Aller au contenu principal
Expavy

Uruguay · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Uruguay : résidence, fiscalité de la pension française et accès aux soins

L’essentiel

Un retraité français peut demander la résidence permanente en Uruguay en prouvant ses revenus par un certificat notarié, pour 557,30 UI de frais. La loi 16.340 ouvre en plus des avantages d'importation à l'étranger retraité qui perçoit au moins 1 500 dollars par mois et investit au moins 100 000 dollars dans un logement ou des titres publics pendant 10 ans. La pension française est versée sans réduction en vertu de la convention de sécurité sociale, mais aucune convention fiscale ne figure sur la liste d'impots.gouv.fr. Côté santé, la convention ne rembourse pas les soins reçus en Uruguay : la CFE ou une assurance privée est nécessaire, et le formulaire S1 de l'Union européenne ne s'applique pas.

  • Résidence permanente : 557,30 UI de frais, 55,70 UI de certificat migratoire et 225,60 UI par permis de réentrée (gub.uy).
  • Loi 16.340 : revenu mensuel d'au moins 1 500 dollars et investissement d'au moins 100 000 dollars pendant 10 ans (page gub.uy).
  • Pension française versée sans réduction quel que soit le pays de résidence (article 5 de la convention de 2010, Cleiss).
  • Impôt français des non-résidents : taux minimum de 20 % jusqu'à un plafond de revenus fixé chaque année, puis 30 % (impots.gouv.fr).
  • Cotisation maladie sur la pension française : 3,2 % (base), 4,2 % (complémentaire), 7,1 % (indépendants) en cas de résidence fiscale hors de France (Cleiss).
  • Soins en France : 15 ans d'assurance et pension d'un régime de base, sans activité professionnelle (Cleiss).

Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.

Repères chiffrés : Uruguay

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,8 %
Inflation
4,7 %
Taux de chômage
7,5 %
PIB par habitant
25 216 $
Population
3,4 millions
Espérance de vie
78,3 ans
Dépense de santé (% du PIB)
9,0 %
Médecins pour 1 000 hab.
4,67
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
2,4

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Résidence permanente du retraité : conditions et pièces

Un Français entre en Uruguay sans visa pour 90 jours, avec une prolongation possible jusqu’à 180 jours auprès de la Direction nationale des migrations (France Diplomatie). Pour s’installer durablement, le retraité demande la résidence légale permanente sur gub.uy, avec un compte gub.uy ou une identité électronique reconnue. La page de la DNM prévoit, pour le rentier, le retraité ou le pensionné de l’étranger, un certificat notarié indiquant son statut, la nature des revenus, le montant mensuel nominal perçu et la manière dont il est reçu en Uruguay. Pour cette catégorie, la page ne fixe pas de montant minimum de revenu.

Le dossier comprend aussi un document d’identité en cours de validité, un casier judiciaire de portée nationale du pays d’origine et des pays de résidence des cinq dernières années, un carnet de santé et un certificat de vaccination délivrés par un prestataire autorisé (décret 136/2018), et, si besoin, un acte de mariage de moins d’un an. Les documents étrangers sont apostillés ou légalisés et traduits par un traducteur public uruguayen. Les frais sont de 557,30 UI pour la résidence, 55,70 UI pour le certificat migratoire nécessaire à la carte d’identité et 225,60 UI pour un permis de réentrée à chaque sortie du pays pendant la procédure. Un interprète est nécessaire à l’audience si le demandeur ne parle pas espagnol.

Le délai de traitement n’est pas indiqué sur la page : il se demande à la DNM, qui distribue 50 numéros par jour à Montevideo pour la remise de documents. Le guide pour toucher sa retraite à l’étranger détaille les formalités côté français.

Le régime de la loi 16.340 pour étrangers retraités

La loi 16.340 réserve des avantages aux étrangers qui ont acquis la situation de retraité à l’étranger et obtiennent la résidence permanente. D’après la fiche officielle de gub.uy, dont la dernière mise à jour affichée est ancienne, il faut justifier d’un reçu de pension, percevoir au moins 1 500 dollars américains par mois de retraite ou d’autres revenus de source étrangère, et remplir l’une de deux conditions d’investissement : acheter un logement principal d’une valeur minimale de 100 000 dollars, inaliénable pendant 10 ans, ou détenir des titres publics uruguayens d’une valeur nominale minimale de 100 000 dollars, conservés à la Banque de la République pendant au moins 10 ans.

En contrepartie, le bénéficiaire peut importer ses biens meubles et effets personnels, ainsi qu’un véhicule automobile qui ne peut pas être vendu pendant 4 ans à compter de son entrée et doit être assuré avant de circuler. La démarche est gratuite ; elle se fait en ligne, ou en personne au consulat uruguayen le plus proche depuis l’étranger, ou auprès de la DNM pour qui est déjà en Uruguay avec un statut temporaire. La fiche étant ancienne, les seuils et conditions actuels sont à confirmer auprès de la DNM ou d’un consulat avant de déposer le dossier.

Fiscalité de la pension française pour un résident en Uruguay

La convention de sécurité sociale du 6 décembre 2010 prévoit que les pensions sont versées sans réduction, quel que soit le pays de résidence ou la nationalité du bénéficiaire, à l’exception des prestations de solidarité non contributives (Cleiss, articles 5 de l’accord et 4 de l’arrangement). La question fiscale est distincte : un non-résident est imposable en France sur ses revenus de source française, sous réserve de la convention fiscale conclue avec son pays de résidence, et les retraites entrent dans ce champ lorsque la caisse est établie en France (impots.gouv.fr).

L’Uruguay ne figure pas sur la liste des conventions fiscales internationales d’impots.gouv.fr. À défaut de convention, le droit interne s’applique : la caisse prélève une retenue à la source, le taux minimum est de 20 % jusqu’à un plafond de revenus fixé chaque année, puis de 30 %, et le contribuable peut demander le taux moyen si ce dispositif lui est plus favorable. Ces seuils sont réactualisés chaque année : ils sont à vérifier sur impots.gouv.fr au moment de la déclaration. Le pays de résidence peut de son côté exiger la déclaration de tous les revenus.

Côté uruguayen, la résidence fiscale se détermine selon les critères de la DGI, qui incluent la présence physique dans le pays. Un nouveau résident fiscal peut opter, une seule fois, pour un régime spécifique des revenus de capitaux mobiliers de source étrangère : l’IRNR pendant l’année du changement et les dix exercices suivants, ou l’IRPF à 7 % sans limite de durée. Le traitement d’une pension de source étrangère n’est pas précisé sur les pages consultées : il se confirme auprès de la DGI. Voir aussi la page travailler en Uruguay.

Accès aux soins des retraités : CFE, assurance et séjours en France

Le formulaire S1, qui permet à un retraité résidant dans l’Union européenne d’être soigné aux frais de la France, ne concerne pas l’Uruguay, pays hors UE (ameli.fr). Le Cleiss précise que l’accord franco-uruguayen ne prévoit aucun remboursement des soins reçus en Uruguay au titre de la retraite française. Deux options sont indiquées : adhérer volontairement à la CFE si l’on a la nationalité française, ou souscrire une assurance auprès d’une compagnie privée. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et le mode d’emploi du formulaire S1.

L’offre de la CFE destinée aux retraités a une cotisation variable selon le pays et l’âge, sans questionnaire de santé ni exclusion possible, avec une prise en charge immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois suivant l’installation, et aucune carence au retour en France. Lors d’un séjour temporaire en France, le retraité titulaire d’une pension d’un régime de base, qui justifie d’au moins 15 ans d’assurance et n’exerce pas d’activité, est remboursé de ses soins ; une hospitalisation au-delà d’un mois suppose une reconnaissance préalable. Le conjoint qui l’accompagne n’est pas couvert et doit disposer d’une assurance.

Si la résidence fiscale n’est plus en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont plus prélevées ; une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base, de 4,2 % sur la pension complémentaire et de 7,1 % sur une retraite de travailleur indépendant peut s’appliquer (Cleiss). Les retraités du régime général sont gérés par le CNAREFE, rattaché à la CPAM de Seine-et-Marne. La page assurance retraité à l’étranger complète le panorama.

Coût de la vie et villes prisées par les retraités

Le salaire minimum national, révisé périodiquement et d’environ 25 000 pesos par mois, offre un repère du niveau des revenus locaux, et le bloc « Repères économiques » de cette page actualise les indicateurs du pays (inflation, change). Les administrations n’éditent pas de budget type de retraité ; le calcul se fait à partir d’un loyer réel, de l’abonnement ou de l’assurance santé, des charges et des transports. Le critère du revenu mensuel de 1 500 dollars de la loi 16.340 donne un ordre de grandeur de ressources attendues pour le régime privilégié.

Les retraités se concentrent souvent à Montevideo, qui réunit 1,745 million d’habitants et les services spécialisés, ainsi que sur le littoral, notamment à Maldonado, et le long du fleuve Uruguay à Salto ou à Paysandú, d’après la liste des principales villes de France Diplomatie. Les conseils de sécurité et de vie quotidienne figurent sur la page vivre en Uruguay.

Pension uruguayenne et totalisation des périodes

Un Français qui a aussi travaillé en Uruguay peut cumuler deux pensions. La convention totalise les périodes accomplies dans les deux pays, calcule une pension théorique, puis la proratise selon la part des périodes accomplies dans chaque pays ; le montant le plus élevé entre la pension nationale et la pension proratisée est versé. Le régime uruguayen associe un système public par répartition géré par la BPS et un régime d’épargne individuelle géré par les AFAP, avec une pension de vieillesse commune à 60 ans et 30 années d’assurance, selon le Cleiss.

La loi 20.130 du 2 mai 2023 prévoit une réforme graduelle : les pensions du nouveau système ne seront accordées qu’à partir de 2033, avec un âge qui augmente d’un an par génération pour les personnes nées à partir de 1973, jusqu’à 65 ans pour les personnes nées en 1977 et après. Le guide trimestres travaillés à l’étranger explique l’effet de la totalisation sur la retraite française ; Expavy aide à comparer les couvertures santé adaptées à ce profil.

Questions fréquentes

Quelles conditions pour obtenir la résidence permanente en tant que retraité ?

Il faut un certificat notarié indiquant le statut de retraité, la nature et le montant mensuel des revenus et la manière de les percevoir en Uruguay, avec casier judiciaire, vaccination et carnet de santé. La page de la DNM ne fixe pas de montant minimum pour cette catégorie.

Que prévoit la loi 16.340 pour les retraités étrangers ?

Un revenu mensuel d'au moins 1 500 dollars, un logement de 100 000 dollars minimum ou des titres publics du même montant gardés 10 ans, contre l'importation des effets personnels et d'un véhicule inaliénable 4 ans. La fiche est ancienne et se confirme auprès de la DNM.

Ma pension française est-elle versée en Uruguay ?

Oui, sans réduction quel que soit le pays de résidence, en vertu de l'article 5 de la convention de sécurité sociale du 6 décembre 2010, hors prestations de solidarité non contributives.

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et l'Uruguay ?

L'Uruguay ne figure pas sur la liste des conventions fiscales publiée par impots.gouv.fr. Le droit interne français s'applique alors à la pension de source française, avec le taux minimum des non-résidents ou le taux moyen en option.

Le formulaire S1 fonctionne-t-il en Uruguay ?

Non : le S1 concerne les résidents de l'Union européenne, de l'EEE, de la Suisse et du Royaume-Uni. Pour l'Uruguay, le Cleiss indique la CFE ou une assurance privée.

Combien coûte la CFE pour un retraité ?

La cotisation de l'offre pour retraités dépend du pays, de l'âge et de la situation familiale ; les montants sont publiés sur cfe.fr. Elle est ouverte sans questionnaire de santé.

Puis-je me faire soigner en France lors d'un séjour ?

Oui, avec une pension d'un régime de base rémunérant au moins 15 ans d'assurance, sans activité professionnelle. Le conjoint n'est pas couvert et prend une assurance voyage.

Les autres guides : Uruguay