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Féroé, Îles · Travailler et économie

Travailler aux Îles Féroé : permis, salaires, impôts et cotisations pour un Français

L’essentiel

Pour travailler aux Îles Féroé, un Français a besoin d'un permis de séjour et de travail : l'archipel n'appartient pas à l'Union européenne et la libre circulation ne s'y applique pas. Un dispositif réservé aux citoyens de l'UE existe pour les emplois d'au moins 30 heures par semaine, tant que le chômage féroïen reste sous 3,5 %, avec un permis d'un an au plus. Les salaires résultent de négociations entre employeurs et syndicats, la fiscalité et les cotisations sont fixées par les Féroé, et la France n'a conclu ni convention fiscale ni accord de sécurité sociale avec elles. La couronne féroïenne est échangée à parité avec la couronne danoise.

  • Environ 30 000 salariés (Hagstova Føroya).
  • Salaires versés : de l'ordre de 14 milliards de DKK par an, soit près de 2 milliards d'euros (Hagstova Føroya).
  • Dispositif réservé aux citoyens de l'UE : emploi d'au moins 30 heures par semaine, chômage sous 3,5 %, permis de 1 an au plus ; traitement en 1 mois (employeur préapprouvé) ou 3 mois.
  • Impôt local de 16 % à 23 % selon la commune ; impôt national dû au-delà de 65 000 DKK de revenu annuel (TAKS).
  • Taux fixe de 42 % pour un séjour de 180 jours ou moins sans adresse permanente, contre l'imposition sur le revenu mondial au-delà (TAKS).
  • Cotisation d'assurance maladie Heilsutrygd composée d'un forfait mensuel plus un faible pourcentage du revenu, et retraite obligatoire de 12 % (TAKS).

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Repères chiffrés : Féroé, Îles

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+0,8 %
PIB par habitant
74 175 $
Population
54 900
Espérance de vie
83,1 ans

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et permis pour un citoyen français

Les citoyens du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de la Norvège et de la Suède peuvent s’installer et travailler librement aux Féroé. Tous les autres, y compris les citoyens de l’UE, ont besoin d’un permis de séjour et de travail avant de s’établir ou d’occuper un emploi, car les règles de libre circulation de l’UE ne s’appliquent pas à l’archipel (gouvernement féroïen). Pour un séjour de moins de trois mois, un Français entre sans visa avec un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité ; la demande de permis pour une installation de plus de trois mois passe par l’office féroïen de l’immigration (Útlendingastovan).

Le dispositif réservé aux citoyens de l’UE (les ressortissants suisses et de l’EEE en sont exclus) s’applique lorsque le chômage féroïen est inférieur à 3,5 % (6 % pour certains métiers qualifiés du bâtiment) ; il est suspendu si le seuil est dépassé pendant trois mois consécutifs, et l’office indique que le taux est actuellement sous 3,5 %. Conditions : une semaine de travail moyenne d’au moins 30 heures et au moins l’une des trois situations suivantes : une convention collective féroïenne s’applique, la personne est chercheur, enseignant, spécialiste ou cadre supérieur, ou le salaire et les conditions correspondent aux standards féroïens. Les professions de santé exigent une autorisation danoise ou féroïenne.

  • Employeur préapprouvé : l’emploi peut commencer dès la notification de l’embauche à l’office ; le traitement normal est d’un mois (formulaire AR8, partie 2 remplie par l’employeur).
  • Employeur non préapprouvé : le permis doit être obtenu avant de travailler, avec un traitement normal de trois mois (formulaire AR9) ; l’employeur fournit en général des contrats anonymisés et deux mois de fiches de paie de postes comparables, sauf convention collective ou profil de chercheur, enseignant, spécialiste ou cadre supérieur.
  • Durée : un an au plus, ou la durée du contrat s’il est plus court, à renouveler avant l’échéance ; le travail peut continuer pendant l’examen d’une demande déposée à temps.
  • Restrictions : le permis ne vaut que pour l’employeur et le poste désignés ; un nouvel emploi suppose un nouveau permis, sauf passage d’un employeur préapprouvé à un autre ; une activité accessoire demande un permis séparé ; une adresse féroïenne doit être maintenue et les absences prolongées évitées (le temps passé au Danemark ou au Groenland compte comme du temps à l’étranger).

Le conjoint ou partenaire et les enfants de moins de 18 ans vivant au foyer peuvent être autorisés à accompagner le titulaire ; le conjoint ou partenaire peut travailler à temps plein (EURAXESS). Après sept années consécutives sur un permis de travail, un permis de séjour permanent peut être demandé.

Salaires, durée du travail et conventions collectives

Les rémunérations sont fixées par des accords négociés entre l’employeur et le syndicat concerné, en fonction de l’ancienneté et des compétences (EURAXESS). La plupart des salariés sont syndiqués et des accords salariaux centraux lient les syndicats et les organisations patronales. L’institut statistique mesure d’ailleurs le seuil d’emploi à partir du salaire minimum horaire issu de la convention collective conclue entre l’Union des travailleurs féroïens et l’Association des employeurs : le minimum est donc négocié, et son montant se consulte auprès des syndicats ou de l’institut. Aucun barème de salaire médian n’a pu être lu sur une source officielle pour cette page, et il n’est donc pas donné.

Pour l’ensemble de l’économie, Hagstova Føroya suit la masse salariale versée, en hausse régulière sur un an. La semaine normale de travail est de 39 heures, les heures supplémentaires étant payées avec une majoration (EURAXESS).

Contrat, congés et protection du salarié

Le contrat de travail ou l’offre d’emploi accompagne la demande de permis et doit comporter les informations exigées par la loi féroïenne. Les délais de préavis et les durées de période d’essai ne figurent pas dans les pages officielles consultées : ils se vérifient dans la convention collective applicable et auprès du syndicat.

  • Jours fériés : le portail officiel EURAXESS en dénombre douze, dont Pâques, l’Ascension, la Pentecôte et Noël, avec trois demi-journées (5 juin, veille de la Saint-Olaf le 28 juillet, veille de Noël).
  • Congés payés : six semaines pour les universitaires sous contrat ; pour l’ensemble des salariés, l’administration fiscale TAKS verse en mai l’allocation de congés (Frítíðarløn), égale à 12 % des salaires.
  • Maladie : les salariés à salaire mensuel fixe sont payés pendant leur arrêt ; l’employeur peut demander un certificat médical, en général après la première semaine.
  • Congé parental : 52 semaines de congé payé au total, dont quatre semaines avant et quatorze après la naissance pour la mère, quatre semaines pour le père, les 34 semaines restantes pouvant être réparties entre les parents (EURAXESS).
  • Accident du travail : l’employeur doit assurer ses salariés contre les accidents et maladies liés au travail.

Impôt sur le revenu : résidence fiscale et barème

L’administration fiscale féroïenne TAKS distingue deux situations. Une personne qui vit aux Féroé plus de 180 jours sur douze mois est pleinement imposable sur l’ensemble de ses revenus, où qu’ils soient perçus. Une personne qui séjourne 180 jours au plus et n’enregistre pas d’adresse permanente est en imposition limitée : taux fixe de 42 % pour un salarié ordinaire (35 % à bord de certains navires), plus 3 % de cotisation au fonds de pension du marché du travail, sans crédit pour enfants à charge ; elle reste imposable dans son pays de résidence.

Pour l’imposition complète (barème TAKS révisé chaque année), l’impôt commence au-delà d’un seuil de revenu annuel, l’impôt national progressif au-delà d’un seuil plus élevé, et l’impôt communal est un taux unique fixé par chaque commune, de 16 % à 23 % ; une taxe cultuelle de 0,6 % à 0,9 % s’ajoute pour les membres de l’Église luthérienne. Les revenus du salarié d’un employeur féroïen (revenu A) sont prélevés à la source par TAKS ; les revenus d’un indépendant ou d’un employeur étranger (revenu B) donnent lieu à une estimation préalable en début d’année et à des avis mensuels. Chacun reçoit un avis d’imposition annuel.

Côté français : la France n’a pas de convention fiscale avec les Féroé. La convention France-Danemark du 4 février 2022 exclut les Féroé de son champ (article 3), et la liste des conventions en vigueur publiée au BOFiP n’en mentionne aucune pour l’archipel. Les règles de départage d’une convention ne sont donc pas disponibles. Un non-résident reste imposable en France sur ses revenus de source française, avec un taux minimum de 20 % jusqu’à un seuil de revenu net imposable révisé chaque année, puis de 30 % au-delà (impots.gouv.fr). Avant de quitter la France, la situation de résidence fiscale se précise avec le service des impôts.

Cotisations sociales et retraite obligatoire

Pour un salarié pleinement imposable, TAKS publie les cotisations suivantes sur le revenu de type A : l’assurance maladie Heilsutrygd (part fixe mensuelle plus faible pourcentage du revenu), la caisse des prestations parentales (0,86 %), le fonds de pension du marché du travail (3 %) et l’assurance chômage (ALS), dont le taux se vérifie auprès de TAKS, les pages consultées n’en indiquant pas la même valeur. Une redevance audiovisuelle s’ajoute à partir de 24 ans. Une retraite complémentaire obligatoire (« kravd eftirløn ») est prévue : dont le taux, relevé progressivement, se vérifie auprès de TAKS.

Un travailleur installé temporairement peut demander à être exempté de la cotisation de retraite, ou se la faire rembourser au départ si son séjour n’a pas dépassé 60 mois (TAKS, EURAXESS). TAKS consacre à la taxation des pensions une page dédiée. Pour toutes ces cotisations, les montants évoluent chaque année et se confirment sur le site de TAKS.

Indépendants, télétravail et salarié détaché

L’indépendant relève du revenu de type B : acompte provisionnel, comptes annuels et déclaration. Les catégories de permis publiées par l’office de l’immigration (travail, regroupement familial, études, stage, au pair, séjour permanent) ne décrivent pas de permis dédié à l’activité indépendante, et le dispositif UE vise un contrat de travail avec un employeur féroïen : un projet indépendant se confirme donc par écrit auprès de l’office avant tout départ.

Le télétravail pour un employeur étranger n’a pas de permis spécifique dans les catégories publiées ; TAKS classe en revenu B le revenu versé par un employeur non féroïen. Là encore, l’office de l’immigration et TAKS sont à interroger avant de s’installer. Voir aussi l’assurance nomade digital.

Le salarié détaché par un employeur français aux Féroé relève du détachement hors convention : maintien au régime français pendant trois ans, renouvelable une fois, cotisations versées en France comme si le salarié y travaillait, et possibles cotisations locales en plus (CLEISS). Au-delà, le salarié devient expatrié et relève du seul régime local. Voir détaché ou expatrié et la page remboursements des soins aux Îles Féroé.

L'économie féroïenne : secteurs, monnaie et perspectives

Le gouvernement féroïen décrit une économie fortement industrielle, fondée principalement sur la pêche et l’aquaculture, dont les produits de la mer sont exportés sur les six continents, et un niveau de vie qu’il range parmi les plus élevés du monde. Hagstova Føroya publie des séries sur le commerce extérieur, les prises de poisson, l’hébergement touristique et la construction ; elle indique aussi que l’archipel affiche un taux d’activité parmi les plus élevés d’Europe et suit ses dépenses de recherche et développement.

La monnaie est la couronne féroïenne, échangée à parité avec la couronne danoise ; les pièces sont celles du Danemark. L’Union européenne n’étant pas applicable, les échanges commerciaux de l’archipel dépendent d’accords que le gouvernement féroïen négocie lui-même. Aucune prévision officielle de croissance par secteur n’a été lue pour cette page : les indicateurs actualisés figurent dans le bloc « Repères économiques » affiché sur cette page, et le détail sectoriel se consulte sur le site de l’institut statistique.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler aux Îles Féroé sans permis ?

Non. Les citoyens de l'UE ont besoin d'un permis de séjour et de travail aux Féroé, car les règles de libre circulation de l'UE ne s'y appliquent pas. Seuls les citoyens des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) peuvent travailler sans permis.

Combien de temps faut-il pour obtenir un permis de travail ?

Pour un citoyen de l'UE, le traitement normal est d'un mois avec un employeur préapprouvé et de trois mois avec un employeur non préapprouvé, selon l'office féroïen de l'immigration. Avec un employeur préapprouvé, l'emploi peut commencer dès la notification.

Quelle est la durée du permis de travail ?

Un an au plus, ou la durée du contrat s'il est plus court. Il se renouvelle avant l'expiration, et le travail peut continuer pendant l'examen d'une demande déposée à temps.

Existe-t-il un salaire minimum aux Îles Féroé ?

Les rémunérations sont fixées par des accords entre employeurs et syndicats. L'institut statistique s'appuie sur le salaire minimum horaire de la convention collective conclue entre l'Union des travailleurs féroïens et l'Association des employeurs. Son montant n'a pas été lu sur une source officielle pour cette page.

La France a-t-elle une convention fiscale avec les Îles Féroé ?

Non. La convention France-Danemark exclut les Féroé de son champ d'application, et la liste des conventions en vigueur publiée au BOFiP n'en mentionne aucune avec l'archipel.

Quel impôt paie-t-on en travaillant moins de 180 jours aux Îles Féroé ?

Pour un séjour de 180 jours au plus sans adresse permanente, l'administration fiscale TAKS applique un taux fixe de 42 % pour un salarié ordinaire, plus 3 % de cotisation au fonds de pension du marché du travail. Au-delà de 180 jours sur douze mois, l'imposition porte sur l'ensemble des revenus.

Un salarié détaché aux Îles Féroé garde-t-il la Sécurité sociale française ?

Oui, dans le cadre du détachement hors convention : maintien au régime français pendant trois ans, renouvelable une fois. Au-delà, le salarié devient expatrié et relève du régime local.

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