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Féroé, Îles · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite aux Îles Féroé : séjour, fiscalité de la pension française et accès aux soins

L’essentiel

Prendre sa retraite aux Îles Féroé demande une préparation particulière : l'archipel n'appartient pas à l'Union européenne, les catégories de permis publiées par l'office féroïen de l'immigration ne comprennent pas de titre dédié aux retraités, et la convention fiscale franco-danoise exclut expressément les Féroé. La pension française reste imposable en France comme revenu de source française d'un non-résident, tandis que la résidence aux Féroé de plus de 180 jours entraîne une imposition sur le revenu mondial côté féroïen. Le formulaire S1 n'étant pas utilisable, la couverture santé passe par le régime local, la CFE ou une assurance privée.

  • Aucune convention fiscale France-Féroé : l'article 3 de la convention France-Danemark du 4 février 2022, en vigueur depuis le 29 décembre 2023, exclut les Féroé.
  • Pension de source française d'un non-résident : taux minimum d'imposition de 20 % jusqu'à un seuil de revenu net imposable, puis 30 %.
  • Retenue à la source sur les pensions : 0 %, 12 % puis 20 %, selon des seuils de revenu révisés chaque année, après abattement de 10 %.
  • Plus de 180 jours de résidence aux Féroé : imposition sur l'ensemble des revenus, où qu'ils soient perçus (TAKS).
  • Soins lors d'un séjour temporaire en France : 15 ans d'assurance en France et une pension d'un régime de base français.
  • Offre retraités de la CFE : formule adaptée à l'âge et au profil, tarif communiqué sur devis.

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Repères chiffrés : Féroé, Îles

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+0,8 %
PIB par habitant
74 175 $
Population
54 900
Espérance de vie
83,1 ans

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour : pas de titre dédié aux retraités

Un Français entre aux Féroé sans visa pour moins de trois mois avec un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité (France Diplomatie). Au-delà, un permis de séjour est nécessaire, y compris pour un citoyen de l’UE, car les règles de libre circulation ne s’appliquent pas à l’archipel (gouvernement féroïen). Les catégories de permis publiées par l’office féroïen de l’immigration (Útlendingastovan) sont le visa, le regroupement familial, le permis de travail, les études supérieures, le doctorat, l’accompagnement de famille, les études de base et de jeunesse, le stage, l’au pair, le séjour permanent et le travail religieux. Aucune ne vise les retraités, et aucune condition de ressources destinée aux pensionnés n’est publiée : la FAQ de l’office indique que les non-Nordiques s’installent avec un permis de regroupement familial ou de travail. Un projet de retraite se confirme donc par écrit auprès de l’office (info@utlendingastovan.fo) avant tout engagement de logement.

Le regroupement familial concerne notamment le conjoint ou partenaire d’un résident, avec des conditions sur le parrain : citoyen nordique, réfugié ou titulaire d’un permis de séjour permanent féroïen depuis au moins trois ans, un logement adapté et, selon les cas, une déclaration de soutien financier ; le traitement normal est de sept mois. Les parents de plus de 60 ans peuvent être concernés lorsque l’enfant résidant aux Féroé est citoyen danois ou nordique, ou réfugié, et s’engage à les soutenir financièrement. Le séjour permanent s’obtient après trois ans (regroupement familial) ou sept ans (travail, études) sur les mêmes bases, avec un entretien d’intégration et une absence de dette publique échue supérieure à un seuil révisé chaque année. Le permis peut devenir caduc en cas d’absence prolongée du territoire.

Fiscalité de la pension française : une absence de convention

Côté français : la convention fiscale France-Danemark signée le 4 février 2022 définit le Danemark comme un territoire qui « ne comprend pas les îles Féroé et le Groenland » (article 3). Son article 28 permet d’étendre la convention à un territoire exclu par échange de notes diplomatiques, mais la liste des conventions fiscales en vigueur publiée au BOFiP n’en mentionne aucune pour les Féroé. Les articles de la convention sur les pensions privées, de sécurité sociale ou publiques décrits par le BOFiP pour le Danemark ne sont donc pas applicables aux Féroé.

En l’absence de convention, les règles du droit interne s’appliquent. Selon impots.gouv.fr, un non-résident doit déclarer en France ses pensions de source française lorsque la caisse de retraite est établie en France, même si une retenue à la source est prélevée. La retenue, après un abattement de 10 %, est de 0 %, de 12 % puis de 20 % selon des seuils révisés chaque année ; les fractions à 0 % et 12 % sont libératoires, la fraction à 20 % s’impute sur l’impôt. Le barème progressif s’applique avec un taux minimum de 20 % jusqu’à un seuil de revenu net imposable révisé chaque année, puis de 30 % au-delà ; le taux moyen peut être demandé s’il est plus favorable. Ces montants sont révisés chaque année : la page de l’année en cours fait foi.

Côté féroïen : une personne qui vit aux Féroé plus de 180 jours sur douze mois est pleinement imposable sur l’ensemble de ses revenus, où qu’ils soient perçus (TAKS). Sans convention, le risque de double imposition d’une même pension existe ; les pages consultées de TAKS ne décrivent pas le traitement des pensions étrangères ni un mécanisme d’imputation de l’impôt français, et la page de TAKS sur la taxation des pensions concerne les plans de pension féroïens. Impots.gouv.fr recommande de se renseigner auprès des services fiscaux du pays de résidence, qui peut exiger la déclaration de l’ensemble des revenus. Les Féroé figurent, selon l’annexe du BOFiP, parmi les territoires ayant conclu une convention d’assistance administrative avec la France, ce qui facilite l’échange de renseignements mais ne règle pas la double imposition. Un conseil fiscal individuel est recommandé avant le départ.

Accès aux soins des retraités : pas de S1

Le formulaire S1 est un instrument du droit européen, qui ne s’applique pas aux Féroé (EURAXESS) ; il ne peut donc pas ouvrir de droits à l’assurance maladie locale pour le compte de la Sécurité sociale française. Le CLEISS indique que, dans un pays sans accord de sécurité sociale avec la France, un retraité dispose de trois voies : le régime local, la CFE (adhésion volontaire) ou une assurance privée. Ameli rappelle qu’après le départ, les frais de santé ne sont plus couverts par l’Assurance Maladie française.

  • Régime local (Heilsutrygd) : tous les résidents titulaires du numéro d’identité féroïen (p-tal) y sont couverts ; la cotisation (part fixe mensuelle plus faible pourcentage du revenu) est publiée chaque année par TAKS. L’accès d’un retraité étranger suppose d’abord une résidence légale : voir la section sur le séjour, et le système de santé féroïen.
  • CFE : adhésion volontaire ; l’offre retraités a une cotisation qui dépend du pays et de l’âge (montants à jour sur cfe.fr). La CFE présente une couverture mondiale ; son application aux Féroé se confirme auprès d’elle. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger.
  • Assurance privée : le CLEISS ne tient pas de liste de compagnies. Ameli recommande un contrat d’assistance couvrant le rapatriement sanitaire.

Pour les séjours temporaires en France, les soins sont pris en charge si le retraité perçoit une pension d’un régime de base français, justifie d’au moins 15 ans d’assurance en France et n’exerce pas d’activité professionnelle ; le Cnarefe gère les dossiers du régime général. Le conjoint qui accompagne n’est pas couvert et doit souscrire sa propre assurance. Une cotisation d’assurance maladie peut être prélevée sur la pension, en général à 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la complémentaire et 7,1 % pour les retraites de travailleurs indépendants ; un non-résident fiscal ne paie ni CSG, ni CRDS, ni Casa (CLEISS). Voir aussi l’assurance retraité à l’étranger et la page remboursements des soins aux Îles Féroé.

Retraite locale et versement de la pension française

Le portail officiel EURAXESS décrit le système de retraite féroïen. La pension publique d’État s’adresse aux citoyens danois résidant aux Féroé ayant vécu au moins trois ans dans le Royaume du Danemark entre 15 et 67 ans, ainsi qu’aux étrangers mariés à un citoyen danois ; une pension complète suppose 40 ans de résidence dans le Royaume, et l’âge de la retraite est de 67,5 ans, en hausse progressive. La pension du marché du travail est ouverte aux résidents permanents arrivés à l’âge de la retraite, avec au moins 15 ans de résidence entre 15 ans et l’âge de la retraite pour un versement complet, et au moins trois ans pour une fraction d’un quarantième par année de résidence. Un retraité français arrivant à l’âge de la retraite ne remplit donc pas nécessairement ces conditions de durée de résidence : sa pension reste en principe celle de ses régimes français.

Le versement de la pension française à l’étranger et les justificatifs demandés se vérifient auprès de la caisse de retraite (voir le guide retraite à l’étranger). Les frais bancaires d’un compte féroïen dépendent des banques ; l’ouverture d’un compte local suppose le numéro p-tal, donc un permis de séjour.

Coût de la vie, logement et monnaie

La monnaie est la couronne féroïenne, échangée à parité avec la couronne danoise (Danmarks Nationalbank). Aucun comparatif officiel du coût de la vie entre la France et les Féroé n’a été lu pour cette page. Le marché locatif est limité, avec souvent un logement aménagé dans la maison d’une famille ; le dépôt de garantie peut atteindre trois mois de loyer et le préavis est de trois ou cinq mois (EURAXESS). L’achat passe en général par un agent immobilier : une maison moyenne à Tórshavn coûte de l’ordre de 4 millions de DKK, soit environ 550 000 € au cours de la BCE, les maisons hors de Tórshavn étant moins chères ; l’État rembourse 35 % des intérêts hypothécaires d’une résidence principale. Ces repères ne remplacent pas une estimation locale.

Pour un retraité, la proximité d’un hôpital public et d’un généraliste compte autant que le prix du logement ; la page vivre aux Îles Féroé détaille les formalités et le climat.

Villes et régions prisées

Tórshavn, la capitale, rassemble plus de 40 % de la population (Hagstova Føroya) et le principal hôpital public, le Landssjúkrahúsið. Klaksvík, au nord, possède un hôpital public (Klaksvíkar Sjúkrahús) ; sur l’île de Suðuroy, au sud, l’hôpital public est à Tvøroyri (Suðuroyar Sjúkrahús). Les sources officielles consultées ne classent pas les localités selon leur attrait pour les retraités : le critère le plus objectif est la distance aux hôpitaux et aux généralistes, l’archipel étant divisé en neuf zones de soins primaires. France Diplomatie signale par ailleurs une météo qui change très vite, avec brouillard dense et vents forts, et des moyens de secours en mer limités dans les eaux polaires et subpolaires : un contrat d’assistance avec évacuation médicale est à vérifier avant l’installation.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa ou un permis retraité pour les Îles Féroé ?

Aucun titre dédié aux retraités ne figure parmi les catégories publiées par l'office féroïen de l'immigration ; sa FAQ indique que les non-Nordiques s'installent avec un permis de regroupement familial ou de travail. La situation d'un retraité se confirme auprès de l'office avant le départ.

La convention fiscale franco-danoise s'applique-t-elle aux Îles Féroé ?

Non. Son article 3 précise que le terme Danemark ne comprend pas les îles Féroé et le Groenland, et la liste des conventions fiscales en vigueur ne mentionne aucune convention avec les Féroé. Ce sont donc les règles internes de chaque État qui s'appliquent.

Ma pension française reste-t-elle imposable en France si je vis aux Îles Féroé ?

Selon impots.gouv.fr, un non-résident doit déclarer en France ses pensions de source française lorsque la caisse est établie en France, avec une retenue à la source et un taux minimum d'imposition de 20 % jusqu'à un seuil de revenu net imposable révisé chaque année, puis 30 %. Côté féroïen, plus de 180 jours de résidence entraînent l'imposition du revenu mondial : un conseil fiscal est recommandé.

Le formulaire S1 permet-il de se faire soigner aux Îles Féroé ?

Non. Le S1 relève du droit européen, qui ne s'applique pas aux Féroé. Le CLEISS cite pour un retraité trois voies : le régime local, la CFE ou une assurance privée.

Un retraité français peut-il bénéficier de la pension d'État féroïenne ?

La pension d'État décrite par EURAXESS vise les citoyens danois résidant aux Féroé et les étrangers mariés à un citoyen danois, avec une pension complète après 40 ans de résidence dans le Royaume ; la pension du marché du travail suppose au moins trois ans de résidence permanente. Un retraité français conserve en principe sa pension française.

Comment être soigné en France lors d'un séjour temporaire ?

Le retraité qui perçoit une pension d'un régime de base français, justifie d'au moins 15 ans d'assurance en France et n'exerce pas d'activité professionnelle peut être pris en charge ; le Cnarefe gère les dossiers du régime général. Le conjoint qui accompagne n'est pas couvert.

Les autres guides : Féroé, Îles