Emploi et fiscalité
Travailler aux Îles Cook quand on est français : permis, salaire minimum, impôt et économie
L’essentiel
Un Français ne peut pas travailler aux Îles Cook sur un simple permis de visiteur : l'immigration délivre des permis par catégorie, dont le permis de travailleur international (320, 640 ou 960 dollars néo-zélandais pour un, deux ou trois ans), sur offre d'emploi écrite et avec la maîtrise de l'anglais. Le salaire minimum horaire est révisé chaque année par le gouvernement. L'impôt sur le revenu des résidents suit un barème progressif de 0 % à 30 %, avec un premier palier exonéré de 14 600 dollars, et la TVA est de 15 %. Aucune convention de non-double imposition ni de sécurité sociale ne lie la France et les Îles Cook : la fiscalité et la protection sociale se règlent par le droit interne de chaque pays. L'économie repose sur le tourisme, la pêche et la perliculture.
- Salaire minimum horaire revalorisé périodiquement ; le montant en vigueur est publié par le gouvernement des Îles Cook.
- Permis de travailleur international : 320, 640 ou 960 dollars néo-zélandais pour 1, 2 ou 3 ans, soit environ 162 €, 324 € ou 486 € (ministère de l'Immigration).
- Barème de l'impôt à Rarotonga : tranche à 0 %, puis taux progressifs de 17 %, 27 % et 30 %, selon des seuils de revenu publiés par la Revenue Management Division.
- TVA : 15 % ; enregistrement requis dès 40 000 dollars de fournitures taxables, atteints ou prévus (Bureau des statistiques, Revenue Management Division).
- Congés : 10 jours ouvrables de congés payés et 5 jours de congé maladie par période de 12 mois pour un temps plein (ministère de l'Intérieur).
- Résidence fiscale : domicile aux Îles Cook ou plus de 183 jours de présence sur 12 mois (Revenue Management Division).
Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.
Droit au travail et permis : la logique par catégorie
Le ministère des Affaires étrangères et de l’Immigration publie les critères de chaque visa et permis. Pour un salarié, les catégories principales sont le permis de travailleur international, le permis de travailleur du gouvernement et le permis de travailleur spécialisé. Le premier suppose une maîtrise de l’anglais, un plan de voyage de retour ou une caution, une offre d’emploi écrite et un curriculum vitae ; le ministère limite à deux les visas et permis antérieurs détenus sans absence d’un an, soit six ans de séjour au total, et le titulaire doit passer au moins un mois hors du pays pendant chaque permis de 36 mois. Le permis de travailleur spécialisé (260 dollars néo-zélandais, environ 132 €) s’adresse à un contrat avec une agence gouvernementale, une entreprise ou une entreprise étrangère approuvée par le Business Trade and Investment Board (BTIB).
Les conjoints et enfants disposent de permis dédiés : permis de conjoint ou d’enfant de résident, permis d’enfant international à 470 dollars néo-zélandais (environ 238 €), dont le travail est limité à 20 heures par semaine. Un étudiant adulte (470 dollars) travaille au plus 20 heures par semaine et un stagiaire international paie 960 dollars (environ 486 €). Les conditions précises se confirment auprès de l’immigration (+682 29 347, visapermit@mfai.gov.ck) avant toute démarche ; le tableau ci-dessous résume les principaux permis.
Contrat, salaire minimum et conditions de travail
Le salaire minimum fait l’objet d’une révision annuelle exigée par la loi ; les salariés déjà mieux payés conservent en général leur taux. La page « During Employment » du ministère de l’Intérieur peut afficher un ancien taux : c’est l’annonce de la Commission de la fonction publique qui fait foi pour le montant en vigueur.
Le même ministère décrit les conditions de base : majoration de 1,5 fois le taux normal au-delà de 40 heures par semaine pour les salariés payés à l’heure, pause de repos payée d’au moins 10 minutes après trois heures de travail, pause repas après cinq heures, 10 jours ouvrables de congés payés par période de 12 mois pour un temps plein (l’employeur pouvant exiger jusqu’à six mois de travail avant le premier congé, par écrit), 5 jours ouvrables de congé maladie payés et jours fériés payés au taux habituel, doublés s’ils sont travaillés. Les congés annuels non pris sont indemnisés à la fin du contrat, pas les congés maladie. La page n’impose pas explicitement de contrat écrit ni ne précise de préavis : les conditions se fixent dans le contrat ou le règlement intérieur, et se vérifient auprès du ministère de l’Intérieur.
Impôt sur le revenu et TVA
Pour les revenus d’emploi, la Revenue Management Division du ministère des Finances applique depuis le 1er janvier 2021 un barème progressif à Rarotonga : 0 % de 0 à 14 600 dollars néo-zélandais (environ 7 393 €), 17 % de 14 601 à 30 000 dollars (environ 15 191 €), 27 % de 30 001 à 80 000 dollars (environ 40 511 €) et 30 % au-delà. La division précise que cette déduction standard peut être répartie selon la résidence fiscale ou le nombre de jours de présence aux Îles Cook sur l’année d’imposition. Les employeurs calculent la retenue à la source de leurs salariés chaque semaine ou chaque quinzaine (PAYE) avec la table d’impôt de 2021.
On devient résident fiscal des Îles Cook en y ayant son domicile ou en y étant présent plus de 183 jours sur une période de 12 mois. La TVA est de 15 % (Bureau des statistiques) et l’enregistrement est requis dès que l’activité atteint ou doit atteindre 40 000 dollars de fournitures taxables ; l’enregistrement à la retenue PAYE est requis pour une entreprise qui emploie du personnel. Les conversions sont indicatives et varient avec le taux de change.
Côté français, la liste BOFiP des conventions fiscales conclues par la France ne comprend pas les Îles Cook : les revenus d’un salarié se règlent par le droit interne de chaque État, sans répartition conventionnelle de l’imposition. Le champ territorial de la convention conclue avec la Nouvelle-Zélande, qui figure dans cette liste, se lit à son article 3 avant tout raisonnement par analogie ; un conseil fiscal précède donc tout départ.
Cotisations sociales et protection du salarié
Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et les Îles Cook, selon la liste du CLEISS. Un salarié en contrat local relève donc de la protection sociale du pays d’accueil et non du régime français ; la page remboursements des soins aux Îles Cook détaille chaque situation. Les taux de cotisation des régimes obligatoires locaux et la couverture santé associée n’ont pas pu être lus sur une source officielle accessible : l’employeur et la Revenue Management Division sont les interlocuteurs pour les connaître.
Un salarié envoyé par son employeur français peut être détaché : en l’absence d’accord, il reste affilié au régime français pour 3 ans, renouvelables une fois, et ses cotisations sont payées en France comme s’il y travaillait ; ses frais de santé sont remboursés dans la limite des prestations françaises sur factures acquittées (formulaire S 3125c), et les cotisations locales éventuelles restent dues (CLEISS). Les indemnités journalières sont versées par sa caisse ; pour un accident du travail, il prévient son employeur dans les 24 heures. Il peut compléter par la CFE ou un contrat collectif ; voir salarié détaché.
Indépendants, entreprise et investissement étranger
Le Business Trade and Investment Board indique que toute entreprise avec une participation étrangère importante doit être approuvée, par un dépôt de formulaires auprès du Board. Certaines activités sont réservées aux ressortissants des Îles Cook (liste de la partie D du code de l’investissement de 2003), notamment le commerce de détail, l’agriculture, la fabrication et l’hébergement touristique. Le permis d’investisseur résident (960 dollars néo-zélandais, environ 486 €) exige la maîtrise de l’anglais, l’approbation ou l’enregistrement auprès du Board et un accord de partage d’informations avec l’immigration.
Un indépendant ne bénéficie d’aucune coordination avec la Sécurité sociale française : il choisit entre la CFE, un contrat privé et l’assurance internationale pour la maladie. Les obligations de TVA et d’employeur s’ouvrent avec l’enregistrement auprès de la Revenue Management Division, selon les seuils décrits plus haut.
Télétravail depuis les Îles Cook
Les catégories de visas et permis publiées par l’immigration ne comprennent pas de visa de télétravail ou de nomade numérique. Le permis de visiteur international (31 jours, prolongeable de 31 jours pour 115 dollars néo-zélandais, soit environ 58 €) et le permis de visiteur de longue durée (470 dollars néo-zélandais, 8 mois au plus pour un ressortissant autre que néo-zélandais ou australien, avec assurance maladie obligatoire) sont des titres de séjour de visiteur : la possibilité d’y exercer une activité à distance pour un employeur étranger n’est pas décrite et se confirme directement auprès de l’immigration avant le départ. Les fiscalités française et locale s’apprécient séparément, notamment selon la durée de présence (183 jours côté Îles Cook).
L'économie : secteurs, monnaie et perspectives
Selon France Diplomatie, avant la pandémie le tourisme représentait environ 65 % du PIB et la pêche 26 %, suivis de la culture des perles noires et de l’activité bancaire offshore. La dépendance au tourisme international est forte. La monnaie d’usage est le dollar néo-zélandais, auquel s’ajoute le dollar des Îles Cook. Les indicateurs économiques actualisés figurent dans le bloc « Repères économiques » de cette page lorsqu’ils sont disponibles.
Le marché du travail est étroit : la population est de 17 500 habitants selon France Diplomatie, et l’activité s’organise autour des secteurs que cette fiche décrit. Aucun taux de chômage récent n’a été lu sur les sources officielles. Pour un projet d’installation, voir la page vivre aux Îles Cook.
Principaux permis pour travailler ou s'installer : repères officiels
| Permis | Condition principale | Tarif en dollars néo-zélandais |
|---|---|---|
| Travailleur international | Offre d'emploi écrite, anglais, plan de retour ou caution ; six ans au plus au total | 320 (1 an), 640 (2 ans), 960 (3 ans) |
| Travailleur du gouvernement | Offre ou contrat écrit avec une agence ou un programme soutenu par le gouvernement | 320 (1 an), 640 (2 ans), 960 (3 ans) |
| Travailleur spécialisé | Contrat avec une agence gouvernementale, une entreprise ou une entreprise étrangère approuvée par le BTIB | 260 |
| Investisseur résident | Anglais, approbation ou enregistrement auprès du BTIB, partage d'informations | 960 |
| Stagiaire international | Offre de stage écrite, anglais, aucun permis de stagiaire dans les cinq dernières années | 960 |
| Étudiant adulte international | Offre d'inscription d'un établissement agréé ; travail limité à 20 heures par semaine | 470 |
| Visiteur de longue durée | Assurance maladie pour toute la durée ; 8 mois au plus pour un ressortissant non néo-zélandais ni australien | 470 |
Source : ministère des Affaires étrangères et de l'Immigration, page des critères de visas et permis. Conversions indicatives au cours de la BCE.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler aux Îles Cook avec un permis de visiteur ?
Non, pas sur la seule base d'un permis de visiteur : l'immigration délivre des permis par catégorie, dont le permis de travailleur international, qui exige une offre d'emploi écrite, la maîtrise de l'anglais et un plan de voyage de retour ou une caution. Les conditions précises se confirment auprès du ministère des Affaires étrangères et de l'Immigration.
Quel est le salaire minimum aux Îles Cook ?
Il est révisé chaque année par le gouvernement, dans le cadre d'une révision exigée par la loi. Les salariés déjà mieux payés gardent en général leur taux.
Quel est le barème de l'impôt sur le revenu aux Îles Cook ?
Pour les revenus d'emploi à Rarotonga, la Revenue Management Division applique 0 % jusqu'à 14 600 dollars néo-zélandais, 17 % de 14 601 à 30 000, 27 % de 30 001 à 80 000 et 30 % au-delà, avec une déduction standard répartie selon la résidence fiscale et les jours de présence.
Existe-t-il une convention fiscale entre la France et les Îles Cook ?
La liste BOFiP des conventions fiscales conclues par la France ne comprend pas les Îles Cook : chaque État applique son droit interne. La convention conclue avec la Nouvelle-Zélande ne se transpose pas sans lire son champ territorial.
Un salarié détaché garde-t-il l'assurance maladie française ?
Oui, en l'absence d'accord, le salarié détaché reste affilié au régime français pour 3 ans, renouvelables une fois, sur le fondement du droit interne. Ses frais de soins sont remboursés dans la limite des prestations françaises, sur factures acquittées avec le formulaire S 3125c (CLEISS).
Un étranger peut-il créer une entreprise aux Îles Cook ?
Toute entreprise avec une participation étrangère importante doit être approuvée par le Business Trade and Investment Board. Certaines activités (commerce de détail, agriculture, fabrication, hébergement touristique) sont réservées aux ressortissants des Îles Cook.
Quels sont les secteurs économiques des Îles Cook ?
France Diplomatie cite le tourisme (environ 65 % du PIB avant la pandémie), la pêche (26 %), la perliculture noire et l'activité bancaire offshore.
Les autres guides : Îles Cook
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
