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Taïwan · Travailler et économie

Travailler à Taïwan quand on est français : permis, salaires, impôt et protection sociale

L’essentiel

Un Français peut travailler à Taïwan avec un permis de travail lié à un employeur ou avec l'Employment Gold Card, un titre qui réunit permis de travail ouvert, titre de résidence et autorisation de réentrée pour 1 à 3 ans. Le salaire minimum légal, révisé chaque année, est de l'ordre de 29 500 NT$ par mois et de 196 NT$ par heure. Un séjour de 183 jours ou plus dans l'année fait de vous un résident fiscal, imposé selon un barème progressif de 5 % à 40 %. Le salarié d'une entreprise locale est affilié à l'assurance maladie nationale dès son embauche. La France et Taïwan n'ont pas de convention de sécurité sociale : un règlement fiscal spécifique, issu du droit français, fixe l'imposition des salaires.

  • Salaire minimum mensuel et horaire fixé par le ministère du Travail de Taïwan (Minimum Wage Act) et revalorisé périodiquement ; le montant en vigueur est publié par le ministère.
  • Rémunération mensuelle régulière moyenne de l'ensemble des salariés publiée chaque mois par la DGBAS.
  • Barème de l'impôt sur le revenu des résidents : cinq tranches, de 5 % à 40 % ; les seuils en NT$ sont revus chaque année (portail eTax du ministère des Finances).
  • Résidence fiscale à partir de 183 jours de séjour dans l'année ; déclaration des résidents du 1er au 31 mai.
  • Employment Gold Card : 12 domaines éligibles, titre valable de 1 à 3 ans, frais de 100 à 310 USD selon la nationalité et la durée.
  • Résidence permanente des spécialistes titulaires de la Gold Card : après 3 années de séjour, avec en moyenne plus de 183 jours par an.

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Droit au travail et permis : deux voies principales

L’entrée sans visa pour moins de 90 jours (France Diplomatie) concerne le séjour touristique ou d’affaires, pas l’installation d’un salarié. Pour travailler durablement, deux voies se présentent. La première est le permis de travail lié à un employeur, que l’entreprise taïwanaise demande auprès du ministère du Travail ; les catégories, les conditions de qualification et de rémunération sont publiées sur english.mol.gov.tw et changent selon le métier.

La seconde est l’Employment Gold Card, créée par la loi sur le recrutement et l’emploi des professionnels étrangers. Elle réunit un permis de travail ouvert (travail pour plusieurs entreprises, création de sa propre activité, changement d’emploi sans nouvelle autorisation), le titre de résidence (ARC) et une autorisation de réentrée. Sa durée est de 1 à 3 ans ; les frais vont de 100 à 310 USD selon la nationalité et la durée choisie. Douze domaines sont éligibles : sciences et technologies, économie, éducation, culture et arts, sport, finance, droit, architecture, défense nationale, numérique, biotechnologie et environnement. Dans certains domaines, un salaire mensuel d’au moins 160 000 NT$ avant impôt constitue l’une des voies d’éligibilité, prouvée par un relevé fiscal annuel de moins de trois ans divisé par 12 ; d’autres voies reposent sur les diplômes, l’expérience ou les distinctions. Le conjoint et les enfants peuvent demander un titre de séjour de personne à charge.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Le ministère du Travail indique que le salaire minimum est de 29 500 NT$ par mois et de 196 NT$ par heure, après approbation du Yuan exécutif. L’article 5 de la loi sur le salaire minimum (Minimum Wage Act) interdit à l’employeur de convenir d’une rémunération inférieure. La loi, entrée en vigueur le 1er janvier 2024, organise un réexamen annuel du montant.

La DGBAS publie les rémunérations moyennes. La rémunération mensuelle régulière moyenne de l’ensemble des salariés (y compris temps partiel et travailleurs étrangers) est de l’ordre de 49 000 NT$, et celle des salariés à temps plein de nationalité taïwanaise de l’ordre de 52 000 NT$, pour une médiane proche de 41 000 NT$. Le ministère du Travail affiche une rémunération totale mensuelle moyenne, primes comprises, de l’ordre de 71 000 NT$. Un package de salarié qualifié dépasse donc nettement ces moyennes ; chaque offre se compare à la fois en NT$ et au regard de la protection santé incluse.

Contrat, cotisations et assurance maladie

Le salarié d’une entreprise locale est affilié à l’assurance maladie nationale (NHI) dès la date de son embauche, par l’intermédiaire de l’employeur. Les professionnels étrangers qui obtiennent un ARC, ainsi que leur conjoint et leurs enfants mineurs, s’affilient dès la date de l’ARC ; les titulaires de la Gold Card embauchés à Taïwan, employeurs ou travailleurs indépendants peuvent aussi s’affilier directement, sans délai de six mois (NHIA et site officiel de la Gold Card). Le détail des remboursements est dans la page remboursement des soins à Taïwan.

Le ministère du Travail gère aussi l’assurance du travail et les régimes de retraite des salariés. Le plancher du salaire assuré est aligné sur le salaire minimum. Les taux de cotisation et leur répartition entre employeur et salarié se lisent sur english.mol.gov.tw et auprès de l’employeur. Comme la France n’a pas de convention de sécurité sociale avec Taïwan, les périodes travaillées à Taïwan ne se totalisent pas avec les périodes françaises. Pour un contrat local comme pour un détachement, l’organisation de la protection sociale se prépare avec l’employeur avant le départ.

Impôt sur le revenu : résident, non-résident et Gold Card

Le ministère des Finances traite comme résident toute personne présente 183 jours ou plus dans l’année d’imposition, même sans domicile à Taïwan ; les jours sont comptés d’après les tampons du passeport ou le certificat d’entrées et sorties de l’Agence nationale de l’immigration, en additionnant les voyages de l’année. Le résident déclare son revenu global de l’année précédente entre le 1er et le 31 mai, après déduction des exemptions et des déductions. Le barème progressif (revenu net imposable, portail eTax ; montants révisés périodiquement) est le suivant :

  • jusqu’à 610 000 NT$ : 5 % ;
  • de 610 001 à 1 380 000 NT$ : 12 % (différence progressive de 42 700 NT$) ;
  • de 1 380 001 à 2 770 000 NT$ : 20 % (153 100 NT$) ;
  • de 2 770 001 à 5 190 000 NT$ : 30 % (430 100 NT$) ;
  • au-delà de 5 190 000 NT$ : 40 % (949 100 NT$).

L’impôt se calcule ainsi : revenu net imposable × taux − différence progressive. Selon les instructions du portail eTax, le séjour de plus de 90 jours et de moins de 183 jours fait entrer la rémunération versée par un employeur étranger dans le champ de l’impôt, au taux de 18 % ; les rémunérations versées à un non-résident sont soumises à une retenue de 18 %, ramenée à 6 % pour la part mensuelle ne dépassant pas 1,5 fois le salaire de référence fixé par le Yuan exécutif (montant à confirmer chaque année). Un contribuable non résident qui dépasse ensuite 183 jours dans l’année est réimposé au barème des résidents. Un défaut de déclaration peut entraîner une amende pouvant atteindre trois fois l’impôt éludé, et la déclaration doit être déposée avant de quitter le pays.

Les personnes qui travaillent à Taïwan pour la première fois peuvent demander, selon le site de la Gold Card, une exonération de 50 % de la part du salaire annuel qui excède 3 millions de NT$ pendant 5 ans, sous conditions ; la méthode de calcul se confirme auprès du bureau de la Gold Card.

Fiscalité franco-taïwanaise : où sont imposés les salaires et les pensions

Taïwan n’est pas couvert par la convention fiscale franco-chinoise. Le BOFiP précise que le territoire est régi par l’article 77 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, applicable aux impôts sur le revenu à partir du 1er janvier 2011. Selon ce texte, la rémunération d’un emploi est imposable uniquement dans le territoire de résidence, sauf si l’activité s’y exerce dans l’autre territoire : celui-ci peut alors l’imposer. Une exception rend la rémunération imposable uniquement dans le territoire de résidence si trois conditions sont réunies : présence de 183 jours au plus sur 12 mois, employeur non résident de l’autre territoire et charge non supportée par un établissement stable situé dans ce territoire.

La double imposition est éliminée en France par un crédit d’impôt, calculé dans la limite de l’impôt français afférent au revenu ; les revenus de source taïwanaise restent inclus dans la base française. Les règles se vérifient sur impots.gouv.fr (page « International » du particulier) et, pour un résident fiscal français, auprès du service des impôts de rattachement.

Indépendants, nomades numériques et télétravail

L’Employment Gold Card ouvre la voie à l’activité indépendante : le titulaire peut travailler pour plusieurs clients ou créer sa propre entreprise. Pour la voie salariale (160 000 NT$ par mois), seuls les revenus déclarés comme salaire comptent : les revenus d’une entreprise individuelle, les dividendes, les soldes bancaires ou les cryptoactifs ne servent pas de preuve. Hors Gold Card, un indépendant se rapproche de l’Agence nationale de l’immigration et du ministère du Travail avant de facturer des clients locaux.

Pour le télétravail, deux points à anticiper : l’entrée sans visa pour moins de 90 jours ne vaut pas permis de travail, et le portail eTax rappelle qu’un résident est imposé sur l’ensemble de son revenu, y compris celui versé par un employeur étranger pour un travail exécuté à Taïwan. Les indépendants et les nomades trouvent des repères dans la page assurance nomade digital.

Économie, monnaie et perspectives

La monnaie est le nouveau dollar de Taïwan (NT$). La DGBAS publie chaque trimestre des estimations préliminaires du PIB et des perspectives annuelles, ainsi que les indices de prix mensuels ; les principaux indicateurs figurent dans le bloc « Repères économiques » de cette page. Le revenu disponible moyen par ménage est de l’ordre de 1,2 million de NT$, et le revenu disponible moyen par personne de l’ordre de 450 000 NT$ (DGBAS).

Pour un projet professionnel, les perspectives se lisent secteur par secteur : le site du ministère du Travail et celui de la DGBAS publient les statistiques d’emploi et de rémunération par industrie. Expavy aide à comparer les protections santé adaptées à chaque statut, de salarié local à indépendant, avant le départ ; la page vivre à Taïwan complète ce guide.

Questions fréquentes

Quel est le salaire minimum à Taïwan ?

Environ 29 500 NT$ par mois et 196 NT$ par heure, montants révisés chaque année, selon le ministère du Travail de Taïwan. L'article 5 de la loi sur le salaire minimum empêche de convenir d'une rémunération inférieure.

Qu'est-ce que l'Employment Gold Card ?

Un titre qui réunit permis de travail ouvert, titre de résidence (ARC) et autorisation de réentrée, pour 1 à 3 ans. Douze domaines sont éligibles et les frais vont de 100 à 310 USD selon la nationalité et la durée.

À partir de quand est-on résident fiscal à Taïwan ?

À partir de 183 jours de présence dans l'année d'imposition, d'après les tampons du passeport ou le certificat d'entrées et sorties. Le résident est imposé au barème progressif de 5 % à 40 % et déclare en mai.

Un salarié d'une entreprise taïwanaise a-t-il une assurance maladie ?

Oui : il est affilié à l'assurance maladie nationale dès la date de son embauche, par l'intermédiaire de son employeur.

Y a-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et Taïwan ?

Taïwan ne figure pas dans la liste des accords de sécurité sociale publiée par le CLEISS. Les périodes ne se totalisent donc pas et la protection sociale se prépare avant le départ.

Comment sont imposés les salaires entre la France et Taïwan ?

L'article 77 de la loi de finances rectificative pour 2010 les rend imposables dans le territoire de résidence, sauf si l'activité s'exerce dans l'autre territoire, qui peut alors les imposer. La France élimine la double imposition par un crédit d'impôt.

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