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Saint-Barthélemy · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite à Saint-Barthélemy : pension, fiscalité, accès aux soins et vie sur l'île
L’essentiel
Un retraité français peut s'installer à Saint-Barthélemy sans visa ni titre de séjour : l'île fait partie de la République. La Caisse de prévoyance sociale (CPS) protège les retraités, instruit la demande de retraite en ligne pour tous les régimes et rembourse les soins au titre de la résidence. La pension reste versée par les régimes où l'on a cotisé, avec une retraite complémentaire gérée par la CGRR pour les salariés de l'île. Sur le plan fiscal, après cinq ans de résidence le foyer devient résident fiscal de l'île, sans impôt sur le revenu local, alors que les revenus de source métropolitaine relèvent du service des impôts des particuliers non-résidents. Le logement et le coût de la vie demandent une préparation soignée.
- Demande de retraite à déposer 4 à 6 mois avant la date de départ souhaitée, en ligne, pour tous les régimes (CPS de Saint-Barthélemy).
- Âge légal de départ progressif selon la génération, relevé par trimestres, avec une durée d'assurance exprimée en trimestres ; taux plein automatique à 67 ans (Assurance retraite).
- Près de 60 % des habitants de l'île ont plus de 55 ans (INSEE, repris par l'IEDOM).
- EHPAD Louis-Vialenc de 30 lits et service de soins infirmiers à domicile ouvert aux personnes de plus de 60 ans (IEDOM).
- Allocation de solidarité aux personnes âgées : réservée aux retraités qui vivent en France ; plus versée en dessous de 9 mois de résidence en France (CPS).
- Pensions revalorisées chaque année par la CPS ; cinq ans de résidence pour la résidence fiscale de l'île (article LO 6214-4 du CGCT).
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S'installer à Saint-Barthélemy à l'âge de la retraite
Saint-Barthélemy est une collectivité d’outre-mer de la République : les règles d’entrée et de séjour concernent les étrangers et ne s’y appliquent que sur mention expresse (Légifrance). Un retraité français n’a donc ni visa de retraité ni condition de ressources à justifier auprès d’une administration de séjour. Il s’installe comme dans n’importe quelle région de France, avec trois démarches à anticiper : l’affiliation à la CPS, la résidence fiscale et le logement.
La population de l’île vieillit : environ 12 % des habitants ont moins de 25 ans, environ 28,5 % entre 25 et 54 ans et près de 60 % plus de 55 ans (INSEE, repris par l’IEDOM). Les équipements dédiés aux seniors restent modestes : un EHPAD de 30 lits, un service de soins infirmiers à domicile et des consultations de spécialistes de passage à la Maison de la Santé. Ces repères aident à choisir entre une installation définitive et un séjour partagé avec la métropole.
Retraite locale et retraite métropolitaine : qui verse la pension
La pension de retraite se calcule régime par régime, selon les carrières accomplies. Un retraité qui a travaillé en métropole continue de percevoir les pensions de ses anciens régimes. Sur l’île, la CPS est l’interlocuteur pour la retraite personnelle et de réversion : elle propose de demander sa retraite en ligne dans l’espace privé, avec le service « Demander ma retraite (tous régimes) », accessible par FranceConnect ou avec un compte existant. Une seule demande couvre les régimes de base et complémentaires ; pour les assurés nés à partir de 1953 qui ont été salariés du privé, artisans ou commerçants, le dernier régime auquel ils ont cotisé devient l’interlocuteur unique. Le dossier peut être enregistré pendant 90 jours.
Les salariés de l’île relèvent pour la retraite complémentaire de la CGRR, la caisse de retraite complémentaire des départements d’outre-mer. Pour toute activité salariée exercée à Saint-Barthélemy après le 1er juillet 2017, la CPS demande d’envoyer à la CGRR les copies des bulletins de salaire, car les déclarations sociales des employeurs ne lui transmettent pas ces cotisations et le compte de carrière complémentaire n’est donc pas alimenté. La retraite de base n’est pas concernée. Les coordonnées de la CGRR (Pointe-à-Pitre) figurent sur la page de la CPS.
Avant de demander sa retraite, l’estimation tous régimes se fait sur info-retraite.fr, que la CPS recommande ; le recours à la retraite de réversion, à l’allocation veuvage ou à la pension d’orphelin se prépare dans les mêmes rubriques. La retraite anticipée pour carrière longue fait l’objet d’une rubrique dédiée sur le site de la CPS.
Âge de départ et durée d'assurance
L’Assurance retraite publie un tableau par génération, avec deux colonnes selon que la pension prend effet avant ou à compter du 1er septembre 2026. Par exemple, pour les assurés nés en 1968, l’âge légal est de 64 ans pour une pension prenant effet avant cette date et de 63 ans et 9 mois à compter du 1er septembre 2026 ; pour la génération 1963, il est de 62 ans et 9 mois ; pour 1969 et 1970, de 64 ans. La durée d’assurance requise pour le taux plein va de 170 trimestres (génération 1963) à 172 trimestres (générations 1965 à 1970 selon les colonnes), et l’âge du taux plein automatique est de 67 ans pour les personnes nées à partir de 1955.
Sans la durée d’assurance requise, une décote s’applique en cas de départ à l’âge légal ; les régimes complémentaires ont leurs propres règles d’âge et de montant. Le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » donne le chiffre personnalisé. Comme les paramètres ont évolué à plusieurs reprises, il est recommandé de lire le tableau en vigueur au moment de la demande.
Accès aux soins des retraités
Le livret de la CPS indique que les retraités sont affiliés à la CPS comme les salariés, les indépendants et les inactifs. Avec la protection universelle maladie, un retraité bénéficie de la prise en charge de ses frais de santé au titre de sa résidence stable et régulière en France, un critère que la CPS contrôle régulièrement ; l’Assurance Maladie demande de justifier de 6 mois de résidence en France sur les 12 derniers mois (voir le glossaire PUMa). Le formulaire S1, utile à un retraité qui s’installe dans un autre pays de l’Union européenne, ne concerne pas l’installation à Saint-Barthélemy ; il redevient utile en cas de départ vers l’Europe (voir le mode d’emploi du formulaire S1).
- Remboursement : sur la base des taux en vigueur, en cinq jours avec la carte Vitale ; le ticket modérateur et les dépassements restent à la charge de l’assuré ou de sa complémentaire. Le détail figure dans le guide remboursement des soins à Saint-Barthélemy.
- Complémentaire santé solidaire : accessible sous conditions de ressources, sans reste à charge sur le dentaire, l’optique et les aides auditives pour ses bénéficiaires.
- Soins hors de l’île : l’hôpital local n’a pas de bloc opératoire ; environ 200 évacuations sanitaires par an sont organisées vers Saint-Martin ou la Guadeloupe, et un transport programmé exige un accord préalable déposé à la CPS.
- Maintien à domicile : le service de soins infirmiers à domicile de l’hôpital s’adresse aux plus de 60 ans sur prescription ; l’EHPAD Louis-Vialenc compte 30 lits. La CPS reçoit aussi les demandes d’aide à l’autonomie.
Fiscalité de la pension
La résidence fiscale de l’île s’acquiert après cinq ans de résidence (article LO 6214-4 du code général des collectivités territoriales) ; avant, le foyer est réputé domicilié en métropole et déclare ses revenus à l’administration fiscale nationale, comme avant son départ. Après cinq ans, ou en cas d’installation avant le 15 juillet 2007, le foyer est résident fiscal de Saint-Barthélemy : les revenus de source locale ne sont pas imposés et l’IEDOM relève l’absence d’impôt sur le revenu pour les résidents fiscaux.
Selon l’IEDOM, l’État considère ces foyers comme des résidents fiscaux étrangers et ils relèvent du service des impôts des particuliers non-résidents pour leurs revenus de source métropolitaine ou ultramarine. Une pension versée par un régime français est un revenu de cette nature : son imposition, sa retenue à la source et l’application éventuelle des prélèvements sociaux se confirment auprès de ce service. À titre de repère, la CPS indique, dans sa rubrique sur la retraite à l’étranger, que les pensions ne supportent plus la CSG, la CRDS ni la CASA lorsque la résidence fiscale est hors de France, tout en conservant une cotisation maladie ; son tableau de cotisations précise que la CSG et la CRDS ne sont dues que par les personnes domiciliées fiscalement en France. Ces règles se vérifient pour un résident fiscal de l’île auprès de la CPS avant la première pension versée sur place.
Les propriétaires acquittent des taxes locales : droits d’enregistrement et de publicité foncière lors de l’achat, taxe d’élimination des déchets, taxe sur l’électricité de 15 % jusqu’à 12 kVA (IEDOM). La succession et les donations relèvent également du code des contributions de la collectivité.
Coût de la vie, logement et lieux de vie
Le coût du logement est le principal poste d’un budget de retraité à Saint-Barthélemy. L’IEDOM note que la location d’une chambre peut dépasser 2 000 € par mois et que les prix d’achat peuvent dépasser 15 000 € le mètre carré, dans un parc de près de 5 900 logements (INSEE) où 70 % du territoire est classé en zone verte. L’île ne publie pas d’indice des prix ; les marchandises importées supportent un droit de quai de 5 %, ce qui nourrit un coût de la vie élevé. Les prix de l’électricité et des carburants dépendent aussi de taxes locales, dont la taxe sur l’électricité.
Les lieux de vie documentés sont Gustavia, qui concentre le port, l’hôpital, l’école et l’accueil de la CPS, et Saint-Jean, où la collectivité envisage un nouvel hôpital. L’accès à l’île passe par l’aéroport, saturé en saison touristique, ou par la mer depuis Saint-Martin. L’hivernage, de juillet à octobre, est la période cyclonique, tandis que la saison sèche s’étend de décembre à mai (IEDOM). La page vivre à Saint-Barthélemy détaille le climat, la scolarité et les formalités.
Et si l'on part ensuite à l'étranger ?
Une pension peut être perçue partout dans le monde. La CPS demande de signaler son changement d’adresse avant le départ, de communiquer un nouveau relevé d’identité bancaire avec IBAN et BIC si les coordonnées bancaires changent, et de faire remplir chaque année un certificat d’existence par une autorité locale, ou de le valider avec l’application « Mon certificat de vie ». L’allocation de solidarité aux personnes âgées et l’allocation supplémentaire d’invalidité exigent une résidence en France : elles ne sont plus versées lorsque le séjour en France est inférieur à neuf mois.
Pour la santé, la CPS indique que la protection est assurée en France ou en Europe selon la réglementation en vigueur, et renvoie, pour un départ définitif hors d’Europe, aux conventions internationales (CLEISS) et à la CFE ou à un assureur privé. Les guides assurance maladie du retraité à l’étranger et toucher sa retraite à l’étranger présentent ces cas.
Questions fréquentes
Faut-il un visa retraité pour vivre à Saint-Barthélemy ?
Non pour un Français : Saint-Barthélemy fait partie de la République et les règles d'entrée et de séjour ne visent que les étrangers (Légifrance). Les démarches sont l'affiliation à la CPS, la résidence fiscale et le logement.
Où demander sa retraite quand on vit à Saint-Barthélemy ?
Dans l'espace privé de la CPS, avec le service « Demander ma retraite (tous régimes) », 4 à 6 mois avant la date de départ souhaitée. Une seule demande couvre les régimes de base et complémentaires ; les salariés de l'île envoient en plus leurs bulletins de salaire depuis le 1er juillet 2017 à la CGRR.
À quel âge peut-on partir en retraite ?
L'âge légal dépend de la génération et de la date d'effet de la pension : pour la génération 1968, 64 ans avant le 1er septembre 2026 et 63 ans et 9 mois à compter de cette date, avec 172 trimestres pour le taux plein ; le taux plein est acquis automatiquement à 67 ans (Assurance retraite).
Qui rembourse les soins d'un retraité à Saint-Barthélemy ?
La CPS, au titre de la résidence, avec la carte Vitale et un remboursement en cinq jours. Le ticket modérateur et les dépassements relèvent de la complémentaire santé ; la complémentaire santé solidaire est accessible sous conditions de ressources.
La pension de retraite est-elle imposée à Saint-Barthélemy ?
Avant cinq ans de résidence, le foyer est réputé domicilié en métropole. Ensuite, il est résident fiscal de l'île, où l'IEDOM relève l'absence d'impôt sur le revenu ; les revenus de source métropolitaine relèvent du service des impôts des particuliers non-résidents. L'imposition d'une pension se confirme auprès de ce service.
Le formulaire S1 est-il nécessaire ?
Non pour s'installer à Saint-Barthélemy, où la CPS couvre le retraité au titre de la résidence. Le formulaire S1 concerne les retraités qui s'installent dans un autre pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou en Suisse.
Existe-t-il des structures pour personnes âgées dépendantes ?
L'île compte un EHPAD de 30 lits, l'EHPAD Louis-Vialenc, rattaché au centre hospitalier, et un service de soins infirmiers à domicile ouvert le 1er mai 2025 pour les personnes de plus de 60 ans, sur prescription médicale (IEDOM).
Les autres guides : Saint-Barthélemy
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
