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Uruguay · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Uruguay : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

La convention de sécurité sociale France-Uruguay, en vigueur depuis le 1er juillet 2014, ne prévoit pas le remboursement des soins reçus sur place par un retraité, et c'est le statut qui désigne le payeur. Le salarié local relève du FONASA et de son prestataire, le salarié détaché garde le régime français pendant 24 mois au plus et se fait rembourser sur factures acquittées, le retraité et l'indépendant choisissent entre l'abonnement mutualiste, la CFE et une assurance internationale. Le touriste s'appuie sur une assurance voyage, que France Diplomatie juge indispensable. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille les postes de soins.

  • Convention France-Uruguay signée le 6 décembre 2010, en vigueur depuis le 1er juillet 2014 : aucune disposition de remboursement des soins d'un retraité en Uruguay (Cleiss).
  • Détachement : 24 mois au maximum ; soins en Uruguay remboursés selon la législation française avec l'imprimé S 3125c (Cleiss).
  • FONASA : cotisation du salarié de 3 % à 8 %, cotisation patronale de 5 % (BPS).
  • CFE : cotisation variable selon l'âge, le pays et l'offre (30 ans et plus, moins de 30 ans, offre retraités), montants à jour sur cfe.fr.
  • Carence CFE : aucune si l'adhésion a lieu avant le départ ou dans les 3 mois suivant l'installation ; sinon 3 mois avant 44 ans et 6 mois au-delà de 45 ans.
  • Retour en France : maintien des droits CFE jusqu'à 3 mois, puis affiliation à la CPAM de la commune de résidence (CFE).

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Le principe : le statut désigne le payeur

La France et l’Uruguay sont liés par une convention de sécurité sociale signée à Montevideo le 6 décembre 2010 et entrée en vigueur le 1er juillet 2014 (Cleiss). Elle couvre la maladie, la maternité, la paternité, les accidents du travail, la vieillesse, l’invalidité, les survivants et les prestations familiales, et organise la totalisation des périodes d’assurance. Elle ne crée pas de carte donnant accès aux soins des deux pays : la règle générale est l’affiliation au régime du pays où l’on travaille, et le Cleiss indique que la famille restée en France n’a pas de droits au titre de l’activité en Uruguay.

Quatre acteurs peuvent donc intervenir selon le profil : le régime uruguayen (FONASA et prestataire choisi), le régime français maintenu (détachement), la CFE et une assurance santé internationale. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les offres ; la page système de santé en Uruguay explique l’organisation locale.

Salarié local, détaché et indépendant

Salarié en contrat local. Il est affilié dès le premier jour d’activité, cotise 18,10 % de sa rémunération dont 3 % pour la maladie dans le tableau du Cleiss, et choisit un prestataire (ASSE ou mutualiste). Ses ayants droit sont les enfants de moins de 18 ans et le conjoint ou concubin sans couverture propre. Voir la notion de contrat local.

Salarié détaché. Il garde l’assurance maladie française pendant 24 mois au plus, sans cotisation supplémentaire. Les soins reçus en Uruguay sont remboursés selon la législation française : il envoie à sa caisse les factures acquittées avec l’imprimé S 3125c, et ses ayants droit qui l’accompagnent suivent la même procédure. Un arrêt de travail est à transmettre à la caisse dans les 48 heures. Le Cleiss conseille de contacter la complémentaire santé pour adapter le contrat, car les frais de santé uruguayens peuvent dépasser les frais français. Voir détaché.

Indépendant. Il est couvert par le régime uruguayen pour la maladie et la maternité, avec une cotisation de 8 % pour la maladie. Le régime ne prévoit ni assurance chômage ni prestations familiales, et la prévoyance comme la couverture hors prestataire se complètent par une assurance internationale.

Retraité, étudiant, conjoint et touriste

Retraité. Le Cleiss est explicite : l’accord franco-uruguayen ne prévoit aucun remboursement des soins reçus en Uruguay au titre d’une pension française. Deux options existent : l’adhésion volontaire à la CFE, ou une assurance auprès d’une compagnie privée. Lors d’un séjour temporaire en France, le retraité justifiant d’au moins 15 ans d’assurance, titulaire d’une pension d’un régime de base et sans activité professionnelle, est remboursé de ses soins ; le conjoint qui l’accompagne n’est pas couvert. Le retraité du régime général est géré par le CNAREFE, rattaché à la CPAM de Seine-et-Marne. Un prélèvement de 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la complémentaire et 7,1 % sur la retraite d’indépendant peut s’appliquer en lieu et place de la CSG, si la résidence fiscale est hors de France.

Étudiant. Selon le Cleiss, pour un séjour de moins de 6 mois, la caisse française peut rembourser forfaitairement des soins inopinés, sans obligation et sur avance des frais. Au-delà de 6 mois, l’étudiant de plus de 20 ans n’est plus pris en charge par l’assurance maladie française et s’assure localement, auprès de la CFE ou d’un assureur privé ; moins de 20 ans, il garde sa qualité de membre de famille. Voir assurance étudiant à l’étranger.

Conjoint et enfants. S’ils vivent en Uruguay avec un salarié affilié, ils sont ayants droit du FONASA ; s’ils accompagnent un détaché, ils restent au régime français ; restés en France, ils s’adressent à la CPAM de leur résidence. Voir assurance famille expatriée.

Touriste (séjour jusqu’à 90 jours). Aucune assurance n’est exigée à l’entrée, mais France Diplomatie juge indispensable un contrat couvrant soins, hospitalisation, chirurgie et rapatriement, l’ambassade ne pouvant pas prendre ces frais en charge.

CFE, assurance au premier euro et retour en France

La CFE propose MondExpat pour les 30 ans et plus, JeunExpat pour les moins de 30 ans et une offre retraités, à cotisation variable selon l’âge et le pays (montants à jour sur cfe.fr). Elle est ouverte sans questionnaire de santé. Si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois suivant l’installation, la prise en charge est immédiate ; sinon la carence est de trois mois avant 44 ans et de six mois au-delà de 45 ans. À l’étranger, le remboursement dépend du pays de soins et de l’acte, avec un taux ou un forfait appliqué à la dépense réelle. La maternité suppose une conception postérieure à l’adhésion. Voir cotisations de la CFE.

Une assurance au premier euro rembourse les frais réels dans les plafonds du contrat, avec une prise en charge directe possible auprès du prestataire ; franchises, carences, exclusions et antécédents déterminent le reste à charge. Voir 1er euro.

Retour en France. L’adhérent CFE conserve ses droits jusqu’à trois mois après le retour, le temps de s’affilier à la CPAM de sa résidence avec le formulaire S1106. Selon ameli, la carence applicable aux personnes sans activité peut être levée lorsqu’une convention de sécurité sociale existe avec le pays de résidence, ce qui concerne l’Uruguay : la confirmation se demande à la CPAM. Voir assurance retour en France.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : prise en charge par le prestataire pour un affilié FONASA, avec un ticket modérateur selon la mutualiste ; remboursée selon la législation française pour un détaché ; selon le barème pays de la CFE.
  • Hospitalisation : dans le réseau du prestataire pour un affilié ; régime français pour le détaché ; CFE ou contrat international pour un retraité ; pour un séjour sans couverture, la facture est intégralement à la charge du patient.
  • Médicaments : inclus dans les prestations en nature du régime uruguayen (soins médicaux, chirurgicaux et pharmaceutiques) ; remboursés selon les barèmes de la CFE ou les plafonds d’un contrat international.
  • Dentaire : l’étendue de la prise en charge dépend du prestataire choisi et du contrat ; à vérifier dans la grille de garanties avant l’adhésion.
  • Optique : la BPS participe aux lunettes, aux verres de contact et aux prothèses auditives ou orthopédiques des affiliés (Cleiss) ; les contrats internationaux fixent des plafonds par période.
  • Maternité : congé de 6 semaines avant et 8 semaines après l’accouchement, avec indemnité versée par la BPS ; la CFE exige une conception postérieure à l’adhésion, et les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence.

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localFONASA : prestataire public (ASSE) ou mutualisteEmploi déclaré ; choix du prestataireFamille restée en France sans droits au titre de l'activité
Salarié détachéRégime français maintenuDétachement de 24 mois au plus ; imprimé S 3125c sur factures acquittéesÉcart possible avec les frais locaux ; complémentaire à adapter
IndépendantRégime uruguayen (maladie 8 %), CFE ou assurance internationaleAffiliation à la BPSPas de chômage ni de prestations familiales
RetraitéCFE ou assurance privéeLa convention ne prévoit aucun remboursement des soins en UruguaySoins en France : 15 ans d'assurance, pension d'un régime de base
ÉtudiantAssurance locale, CFE ou assureur privéMoins de 6 mois : forfait facultatif ; plus de 6 mois et plus de 20 ans : plus de prise en charge françaiseVérifier la page Cleiss pour étudiants
Conjoint et enfantsAyants droit FONASA, régime français ou CFE familleSelon le statut du salariéMaternité et pédiatrie : carences
Adhérent CFECFE : barème du pays de soinsAdhésion avant le départ ou dans les 3 moisCarence de 3 ou 6 mois si adhésion tardive
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical selon le contratFranchise, carence, exclusions
Touriste (90 jours)Assurance voyage ou assistanceSouscription avant le départPlafonds et durée de couverture
Retour en FranceCFE maintenue jusqu'à 3 mois, puis CPAMFormulaire S1106 à la CPAM de résidenceCarence possible, levée selon ameli si convention existe : à confirmer

Sources : Cleiss, BPS, CFE, ameli.fr, France Diplomatie. Montants CFE à jour sur cfe.fr.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Uruguay ?

Non : même avec la convention de 2014, les soins reçus sur place ne sont pas pris en charge par la carte Vitale. Un salarié détaché peut être remboursé selon les règles françaises sur factures acquittées ; les autres profils passent par le régime uruguayen, la CFE ou une assurance privée.

La convention France-Uruguay rembourse-t-elle les soins d'un retraité ?

Non. Le Cleiss précise que l'accord du 6 décembre 2010 ne comporte aucune disposition permettant le remboursement des soins reçus en Uruguay au titre d'une pension française. Il reste l'adhésion à la CFE ou une assurance privée.

Que rembourse le FONASA à un salarié étranger ?

Un salarié déclaré reçoit, dans le réseau de son prestataire, des soins médicaux, chirurgicaux et pharmaceutiques, avec participation aux lunettes et prothèses. Il perçoit aussi une indemnité maladie de 70 % de la rémunération de base après trois jours de carence.

Comment un détaché se fait-il rembourser ?

Il envoie à sa caisse d'affiliation les factures acquittées avec l'imprimé S 3125c. Les ayants droit qui l'accompagnent suivent la même procédure, et un arrêt de travail est à transmettre dans les 48 heures.

Quel est le délai de carence de la CFE ?

Aucun si l'adhésion a lieu avant le départ ou dans les trois mois suivant l'installation. Au-delà, trois mois avant 44 ans et six mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.

Un retraité peut-il se faire soigner en France ?

Oui, lors d'un séjour temporaire, s'il est titulaire d'une pension d'un régime de base rémunérant au moins 15 ans d'assurance et n'exerce pas d'activité. Le conjoint qui l'accompagne n'est pas couvert et doit prévoir une assurance.

Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?

Un adhérent CFE conserve ses droits jusqu'à trois mois après le retour, le temps de s'affilier à la CPAM avec le formulaire S1106. Un salarié reprenant un contrat en France ouvre ses droits dès la reprise du contrat.

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