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Paraguay · Travailler et économie

Travailler au Paraguay quand on est français : résidence, salaires, impôts et cotisations

L’essentiel

Un Français qui souhaite travailler au Paraguay demande la résidence temporaire de la loi 6984 de 2022 : pendant l'instruction, le statut de résident précaire autorise déjà à travailler. Le salaire minimum légal est de l'ordre de 3 millions de guaranís par mois, réajusté chaque année, et l'affiliation à l'Institut de prévoyance sociale (IPS) coûte 25,5 % du salaire au total, dont 9 % à la charge du salarié et 16,5 % à celle de l'employeur. L'impôt sur le revenu des personnes physiques applique des taux de 8 %, 9 % et 10 % aux revenus de services personnels. Aucune convention de sécurité sociale ni convention fiscale ne figure dans les listes françaises : un détachement relève du droit interne français.

  • Salaire minimum légal mensuel en guaranís fixé et revalorisé par décret ; le montant en vigueur est publié par les autorités.
  • Cotisations IPS : 25,5 % du salaire au total, soit 9 % pour le salarié et 16,5 % pour l'employeur (ministère du Travail).
  • Impôt sur le revenu des personnes : 8 %, 9 % et 10 % pour les services personnels, 8 % pour les revenus et gains de capital (DNIT).
  • Résidence temporaire : dépôt en espèces équivalant à 25 jornales, dont le montant en guaranís suit le salaire minimum ; validité de deux ans au plus, renouvelable (Migraciones).
  • Détachement hors convention : trois ans renouvelables une fois, régime français maintenu (Cleiss).
  • Exportations : électricité, soja (3e rang mondial) et viande bovine (5e rang mondial) ; agro-industrie et hydroélectricité en tête (France Diplomatie).

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Repères chiffrés : Paraguay

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+6,6 %
Inflation
4,0 %
Taux de chômage
4,8 %
PIB par habitant
7 027 $
Population
7,0 millions
Espérance de vie
74,0 ans
Dépense de santé (% du PIB)
8,4 %
Médecins pour 1 000 hab.
3,89
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
1,0

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et résidence pour un Français

Le séjour touristique sans visa de 90 jours ne tient pas lieu d’autorisation de travail. La Direction nationale des migrations accorde aux étrangers qui souhaitent s’établir pour exercer une activité licite une résidence temporaire au titre de la loi 6984 de 2022, valable deux ans au plus et renouvelable pour une durée égale. Pendant l’instruction du dossier, le demandeur obtient le statut de « résident précaire », qui lui permet de sortir et de rentrer dans le pays, d’étudier et de travailler ; la résidence ouvre aussi l’accès à la cédula d’identité paraguayenne (Migraciones).

Le dossier comprend une déclaration sur l’honneur sur la profession, l’activité ou le métier exercé et le domicile au Paraguay, un casier judiciaire à partir de 14 ans, un certificat Interpol et un certificat d’antécédents pour étrangers de la police nationale. Les frais sont de l’ordre de 2,9 millions de guaranís en espèces pour la résidence temporaire, 1,3 million pour la prorogation et 230 000 pour le certificat de radication (tarifs révisés chaque année). Les enfants et adolescents sont exemptés de justifier de ressources, ce qui suggère que les adultes y sont tenus ; les justificatifs précis se confirment auprès de la direction.

La démarche est personnelle et présentielle, avec un suivi possible par un représentant légal ; les pièces étrangères sont apostillées ou légalisées et traduites en espagnol par un traducteur public paraguayen, les documents en portugais émis par le Brésil étant dispensés de traduction. La présentation du dossier ne garantit pas l’octroi de la résidence, et la direction peut demander des documents complémentaires. Le dépassement de la durée de séjour autorisée est puni d’une amende de 702 462 guaranís en espèces.

Voir aussi le guide du salarié qui travaille à l’étranger, et la page vivre au Paraguay pour les formalités d’installation.

Salaire minimum et niveaux de rémunération

Le salaire minimum légal est réajusté chaque année par décret, sur recommandation du Conseil national des salaires minimums, qui suit l’évolution de l’indice des prix. Il est de l’ordre de 3 millions de guaranís par mois pour les activités diverses, après une hausse de 5 % décidée par le décret 6225 du 17 juin 2026 et réglementée par la résolution 670/2026 du ministère du Travail. Le jornal minimum est de l’ordre de 117 000 guaranís ; pour le travail de nuit, avec la majoration de 30 % du Code du travail, le salaire mensuel minimum est de l’ordre de 3,9 millions de guaranís.

L’employeur doit afficher les salaires minimums en vigueur dans un lieu visible, et le non-paiement du minimum expose à des amendes de 10 à 30 jornales minimums par travailleur concerné. Au-delà du plancher, les rémunérations se négocient selon le métier et le secteur ; le bloc « Repères économiques » de cette page actualise les indicateurs (chômage, inflation, change). Une offre libellée en guaranís s’apprécie aussi à l’aune du taux de change, qui varie.

La résolution 670/2026 fixe aussi des valeurs pour d’autres régimes : pour le régime d’apprentissage, le salaire mensuel minimum est de l’ordre de 1,8 million de guaranís, et pour le travail à temps partiel les valeurs horaires diurne et nocturne sont publiées séparément. Un salarié qui constate que son salaire de juillet n’intègre pas le réajustement peut déposer une plainte auprès du ministère du Travail à Asunción ou dans ses bureaux régionaux.

Cotisations sociales : l'IPS pour le salarié

L’Institut de prévoyance sociale (IPS) gère le seguro social des salariés du secteur privé. Selon le ministère du Travail, l’employeur verse 16,5 % du salaire total du travailleur et le salarié 9 %, retenus sur son bulletin de paie, soit 25,5 % au total. L’employeur doit compléter l’assiette du salarié lorsque celui-ci perçoit moins que le salaire minimum. Le salarié local est ainsi couvert pour la maladie et la maternité, et les accidents du travail relèvent aussi de la cotisation.

Les ayants droit sont les enfants mineurs, le conjoint ou concubin et, sous conditions, les parents de l’assuré ; pour les étrangers, l’inscription demande la carte de la Direction des migrations du titulaire et de l’ayant droit, la pièce d’identité du pays d’origine et les actes d’état civil légalisés ou apostillés, avec une cédula paraguayenne à présenter dans un délai de deux ans (IPS). L’inscription des bénéficiaires est gratuite. La page système de santé au Paraguay détaille la couverture.

Impôt sur le revenu et convention fiscale

L’impôt sur le revenu des personnes (IRP) est géré par la Direction nationale des recettes fiscales (DNIT, ex-SET). Il comprend deux composantes : les rentes de services personnels, taxées à 8 %, 9 % et 10 % selon la tranche de revenu net, et les revenus et gains de capital, taxés à 8 %. La déclaration est annuelle, avec une échéance en mars pour l’exercice précédent ; les contribuables sont les personnes physiques nationales ou étrangères. Les tranches en guaranís se lisent dans les guides de la DNIT pour l’exercice concerné.

Le Paraguay ne figure pas sur la liste des conventions fiscales publiée par impots.gouv.fr. Les règles de droit interne de chaque pays s’appliquent donc, sans mécanisme conventionnel d’élimination de la double imposition ; la situation d’un salarié qui conserve des revenus de source française se vérifie auprès de l’administration fiscale française.

Détaché, indépendant et télétravail

Faute de convention de sécurité sociale, le salarié envoyé par une entreprise française peut être détaché hors convention : il reste affilié au régime français trois ans, renouvelables une fois, couvert dans la limite des prestations qu’il aurait reçues en France, sur factures acquittées avec l’imprimé S 3125c. Les cotisations sont payées en France comme si l’activité y était exercée, sans dispenser des cotisations éventuellement dues au Paraguay (Cleiss). Voir détaché ou expatrié.

Le salarié sous contrat local quitte au contraire le régime français et relève de l’IPS ; la CFE s’ajoute à l’affiliation locale sans l’en exonérer. Un indépendant peut s’affilier volontairement à l’IPS ou souscrire à la CFE, qui couvre la maladie-maternité pour un indépendant. Pour un travailleur à distance qui reste salarié d’une entreprise étrangère, la loi migratoire exige une résidence adaptée à l’activité déclarée ; voir le guide visas nomades numériques et confirmer auprès de la Direction nationale des migrations.

Économie, monnaie et perspectives

Selon France Diplomatie, le Paraguay est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud mais l’une des économies les plus ouvertes et dynamiques de la région, avec une croissance moyenne d’environ 4 % par an, une inflation maîtrisée de 3 à 4 % et une dette publique de l’ordre de 40 % du PIB. L’activité repose surtout sur l’agro-industrie et sur l’hydroélectricité produite par les barrages binationaux d’Itaipú et de Yacyretá.

Les exportations comprennent principalement l’électricité, le soja (troisième rang mondial), le maïs et la viande bovine (cinquième rang mondial). Les principaux clients sont le Brésil (environ 3,67 milliards de dollars), l’Argentine (environ 1,91 milliard) et le Chili (environ 1,16 milliard). Ces filières et les services qui leur sont liés sont les débouchés les plus visibles pour un cadre ou un technicien français ; la monnaie est le guaraní.

Cotisations et impôts du salarié et de l'employeur

PrélèvementSalariéEmployeurObservation
Cotisations IPS9 % du salaire16,5 % du salaireTotal de 25,5 % ; maladie, maternité et retraite
Impôt sur les revenus de services personnels8 %, 9 % ou 10 % selon la trancheAucunDéclaration annuelle en mars
Impôt sur les revenus et gains de capital8 %AucunPour les personnes physiques
Salaire minimum légalDe l'ordre de 3 millions de guaranís par moisObligation de paiement et d'affichageRéajusté chaque année

Sources : ministère du Travail (guide de sécurité sociale et résolution 670/2026), DNIT, Direction nationale des migrations. Les tranches de l'impôt sont à lire dans les guides de la DNIT.

Questions fréquentes

Peut-on travailler dès le dépôt de la demande de résidence ?

Oui : pendant l'instruction du dossier, le demandeur obtient le statut de résident précaire, qui permet de sortir et de rentrer dans le pays, d'étudier et de travailler (Direction nationale des migrations).

Quel est le salaire minimum au Paraguay ?

De l'ordre de 3 millions de guaranís par mois, réajusté chaque année par décret (par exemple le décret 6225 du 17 juin 2026).

Combien le salarié et l'employeur cotisent-ils à l'IPS ?

9 % pour le salarié et 16,5 % pour l'employeur, soit 25,5 % du salaire au total, d'après le guide de sécurité sociale du ministère du Travail.

Quels sont les taux de l'impôt sur le revenu ?

8 %, 9 % et 10 % pour les revenus de services personnels selon la tranche, et 8 % pour les revenus et gains de capital. La déclaration est annuelle, avec une échéance en mars.

Existe-t-il une convention fiscale France-Paraguay ?

Le Paraguay ne figure pas sur la liste des conventions fiscales publiée par impots.gouv.fr. Les règles de droit interne de chaque pays s'appliquent.

Combien dure un détachement vers le Paraguay ?

Hors convention, le détachement dure trois ans renouvelables une fois, avec maintien du régime français et remboursement sur factures acquittées (imprimé S 3125c).

Combien coûte la résidence temporaire ?

De l'ordre de 2,9 millions de guaranís en espèces, soit 25 jornales. La prorogation coûte de l'ordre de 1,3 million de guaranís.

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