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Saint-Martin (partie française) · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite à Saint-Martin (partie française) : pension, fiscalité, accès aux soins et vie sur l'île
L’essentiel
Un retraité français peut s'installer du côté français de Saint-Martin sans visa ni titre de séjour : l'île fait partie de la République. La pension reste versée par les régimes où l'on a cotisé, la caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de Guadeloupe accompagne la demande de retraite et la protection universelle maladie couvre les soins au titre de la résidence stable et régulière. Sur le plan fiscal, après cinq ans de résidence le foyer devient résident fiscal de Saint-Martin et relève d'un impôt sur le revenu local, avec un abattement forfaitaire de 40 %. Les prix, supérieurs de 12 % à ceux de la France hors DOM, et un parc de logements sous tension appellent une préparation soignée. Le formulaire S1 ne concerne pas cette installation.
- Demande de retraite à déposer 6 à 4 mois avant la date de départ souhaitée : la pension n'est pas versée automatiquement (CGSS de Guadeloupe).
- Âge légal de départ progressif selon la génération, relevé par trimestres, avec une durée d'assurance exprimée en trimestres ; taux plein automatique à 67 ans (Assurance retraite).
- Environ un quart des habitants ont 55 ans ou plus, contre environ 15 % dix ans plus tôt (INSEE, repris par l'IEDOM).
- Prix supérieurs d'environ 12 % à ceux de la France hors DOM, dont environ 47 % de plus pour l'alimentation (enquête de l'INSEE, via l'IEDOM).
- Loyer privé moyen d'environ 22 € le mètre carré, contre environ 16 € en moyenne nationale ; environ 21 % des résidences principales sont occupées par leur propriétaire (IEDOM).
- Cinq ans de résidence pour devenir résident fiscal de Saint-Martin ; impôt sur le revenu local progressif avec un abattement forfaitaire de 40 % (IEDOM).
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S'installer à Saint-Martin à l'âge de la retraite
Saint-Martin est une collectivité d’outre-mer de la République : les règles d’entrée et de séjour concernent les étrangers et ne s’y appliquent que sur mention expresse (Légifrance). Un retraité français n’a donc ni visa de retraité ni condition de ressources à justifier auprès d’une administration de séjour. Il s’installe comme dans n’importe quelle région de France, avec trois démarches à anticiper : l’ouverture des droits à l’assurance maladie, la résidence fiscale et le logement.
La population de l’île vieillit : la part des moins de 24 ans diminue (environ 35 %) tandis que celle des 55 ans et plus augmente (environ 24 %). L’île compte environ 31 500 habitants et 42 000 environ côté néerlandais (IEDOM). Ces repères aident à situer l’offre de services : un hôpital public, un EHPAD, un service de soins infirmiers à domicile et une action sociale de la CGSS pour les retraités autonomes.
Retraite locale et retraite métropolitaine : qui verse la pension
La pension se calcule régime par régime, selon les carrières accomplies. Un retraité qui a travaillé en métropole continue de percevoir les pensions de ses anciens régimes ; celui qui a travaillé à Saint-Martin relève, pour le régime général, de la CGSS de Guadeloupe, compétente pour l’île. Le site de la CGSS rappelle que la retraite n’est pas versée automatiquement : il faut en faire la demande, entre six et quatre mois avant la date de départ souhaitée.
Les démarches proposées couvrent la préparation de la retraite, la demande, l’allocation de solidarité aux personnes âgées et l’allocation supplémentaire d’invalidité, la retraite de réversion et l’allocation de veuvage, la retraite anticipée pour carrière longue, le rachat de trimestres et la retraite internationale. Pour estimer ses droits tous régimes, le service d’estimation d’info-retraite.fr permet un calcul tous régimes. Une retraite complémentaire s’ajoute à la pension de base pour les salariés ; ses règles d’âge et de montant lui sont propres (Assurance retraite).
L’action sociale retraite de la CGSS s’adresse aux retraités autonomes des régimes général et agricole : après une évaluation globale des besoins, elle propose des aides individuelles comme l’aide ménagère, le portage de repas, l’aide à l’amélioration de l’habitat, la téléassistance, des kits de prévention et des travaux d’adaptation de salle de bain.
Âge de départ et durée d'assurance
L’Assurance retraite publie un tableau par génération, avec deux colonnes selon que la pension prend effet avant ou à compter du 1er septembre 2026. Par exemple, pour les assurés nés en 1968, l’âge légal est de 64 ans pour une pension prenant effet avant cette date et de 63 ans et 9 mois à compter du 1er septembre 2026 ; pour la génération 1963, il est de 62 ans et 9 mois ; pour 1969 et 1970, de 64 ans. La durée d’assurance requise pour le taux plein va de 170 trimestres (génération 1963) à 172 trimestres (générations 1965 à 1970 selon les colonnes), et l’âge du taux plein automatique est de 67 ans pour les personnes nées à partir de 1955.
Sans la durée d’assurance requise, une décote s’applique en cas de départ à l’âge légal. Le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » donne le chiffre personnalisé. Comme les paramètres ont évolué à plusieurs reprises, il est recommandé de lire le tableau en vigueur au moment de la demande.
Accès aux soins des retraités
Un retraité est pris en charge au titre de sa résidence stable et régulière en France. L’Assurance Maladie demande de justifier de 6 mois de résidence en France sur les 12 derniers mois, cite le cas d’une personne à la retraite comme exemple de contrôle et prévoit le dépôt du formulaire Cerfa S1106 à la caisse du lieu de résidence, ici la CGSS de Guadeloupe (voir le glossaire PUMa). Le formulaire S1, utile à un retraité qui s’installe dans un autre pays de l’Union européenne, ne concerne pas Saint-Martin ; il redevient utile en cas de départ vers l’Europe (voir le mode d’emploi du formulaire S1).
- Remboursement : aux taux du régime général, soit 70 % pour un généraliste, 80 % pour l’hospitalisation et 65 % pour les médicaments à service médical rendu majeur ou important (Assurance Maladie). Le détail figure dans le guide remboursement des soins à Saint-Martin.
- Hôpital et spécialités : le centre hospitalier Louis-Constant Fleming offre urgences, chirurgie, maternité et chimiothérapie ; la neurochirurgie, l’urologie et la chirurgie infantile ne sont pas disponibles sur place et conduisent à une évacuation sanitaire vers la Guadeloupe.
- Maintien à domicile : un service de soins infirmiers à domicile s’adresse aux personnes de 60 ans et plus ayant des droits ouverts dans une caisse de maladie, y compris pour le cancer ou l’accompagnement de fin de vie ; des équipes spécialisées prennent en charge la maladie d’Alzheimer.
- Hébergement : l’EHPAD compte 28 places disponibles sur une capacité initiale de 40 depuis les dégâts d’Irma.
- Complémentaire santé solidaire : plafond de 11 599 € par an pour une personne seule dans les DOM en cas de gratuité ; Saint-Martin n’est pas mentionnée par la page du service public, et l’application se confirme auprès de la CGSS.
Fiscalité de la pension
Les personnes venant de métropole ou des DOM ne sont fiscalement domiciliées à Saint-Martin qu’après cinq ans de résidence (IEDOM ; service des impôts de la collectivité). Avant, elles restent résidentes fiscales de l’État : elles déposent une déclaration de revenus nationale à la direction générale des finances publiques et, depuis 2010, une déclaration à la collectivité pour leurs seuls revenus de source saint-martinoise. Après cinq ans, ou en cas d’installation avant le 15 juillet 2007, le foyer est résident fiscal saint-martinois, dépose une déclaration spécifique à la réglementation locale et relève de l’impôt sur le revenu de la collectivité, qui frappe le revenu net global des foyers fiscaux, de façon progressive, après un abattement forfaitaire de 40 %. Une convention fiscale de 2010 entre l’État et la collectivité permet d’éviter les doubles impositions.
La prise en compte d’une pension versée par un régime français dans ce revenu global, le taux applicable et la retenue éventuelle se confirment auprès du service des impôts de la collectivité. Les prélèvements sociaux restent en dehors de la compétence de la collectivité : la CSG et la CRDS s’appliquent selon les règles générales. Les propriétaires acquittent par ailleurs la taxe foncière, à laquelle est adossée la taxe générale sur les ordures ménagères, le droit de bail de 3 % sur les loyers encaissés pour une location de plus de 90 jours, les droits d’enregistrement (ventes, donations, successions) et l’impôt sur les plus-values immobilières, avec une exonération spécifique en cas de remploi.
Coût de la vie, logement et lieux de vie
L’enquête de comparaison spatiale des prix de l’INSEE relève des prix à la consommation supérieurs de 12 % à ceux de la France hors DOM, avec +47 % pour l’alimentation et +43 % pour les communications ; l’alcool, le tabac (-33 %) et les transports (-13 %) sont moins chers. Le loyer privé moyen avoisine 22 € le mètre carré, contre environ 6 € dans le parc social, qui compte environ 1 700 logements ; seules 21,1 % des résidences principales sont occupées par leur propriétaire (IEDOM). Le programme local de l’habitat 2025-2030 vise 1 800 nouveaux logements.
Les lieux de vie documentés sont Marigot, chef-lieu où se trouve le service de l’Éducation nationale des îles du Nord, Grand-Case, qui accueille l’aéroport côté français, et le Quartier d’Orléans. L’île bénéficie d’un climat tropical plus sec que celui de la Guadeloupe, avec une saison sèche de décembre à mai et un hivernage de juillet à octobre, période d’activité cyclonique possible. L’ouragan Irma de 2017 a détruit ou gravement endommagé 31 % des bâtiments. La page vivre à Saint-Martin détaille le climat, la scolarité et les formalités.
Et si l'on s'installe ensuite côté néerlandais ou à l'étranger ?
Sint Maarten, partie néerlandaise de l’île, est un autre pays : un retraité qui y fixerait sa résidence principale quitterait le régime général français pour la couverture du pays d’accueil. France Diplomatie précise que la carte européenne d’assurance maladie ne couvre pas les territoires ultramarins néerlandais, dont Sint Maarten, et recommande une couverture des frais médicaux, de l’hospitalisation et du rapatriement sanitaire. La Caisse des Français de l’Étranger propose une offre réservée aux retraités expatriés (SeniorExpat, cotisation publiée sur son site).
Pour percevoir sa pension à l’étranger, la CGSS propose une démarche de retraite internationale. Les guides assurance maladie du retraité à l’étranger et toucher sa retraite à l’étranger présentent ces cas.
Questions fréquentes
Faut-il un visa retraité pour vivre à Saint-Martin ?
Non pour un Français : Saint-Martin fait partie de la République et les règles d'entrée et de séjour ne visent que les étrangers (Légifrance). Les démarches sont l'ouverture des droits à l'assurance maladie auprès de la CGSS, la résidence fiscale et le logement.
Où demander sa retraite quand on vit à Saint-Martin ?
La retraite n'est pas versée automatiquement : la demande se fait 6 à 4 mois avant la date de départ souhaitée, auprès de la CGSS de Guadeloupe pour le régime général, ou auprès des autres régimes dont on relève. Le service info-retraite permet d'estimer ses droits tous régimes.
À quel âge peut-on partir en retraite ?
L'âge légal dépend de la génération et de la date d'effet de la pension : pour la génération 1968, 64 ans avant le 1er septembre 2026 et 63 ans et 9 mois à compter de cette date, avec 172 trimestres pour le taux plein ; le taux plein est acquis automatiquement à 67 ans (Assurance retraite).
Qui rembourse les soins d'un retraité à Saint-Martin ?
La CGSS de Guadeloupe, au titre de la résidence stable et régulière en France, aux taux du régime général : 70 % pour un généraliste, 80 % pour l'hospitalisation, 65 % pour les médicaments à service médical rendu majeur ou important. Le ticket modérateur relève de la complémentaire santé.
La pension de retraite est-elle imposée à Saint-Martin ?
Avant cinq ans de résidence, le foyer reste résident fiscal de l'État. Après cinq ans, il relève de l'impôt sur le revenu local, progressif et assorti d'un abattement forfaitaire de 40 % sur le revenu net global. La prise en compte d'une pension se confirme auprès du service des impôts de la collectivité.
Le formulaire S1 est-il nécessaire ?
Non pour s'installer à Saint-Martin côté français, où le retraité est couvert au titre de la résidence. Le formulaire S1 concerne les retraités qui s'installent dans un autre pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou en Suisse.
Existe-t-il des aides pour les retraités autonomes ?
Oui : l'action sociale retraite de la CGSS propose, après évaluation des besoins, aide ménagère, portage de repas, aide à l'amélioration de l'habitat, téléassistance, kits de prévention et adaptation de salle de bain, pour les retraités autonomes des régimes général et agricole.
Les autres guides : Saint-Martin (partie française)
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
