Vietnam · Système de santé
Système de santé au Vietnam : hôpitaux, assurance BHYT, urgences et évacuation
L’essentiel
Le système de santé vietnamien repose sur un réseau public à quatre échelons (communes, districts, provinces, hôpitaux centraux), complété par des hôpitaux privés et internationaux concentrés à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville, où se soignent la plupart des résidents étrangers. L'assurance santé sociale (BHYT) couvre 95,2 % de la population fin 2025 et s'impose depuis le 1er juillet 2025 aux étrangers employés sous contrat d'au moins 12 mois, avec une prise en charge de 80 % à 100 % selon la catégorie. Le numéro des urgences médicales est le 115, et la dengue, en nette hausse en 2026, justifie une protection contre les moustiques. En l'absence de convention de sécurité sociale avec la France, France Diplomatie recommande un contrat d'assistance couvrant tous les frais médicaux et le rapatriement sanitaire.
- 95,2 % de la population couverte par l'assurance santé sociale fin 2025, avec 195,5 millions de consultations et hospitalisations prises en charge sur l'année (Vietnam Social Security, annonce du 04/02/2026).
- 4,5 % du salaire : cotisation d'assurance santé (1,5 % salarié, 3 % employeur), pour une prise en charge de 80 % à 100 % ; affiliation des salariés étrangers sous contrat local, conditions de durée à confirmer auprès de la VSS.
- 47 hôpitaux centraux, 419 provinciaux et 684 de district (Organisation mondiale de la santé) ; en octobre 2024, 1 718 hôpitaux au total dont 384 privés.
- 115 : numéro des urgences médicales (ambulance), à composer en premier ; l'ambassade de France à Hanoï répond au +84 24 3944 57 00.
- 197 USD par habitant : dépense courante de santé en 2023, dont 39,2 % réglés directement par les ménages (Banque mondiale).
- Plus de 56 000 cas de dengue dans le sud du pays sur les sept premiers mois de 2026, soit +34 % sur un an, avec un pic attendu d'août à novembre (Institut Pasteur de Hô Chi Minh-Ville).
Le système public : quatre échelons et des hôpitaux très sollicités
Le réseau public s’organise en niveaux : stations de santé communales pour la proximité, hôpitaux de district et de province pour les soins courants et spécialisés, hôpitaux centraux pour les cas complexes. L’Organisation mondiale de la santé recense 47 hôpitaux centraux, 419 hôpitaux provinciaux et 684 hôpitaux de district. Depuis 2018, les hôpitaux publics fonctionnent en autonomie financière pour leurs frais courants. Ils concentrent plus de 50 % des consultations et plus de 95 % des dépenses de l’assurance santé, car de nombreux patients les choisissent comme premier recours : les hôpitaux centraux se remplissent, et les pouvoirs publics investissent dans les soins de proximité pour rééquilibrer le réseau.
La réforme du 1er juillet 2025 a ramené le pays à 34 provinces et villes et supprimé l’échelon du district (Gouvernement vietnamien) : les appellations administratives évoluent, mais la carte des établissements de soins reste celle décrite ci-dessus ; les décomptes varient selon la source et la date. Côté ressources, la dépense courante de santé atteint 197 dollars par habitant en 2023 et l’espérance de vie 74,7 ans en 2024 (Banque mondiale). Le tableau suivant résume les niveaux.
Hôpitaux privés et internationaux : où les résidents étrangers se soignent
La fiche pays de la CFE relève que le système local reste fragile en dehors des grandes villes, avec des équipements modernes et des médecins qualifiés à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville ; en zone rurale, France Diplomatie conseille de rejoindre une grande ville dès qu’un problème sérieux survient. Les résidents étrangers se tournent donc vers les cliniques et hôpitaux privés ou internationaux de ces deux métropoles. En octobre 2024, le pays comptait 384 hôpitaux privés sur 1 718 ; ils se situent surtout en zone urbaine.
- Liste de notoriété de l’ambassade : elle référence cliniques internationales privées, hôpitaux publics, pharmacies, centres de vaccination et laboratoires à Hanoï, Hô Chi Minh-Ville, Nha Trang, Hué, Hoi An, Da Nang, Can Tho, Phan Thiet, Mui Ne et Vung Tau. L’administration précise qu’elle ne s’engage ni sur la qualité des soins ni sur les tarifs.
- Langues : l’anglais domine dans les établissements internationaux ; le français est limité à quelques structures, signalées dans la liste.
- Tarifs : une consultation dans les grands établissements de Hanoï coûte de 65 à 140 USD (environ 58 à 124 €), avec des prix différents pour les patients assurés et non assurés.
- Médicaments : France Diplomatie signale la circulation de contrefaçons, à éviter en achetant dans des pharmacies établies, et recommande d’emporter l’ordonnance originale avec la dénomination commune internationale.
Le règlement direct par l’assureur évite l’avance de frais : la prise en charge directe se vérifie, établissement par établissement, avec le guide vérifier le réseau conventionné.
L'assurance santé sociale (BHYT) et son ouverture aux étrangers salariés
Le BHYT couvrait 95,2 % de la population fin 2025, avec 195,5 millions de consultations et hospitalisations prises en charge sur l’année, selon Vietnam Social Security. La loi 51/2024/QH15, en vigueur depuis le 1er juillet 2025, fixe les taux de prise en charge : 100 % pour certaines catégories (enfants de moins de 6 ans, ménages pauvres, premier niveau de soins), 95 % pour d’autres, 80 % pour la plupart des affiliés. Le patient peut consulter dans n’importe quel établissement de premier niveau du pays avec son taux habituel ; les urgences sont couvertes à 100 % dans tout établissement ; une consultation directe en hôpital spécialisé, hors parcours de soins, se rembourse à taux réduit, sauf pour les maladies graves ou rares qui ouvrent un accès direct. Après cinq ans d’affiliation continue, le remboursement devient intégral au-delà de six fois le salaire de base, soit 14,04 millions de dongs (environ 485 €).
Les étrangers employés par un organisme vietnamien sous contrat d’au moins 12 mois entrent dans l’assurance sociale obligatoire depuis le 1er juillet 2025 (loi 41/2024/QH15, décret 158/2025/ND-CP) et, selon les informations publiées, dans l’assurance santé : 4,5 % du salaire de référence, à raison de 1,5 % pour le salarié et 3 % pour l’employeur. Les prestations comprennent les consultations et les hospitalisations dans l’établissement d’inscription, avec une prise en charge de 80 % à 100 %. Les montants se confirment auprès de l’organisme local de Vietnam Social Security. Le détail par situation figure dans la page remboursement des soins au Vietnam.
Urgences : le 115, l'ambulance et les premiers réflexes
Le 115 est le numéro des urgences médicales : il suffit de demander une ambulance, comme le rappelle le ministère britannique des Affaires étrangères. En cas d’accident ou de malaise, trois réflexes aident à gagner du temps :
- contacter l’assistance de son assureur, qui oriente vers l’établissement adapté et organise la garantie ;
- repérer à l’avance l’hôpital doté d’un service d’urgences le plus proche du domicile et du lieu de travail ;
- conserver sur soi le numéro de contrat, l’ordonnance en cours et les coordonnées d’un proche.
L’ambassade de France à Hanoï, joignable au +84 24 3944 57 00, ne prend pas en charge les frais médicaux : France Diplomatie le rappelle et recommande un contrat couvrant tous les frais, y compris l’hospitalisation. Le guide assistance et rapatriement explique ces garanties.
Dengue, encéphalite japonaise et autres risques sanitaires
La dengue est une infection virale transmise par les moustiques : France Diplomatie rappelle l’absence de traitement curatif, une prise en charge des symptômes et l’évitement des anti-inflammatoires. Le ministère de la Santé décrit un cycle de trois à quatre ans, avec une saison de pic d’août à novembre. Dans le Sud, plus de 56 000 cas ont été recensés en sept mois de 2026 (+34 %), avec plus de 120 hospitalisations par jour à l’hôpital des maladies tropicales de Hô Chi Minh-Ville au plus fort de la vague. Répulsifs, vêtements couvrants et moustiquaires restent la prévention de base.
France Diplomatie recommande de mettre à jour les vaccins universels (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole) et, selon le séjour, les hépatites A et B, la typhoïde, la rage et l’encéphalite japonaise (létalité d’environ 30 %, cas humains dans les provinces du Nord). Le paludisme, en phase d’éradication, ne se transmet pas en ville. La grippe aviaire connaît des foyers sporadiques et la rage reste endémique : les animaux errants appellent la prudence. La pollution de l’air, enfin, justifie une protection des personnes fragiles en saison sèche, notamment à Hanoï.
Évacuation sanitaire : Bangkok, Singapour ou France
France Diplomatie insiste sur un contrat comprenant le rapatriement sanitaire, faute de quoi l’accès aux soins peut être compromis même en cas d’urgence vitale. Le ministère britannique des Affaires étrangères ajoute qu’une évacuation vers un établissement d’un pays voisin, ou un retour par avion sanitaire, peut devenir nécessaire. Ce besoin concerne aussi les patients vietnamiens : la DG Trésor estimait en 2017 qu’environ 40 000 personnes se soignaient à l’étranger, pour environ 2 milliards de dollars de dépenses.
Le choix entre Bangkok, Singapour ou la France revient au médecin de l’assisteur, selon la pathologie, la disponibilité des lits et le temps de transport : les sources officielles consultées ne désignent pas de destination type. Le guide déroulement d’un rapatriement sanitaire et le glossaire évacuation médicale détaillent les étapes. Une évacuation vers un pays tiers se compare aussi avec le plafond et la zone de couverture du contrat, comme l’explique le guide de la zone de couverture.
Les niveaux du réseau de soins vietnamien
| Niveau | Rôle | Repère chiffré |
|---|---|---|
| Commune | Stations de santé : soins de proximité, prévention, suivi des maladies chroniques | Environ 11 000 centres communaux (DG Trésor, 2017) |
| District | Hôpitaux et centres médicaux de premier recours | 684 hôpitaux de district (OMS) |
| Province | Soins courants et spécialisés ; urgences | 419 hôpitaux provinciaux (OMS) |
| Central | Cas complexes, hôpitaux de référence ; forte affluence | 47 hôpitaux centraux (OMS) |
| Privé et international | Hôpitaux et cliniques, surtout à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville ; accueil en anglais | 384 hôpitaux privés sur 1 718 (octobre 2024) |
Sources : Organisation mondiale de la santé (bureau du Vietnam), Vietnam Social Security, Banque mondiale, ambassade de France au Vietnam. Les appellations administratives ont évolué avec la réforme territoriale de juillet 2025.
Questions fréquentes
Le système de santé vietnamien est-il de bonne qualité ?
Le niveau varie selon le lieu. La CFE relève que le système local reste fragile hors des grandes villes, alors que Hanoï et Hô Chi Minh-Ville disposent d'équipements modernes et de médecins qualifiés. Les hôpitaux publics, très sollicités, concentrent plus de 50 % des consultations ; les résidents étrangers choisissent souvent des établissements privés ou internationaux.
Qu'est-ce que le BHYT et un étranger peut-il y adhérer ?
Le BHYT est l'assurance santé sociale vietnamienne, qui couvre 95,2 % de la population fin 2025. Les salariés étrangers sous contrat local y sont affiliés par leur employeur : 4,5 % du salaire, dont 1,5 % pour le salarié ; la durée minimale de contrat se vérifie auprès de la VSS. La prise en charge va de 80 % à 100 % selon la catégorie.
Quel numéro appeler en cas d'urgence médicale au Vietnam ?
Le 115, qui permet de demander une ambulance. Il se complète par l'assistance de l'assureur, qui oriente vers l'établissement adapté et organise la prise en charge. L'ambassade de France à Hanoï répond au +84 24 3944 57 00 mais ne rembourse pas les frais médicaux.
Faut-il une assurance santé pour vivre au Vietnam ?
France Diplomatie recommande un contrat d'assistance ou une assurance couvrant tous les frais médicaux, hospitalisation comprise, et le rapatriement sanitaire, car la France n'a pas de convention de sécurité sociale avec le Vietnam. Le BHYT des salariés locaux complète le dispositif sans couvrir toute la gamme des établissements privés.
La dengue est-elle un risque pour les expatriés ?
Oui : la dengue connaît un pic attendu d'août à novembre, et plus de 56 000 cas ont été recensés dans le Sud sur les sept premiers mois de 2026 (+34 %). Il n'existe pas de traitement curatif ; la prévention repose sur les répulsifs, les vêtements couvrants et les moustiquaires.
Où se faire évacuer en cas de maladie grave au Vietnam ?
La destination (Bangkok, Singapour ou la France) est décidée par le médecin de l'assisteur selon la pathologie, les capacités d'accueil et le temps de transport. Les sources officielles consultées ne fixent pas de destination type : le contrat doit inclure l'évacuation et en préciser les plafonds.
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