Vietnam · Prendre sa retraite
Retraite au Vietnam : voies de séjour, fiscalité de la pension, santé et coût de la vie
L’essentiel
Le séjour d'un retraité français au Vietnam passe par les catégories de visa existantes : la dispense de 45 jours (valable jusqu'au 14 mars 2028), l'e-visa de 90 jours à entrées multiples, ou un visa et une carte de séjour liés à un investissement ou à un conjoint vietnamien, à confirmer auprès du Département de l'immigration. La pension française suit la convention fiscale franco-vietnamienne : une pension privée n'est imposable que dans l'État de résidence (article 17), une pension publique dans l'État qui la verse (article 18). La santé s'organise avec la CFE ou une assurance internationale, car le formulaire S1 est sans objet. Le coût de la vie varie selon la ville, et l'évacuation sanitaire entre dans le budget d'un projet de retraite.
- 45 jours de dispense de visa (valable jusqu'au 14/03/2028) ou 90 jours d'e-visa à entrées multiples, au tarif officiel de 25 USD (une entrée) ou 50 USD (entrées multiples).
- Convention fiscale du 10/02/1993, en vigueur depuis le 01/07/1994 : une pension privée n'est imposable que dans l'État de résidence (article 17).
- Une pension publique reste imposable dans l'État qui la verse (article 18), sauf pour le résident de l'autre État qui en possède seul la nationalité.
- 183 jours de présence : seuil de la résidence fiscale vietnamienne, avec imposition des revenus de source vietnamienne et étrangère.
- 3 ans au plus pour la carte de séjour d'un conjoint de ressortissant vietnamien ; 10 ans au plus pour un investissement d'au moins 100 milliards de dongs (environ 3,45 millions d'euros).
- 1 certificat d'existence par an à faire compléter par l'autorité locale et à transmettre sous 2 mois, faute de quoi le versement de la pension est suspendu.
Repères économiques : Vietnam
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +8,0 %
- Inflation
- 3,3 %
- Taux de chômage
- 1,5 %
- PIB par habitant
- 5 066 $
- Population
- 101,6 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Prendre sa retraite au Vietnam : le cadre en bref
Les textes consultés prévoient des catégories de visa pour le tourisme, le travail, l’investissement et la famille ; le séjour d’un retraité s’appuie sur l’une d’elles. Trois voies existent : enchaîner dispense de visa et e-visa, obtenir un visa d’investisseur, ou rejoindre un conjoint vietnamien. La réglementation de l’immigration et du travail évolue vite (plusieurs décrets en 2025) : le Département de l’immigration reste l’interlocuteur pour confirmer la voie retenue avant le départ.
L’ambassade recommande l’inscription au registre consulaire au-delà de six mois de séjour et une assurance santé adaptée. Les pages vivre au Vietnam et système de santé complètent ce panorama ; le guide retraite à l’étranger présente la démarche côté français.
E-visa répété et dispense de visa : la solution la plus simple
La dispense de visa accorde 45 jours à chaque entrée aux Français, quel que soit le motif du séjour, jusqu’au 14 mars 2028 (résolution 44/NQ-CP). L’e-visa offre jusqu’à 90 jours avec entrées multiples : 25 USD pour une entrée ou 50 USD pour plusieurs (environ 22 € ou 44 €), décision sous 3 jours ouvrés. Quatre e-visas par an représentent 200 USD, soit environ 177 € (conversion au cours de la BCE du 01/10/2026 : 1,1298 USD pour 1 €).
Dispense et e-visa sont non prorogeables sur place (France Diplomatie) : chaque séjour s’achève par une sortie du territoire, et le passeport doit rester valide au moins six mois à l’entrée. Tout dépassement entraîne une amende selon la durée et peut déclencher une enquête de plusieurs semaines. France Diplomatie signale aussi un enregistrement en ligne avant l’arrivée, actif depuis le 15 avril 2026. Cette formule convient à un premier séjour d’essai ; une installation durable gagne à reposer sur un titre de séjour, plus lisible sur le long terme.
Visa et carte de séjour par un investissement ou par un conjoint vietnamien
L’investissement ouvre un visa d’investisseur (catégorie DT) dont la durée croît avec le capital : un an en dessous de 3 milliards de dongs (environ 104 000 €), jusqu’à 10 ans à partir de 100 milliards (environ 3,45 millions d’euros). La carte de séjour temporaire suit : jusqu’à 5 ans pour la catégorie DT2 et jusqu’à 10 ans pour la catégorie DT1. L’apport de 3 milliards de dongs dans une société vietnamienne est aussi le seuil qui exempte l’associé de permis de travail. Le montage se confie à un avocat local, car la durée du visa et de la carte dépend du projet validé.
La famille d’un ressortissant vietnamien relève du visa TT, suivi d’une carte de séjour de trois ans au plus. Pour les enfants d’un ressortissant vietnamien, un certificat d’exemption de visa existe aussi, valable jusqu’à cinq ans, avec des séjours de six mois par entrée, prolongeables : le cas du conjoint se vérifie auprès du Département de l’immigration. La loi sur le logement du 1er août 2024 permet par ailleurs à un étranger entré légalement d’acquérir un logement dans un projet commercial pour 50 ans renouvelables une fois, dans la limite de 30 % des appartements d’un immeuble ; la page vivre au Vietnam détaille la procédure.
Fiscalité de la pension française : la convention franco-vietnamienne
La convention signée à Hanoï le 10 février 1993 et en vigueur depuis le 1er juillet 1994 règle la double imposition. Les règles utiles au retraité :
- Résidence (article 4) : la personne est résidente de l’État où elle a son foyer d’habitation permanent ; à défaut, de celui de son centre des intérêts vitaux, puis de son séjour habituel, puis de sa nationalité.
- Pension privée (article 17) : imposable uniquement dans l’État dont le bénéficiaire est résident. Pour un résident du Vietnam, la pension de retraite d’un régime privé français relève donc du droit fiscal vietnamien.
- Pension publique (article 18) : imposable uniquement dans l’État qui la verse, sauf si le bénéficiaire est résident de l’autre État et n’en possède que la nationalité. Un fonctionnaire français retraité installé au Vietnam reste donc imposable en France.
- Élimination de la double imposition (article 22) : un crédit ou une déduction d’impôt évite de payer deux fois sur le même revenu.
Côté vietnamien, le résident (183 jours de présence ou résidence habituelle) est imposé sur ses revenus de source vietnamienne et étrangère ; le traitement exact d’une pension étrangère se confirme auprès de l’administration fiscale vietnamienne. Côté français, l’Assurance retraite fournit un relevé de paiements imprimable que d’autres administrations acceptent. Les cas particuliers (maintien d’un foyer fiscal en France, revenus fonciers) méritent un avis fiscal : voir le guide toucher sa retraite à l’étranger.
Pension française : versement à l'étranger et certificat d'existence
La pension du régime général se verse sur un compte français ou sur un compte étranger, avec d’éventuels frais bancaires. Le retraité informe sa caisse de sa nouvelle adresse et de ses coordonnées bancaires avant le départ. Chaque année, il reçoit un certificat de vie à faire compléter par l’autorité locale compétente puis à transmettre dans un délai de 2 mois, en ligne dans son espace personnel ou par courrier au centre de traitement des retraites à l’étranger de Tours ; une seule transmission en ligne vaut pour tous les régimes. Faute de réponse, le paiement est suspendu.
L’allocation de solidarité aux personnes âgées et l’allocation supplémentaire d’invalidité cessent d’être versées en cas de départ à l’étranger. Les trimestres cotisés au Vietnam ne se coordonnent pas avec la retraite française (voir trimestres travaillés à l’étranger).
Coût de la vie du retraité : repères et budget
Le budget se compose du logement, de l’assurance santé, de l’alimentation, des transports et des loisirs. Les repères publics (conversions à environ 28 960 dongs pour 1 €, d’après le taux central de la Banque d’État du Vietnam, 25 636 dongs pour 1 USD, et le cours de la BCE du 01/10/2026) :
- les prix à la consommation progressent de 4,38 % en moyenne sur le premier semestre 2026 et de 4,89 % en août sur un an (Office national de la statistique) ;
- le revenu mensuel moyen d’un salarié atteint 8,4 millions de dongs en 2025 (environ 290 €), repère pour les services locaux ;
- l’offre CFE pour retraités débute à 147 € par mois selon la page d’accueil de la CFE, avec un tarif croissant selon l’âge ;
- une consultation dans un grand établissement de Hanoï coûte de 65 à 140 USD (environ 58 à 124 €), d’après la liste de notoriété de l’ambassade.
Aucun organisme officiel consulté ne publie de loyer moyen par ville : comparer des annonces sur place, visiter plusieurs quartiers et prévoir un budget santé distinct du budget courant restent les meilleures méthodes. Le guide budgétiser la santé en expatriation aide à chiffrer cette ligne.
Santé du retraité, évacuation et assurance
Le formulaire S1, qui permet à un retraité de transférer sa couverture dans l’Union européenne, est sans objet : le Vietnam ne figure pas dans la liste des conventions bilatérales du CLEISS. La CFE propose une offre dédiée aux retraités d’un régime de base français sans activité professionnelle, sans questionnaire médical ; une assurance internationale demande en général un questionnaire et applique ses propres limites d’âge. Voir assurance maladie du retraité à l’étranger et l’assurance retraite à l’étranger.
La CFE relève que le système de santé local reste fragile en dehors des grandes villes : s’installer à proximité d’un hôpital de Hanoï, de Hô Chi Minh-Ville ou de Da Nang facilite la prise en charge d’une maladie chronique. La qualité de l’air de Hanoï en saison sèche et la dengue (plus de 56 000 cas dans le sud en sept mois de 2026) appellent une vigilance particulière pour les personnes fragiles. France Diplomatie recommande un contrat comprenant le rapatriement sanitaire ; Bangkok, Singapour ou la France comme destination d’évacuation se décident au cas par cas avec l’assisteur. Voir assistance et rapatriement et la page remboursement des soins au Vietnam.
Convention fiscale franco-vietnamienne : qui impose quoi
| Revenu | Article | État qui impose | Précision |
|---|---|---|---|
| Pension privée de retraite | 17 | État de résidence du bénéficiaire | Résident du Vietnam : imposition selon le droit vietnamien |
| Pension publique (ancien fonctionnaire) | 18 | État qui verse la pension | Sauf résident de l'autre État qui en possède seul la nationalité |
| Loyers d'un bien immobilier | 6 | État où se situe le bien | Crédit d'impôt dans l'État de résidence |
| Dividendes | 10 | Retenue dans l'État de la société, puis État de résidence | 5 % pour une société bénéficiaire détenant 50 % du capital, 10 % dans les autres cas |
| Autres revenus | 20 | État de résidence | Hors revenus immobiliers rattachés à un établissement stable |
Sources : convention franco-vietnamienne du 10 février 1993 (impots.gouv.fr), BOFiP. Situation individuelle à valider avec l'administration fiscale française et vietnamienne.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité au Vietnam ?
Les textes consultés ne créent pas de visa retraité dédié. Les retraités français enchaînent dispense de visa de 45 jours et e-visa de 90 jours, ou obtiennent un visa et une carte de séjour liés à un investissement ou à un conjoint vietnamien. Le Département de l'immigration confirme la voie adaptée.
Comment est imposée une pension française pour un résident du Vietnam ?
Selon la convention fiscale franco-vietnamienne, une pension privée n'est imposable que dans l'État de résidence (article 17), donc au Vietnam pour un résident vietnamien. Une pension publique reste imposable dans l'État qui la verse (article 18), donc en France pour un fonctionnaire français retraité.
Peut-on rester plus de 90 jours avec un e-visa ?
Non : l'e-visa est limité à 90 jours et ne se prolonge pas sur place, tout comme la dispense de 45 jours (France Diplomatie). Un séjour plus long suppose un visa de long séjour suivi d'une carte de séjour temporaire, ou une sortie et une nouvelle entrée avec un nouvel e-visa.
Le formulaire S1 fonctionne-t-il au Vietnam ?
Le S1 relève de la coordination européenne et ne s'applique pas au Vietnam, qui ne figure pas dans la liste des conventions du CLEISS. Le retraité s'appuie sur l'offre retraités de la CFE, à partir de 147 € par mois, ou sur une assurance internationale.
Faut-il un certificat d'existence pour toucher sa pension au Vietnam ?
Oui, un certificat de vie est à faire compléter chaque année par l'autorité locale compétente puis à transmettre dans un délai de 2 mois, en ligne ou par courrier. Sans transmission, le versement de la pension est suspendu.
Un retraité étranger peut-il acheter un logement au Vietnam ?
Oui, depuis la loi sur le logement du 1er août 2024, dans les projets de logements commerciaux : 30 % au plus des appartements d'un immeuble, pour 50 ans renouvelables une fois. Le dossier comprend un passeport et une preuve d'entrée régulière. Cet achat se prépare avec un notaire ou un avocat local.
Les autres guides : Vietnam
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.