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Îles Salomon · Travailler et économie

Travailler aux Îles Salomon quand on est français : visa, impôt, cotisations et économie

L’essentiel

Pour travailler aux Îles Salomon, un Français a besoin d'un visa de travail délivré par la division de l'immigration : l'offre de résident actif de longue durée (450 dollars américains, deux ans) s'accompagne d'une formule de courte durée soutenue par le département du Travail. Le salarié est imposé selon un barème progressif de 11 à 40 %, avec une première tranche exonérée, et cotise au fonds de prévoyance national (5 % au minimum pour le salarié, 7,5 % pour l'employeur). Faute de convention de sécurité sociale avec la France, un salarié envoyé par son employeur français peut rester affilié au régime français pendant trois ans renouvelables une fois. L'économie, tournée vers les ressources naturelles, reste celle d'un pays moins avancé.

  • 450 dollars américains : coût du visa de résident actif de longue durée (deux ans, entrées illimitées) ; 300 dollars américains pour la formule de six mois.
  • 11 % à 40 % : taux du barème de l'impôt sur le revenu publié par la direction des impôts, après une tranche exonérée de 30 080 dollars salomonais.
  • 12,5 % du salaire : cotisation totale au fonds de prévoyance national (5 % salarié au minimum et 7,5 % employeur).
  • 3 ans renouvelables une fois : durée du détachement hors convention au régime français, avec un délai de carence de 2 ans (CLEISS).
  • 6 mois de présence : seuil à partir duquel une personne est résidente fiscale et imposée sur ses revenus mondiaux.
  • 30 % pour une société résidente, 35 % pour une société non résidente : taux de l'impôt sur les sociétés.

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Repères chiffrés : Îles Salomon

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+3,6 %
Inflation
3,4 %
Taux de chômage
1,4 %
PIB par habitant
2 086 $
Population
838 645
Espérance de vie
70,7 ans
Dépense de santé (% du PIB)
5,4 %
Médecins pour 1 000 hab.
0,24
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
2,7

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et visa : ce que publie l'immigration

Le permis de visiteur de 90 jours délivré à l’arrivée aux ressortissants français ne permet pas de travailler. L’accès à un emploi suppose un visa spécifique de la division de l’immigration du ministère du Commerce, de l’Industrie, du Travail et de l’Immigration. Le site de cette division distingue plusieurs familles de visas (visite, investissement, travail, résidence, motifs particuliers, études) et deux formules pour l’emploi de résident actif.

  • Emploi de longue durée : 450 dollars américains, deux ans, entrées illimitées, prolongeable. Le dossier mentionne le nom, le type et l’adresse de l’entreprise d’accueil.
  • Emploi de courte durée : 300 dollars américains, six mois, entrée unique, prolongeable après les six premiers mois ; le soutien du département du Travail est requis.
  • Emploi d’urgence (catégorie « motifs particuliers ») : 150 dollars américains, 30 jours, jusqu’à quatre entrées par an, avec soutien du département du Travail.
  • Visa d’affaires de courte durée : 450 dollars américains pour 180 jours, entrées multiples, non prolongeable, pour des réunions, conférences, négociations ou consultances brèves.
  • Volontaire ou humanitaire : 100 dollars américains, un an, entrées multiples, prolongeable.

Les membres de la famille d’un résident relèvent de catégories de dépendants (300 dollars américains pour deux ans au plus pour un dépendant de résident de courte ou longue durée), sans droit de travailler automatique. Le ministère indique aussi un service de facilitation des permis de travail. Pour les pièces à fournir et les délais, la division reçoit au (+677) 45650, 45681 ou 45792, du lundi au vendredi, et répond à immigration.visas@immigration.gov.sb.

Salaire minimum, contrat et normes du travail

La division du Travail, rattachée au même ministère, indique avoir pour mission de fixer les normes nationales du travail conformément aux principes de l’Organisation internationale du travail. Les taux minimaux de salaire relèvent de la législation du travail et sont fixés par arrêté du ministre. Le montant en vigueur n’a pas pu être lu sur une source officielle à la date de consultation : la page du ministère ne le publie pas. Il se vérifie auprès du ministère (+677 22856) avant la signature d’un contrat.

Aucune donnée officielle lue ne chiffre les niveaux de salaire par secteur ou par qualification. Un candidat français compare donc l’offre à son coût de vie réel : logement, eau, billets d’avion, scolarité, et surtout assurance santé avec rapatriement, que France Diplomatie juge impérative. La rémunération s’accompagne souvent d’avantages négociés avec l’employeur (logement, billets annuels, assurance) ; voir contrat local et détaché ou expatrié pour les montages possibles.

Impôt sur le revenu : barème et résidence fiscale

La direction des impôts (Inland Revenue Division) publie un barème progressif de l’impôt sur le revenu des personnes physiques : 11 % de 1 à 15 000 dollars salomonais ; 1 650 dollars plus 23 % de l’excédent entre 15 001 et 30 000 ; 5 100 dollars plus 35 % de l’excédent entre 30 001 et 60 000 ; 15 600 dollars plus 40 % au-delà de 60 000. La même page indique que les premiers 30 080 dollars sont exonérés. La page ne précise pas comment s’articulent le début des tranches (1 dollar) et l’exonération : le calcul exact se confirme auprès de la direction (IRDContact@mof.gov.sb ; +677 21493).

Une personne est résidente fiscale si elle vit, ou compte vivre, aux Îles Salomon plus de six mois. Elle est alors imposée sur ses revenus mondiaux ; un non-résident n’est imposé que sur les revenus de source salomonaise. L’employeur retient l’impôt à la source (PAYE) et le verse chaque mois avant le 15. La déclaration annuelle est à déposer avant le 31 mars, des acomptes provisionnels sont dus les 20 mars, 20 juin, 20 septembre et 20 décembre, et le solde de l’impôt est exigible au 30 septembre. Le pays est dépourvu de convention fiscale avec la France selon la liste de l’administration fiscale française : il n’existe donc aucun texte pour répartir l’imposition entre les deux États (voir la page retraite).

Les taxes à la consommation (taxe sur les biens et taxe sur les ventes) font l’objet de déclarations mensuelles avant le 30 ; leur taux n’a pas pu être lu sur la source officielle. La direction mentionne une consultation sur une réforme vers une taxe sur la valeur ajoutée. La location de terrains et de bâtiments est soumise à une retenue à la source de 10 %.

Cotisations sociales : le fonds de prévoyance national

Le Solomon Islands National Provident Fund (SINPF), en activité depuis le 1er octobre 1976, est un fonds d’épargne obligatoire et non un régime d’assurance maladie. Le salarié cotise au minimum 5 % de son salaire et l’employeur 7,5 %, soit 12,5 % au total versés sur un compte individuel. L’employeur est redevable dès qu’un salarié a travaillé six jours ou plus dans le mois et perçu au moins 20 dollars.

Les retraits sont possibles à partir de 50 ans (retrait partiel jusqu’à 20 % du solde), en cas d’invalidité médicale, de licenciement ou d’arrêt d’activité avant 50 ans (avec délais d’attente non précisés), de départ définitif du pays avec résidence permanente ou nationalité ailleurs, ou de décès au profit des bénéficiaires désignés. Les conditions applicables à un salarié étranger ne sont pas décrites sur les pages lues : à confirmer auprès du fonds. Un programme volontaire, youSave, s’adresse aux travailleurs de l’économie informelle, dont les indépendants.

Salarié détaché, expatrié et indépendant

Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France aux Îles Salomon : le pays ne figure ni parmi les accords en vigueur ni parmi les accords signés du CLEISS. Le salarié détaché par son employeur français peut rester affilié au régime français au titre de la législation interne (articles L. 761-2 et R. 761-1 à R. 761-6 du code de la sécurité sociale) : durée de trois ans renouvelable une seule fois, délai de deux ans avant un nouveau détachement vers le même pays pour la même entreprise, et double affiliation possible si le régime local est obligatoire. Les soins sont alors remboursés à hauteur de ce que la France prendrait en charge ; l’employeur peut ajouter une assurance privée pour couvrir l’écart. Voir le glossaire du détaché.

Le salarié expatrié en contrat local quitte le régime français et relève du système local. Il peut s’assurer volontairement auprès de la Caisse des Français de l’Étranger (maladie, maternité, invalidité, accidents du travail, retraite de base), d’un organisme de retraite complémentaire volontaire pour la retraite complémentaire et de France Travail pour le chômage, selon le CLEISS. L’indépendant peut adhérer à la CFE pour la maladie et la maternité ; localement, il s’enregistre auprès de la direction des impôts (formulaire TAA 1 pour un particulier) et le cadre de son activité est à confirmer auprès de l’immigration, qui ne décrit pas de visa d’indépendant.

Télétravail et nomadisme numérique

La division de l’immigration ne présente pas de visa de nomade numérique dans les catégories lues. Un Français qui télétravaille pour un employeur étranger depuis l’archipel reste soumis aux catégories de séjour ordinaires : permis de visiteur de 90 jours, puis prolongation sans frais jusqu’à trois mois et taxe mensuelle de 30 dollars salomonais au-delà. Le statut fiscal dépend de la durée de présence : au-delà de six mois, la résidence fiscale locale s’applique. La couverture santé internationale reste indispensable (voir l’assurance nomade digital).

L'économie : ressources naturelles, aide internationale et perspectives

France Diplomatie classe les Îles Salomon parmi les pays les moins avancés. Elle cite comme secteurs importants la forêt, l’agriculture et la pêche, et signale des ressources du sous-sol (or, plomb, nickel, zinc) dont les cours influencent l’économie. Le pays a adhéré le 17 mai 2020 à l’accord de partenariat économique entre le Pacifique et l’Union européenne. La Nouvelle-Zélande est présentée comme le principal donateur ; l’Australie, le Japon et la Chine, premier partenaire en matière d’infrastructures, complètent le tableau.

La banque centrale publie des indicateurs de croissance et de réserves de change ; le service de la statistique publie des estimations du produit intérieur brut et suit les prix, avec une inflation modérée. Les perspectives dépendent des recettes tirées des ressources naturelles, de l’aide extérieure et de l’exposition aux catastrophes naturelles, à lire avec les indicateurs ci-dessus. Pour un projet professionnel, le meilleur point de départ reste un employeur ou un partenaire local identifié avant le départ.

Récapitulatif : visas de travail et obligations

SituationVisa ou statut publiéCoût et duréeÀ vérifier
Salarié de longue duréeRésident actif, emploi de longue durée450 dollars américains ; 2 ans, entrées illimitéesPièces et délais auprès de l'immigration
Salarié de courte duréeRésident actif, emploi de courte durée300 dollars américains ; 6 moisSoutien du département du Travail
Mission d'affairesVisa d'affaires de courte durée450 dollars américains ; 180 joursNon prolongeable
VolontaireMotifs particuliers100 dollars américains ; 1 anTravail bénévole uniquement
DétachéVisa de travail + maintien au régime français3 ans renouvelables une foisDemande à l'Urssaf

Sources : division de l'immigration, direction des impôts, fonds de prévoyance national, CLEISS.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler avec le permis de visiteur de 90 jours ?

Le permis de visiteur est destiné au séjour. Pour travailler, la division de l'immigration propose des visas dédiés : emploi de longue durée (450 dollars américains, deux ans) ou de courte durée (300 dollars américains, six mois, avec soutien du département du Travail).

Quel est le salaire minimum aux Îles Salomon ?

Un salaire minimum horaire est fixé par arrêté en application de la législation du travail, mais le montant en vigueur n'a pas pu être lu sur une source officielle. Il se vérifie auprès de la division du Travail du ministère du Commerce, de l'Industrie, du Travail et de l'Immigration.

Comment est imposé le revenu d'un salarié aux Îles Salomon ?

Selon la direction des impôts, le barème va de 11 % à 40 % en quatre tranches, après une exonération de 30 080 dollars salomonais. Un résident (plus de six mois) est imposé sur ses revenus mondiaux ; l'employeur prélève l'impôt à la source chaque mois.

Quelles cotisations sociales un salarié paie-t-il ?

Le fonds de prévoyance national exige au minimum 5 % du salaire côté salarié et 7,5 % côté employeur. Il s'agit d'une épargne individuelle et non d'une assurance maladie.

Un salarié détaché reste-t-il affilié à la Sécurité sociale française ?

Oui, au titre de la législation interne puisqu'aucune convention n'existe : trois ans renouvelables une fois, avec un délai de deux ans avant un nouveau détachement dans le même pays pour la même entreprise (CLEISS). Les soins sont remboursés dans la limite des tarifs français.

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et les Îles Salomon ?

Le pays ne figure pas dans la liste des conventions fiscales publiée par l'administration fiscale française. L'imposition d'un salarié relève donc de la législation de chaque pays.

Un indépendant peut-il s'assurer auprès de la CFE ?

Selon le CLEISS, la CFE couvre la maladie et la maternité des travailleurs indépendants expatriés. Les conditions d'adhésion se vérifient auprès de la CFE avant le départ.

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