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Hongrie · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Hongrie : séjour, fiscalité de la pension, formulaire S1 et coût de la vie

L’essentiel

Un retraité français s'installe en Hongrie sans visa : le séjour est libre pendant trois mois, puis l'enregistrement auprès de la police des étrangers, au plus tard le 93e jour, suppose des ressources suffisantes et une assurance maladie. La convention fiscale du 28 avril 1980 réserve à la France, par son article 18, l'imposition des pensions de sécurité sociale, et les pensions publiques restent imposables dans l'État qui les verse ; les autres pensions sont imposables dans l'État de résidence. Avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite, le retraité accède aux soins hongrois sans cotisation locale. Aucun montant de ressources n'est fixé par les pages officielles consultées.

  • 93e jour : date limite d'enregistrement du séjour auprès de l'OIF ; timbre de 1 000 forints ; certificat valable sans limite tant que le document de voyage est valide (OIF).
  • Article 18 de la convention franco-hongroise du 28 avril 1980 : les pensions et sommes versées en application de la législation de sécurité sociale d'un État ne sont imposables que dans cet État (impots.gouv.fr).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France ; 7,1 % pour les indépendants (CLEISS).
  • 264 000 forints par mois : pension de vieillesse moyenne en juillet 2026, pour 232 400 forints de pension médiane (KSH).
  • 65 ans : âge légal de la retraite hongroise pour les personnes nées en 1957 ou après, avec 15 ans d'assurance au minimum (CLEISS, page de 2022).
  • 12 300 forints par mois : forfait santé d'une personne résidente sans autre droit aux soins, sans objet pour un titulaire de S1 (NAV).

Repères économiques : Hongrie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+0,5 %
Inflation
4,4 %
Taux de chômage
4,5 %
PIB par habitant
25 907 $
Population
9,5 millions
Change
1 € = 368 HUF
forint, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour du retraité : aucun visa, un enregistrement avant le 93e jour

Les citoyens de l’Union européenne séjournent en Hongrie jusqu’à trois mois avec une pièce d’identité ou un passeport valide. Au-delà, la demande d’enregistrement se dépose auprès de la Direction nationale de la police des étrangers (OIF) au plus tard le 93e jour de présence (France Diplomatie, 15 septembre 2026). Un retraité justifie de ressources suffisantes pour ne pas peser sur l’aide sociale hongroise, avec des relevés bancaires ou la preuve d’un revenu régulier, et d’une assurance maladie ou des moyens de couvrir les soins (OIF). Your Europe résume ces conditions : une assurance maladie complète et un revenu suffisant pour vivre sans aide financière.

  • Document délivré : le certificat d’enregistrement coûte un timbre de 1 000 forints et reste valable sans limite tant que le document de voyage est valide ; la carte d’adresse est envoyée par la poste et se conserve avec lui. Après cinq ans de séjour régulier et continu, le droit de séjour permanent s’acquiert automatiquement (Your Europe) ; l’OIF délivre alors une carte de séjour permanent.
  • Montant de référence : les pages officielles consultées ne fixent pas de montant de ressources à justifier. À titre de repère, la pension de vieillesse moyenne atteignait 264 000 forints par mois en juillet 2026 (KSH). Ce chiffre situe le niveau des pensions hongroises et ne constitue pas une condition de séjour ; l’OIF apprécie la situation de chaque demandeur.
  • Formalités : la page vivre en Hongrie détaille les pièces, la carte d’adresse et l’inscription au registre consulaire.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-hongroise

La convention entre la France et la Hongrie, signée à Paris le 28 avril 1980 et en vigueur depuis le 1er décembre 1981, a été modifiée par la convention multilatérale de lutte contre l’érosion de la base d’imposition (BEPS) signée le 7 juin 2017. Elle répartit le droit d’imposer chaque revenu entre les deux États. Sa règle sur les pensions diffère de celles de plusieurs autres pays de l’Union, ce qui change la déclaration à déposer.

  • Pensions de sécurité sociale (article 18, paragraphe 2) : les pensions et autres sommes payées en application de la législation de sécurité sociale d’un État ne sont imposables que dans cet État. Pour la France, l’administration range dans les pensions de sécurité sociale les régimes de base et les régimes complémentaires obligatoires, dont l’AGIRC et l’ARRCO (BOFiP) : ces pensions restent imposables en France, selon les règles applicables aux non-résidents (impots.gouv.fr).
  • Autres pensions privées (article 18, paragraphe 1) : les pensions et rémunérations similaires versées à un résident au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans son État de résidence, donc en Hongrie pour un retraité qui y réside, sous réserve du paragraphe 2 de l’article 19. Une retraite supplémentaire facultative relève en principe de cette catégorie ; son classement se vérifie contrat par contrat.
  • Pensions publiques (article 19, paragraphe 2) : les pensions versées par un État ou une collectivité au titre de services rendus à cet État ne sont imposables que dans cet État ; un ancien fonctionnaire français reste imposé en France.
  • Double imposition (article 24) : la France exonère les revenus imposables en Hongrie en vertu de la convention, sauf certaines catégories qui ouvrent droit à un crédit d’impôt, et calcule l’impôt au taux correspondant au total des revenus ; la Hongrie exempte les revenus imposables en France, en tenant compte des revenus exemptés pour le taux applicable au reste.
  • Prélèvements français : pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants ; avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la CASA s’appliquent (CLEISS).

Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille le versement des pensions hors de France. Un conseil individuel permet de vérifier les déclarations à déposer dans chaque pays.

Soins des retraités : le formulaire S1 et l'accès à la NEAK

Le retraité qui perçoit seulement une pension française, s’installe de façon permanente ou plus de six mois par an en Hongrie et n’y exerce aucune activité demande le S1 à sa caisse de retraite ; aucune cotisation du régime local n’est retenue (CLEISS). Un étranger qui relève des règlements européens 883/2004 et 987/2009 a droit aux soins hongrois (NAV) ; le forfait santé de 12 300 forints par mois ne concerne que les résidents sans autre droit aux soins. Chaque ayant droit peut avoir son propre S1.

  • Parcours de soins : le patient s’inscrit chez un médecin généraliste conventionné, qui l’oriente vers un spécialiste ; voir le guide du système de santé hongrois.
  • Participation : les médicaments sont remboursés de 25 % à 90 % du prix de référence, et les soins dentaires sont gratuits pour les plus de 62 ans (CLEISS). Le détail par poste figure dans la page remboursements des soins en Hongrie.
  • Retour en France : avec un S1, le retraité peut se faire soigner en France quel qu’en soit le motif (CLEISS).

Pour compléter ce dispositif avec une couverture au premier euro ou un accès aux prestataires privés, Expavy aide à comparer les options ; voir aussi le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.

Coût de la vie et logement du retraité

Les repères officiels situent le contexte : la pension de vieillesse moyenne était de 264 000 forints par mois en juillet 2026, pour 232 400 forints de pension médiane, soit 7,8 % de plus qu’un an plus tôt en moyenne (KSH). Le salaire minimum est de 322 800 forints bruts depuis le 1er janvier 2026, soit environ 906 euros au second semestre 2026 selon Eurostat, contre 1 867 euros en France. Un retraité qui loue ajoute les charges, l’énergie et les frais de santé non couverts : le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer ce poste.

  • Logement : les loyers et les prix varient fortement d’une ville à l’autre ; ils se consultent dans les publications du KSH et de la Banque nationale de Hongrie. Le bail sert de justificatif de domicile pour l’enregistrement du séjour (OIF).
  • Monnaie : la Hongrie utilise le forint (HUF), et l’évolution du change est suivie dans le bloc « Repères économiques » de cette page ; la pension française, versée en euros, est exposée à ce risque de change.

Villes et régions : Budapest, Debrecen, Szeged, Pécs et le lac Balaton

Le choix du lieu dépend du climat, de la proximité des hôpitaux et du budget logement. Budapest compte 1 675 777 habitants au 1er janvier 2026, Debrecen 202 331, Szeged 157 596 et Pécs 137 976 (KSH). HungaroMet décrit un climat tempéré chaud à étés chauds, avec une température moyenne annuelle de 10 à 11,5 °C sur la majeure partie du pays pour 1991-2020 et des plaines à 10,5-11,5 °C ; les plus hauts reliefs (Bakony, montagnes du Nord) sont plus frais, autour de 9 °C.

Un retraité qui envisage une région boisée ou le lac Balaton note que France Diplomatie y signale l’encéphalite à tiques et la maladie de Lyme, et se renseigne sur la vaccination. Il est utile de passer au moins une saison hivernale sur place avant de s’engager dans un bail long, de vérifier la distance aux hôpitaux conventionnés et de prévoir l’apprentissage du hongrois pour les démarches courantes.

Si vous avez aussi travaillé en Hongrie : la retraite hongroise

Pour les périodes travaillées en Hongrie, la pension se demande à l’organisme hongrois compétent. Selon le CLEISS, l’âge légal est de 65 ans pour les personnes nées en 1957 ou après, avec une durée minimale d’affiliation de 15 ans, et de 20 ans pour le montant minimal garanti ; il a augmenté de six mois par année de naissance pour les générations 1952 à 1956. Les femmes qui totalisent 40 ans d’assurance peuvent partir sans condition d’âge (page de 2022).

Les périodes accomplies en France et en Hongrie se cumulent pour l’ouverture des droits : le guide trimestres travaillés à l’étranger explique le principe de la totalisation.

Démarches avant le départ et retour éventuel en France

  • Demander le S1 à sa caisse de retraite, pour soi et pour chaque ayant droit, avant le départ.
  • Informer ses caisses de retraite du changement d’adresse et du compte bancaire de versement de la pension.
  • Déposer la demande d’enregistrement à l’OIF avant le 93e jour, avec les justificatifs de ressources, de logement et d’assurance.
  • Conserver la carte d’adresse envoyée par la poste avec le certificat d’enregistrement.
  • Faire inscrire le S1 auprès de l’organisme hongrois compétent, puis choisir un médecin généraliste conventionné.
  • S’inscrire au registre consulaire de l’ambassade de France à Budapest pour un séjour de plus de six mois.
  • Continuer de déclarer sa pension de sécurité sociale en France, où elle reste imposable selon la convention.

En cas de retour en France, l’assuré contacte la dernière caisse d’assurance maladie dont il relevait : la page retour en France détaille les démarches.

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour prendre sa retraite en Hongrie ?

Non. Un Français entre avec une pièce d'identité ou un passeport et séjourne trois mois librement. Au-delà, il demande l'enregistrement à l'OIF au plus tard le 93e jour, en justifiant de ressources suffisantes et d'une assurance maladie ; le droit de séjour permanent s'acquiert après cinq ans.

Quels revenus faut-il justifier pour s'installer en Hongrie à la retraite ?

Des ressources suffisantes pour ne pas peser sur l'aide sociale hongroise, prouvées par des relevés bancaires ou un revenu régulier. Les pages officielles consultées ne fixent pas de montant ; la pension de vieillesse moyenne, 264 000 forints par mois en juillet 2026, donne un ordre de grandeur.

La pension française est-elle imposée en Hongrie ou en France ?

Selon l'article 18 de la convention franco-hongroise, les pensions de sécurité sociale, y compris les régimes complémentaires obligatoires comme l'AGIRC-ARRCO d'après l'administration française, ne sont imposables que dans l'État qui les verse, donc en France. Les autres pensions privées sont imposables dans l'État de résidence.

Une retraite supplémentaire privée est-elle imposée en Hongrie ?

En principe oui : l'article 18, paragraphe 1, réserve l'imposition des pensions privées à l'État de résidence. Le classement exact d'un contrat se vérifie auprès de l'administration fiscale française et de la NAV.

Comment fonctionne le formulaire S1 en Hongrie ?

Le retraité le demande à sa caisse de retraite avant le départ et le fait enregistrer auprès de l'organisme hongrois compétent. Il est ensuite soigné comme un assuré hongrois, sans cotisation locale. Chaque ayant droit peut avoir son propre S1.

Quelle cotisation maladie est prélevée sur la retraite française ?

Pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des indépendants. Avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la CASA s'appliquent.

À quel âge prend-on sa retraite en Hongrie ?

L'âge légal est de 65 ans pour les personnes nées en 1957 ou après, avec 15 ans d'affiliation au minimum, selon le CLEISS (page de 2022).

Quel est le montant des pensions en Hongrie ?

En juillet 2026, la pension de vieillesse moyenne était de 264 000 forints par mois et la pension médiane de 232 400 forints, selon le KSH. La moyenne a progressé de 7,8 % sur un an.

Les autres guides : Hongrie