gérée par le Service des retraites de l’État. Chacun maintient le versement lorsque le retraité s’installe à l’étranger, à condition d’être informé du changement d’adresse et de recevoir chaque année un justificatif d’existence.

Les droits acquis à la retraite restent attachés à la personne : un retraité conserve sa pension tant que les formalités sont à jour. Une catégorie de prestations fait exception : l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) dépendent d’une résidence en France, et cessent d’être versées en cas de départ à l’étranger.

Pour faire le point sur l’ensemble de ses droits avant de partir, le compte retraite en ligne d’Info Retraite rassemble les informations de tous les régimes. Le guide retraite à l’étranger du site complète cette page côté assurance santé.

Les démarches avant le départ

Plus les démarches sont engagées tôt, plus la transition se fait en douceur, sans interruption de versement. Voici les étapes à prévoir :

  • Prévenir chaque caisse. L’Assurance retraite demande de signaler la nouvelle adresse et les éventuelles nouvelles coordonnées bancaires par courrier postal, avec nom, prénom et numéro de sécurité sociale. Le Service des retraites de l’État accepte un courrier signé ou une déclaration depuis le compte ENSAP, dès lors que le départ est définitif (installation de plus de six mois).
  • Choisir le mode de paiement. La pension peut continuer d’arriver sur un compte français ou être virée directement sur un compte à l’étranger.
  • Interroger sa banque. Les frais associés à un virement international dépendent de l’établissement bancaire : un renseignement préalable évite les surprises.
  • Régulariser sa mutuelle. Lorsque les cotisations d’une mutuelle sont prélevées sur la pension de l’État, le Service des retraites de l’État recommande de régulariser cette situation avant le départ.
  • Contacter le service des impôts des non-résidents. Il renseigne sur les obligations fiscales qui suivent le départ.
  • Organiser sa couverture santé. Selon le pays, le formulaire S1, une convention bilatérale, la CFE ou une assurance privée prennent le relais, comme le détaille le guide sur l’assurance maladie du retraité à l’étranger.

Percevoir sa pension sur un compte à l’étranger

Deux options coexistent. La première consiste à garder son compte bancaire français : la pension continue d’arriver en euros, et le retraité peut utiliser sa carte bancaire à l’étranger. La seconde consiste à demander à la caisse un virement sur un compte ouvert dans le pays de résidence. Le Service des retraites de l’État précise que la pension peut être versée en euros sur un compte français ou en monnaie locale dans le pays d’accueil, au choix du retraité.

Le choix dépend de la situation de chacun : un compte local simplifie les dépenses courantes en monnaie du pays, tandis qu’un compte français offre une continuité administrative. De nombreux retraités conservent les deux, en alimentant le compte local par des virements périodiques. Dans tous les cas, la banque indique les frais de change et de virement applicables, et il est utile de les comparer avant de décider.

Les retraités installés au Royaume-Uni continuent de percevoir leur pension française : l’accord applicable depuis le 1er janvier 2021 le confirme.

Le certificat de vie : une formalité annuelle, de plus en plus simple

Chaque année, les retraités résidant à l’étranger justifient qu’ils sont en vie pour continuer à percevoir leurs pensions. L’Agirc-Arrco évalue à plus de 1,5 million le nombre de retraités concernés. L’enquête est adressée tous les ans, environ trois mois avant la date à laquelle le droit à la retraite prend fin. L’Assurance retraite fixe un délai de deux mois pour renvoyer le document : passé ce délai, le paiement de la retraite est suspendu.

Trois voies de transmission sont ouvertes :

  • L’application mobile « Mon certificat de vie », qui permet de tout faire depuis son domicile, sans passer par une autorité locale.
  • L’espace personnel en ligne de l’Assurance retraite ou de l’Agirc-Arrco, avec un document attesté par l’autorité locale compétente (mairie, consulat, notaire ou autre selon le pays).
  • Le courrier postal, à destination du centre de traitement de Tours, pour les retraités qui préfèrent le papier.

Une seule transmission via le service en ligne de l’Assurance retraite vaut pour tous les régimes français, ce qui évite de répondre à chaque caisse séparément. Le Service des retraites de l’État propose pour sa part un contrôle biométrique par reconnaissance faciale depuis une application mobile, accessible avec une pièce d’identité délivrée par un État européen (sauf exception), l’Algérie ou le Maroc.

Bonne nouvelle pour une partie des retraités : l’Agirc-Arrco indique que les personnes résidant en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Espagne, au Luxembourg, au Portugal, au Danemark et, à compter de mars 2026, aux Pays-Bas sont dispensées du certificat d’existence, car leurs informations de vie sont mises à jour automatiquement.

Fiscalité : l’effet de la résidence fiscale à l’étranger

La fiscalité d’une retraite perçue à l’étranger repose sur la résidence fiscale du retraité. Un retraité fiscalement domicilié hors de France n’acquitte plus la CSG, la CRDS ni la CASA sur ses pensions. Une cotisation d’assurance maladie reste en revanche prélevée dans certains cas : son taux de 3,20 % s’applique aux retraités qui relèvent d’un régime français d’assurance maladie, ainsi qu’aux retraités de nationalité étrangère justifiant d’au moins quinze ans d’assurance en France. Le guide assurance maladie détaille ces cotisations.

Côté impôt sur le revenu, les caisses transmettent les revenus à l’administration fiscale. L’Agirc-Arrco précise qu’une retenue à la source s’applique selon le pays de résidence, sauf convention fiscale contraire entre la France et ce pays. Ces conventions précisent quel État impose les pensions : la liste figure sur le site des impôts, dans la rubrique internationale. Le retraité imprime depuis son espace personnel un relevé de paiement, un document que les autres administrations acceptent même imprimé à domicile, pour sa déclaration locale.

Le cas des pensions de l’État. Le Service des retraites de l’État publie un barème de retenue à la source pour 2026, appliqué sur la pension brute après déduction de la cotisation maladie de 3,2 % et d’un abattement de 10 % :

  • 0 % jusqu’à 17 275 € par an (1 440 € par mois) ;
  • 12 % jusqu’à 50 112 € par an (4 176 € par mois) ;
  • 20 % au-delà de 50 112 € par an.

Cette retenue ne s’applique pas aux retraités fiscalement résidents en France, aux résidents de Monaco, aux fonctionnaires européens ni aux personnes que la convention fiscale bilatérale protège. Le Service des retraites de l’État liste aussi les pays dont les résidents sont exonérés de retenue : le Bénin, le Sri Lanka, la République centrafricaine, le Burkina Faso, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Tunisie. La situation individuelle se vérifie auprès du service des impôts des non-résidents.

Départ définitif ou séjours de six mois : ce qui change

Partir vivre à l’étranger et y passer une partie de l’année sont deux situations que les organismes distinguent, avec le seuil de six mois comme repère récurrent. Le Service des retraites de l’État demande de signaler un départ définitif, c’est-à-dire une installation de plus de six mois. Le Cleiss, de son côté, applique les règles de l’assurance maladie du retraité (formulaire S1) aux personnes qui résident de façon permanente, ou plus de six mois par an, dans un autre État de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou en Suisse.

  • Séjours de moins de six mois par an : le retraité reste en général rattaché à la France. La pension arrive sur le compte habituel, l’assurance maladie française reste en vigueur, et la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) couvre les soins nécessaires lors des séjours dans l’UE, l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni. Elle se demande au moins quinze jours avant le départ.
  • Installation de plus de six mois : les caisses sont informées, le mode de paiement est choisi, le certificat de vie annuel s’applique et la couverture santé se reconstruit selon le pays (S1, convention, CFE ou assurance privée). La résidence fiscale suit ses propres critères, définis par l’administration fiscale et les conventions : un point à vérifier avant de passer plusieurs mois hors de France.

En cas de retour définitif, il suffit de contacter la caisse d’assurance maladie du lieu de résidence pour rétablir les droits, comme l’explique le guide retour en France. Pour un séjour long sans installation, l’assurance voyage longue durée est une piste à étudier.

La santé, le complément indispensable de la pension

Percevoir sa pension à l’étranger ne règle pas la question de l’accès aux soins : la pension est un revenu, la couverture santé dépend du pays d’installation. Dans l’UE, l’EEE et en Suisse, le formulaire S1 ouvre l’affiliation au régime local. Hors de cette zone, une convention bilatérale existe pour certains pays, et la CFE ou une assurance privée prennent le relais. L’assurance retraite à l’étranger présente les options pensées pour ce profil, et la page trimestres travaillés à l’étranger traite de la préparation de la pension elle-même pour ceux dont la carrière a été internationale.

Questions fréquentes

Peut-on toucher sa retraite française en vivant à l’étranger ?

Oui. L’Assurance retraite, l’Agirc-Arrco et le Service des retraites de l’État maintiennent le versement des pensions dans le pays de résidence. Le retraité signale sa nouvelle adresse et ses coordonnées bancaires à chaque caisse, puis justifie son existence chaque année.

Comment percevoir sa retraite française sur un compte bancaire à l’étranger ?

Il suffit de demander à sa caisse un virement directement sur le compte étranger, en indiquant les nouvelles coordonnées bancaires. Le Service des retraites de l’État propose un versement en euros sur un compte français ou en monnaie locale dans le pays d’accueil. Les frais éventuels de change ou de virement se vérifient auprès de sa banque.

Qu’est-ce que le certificat de vie et à quelle fréquence le fournir ?

Le certificat de vie est un justificatif d’existence demandé chaque année aux retraités résidant à l’étranger. Il se transmet par courrier, par l’application mobile « Mon certificat de vie » ou depuis l’espace personnel en ligne. Sans réponse dans les délais, le paiement de la retraite est suspendu. Les retraités résidant dans huit pays d’Europe sont dispensés de cette démarche, car leurs informations de vie sont mises à jour automatiquement.

Faut-il payer des impôts en France quand on touche une retraite française à l’étranger ?

Cela dépend de la résidence fiscale et de la convention fiscale entre la France et le pays de résidence. Un retraité fiscalement domicilié à l’étranger n’acquitte plus la CSG, la CRDS ni la CASA, mais une retenue à la source peut s’appliquer sur la pension, sauf si la convention en dispose autrement. Le service des impôts des non-résidents est l’interlocuteur pour le détail de chaque situation.

Peut-on toucher sa retraite à l’étranger pendant six mois de l’année ?

Des séjours de moins de six mois par an laissent en général le retraité rattaché à la France, avec une pension versée sur son compte habituel et son assurance maladie française. Au-delà de six mois, plusieurs organismes considèrent la situation comme une installation à signaler à la caisse de retraite.

Le minimum vieillesse (Aspa) est-il versé à l’étranger ?

Non, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) sont soumises à une condition de résidence en France : ces prestations cessent en cas de départ et se redemandent au retour. Le retraité concerné prévient sa caisse régionale avant de partir.

Pour comparer des assurances santé internationales adaptées à un retraité, Expavy présente les options selon le pays d’installation : Assurance retraite à l’étranger