Slovaquie · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Slovaquie : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
En Slovaquie, la coordination européenne de sécurité sociale s'applique : aucune convention bilatérale n'existe avec la France, et les règlements européens 883/2004 et 987/2009 désignent le payeur selon votre statut. Le salarié local est couvert par l'une des trois compagnies d'assurance maladie, le détaché reste affilié en France avec le formulaire A1, le retraité accède aux soins slovaques avec le formulaire S1 enregistré auprès d'une compagnie, et le touriste utilise la carte européenne d'assurance maladie. Les consultations sont couvertes en tiers payant, mais les urgences, une partie des médicaments et la plupart des soins dentaires laissent un reste à charge. Le tableau récapitulatif résume chaque cas.
- Aucun accord bilatéral France-Slovaquie dans la liste du CLEISS : les règlements européens s'appliquent (CLEISS).
- Consultations de généraliste et de spécialiste couvertes en tiers payant avec la CEAM ; 2 € ou 10 € aux urgences selon la situation (CLEISS).
- 10 % à 14 % : participation moyenne sur certains médicaments prescrits ; 0,17 € pour une ordonnance imprimée (CLEISS).
- 3 mois : validité du certificat provisoire de remplacement de la CEAM (EPZP en slovaque), qui produit les mêmes effets que la carte (CLEISS).
- 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
- 24 mois : durée maximale d'un détachement couvert par le formulaire A1 (europa.eu).
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Le principe : la coordination européenne, sans convention bilatérale
La liste des accords de sécurité sociale du CLEISS ne mentionne aucune convention bilatérale entre la France et la Slovaquie : les règlements européens de coordination, applicables dans les 27 États de l’Union et dans l’Espace économique européen, régissent la situation. Ils lèvent les conditions de résidence, totalisent les périodes d’activité et organisent le détachement. Un Français est soigné en Slovaquie selon les règles slovaques, avec des formulaires délivrés par sa caisse française : CEAM, A1, S1.
Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les contrats. Le fonctionnement du système est présenté dans la page système de santé en Slovaquie.
Salarié en contrat local et salarié détaché
Le salarié en contrat local est assuré obligatoirement auprès d’une compagnie d’assurance maladie : le CLEISS relève des cotisations de santé de 4 % du salaire pour le salarié et de 10 % pour l’employeur, sans revenu minimum pour les salariés. Il choisit une compagnie parmi VšZP, Dôvera et Union et un médecin généraliste. Voir le glossaire du contrat local.
Le salarié détaché par un employeur français reste affilié au régime français jusqu’à 24 mois avec le formulaire A1, sans s’enregistrer auprès de l’assurance slovaque (europa.eu). S’il vit en Slovaquie, il peut demander à sa caisse française un formulaire S1 pour s’inscrire auprès d’une compagnie ; ses proches sont couverts sans cotisation si la compagnie les considère comme ayants droit selon le droit slovaque (CLEISS). Il peut aussi demander à sa caisse française le remboursement des soins sur factures avec le formulaire S3125, aux tarifs slovaques ou français. Un arrêt de travail constaté en Slovaquie se déclare dans les 48 heures à la caisse française et à l’employeur. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
Indépendant, nomade numérique et étudiant
L’indépendant cotise lui-même : 14 % pour les soins de santé et 4,4 % pour la maladie en espèces, sur une assiette d’environ 67,3 % du revenu moyen de l’année N-2 avec une base minimale de 652 € par mois (CLEISS). Le nomade numérique qui travaille pour un client étranger sans s’établir relève d’abord de la règle du pays d’activité, à confirmer avec son régime d’origine.
L’étudiant en séjour temporaire utilise sa CEAM auprès des prestataires conventionnés ; pour un cursus long, le statut d’assuré se vérifie auprès d’une compagnie slovaque. Avant 30 ans, la CFE propose l’offre JeunExpat. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.
Retraité, conjoint et enfants : le formulaire S1
Le retraité qui perçoit seulement une pension française et s’installe durablement en Slovaquie sans y travailler demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite, de préférence avant le départ (CLEISS), puis l’enregistre auprès d’une compagnie slovaque de son choix ; il reçoit une carte portant la mention « UE » (slovensko.sk, VšZP). Aucune cotisation du régime local n’est retenue ; une cotisation de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général quand la résidence fiscale est hors de France, et 7,1 % pour les indépendants. Le retraité reste couvert en France.
Le conjoint et les enfants suivent le statut du titulaire : ayants droit du salarié, S1 individuel du retraité, ou assurance propre. Chaque proche concerné a son propre S1. Voir l’assurance famille expatriée et le guide assurance maladie du retraité à l’étranger.
Adhérent de la CFE : couverture complémentaire et retour en France
La Caisse des Français de l’étranger permet de conserver le régime français en plus du régime local ; l’adhérent paie à la fois le régime obligatoire du pays et la CFE, ce qui lui évite les délais d’attente et la perte de trimestres de retraite à son retour (ameli.fr). L’offre MondExpat couvre consultations de généraliste, médicaments, analyses, hospitalisation, maternité, soins dentaires, transport d’urgence et vaccins, y compris les séjours de moins de trois mois en France (CFE).
- Délai de carence : couverture immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation ; au-delà, trois mois d’attente pour les moins de 45 ans et six mois pour les plus de 45 ans (CFE, âge exact à confirmer auprès de la caisse).
- Maternité : la date de conception doit être postérieure à l’adhésion ou au rattachement comme ayant droit (CFE).
- Retour en France : aucun délai de carence pour l’adhérent (CFE) ; il ouvre ses droits avec le formulaire S1106 (ameli.fr). Voir remboursements CFE et la page retour en France.
Assurance au 1er euro et touriste
L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, délais de carence et exclusions. Elle complète utilement le régime slovaque sur la dentisterie, l’optique, les médicaments non remboursés et l’accès au secteur privé, que la CEAM ne couvre pas. Les contrats se comparent sur le plafond annuel, la zone de couverture et la gestion des antécédents.
Le touriste présente sa CEAM (EPZP) aux prestataires sous contrat avec une compagnie slovaque (VšZP, Dôvera ou Union) : les consultations de généraliste et de spécialiste sont couvertes en tiers payant, sans avance de frais, et l’hospitalisation l’est sur prescription (CLEISS). La CEAM ne couvre ni le rapatriement ni les soins privés (France Diplomatie). Sans CEAM, le formulaire S3125 permet de demander un remboursement au retour. Voir l’assurance voyage longue durée.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : couverte pour le généraliste et le spécialiste en tiers payant ; accès direct pour gynécologue, dentiste, ophtalmologue, dermato-vénéréologue et psychiatre (CLEISS).
- Hospitalisation : couverte sur prescription ; participation parfois importante pour certains actes complexes et coûteux ; urgences à 2 € ou 10 € selon la situation (CLEISS).
- Médicaments : certains remboursés, d’autres avec une participation moyenne de 10 % à 14 % ; 0,17 € pour une ordonnance imprimée (CLEISS).
- Dentaire : contrôles préventifs et fractures couverts, certains plombages et prothèses partiellement, urgence dentaire à 2 € pour un touriste, autres soins payés intégralement (CLEISS).
- Optique : non décrite par le CLEISS ; contrat complémentaire à envisager.
- Maternité : les cotisations des salariés sont suspendues pendant les congés de maternité ou parental depuis le 1er janvier 2024 (CLEISS) ; une adhérente de la CFE doit avoir conçu après son adhésion.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | Compagnie slovaque d'assurance maladie (VšZP, Dôvera, Union) | Déclaration par l'employeur ; médecin généraliste | Cotisations de santé de 4 % pour le salarié |
| Salarié détaché | Régime français maintenu | Formulaire A1 jusqu'à 24 mois ; S1 si résidence en Slovaquie ; S3125 pour les factures | Prolongation à demander avant l'échéance |
| Indépendant, nomade | Compagnie d'assurance après cotisation directe | Cotisation de santé de 14 % ; base minimale de 652 € par mois | Taux à confirmer auprès de la compagnie |
| Retraité | Compagnie slovaque avec le formulaire S1 | S1 enregistré auprès d'une compagnie ; cotisation de 3,2 % et 4,2 % en France | Dentaire et médicaments : reste à charge |
| Étudiant | CEAM pour un séjour temporaire ; sinon assurance locale | CEAM demandée à la caisse française | Séjour long : statut à vérifier auprès d'une compagnie |
| Conjoint et enfants | Ayants droit, S1 individuel ou assurance propre | Décision de la compagnie slovaque | Chaque proche concerné a son S1 |
| Adhérent CFE | CFE en complément du régime local | Adhésion avant le départ ou dans les 3 mois | Carence de 3 ou 6 mois en cas d'adhésion tardive |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical selon le contrat | Franchise, carence, exclusions, antécédents |
| Touriste | CEAM (EPZP), prestataires sous contrat | CEAM ou certificat provisoire de 3 mois | Pas de rapatriement ni de privé ; S3125 au retour |
| Retour en France | CFE sans carence, puis régime français | Formulaire S1106 pour ouvrir les droits | Prévenir la compagnie slovaque |
Sources : CLEISS, slovensko.sk, VšZP, CFE, ameli.fr, europa.eu, France Diplomatie. Barèmes issus des présentations du CLEISS, à confirmer auprès de la compagnie.
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Slovaquie ?
Non. La carte européenne d'assurance maladie, appelée EPZP en Slovaquie, ouvre l'accès aux prestataires sous contrat avec une compagnie slovaque, aux mêmes conditions qu'un assuré local.
Que couvre la CEAM en Slovaquie ?
Les consultations de généraliste et de spécialiste en tiers payant, l'hospitalisation sur prescription et les urgences avec une participation de 2 € ou 10 € ; elle ne couvre ni le rapatriement ni les soins privés (CLEISS, France Diplomatie).
Un retraité français peut-il se faire soigner en Slovaquie ?
Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite puis enregistré auprès d'une compagnie slovaque, qui lui remet une carte portant la mention « UE ».
Comment sont remboursés les soins dentaires ?
Les contrôles préventifs et les fractures sont couverts, certains plombages et prothèses partiellement, et les autres soins sont payés intégralement par le patient, le dentiste devant en préciser le coût (CLEISS).
Quel est le délai de carence de la CFE ?
Aucun si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l'installation. Au-delà, trois mois avant 45 ans et six mois ensuite, selon la CFE ; l'âge exact se confirme auprès de la caisse.
Comment se faire rembourser des soins payés en Slovaquie ?
Avec le formulaire S3125, aux tarifs slovaques ou français selon le choix de l'assuré, dans la limite des frais réels. Les adhérents du régime général peuvent le déposer en ligne sur ameli.
Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?
L'adhérent CFE réintègre son régime sans délai de carence ; il ouvre ses droits avec le formulaire S1106. Les autres profils contactent leur dernière caisse d'assurance maladie.
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- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
