Fiche pays — Europe
Assurance expatrié et assurance santé en Hongrie

En 5 lignes
En Hongrie, il n'existe pas d'assurance santé privée obligatoire en tant que telle : c'est l'affiliation au régime public géré par la Caisse nationale d'assurance maladie (NEAK, Nemzeti Egészségbiztosítási Alapkezelő) qui est obligatoire pour tout salarié ou indépendant travaillant sur le territoire hongrois. Un salarié cotise à hauteur de 18,5 % du salaire brut au titre de la cotisation sociale globale (incluant une part assurance santé), retenue par l'employeur, qui verse de son côté une taxe sociale de 13 % ; l'ensemble est collecté par l'administration fiscale NAV. Pour un séjour temporaire non salarié, seule la carte européenne d'assurance maladie (CEAM, appelée EU-Kártya en Hongrie) donne accès aux soins conventionnés dans les mêmes conditions qu'un assuré local. Le système public reste globalement de bon niveau mais s'appuie sur un secteur privé très développé, en particulier pour le dentaire à Budapest, devenue depuis les années 1990 l'une des principales destinations européennes de tourisme médical dentaire. Sans affiliation NEAK ni CEAM, les soins sont facturés au tarif plein par l'établissement, sans aide de l'ambassade de France.
Chiffres clés
- 2 400 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (+1,57 % sur un an), une progression modérée.
- Espérance de vie à la naissance : 76,72 ans en 2024 (Banque mondiale).
- Dépenses de santé : 6,37 % du PIB en 2023, dernière donnée disponible (Banque mondiale).
- Cotisation sociale globale obligatoire pour un salarié : 18,5 % du salaire brut (incluant une part assurance santé), plus 13 % de taxe sociale à la charge de l'employeur.
Système de santé local
Le système de santé hongrois relève du ministère des Ressources humaines (Emberi Erőforrások Minisztériuma), qui fixe le cadre légal, tandis que la Caisse nationale d’assurance maladie (NEAK, Nemzeti Egészségbiztosítási Alapkezelő) gère le financement des soins, tient le registre des personnes couvertes et fixe les tarifs de remboursement. Sont couverts de plein droit les salariés et indépendants en activité, les retraités, les étudiants à temps plein sous conditions, les enfants de moins de 18 ans résidant en Hongrie et certains bénéficiaires de prestations sociales. Un adulte résidant en Hongrie depuis au moins un an sans activité professionnelle ni statut assimilé doit, pour conserver sa couverture, s’acquitter d’une cotisation santé forfaitaire (egészségügyi szolgáltatási járulék) fixée par l’administration fiscale NAV, dont le montant mensuel évolue chaque année (11 800 forints en 2025, 12 300 forints à compter de 2026).
Le panier de soins financé par la NEAK couvre les examens diagnostiques, une partie du dentaire, les traitements chirurgicaux, la réadaptation, les soins palliatifs, le suivi maternel et infantile et les vaccinations. Les médicaments prescrits sont remboursés entre 25 % et 90 % du prix de référence selon la liste, avec une participation minimale ramenée à 300 forints pour les affections graves ou chroniques prises en charge à taux plein. Le patient choisit un médecin généraliste conventionné (changement possible une fois par an), qui oriente vers les spécialistes ; des franchises s’appliquent en cas de recours hors de ce circuit. Le secteur privé, en croissance depuis l’ouverture des années 1990, s’est particulièrement développé dans le dentaire à Budapest, devenue l’une des principales destinations européennes de tourisme médical, ainsi que dans les réseaux de cliniques internationales tournées vers les expatriés.
Obligations légales et de visa
- Citoyen UE : aucun visa exigé, entrée avec passeport ou carte d’identité valide, libre circulation pour un séjour inférieur à 3 mois.
- Séjour de plus de 90 jours : demande de carte de séjour (carte de registre, regisztrációs kártya) au plus tard le 93e jour de présence, auprès de la Direction nationale de la police des étrangers (Országos Idegenrendészeti Főigazgatóság) ; la mairie du lieu de résidence délivre ensuite une carte d’adresse (lakcímkártya), réclamée pour la plupart des démarches administratives locales.
- Affiliation à la NEAK : obligatoire pour tout salarié dès le début d’une activité en Hongrie, l’employeur déclarant le salarié auprès de l’administration fiscale NAV et retenant la cotisation sociale globale de 18,5 % du salaire brut. Un indépendant s’affilie et cotise directement auprès de la NAV, sur son revenu déclaré, avec une base minimale de calcul.
- Sans affiliation NEAK ni CEAM : les soins sont facturés au tarif plein par l’établissement, public comme privé, tarif variable selon établissement et non communiqué publiquement de façon uniforme.
- Étudiant : la CEAM (EU-Kártya) suffit pour un séjour temporaire (type Erasmus) ; au-delà, une affiliation locale ou une assurance étudiante complémentaire reste recommandée pendant la période de transition administrative.
- Salarié détaché : jusqu’à 24 mois (prolongeable), reste rattaché au régime français via le formulaire A1, dispensé de l’affiliation à la NEAK.
- Retraité : formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite française avant le départ, pour une prise en charge par le système hongrois sans nouvelle cotisation propre.
Aucune amende individuelle n’est prévue en tant que telle en cas de défaut d’affiliation, mais l’employeur a l’obligation légale de déclarer son salarié auprès de la NAV ; pour l’expatrié lui-même, le risque reste avant tout financier, sans aide de l’ambassade de France en cas de soins non couverts.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation médecin généraliste conventionné, patient affilié NEAK | Prise en charge (financée par la cotisation) | — |
| Passage aux urgences, patient affilié NEAK | Prise en charge | — |
| Hospitalisation, patient affilié NEAK | Prise en charge, hors prestations optionnelles (chambre privée notamment) | — |
| Médicaments sur liste NEAK, patient affilié | Remboursement de 25 % à 90 % selon la liste ; participation minimale de 300 HUF pour les affections graves ou chroniques prises en charge à taux plein | — |
| Consultation sans affiliation NEAK ni CEAM | Tarif plein facturé par l'établissement, non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Soins dentaires en clinique privée tournée vers le tourisme médical (Budapest) | — | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
Accords de sécurité sociale avec la France
La Hongrie étant membre de l’UE depuis 2004, pas de convention bilatérale classique avec la France : la coordination passe par les règlements européens 883/2004 et 987/2009, comme pour les autres États membres.
- Séjour temporaire : la CEAM (appelée EU-Kártya en Hongrie, à demander auprès de sa caisse française avant le départ) donne droit à la même prise en charge qu’un assuré local auprès des prestataires conventionnés par la NEAK, sans avance de frais au-delà du ticket modérateur local ; en cas de carte oubliée ou perdue, un certificat provisoire de remplacement (CPR), valable 3 mois, y donne les mêmes droits.
- Détachement : formulaire A1, maintien au régime français jusqu’à 24 mois (prolongeable), dispense de l’affiliation à la NEAK.
- Installation durable : affiliation directe à la NEAK via la NAV (par l’employeur pour un salarié, directement pour un indépendant) ; formulaire S1 pour un retraité, pris en charge par le système hongrois sans nouvelle cotisation propre.
- La CEAM/EU-Kártya ne couvre ni le rapatriement, ni les soins programmés, ni une installation durable ; au retour, un séjour non couvert par avance peut faire l’objet d’un remboursement a posteriori via le formulaire S3125, selon les tarifs hongrois ou français.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT | Non applicable (France-Hongrie = libre circulation UE) | — |
| Étudiant | CEAM/EU-Kártya pour un séjour temporaire (type Erasmus) | Au-delà, affiliation locale à envisager ; assurance étudiante complémentaire recommandée pendant la transition |
| Salarié détaché | Maintien au régime français via le formulaire A1, jusqu'à 24 mois | Dispense de l'affiliation NEAK ; complémentaire utile pour l'accès rapide aux soins et au secteur privé pendant le détachement |
| Salarié local / résident installé | Affiliation NEAK obligatoire dès le début d'activité (cotisation sociale globale de 18,5 % du salaire brut, retenue par l'employeur) | Choix d'un médecin généraliste conventionné à effectuer rapidement ; anticiper une couverture relais pendant le délai administratif et pour l'accès au privé |
| Indépendant / freelance | Affiliation et cotisation directes auprès de la NAV, sur le revenu déclaré (base minimale de calcul) | Vérifier le mode de calcul auprès de la NAV avant de s'installer, les modalités précises n'étant pas communiquées de façon uniforme |
| Retraité (formulaire S1) | Prise en charge par le système hongrois, sans nouvelle cotisation propre | Disparités public/privé sensibles, notamment pour le dentaire adulte hors urgence ; complémentaire privée parfois recherchée à Budapest |
Hôpitaux et réseau de soins
- Budapest : Semmelweis Egyetem Klinikai Központ (Centre clinique de l'université Semmelweis), principal centre hospitalo-universitaire du pays, doté d'un bureau dédié aux patients internationaux.
- Debrecen : Debreceni Egyetem Klinikai Központ (Centre clinique de l'université de Debrecen), principal centre hospitalo-universitaire de l'est du pays, plus de 2 700 lits.
- Szeged : Szegedi Tudományegyetem Szent-Györgyi Albert Klinikai Központ (Centre clinique Szent-Györgyi Albert de l'université de Szeged), principal centre hospitalo-universitaire du sud du pays.
Démarches
- Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
- Salarié détaché : demander le formulaire A1 auprès de sa caisse française avant le départ.
- Retraité : demander le formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite avant le départ.
- Avant le départ : demander la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) auprès de sa caisse française pour couvrir la période de transition.
- Dès l’arrivée, pour un séjour de plus de 90 jours : demander la carte de registre (regisztrációs kártya) auprès de la Direction nationale de la police des étrangers, au plus tard le 93e jour, puis la carte d’adresse (lakcímkártya) auprès de la mairie du lieu de résidence.
- Salarié : vérifier auprès de son employeur la déclaration à la NAV et l’affiliation à la NEAK dès le début du contrat de travail.
- Indépendant : s’affilier et cotiser directement auprès de la NAV, sur le revenu déclaré.
- Sans activité professionnelle après un an de résidence : vérifier son éligibilité à la cotisation santé forfaitaire (egészségügyi szolgáltatási járulék) auprès de la NAV.
- Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Budapest).
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement souscrire une assurance santé privée pour s'installer en Hongrie ?
Pas une assurance privée classique, mais l'affiliation au régime public géré par la NEAK est obligatoire pour tout salarié ou indépendant travaillant en Hongrie, financée par une cotisation sociale globale de 18,5 % du salaire brut côté salarié, plus 13 % de taxe sociale à la charge de l'employeur.
La carte européenne d'assurance maladie (CEAM) suffit-elle pour s'installer durablement en Hongrie ?
Non. Elle donne droit à la même prise en charge qu'un assuré local pour un séjour temporaire, mais une installation durable nécessite l'affiliation à la NEAK via la NAV, ou le transfert de droits via le formulaire S1 pour un retraité.
Que risque-t-on sans affiliation NEAK ni CEAM en cas de soins ?
Les soins sont facturés au tarif plein par l'établissement, public comme privé, sans accès au tarif conventionné réservé aux personnes affiliées. Aucune amende individuelle n'est prévue en tant que telle, mais le risque financier reste entier, sans aide de l'ambassade de France.
Pourquoi Budapest est-elle connue pour le tourisme médical dentaire ?
Depuis l'ouverture des années 1990, un secteur privé dentaire s'est fortement développé à Budapest, avec des cliniques spécialisées attirant une patientèle européenne, la France comprise. Ces soins privés restent à la charge du patient ou de son assurance complémentaire, à des tarifs variables selon établissement et non communiqués publiquement.
Un salarié détaché depuis la France doit-il s'affilier à la NEAK ?
Non, s'il dispose du formulaire A1 attestant du maintien au régime français, pour une durée n'excédant pas 24 mois (prolongeable sous conditions). Il reste dispensé de l'affiliation à la NEAK pendant cette période.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Hongrie, Santé
- France Diplomatie — Hongrie, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (2025)
- CLEISS — Le système de santé hongrois
- CLEISS — Vacances en Hongrie : quelle couverture maladie ?
- CLEISS — Les cotisations en Hongrie
- CLEISS — La sécurité sociale en Hongrie (régime général)
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Hongrie
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Hongrie