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Uruguay · Travailler et économie

Travailler en Uruguay quand on est français : résidence, salaires, impôts et cotisations

L’essentiel

Un Français qui souhaite travailler en Uruguay demande une résidence légale temporaire sur gub.uy, appuyée par une lettre de l'employeur dont la rémunération mensuelle atteint au moins le salaire minimum national (révisé périodiquement). Le salarié local cotise 18,10 % de sa rémunération, l'employeur de 19,525 % à 40,125 % selon son secteur (Cleiss), et l'impôt sur le revenu progressif (IRPF) s'applique dès 7 BPC mensuels. Un salarié détaché par une entreprise française peut rester au régime français pendant 24 mois au maximum grâce à la convention de sécurité sociale. Les nouveaux résidents fiscaux disposent par ailleurs d'un régime optionnel pour les revenus de capitaux de source étrangère.

  • Salaire minimum national fixé par les autorités et revalorisé périodiquement ; le montant en vigueur est publié par le ministère du Travail.
  • Cotisations du salarié : 18,10 % de la rémunération ; employeur : de 19,525 % à 40,125 % (Cleiss).
  • Indépendants : 8 % pour la maladie et 22,5 % pour l'invalidité, la vieillesse et les survivants (Cleiss).
  • Détachement depuis la France : 24 mois au maximum, sans remplacement d'un travailleur arrivé au terme du sien (convention du 6 décembre 2010).
  • IRPF : impôt dû dès 7 BPC de revenu nominal mensuel ; déduction de 14 % ou de 8 % selon que le revenu annuel est inférieur ou supérieur à 180 BPC (DGI).
  • Résidence fiscale : plus de 183 jours de présence dans l'année civile, ou un autre critère parmi quatre (DGI).

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Repères chiffrés : Uruguay

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,8 %
Inflation
4,7 %
Taux de chômage
7,5 %
PIB par habitant
25 216 $
Population
3,4 millions
Espérance de vie
78,3 ans
Dépense de santé (% du PIB)
9,0 %
Médecins pour 1 000 hab.
4,67
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
2,4

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et résidence pour un Français

Un passeport français permet d’entrer sans visa pour 90 jours, mais ce séjour est touristique : pour exercer une activité salariée, la voie normale est la résidence légale temporaire, demandée en ligne sur gub.uy auprès de la Direction nationale des migrations (DNM). Elle est accordée pour 6 mois au minimum et 2 ans au maximum, renouvelable, avec une demande de prorogation dans les 90 jours précédant l’échéance. Pour un salarié, le justificatif est une lettre sur papier à en-tête de l’employeur indiquant l’activité, la durée du contrat et une rémunération mensuelle au moins égale au salaire minimum national, accompagnée d’un certificat notarié ou d’un historique de travail nominatif délivré par la BPS (gub.uy).

Les frais sont de 557,30 UI pour la résidence, 55,70 UI pour le certificat migratoire nécessaire à la carte d’identité et 225,60 UI par permis de réentrée si l’on quitte le pays pendant la procédure. Le dossier exige aussi un casier judiciaire de portée nationale, un certificat de vaccination délivré en Uruguay et un carnet de santé du travail, avec des documents étrangers apostillés et traduits. Les moins de 30 ans peuvent viser le programme vacances-travail, qui impose une assurance couvrant maladie, hospitalisation, maternité et rapatriement (voir l’assurance PVT).

Dès l’emploi salarié déclaré, la loi uruguayenne de sécurité sociale s’applique, pour le salarié et pour les membres de sa famille résidant en Uruguay (Cleiss). Avant le départ, le Cleiss recommande de demander à la caisse d’assurance maladie le formulaire SE 423-02, qui atteste la totalisation des périodes d’assurance, et de prévenir la CPAM, la CAF et France Travail. Le guide du salarié qui travaille à l’étranger détaille ces étapes.

Salaire minimum et niveaux de rémunération

Le salaire minimum national est fixé par décret du Pouvoir exécutif et révisé périodiquement ; il est d’environ 25 000 pesos par mois. Le salaire journalier s’obtient en divisant le montant mensuel par 25, le salaire horaire en le divisant par 200 (ministère du Travail et de la Sécurité sociale). Au-dessus de ce plancher, les rémunérations se négocient par branche dans le cadre des Conseils des salaires, dont le ministère suit les rondes de négociation.

L’institut national de statistique et le ministère du Travail publient les données du marché du travail, qui permettent de situer une offre d’emploi par rapport au marché local. Un salaire proposé en pesos est exposé à l’inflation locale, tandis qu’un contrat libellé en euros ou en dollars suit l’évolution du change : le bloc « Repères économiques » de cette page donne les indicateurs actualisés (croissance, inflation, chômage, change).

Le contrat de travail se conclut en espagnol et le salarié perçoit, selon la loi, un treizième mois (aguinaldo) et un salaire de vacances ; ces deux éléments sont imposés à part, à un taux proportionnel égal au taux marginal maximal de l’IRPF (page de la DGI). Les modalités précises du préavis, des congés et de la durée du travail se lisent dans les textes du ministère du Travail ou se confirment auprès d’un notaire local.

Cotisations sociales du salarié et de l'indépendant

Le tableau de cotisations du Cleiss distingue les risques. Pour un salarié du régime général, la cotisation de base maladie est de 3 % à sa charge et de 5 % à celle de l’employeur ; l’invalidité, la vieillesse et les survivants représentent 15 % pour le salarié et 7,5 % pour l’employeur ; le fonds de reconversion professionnelle ajoute 0,10 % de chaque côté. Le total atteint 18,10 % pour le salarié et de 19,525 % à 40,125 % pour l’employeur, selon la contribution patronale pour services bonifiés (de 6,9 % à 27,5 %) et la prime d’assurance accidents du travail.

Les travailleurs indépendants sont couverts pour la maladie, la maternité, l’invalidité, la vieillesse et le décès, mais ni pour le chômage ni pour les prestations familiales. Leur cotisation est de 8 % pour la maladie, 22,5 % pour l’invalidité, la vieillesse et les survivants, et 0,10 % pour le fonds de reconversion. Le salaire mensuel minimum national est révisé périodiquement (voir plus haut).

La cotisation maladie finance le Fonds national de santé (FONASA) : le détail des taux de la part salariale, de 3 % à 8 % selon le revenu et la situation familiale, figure sur la page système de santé en Uruguay. La retraite se construit par un régime public par répartition géré par la BPS et, pour une partie des assurés, par un régime d’épargne individuelle géré par les AFAP, comme l’explique la page retraite en Uruguay.

Impôt sur le revenu et résidence fiscale

La résidence fiscale se détermine au 31 décembre de chaque année, et il suffit de remplir une seule des causes retenues par la DGI : plus de 183 jours de présence dans l’année civile ; résidence habituelle du conjoint et des enfants mineurs à charge ; centre principal d’activités, c’est-à-dire les revenus bruts les plus élevés obtenus en Uruguay ; ou détention d’un investissement qualifié, par exemple un bien immobilier de plus de 3 500 000 UI acquis à partir du 1er juillet 2020 avec au moins 60 jours de présence dans l’année. Les résidents relèvent de l’IRPF, les non-résidents de l’IRNR.

Pour les revenus du travail d’un salarié, l’IRPF est un impôt progressif : il est dû lorsque le revenu nominal mensuel dépasse 7 BPC, la BPC (base de prestations et de contributions) valant environ 6 600 pesos selon le Cleiss et étant revalorisée chaque année. Des déductions s’appliquent pour les cotisations de retraite, le FONASA et les enfants à charge, au taux de 14 % si le revenu nominal annuel est inférieur à 180 BPC et de 8 % au-delà. L’employeur retient l’impôt à la source ; les simulateurs mensuel et annuel de la DGI permettent de vérifier le calcul.

Les nouveaux résidents fiscaux disposent d’un régime optionnel, exercé une seule fois par le formulaire 0306. Pour une résidence fiscale acquise à partir de 2020, deux choix existent pour les revenus de capitaux mobiliers de source étrangère : l’IRNR pendant l’année du changement puis les dix exercices suivants, sans impôt sur ces revenus, ou l’IRPF au taux de 7 % sans limite de durée, au lieu de 12 %. Les revenus du travail relèvent dans tous les cas de l’IRPF. Aucune convention fiscale franco-uruguayenne n’apparaît dans les sources consultées : la répartition du droit d’imposer entre les deux États, notamment pour une pension française, se vérifie donc auprès de l’administration fiscale française.

Salarié détaché, indépendant et télétravail

La convention de sécurité sociale franco-uruguayenne, signée le 6 décembre 2010 et en vigueur depuis le 1er juillet 2014, fixe la durée du détachement à 24 mois. Le détachement ne peut pas servir à remplacer un travailleur arrivé au terme du sien, et une dérogation reste possible avec l’accord des autorités des deux pays. Le salarié détaché garde l’assurance maladie française sans cotisation supplémentaire : les soins reçus en Uruguay sont remboursés selon la législation française sur factures acquittées, avec l’imprimé S 3125c (Cleiss). Voir aussi détaché ou expatrié.

Un indépendant s’affilie au régime uruguayen aux taux ci-dessus et n’a pas droit à l’assurance chômage ni aux prestations familiales. Un travailleur à distance qui reste salarié d’une entreprise étrangère doit en revanche vérifier sa situation de résidence : la résidence légale suppose un justificatif de ressources, et la résidence fiscale s’acquiert dès 183 jours de présence. Les règles propres aux nomades numériques sont présentées dans le guide visas nomades numériques.

Économie, monnaie et perspectives

L’économie uruguayenne s’est diversifiée vers le papier, le commerce, les services et le tourisme, tout en restant très liée à l’agriculture et à l’élevage ; la monnaie est le peso uruguayen. Les principaux clients du pays sont le Brésil (environ 20 % des exportations), la Chine (environ 17 %) et les États-Unis (environ 8 %), selon France Diplomatie.

La direction générale du Trésor, citée par France Diplomatie dans sa fiche économique, compte une soixantaine d’entreprises françaises en Uruguay, souvent avec un siège régional, et identifie la gestion des déchets, la finance verte et les énergies renouvelables comme des domaines de croissance. Les échanges franco-uruguayens atteignent près de 400 millions d’euros par an. Pour un profil qualifié, ces secteurs et les services aux entreprises constituent les principaux débouchés recensés par les sources officielles françaises.

Cotisations de sécurité sociale du salarié et de l'indépendant

RisqueSalariéEmployeurIndépendant
Maladie (cotisation de base)3 %5 %8 %
Invalidité, vieillesse, survivants15 %7,5 %22,5 %
Fonds de reconversion professionnelle0,10 %0,10 %0,10 %
Fonds de garantie des employeursAucune0,025 %Aucune
Services bonifiés et accidents du travailAucuneDe 6,9 % à 27,5 % (services bonifiés), prime variable (accidents)Adhésion volontaire (accidents)
Total indicatif18,10 %De 19,525 % à 40,125 %Selon les risques choisis

Source : Cleiss, taux de cotisation publiés. Les taux sont susceptibles d'évoluer : à confirmer auprès de la BPS.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler en Uruguay avec un simple passeport ?

Le séjour sans visa de 90 jours est touristique. Pour travailler, la voie normale est la résidence légale temporaire, demandée sur gub.uy avec une lettre de l'employeur indiquant une rémunération mensuelle au moins égale au salaire minimum national.

Quel est le salaire minimum en Uruguay ?

Environ 25 000 pesos par mois, montant révisé périodiquement par décret. Le salaire journalier s'obtient en divisant par 25 et le salaire horaire en divisant par 200.

Combien un salarié cotise-t-il à la sécurité sociale uruguayenne ?

Le tableau du Cleiss indique 18,10 % à la charge du salarié (3 % maladie, 15 % invalidité, vieillesse et survivants, 0,10 % fonds de reconversion). L'employeur cotise de 19,525 % à 40,125 % selon son secteur.

Quel régime fiscal pour un nouveau résident ?

Pour une résidence fiscale acquise à partir de 2020, les revenus de capitaux mobiliers de source étrangère peuvent relever de l'IRNR pendant l'année du changement et les dix suivants, ou de l'IRPF à 7 % sans limite de durée. L'option se fait une seule fois, avec le formulaire 0306 de la DGI.

Combien de temps dure un détachement entre la France et l'Uruguay ?

La convention de sécurité sociale prévoit 24 mois. Le salarié détaché conserve l'assurance maladie française, et les soins reçus en Uruguay sont remboursés sur factures acquittées avec l'imprimé S 3125c.

Un indépendant est-il protégé contre le chômage ?

Les travailleurs indépendants sont couverts pour la maladie, la maternité, l'invalidité, la vieillesse et le décès, mais pas pour l'assurance chômage ni pour les prestations familiales (Cleiss).

À partir de quand devient-on résident fiscal uruguayen ?

Dès qu'une seule des causes de la DGI est remplie au 31 décembre, en particulier plus de 183 jours de présence dans l'année civile. Un certificat de résidence fiscale étranger n'empêche pas la résidence uruguayenne une fois ce seuil dépassé.

Les autres guides : Uruguay