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Santé internationaleExpavy

Fiche pays — Amériques

Assurance expatrié et assurance santé en Uruguay

Rue résidentielle calme d'un quartier historique de la Ciudad Vieja à Montevideo, Uruguay, sans personnes reconnaissables

En 5 lignes

L'Uruguay n'a pas de caisse unique mais un système intégré (SNIS) organisé autour de trois piliers : le secteur public ASSE, les mutualistas (IAMC, coopératives privées à but non lucratif qui regroupent consultation, hospitalisation et chirurgie dans une même structure) et le secteur privé pur. Le financement passe par le FONASA, un fonds — pas un prestataire de soins — alimenté par les cotisations patronales et salariales des travailleurs formels, qui choisissent ensuite vers quel prestataire (ASSE ou une mutualista) orienter leur quote-part. Aucune assurance n'est légalement exigée pour un séjour touristique de moins de 90 jours, mais France Diplomatie la présente comme indispensable, les frais d'hospitalisation pouvant être très élevés. Le programme vacances-travail (PVT), ouvert de 18 à 30 ans (quota annuel de 300 places, jamais atteint), impose une assurance couvrant maladie, hospitalisation, maternité et rapatriement pour toute la durée du séjour. Une convention de sécurité sociale France-Uruguay existe depuis 2014, mais le CLEISS est explicite : elle ne comporte aucune disposition permettant le remboursement de soins reçus en Uruguay, que ce soit pour un actif ou pour un retraité — seule la totalisation des périodes d'assurance pour les pensions est couverte.

Source : France Diplomatie — Uruguay, Santé

Chiffres clés

  • 2 377 Français inscrits au registre consulaire en Uruguay en 2025, soit +4,12 % sur un an.
  • Espérance de vie à la naissance : 78,14 ans en 2023 (Banque mondiale).
  • Dépenses de santé : 9,02 % du PIB en 2023, soit environ 2 076 USD par habitant (Banque mondiale).
  • Séjour touristique sans visa limité à 90 jours pour les titulaires d'un passeport français (France Diplomatie).

Système de santé local

Le système de santé uruguayen, le Sistema Nacional Integrado de Salud (SNIS), est souvent cité comme l’un des mieux organisés d’Amérique latine. Il repose sur trois acteurs distincts. Le secteur public, l’ASSE (Administración de los Servicios de Salud del Estado), gère les hôpitaux et centres de santé publics. Les mutualistas — nom courant des IAMC (Instituciones de Asistencia Médica Colectiva) — sont des coopératives privées à but non lucratif qui regroupent consultations, examens, hospitalisation et chirurgie au sein d’un même réseau, moyennant un abonnement mensuel et un ticket modérateur par acte. Le secteur privé pur, hors mutualista, existe également mais reste plus marginal pour le grand public.

Le FONASA (Fondo Nacional de Salud) n’est pas un prestataire de soins mais un fonds de financement, alimenté par une cotisation patronale (environ 5 % de la masse salariale) et une cotisation salariale (environ 3 à 8 % selon le revenu et le nombre de personnes à charge), ainsi que par une contribution de l’État. Chaque travailleur formel affilié au FONASA choisit ensuite vers quel prestataire — ASSE ou une mutualista — orienter sa quote-part individuelle (« cuota »), dont le montant varie selon l’âge et le sexe de l’affilié.

Pour un étranger, l’affiliation au FONASA suit en principe le régime commun applicable à tout travailleur formel résidant en Uruguay et déclaré par son employeur ; aucune démarche dérogatoire spécifique aux ressortissants étrangers n’a été identifiée dans les sources consultées, mais ce point mérite d’être vérifié au cas par cas auprès de la Banque de Prévoyance Sociale (BPS) et de la Dirección Nacional de Migraciones. Hors affiliation FONASA, une personne peut aussi souscrire directement un abonnement à une mutualista ou une assurance internationale privée.

Obligations légales et de visa

  • Séjour touristique (moins de 90 jours) : aucune assurance santé exigée légalement pour l’entrée sur le territoire, un passeport valide suffisant ; France Diplomatie qualifie néanmoins une assurance couvrant l’intégralité des frais médicaux et un rapatriement d’ « essentielle », les frais d’hospitalisation pouvant être très élevés.
  • PVT (Programme vacances-travail) : accord bilatéral France-Uruguay signé à Montevideo le 25 février 2016 (décret n°2016-1144 du 24 août 2016), ouvert de 18 à 30 ans révolus, quota annuel de 300 places (jamais atteint à ce jour), visa d’une validité maximale d’un an. Assurance obligatoire couvrant maladie, hospitalisation, maternité et rapatriement pour toute la durée du séjour, exigée dans le dossier déposé auprès de la section consulaire de l’ambassade d’Uruguay à Paris. Une épargne minimale de 2 500 € est par ailleurs exigée.
  • Séjour de plus de 90 jours : demande de visa auprès de l’ ambassade d’Uruguay à Paris avant le départ, ou, une fois sur place, demande de prolongation jusqu’à 180 jours auprès de la Dirección Nacional de Migraciones ; au-delà, une démarche de résidence s’engage sur le portail tramites.gub.uy. Aucune exigence d’assurance santé spécifique à ces démarches n’a été identifiée dans les sources officielles consultées ; à vérifier au cas par cas selon le motif du séjour.
  • Salariés détachés : la convention France-Uruguay prévoit un détachement possible pendant une durée limitée (jusqu’à 24 mois selon les dispositions de l’accord), avec maintien au régime français pour les risques coordonnés ; ce détachement ne couvre toutefois pas les soins reçus sur place, une assurance complémentaire restant nécessaire. Hors détachement, l’affiliation au FONASA s’impose dès l’emploi formel déclaré en Uruguay.

Aucune amende chiffrée officielle n’a été identifiée pour une simple absence de couverture hors PVT ; le risque documenté est une facturation intégrale des soins hors réseau FONASA/mutualista, en particulier dans le secteur privé haut de gamme.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en Uruguay, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation généraliste, via une mutualista (ticket modérateur)—≈5 à 26 USD par consultation selon la mutualista (ordre de grandeur, source spécialisée, à confirmer)
Consultation, hors affiliation FONASA/mutualista—tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement
Passage aux urgences (ticket modérateur mutualista)—≈20 à 30 USD (ordre de grandeur, source spécialisée, à confirmer)
Consultation ou soins, secteur public ASSE (affilié FONASA)Gratuit ou faible coût pour les résidents légaux affiliés au FONASA—
Intervention chirurgicale lourde (ex. prothèse de hanche), sans couverture—tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement ; un ordre de grandeur ponctuel de 8 000 à 12 000 USD a été relevé par une source spécialisée, à confirmer au cas par cas
Abonnement mensuel à une mutualista, milieu de gamme—≈70 à 200 USD par adulte selon l'âge et la formule (ordre de grandeur, source spécialisée, à confirmer)
Abonnement mensuel, formule internationale haut de gamme (ex. British Hospital)—à partir de ≈325 USD par mois (ordre de grandeur, source spécialisée, à confirmer)

Accords de sécurité sociale avec la France

Une convention de sécurité sociale entre la France et l’Uruguay a été signée à Montevideo le 6 décembre 2010, complétée par un arrangement administratif du 12 décembre 2014 ; elle est entrée en vigueur le 1er juillet 2014. Le CLEISS en assure la liaison côté français ; côté uruguayen, l’organisme de liaison est la Banque de Prévoyance Sociale (BPS, « Convenios Internacionales »).

  • Champ couvert : maladie-maternité, paternité, accidents du travail et maladies professionnelles, vieillesse, invalidité et survivants, ainsi que les prestations familiales. Pour les pensions, la convention fonctionne sur le principe de la totalisation des périodes d’assurance accomplies dans les deux pays, chaque État rémunérant ensuite au prorata les périodes accomplies sous sa propre législation.
  • Pour un salarié expatrié, l’accord facilite la transition entre régimes : avant le départ, la caisse française délivre le formulaire SE 423-02 (attestation de totalisation des périodes d’assurance), pris en compte par la caisse uruguayenne. Le CLEISS précise explicitement que cet accord n’offre aucune couverture pour les membres de la famille restés en France, ni pour un congé ou un accouchement sur le territoire français.
  • Pour un retraité français résidant en Uruguay, le CLEISS est tout aussi explicite : la convention « ne comporte aucune disposition » permettant le remboursement des soins reçus en Uruguay au titre d’une pension ou d’une affiliation française. Les retraités ayant cotisé au moins 15 ans en France peuvent en revanche bénéficier de soins remboursés lors de séjours temporaires en France, sous conditions.

Faute de prise en charge des soins par la convention bilatérale, le CLEISS recommande, pour toute personne installée en Uruguay, une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou la souscription d’une assurance privée.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Uruguay
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVT (18-30 ans)Assurance obligatoire toute la durée du séjour (maladie, hospitalisation, maternité, rapatriement), quota annuel de 300 placesVérifier que le contrat couvre bien toute la durée du visa et joindre le justificatif d'épargne de 2 500 € au dossier
ÉtudiantAucune exigence d'assurance spécifique identifiée dans les sources officielles consultéesVérifier directement auprès de l'ambassade d'Uruguay à Paris et de l'établissement d'accueil avant le départ
Salarié détaché / résident temporaireDétachement possible jusqu'à 24 mois sous régime français, sans couverture des soins locaux ; sinon affiliation FONASA dès l'emploi formelSouscrire une assurance complémentaire pour les soins reçus en Uruguay, non couverts par le détachement
RetraitéConvention France-Uruguay sans aucune disposition de remboursement des soins reçus sur placeCFE ou assurance privée à souscrire dès l'installation, la convention bilatérale ne comblant pas ce besoin
Famille avec enfants mineursChaque membre doit disposer de sa propre couverture ; la convention ne couvre pas la famille restée en FranceVérifier la couverture maternité et pédiatrique auprès d'une mutualista ou d'une assurance internationale

Hôpitaux et réseau de soins

  • Montevideo : Hospital Británico (British Hospital) — établissement le plus cité par les expatriés anglophones, personnel en partie anglophone, réputé en cardiologie, pédiatrie et maternité.
  • Montevideo : Hospital Italiano — fondé en 1890, chirurgie avancée et rééducation, l'un des établissements privés de référence.
  • Montevideo : Asociación Española — mutualista parmi les plus importantes du pays (plus de 190 000 adhérents), chirurgie cardiaque et oncologie.

Démarches

  • Avant le départ : souscrire une assurance couvrant frais médicaux, hospitalisation et rapatriement sanitaire, quelle que soit la durée du séjour envisagée.
  • Pour un PVT : constituer le dossier avec une assurance valable toute la durée du séjour et un justificatif d'épargne minimale de 2 500 €, avant le dépôt à l'ambassade d'Uruguay à Paris.
  • Pour un séjour de plus de 90 jours : demander un visa auprès de l'ambassade d'Uruguay à Paris avant le départ, ou une prolongation jusqu'à 180 jours sur place auprès de la Dirección Nacional de Migraciones, puis engager une démarche de résidence sur tramites.gub.uy.
  • Dès l'emploi formel déclaré : vérifier l'affiliation automatique au FONASA auprès de la Banque de Prévoyance Sociale (BPS) et choisir un prestataire (ASSE ou une mutualista).
  • Avant le départ, pour un salarié : demander à sa caisse française le formulaire SE 423-02 (attestation de totalisation des périodes d'assurance) prévu par la convention France-Uruguay.
  • Dans les 6 mois suivant l'arrivée : inscription au registre des Français établis hors de France auprès du consulat général à Montevideo (gratuite, valable 5 ans, recommandée).
  • En l'absence de prise en charge des soins par la convention bilatérale : adhésion volontaire à la CFE ou souscription d'une assurance privée dès l'installation.

Questions fréquentes

Une assurance santé est-elle obligatoire pour entrer en Uruguay en tant que touriste ?

Non, aucun texte consulté n'impose de justificatif d'assurance à l'entrée pour un séjour de moins de 90 jours, un passeport valide suffisant. France Diplomatie la présente néanmoins comme essentielle en pratique, les frais d'hospitalisation pouvant être très élevés en l'absence de couverture.

Qu'est-ce que le FONASA et comment fonctionne-t-il ?

Le FONASA (Fondo Nacional de Salud) est un fonds de financement, pas un prestataire de soins. Il est alimenté par les cotisations patronales (≈5 % de la masse salariale) et salariales (≈3 à 8 % selon le revenu), et chaque travailleur formel affilié choisit ensuite vers quel prestataire — ASSE (public) ou une mutualista (privée) — orienter sa quote-part individuelle.

Quelle est la différence entre ASSE et une mutualista ?

ASSE (Administración de los Servicios de Salud del Estado) gère le réseau public, accessible gratuitement ou à faible coût aux résidents légaux affiliés au FONASA. Une mutualista (IAMC) est une coopérative privée à but non lucratif qui regroupe consultations, hospitalisation et chirurgie au sein d'un même réseau, contre un abonnement mensuel et un ticket modérateur par acte.

La convention de sécurité sociale France-Uruguay couvre-t-elle mes frais médicaux sur place ?

Non. Le CLEISS est explicite : que ce soit pour un salarié actif ou pour un retraité, cette convention, en vigueur depuis le 1er juillet 2014, ne comporte aucune disposition permettant le remboursement de soins reçus en Uruguay. Seule la totalisation des périodes d'assurance pour l'ouverture et le calcul des pensions est prévue.

Le PVT Uruguay est-il difficile à obtenir ?

Le quota annuel de 300 places n'a jamais été atteint à ce jour, ce qui en fait l'un des PVT les plus accessibles pour les 18-30 ans. Le dossier exige néanmoins une assurance couvrant maladie, hospitalisation, maternité et rapatriement pour toute la durée du séjour, ainsi qu'un justificatif d'épargne minimale de 2 500 €.

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