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Hongrie · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Hongrie : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

En Hongrie, la carte Vitale ne sert pas chez le médecin : la coordination entre la France et la Hongrie repose sur les règlements européens, et c'est le statut qui désigne le payeur. Le salarié local est couvert par la NEAK grâce à la cotisation sociale de 18,5 %, le détaché garde le régime français avec le formulaire A1, le retraité enregistre son formulaire S1 et l'étudiant utilise la CEAM pour un séjour temporaire. Une personne sans autre statut paie un forfait de 12 300 forints par mois. Un adhérent CFE ou un assuré au premier euro complète ce socle selon son contrat. Le tableau récapitulatif résume chaque situation, puis la page détaille les postes de soins.

  • Aucune carte Vitale en Hongrie : le règlement (CE) 883/2004 organise la coordination, avec la CEAM (EU-Kártya) pour un séjour temporaire et les formulaires A1 et S1 pour un séjour durable.
  • 24 mois au plus : durée du détachement avec le formulaire A1, qui maintient le salarié au régime français (europa.eu).
  • 18,5 % du salaire brut : cotisation sociale globale du salarié ; 12 300 forints par mois : forfait santé d'une personne sans autre statut (CLEISS, NAV).
  • 25 % à 90 % du prix de référence : remboursement des médicaments ; participation de 300 forints pour les maladies graves ou chroniques prises en charge à taux plein (CLEISS).
  • 24 semaines de congé de maternité, indemnisées à 100 % du revenu brut journalier moyen, sans plafond (CLEISS).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).

Le principe : le statut désigne le payeur

La France et la Hongrie étant membres de l’Union européenne, leurs régimes de sécurité sociale sont coordonnés par le règlement (CE) 883/2004 : aucune convention bilatérale n’est à consulter, et un travailleur relève de la législation d’un seul pays, en principe celui de son lieu d’activité. La carte Vitale ne fonctionne pas chez un médecin hongrois. La preuve de droits est le numéro TAJ pour un assuré résident, la CEAM (EU-Kártya en Hongrie) pour un séjour temporaire, ou un formulaire portable (A1, S1) pour un séjour durable. La CEAM ouvre droit aux soins nécessaires auprès des prestataires du système public, aux mêmes conditions que les assurés hongrois ; elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements programmés (europa.eu).

Les situations les plus fréquentes sont le salarié en contrat local, le salarié détaché, l’indépendant, le retraité et la personne sans activité, auxquelles s’ajoutent l’étudiant, la famille, l’adhérent CFE, l’assuré au premier euro et le touriste. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les couvertures. Le fonctionnement du réseau de soins est décrit dans le guide du système de santé hongrois.

Salarié en contrat local, salarié détaché et indépendant

Le salarié en contrat local est déclaré par son employeur et assuré par la NEAK, financée par la cotisation sociale de 18,5 % du salaire brut (CLEISS). En cas d’arrêt maladie, l’employeur verse 70 % du salaire brut pendant 15 jours par an au maximum, puis l’assurance maladie prend le relais à 50 % ou 60 % du revenu brut journalier moyen (CLEISS, page de 2022). Les consultations du médecin généraliste, les soins spécialisés sur prescription et l’hospitalisation sont couverts. Voir le glossaire du contrat local.

Le salarié détaché par un employeur français reste rattaché à la Sécurité sociale française, avec le formulaire A1 d’une durée maximale de 24 mois, que l’employeur obtient avant le départ (europa.eu). La CEAM garantit un accès direct aux prestataires de l’État de détachement ; l’arrêt maladie se transmet à la caisse française sous 48 heures ; si la famille réside en Hongrie, elle demande à la caisse française le document S1 (CLEISS). Les frais avancés peuvent se rembourser au retour avec le formulaire S3125, selon les tarifs hongrois ou français, sans dépasser la dépense réelle. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.

L’indépendant installé en Hongrie cotise 18,5 % de cotisation sociale sur son revenu déclaré, avec une base minimale égale au salaire minimum mensuel, soit 322 800 forints (CLEISS, page mise à jour le 21 mai 2026), et relève de la NAV. La NAV classe les entrepreneurs individuels et les associés d’entreprise parmi les assurés. Les cotisations sont détaillées dans la page travailler en Hongrie.

Retraité, étudiant, famille et personne sans activité

Le retraité qui perçoit seulement une pension française, s’installe de façon permanente ou plus de six mois par an dans un État de l’Union et n’y exerce aucune activité demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite ; aucune cotisation du régime local n’est retenue. Si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants ; sans résidence fiscale hors de France, la CSG, la CRDS et la CASA s’appliquent (CLEISS). Les ayants droit peuvent avoir leur propre S1. Voir le guide formulaire S1 mode d’emploi et la page retraite en Hongrie.

L’étudiant en séjour temporaire reçoit les soins nécessaires avec la CEAM. Pour un séjour de plus de trois mois, l’enregistrement auprès de l’OIF exige une preuve d’inscription et d’assurance maladie ou des moyens de couvrir les soins. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.

Le conjoint et les enfants : la NAV reconnaît le droit aux soins des mineurs, hongrois ou non, qui résident en Hongrie. Les listes de la NAV ne citent pas le conjoint parmi les ayants droit : sans activité ni autre statut, il relève du forfait santé, ou d’un document européen délivré par la caisse française si la situation du couple le permet. Voir l’assurance famille expatriée.

La personne sans activité qui séjourne plus de trois mois justifie, pour l’enregistrement de son séjour, de ressources suffisantes et d’une assurance maladie complète ou des moyens de couvrir les soins (OIF). Si elle est résidente sans droit aux soins à un autre titre, la NAV lui réclame le forfait de 12 300 forints par mois, soit 410 forints par jour en mois incomplet, avant le 12 du mois suivant ; au-delà de six mois d’arriérés, le numéro TAJ est invalidé. Une couverture relais protège pendant le traitement de l’affiliation.

Adhérent CFE, assurance au 1er euro et touriste

L’adhérent CFE cotise à un organisme de protection sociale volontaire des Français de l’étranger, qui propose des assurances maladie-maternité-invalidité, accidents du travail et retraite. Il s’ajoute au régime hongrois d’un salarié ou d’un indépendant, et sert d’appui pour les séjours en France et le retour. Les conditions d’adhésion et les délais de carence se vérifient auprès de l’organisme. Voir le guide remboursements CFE.

L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carences et exclusions. Elle ouvre l’accès aux prestataires privés, que la CEAM ne couvre pas, avec une prise en charge directe selon le contrat, et peut inclure le rapatriement.

Le touriste présente sa CEAM aux professionnels affiliés au système public : le système fonctionne en tiers payant et le patient ne règle que le montant habituellement exigé des assurés hongrois ; les consultations sont couvertes, les soins dentaires d’urgence sans participation, et les frais non couverts se demandent en remboursement au retour avec le formulaire S3125 (CLEISS). Une assurance voyage qui couvre l’hospitalisation, le rapatriement et les secours complète utilement la CEAM. Voir l’assurance voyage longue durée.

Retour en France : rouvrir ses droits

Un expatrié qui rentre contacte la caisse d’assurance maladie dont il relevait avant son départ pour rouvrir ses droits. Sans activité à l’arrivée, il justifie en général d’une résidence stable en France ; avec un contrat de travail, l’affiliation intervient sans délai. Un retraité muni d’un S1 peut revenir se faire soigner en France quel qu’en soit le motif (CLEISS). Les adhérents CFE vérifient avec l’organisme les conditions de reprise sans carence. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : le médecin généraliste conventionné est financé par la NEAK ; un spécialiste est accessible sur prescription, sauf en urgence et pour certaines spécialités. La CEAM donne les mêmes droits pour les soins nécessaires. Un prestataire privé hors convention se paie au tarif plein, avec remboursement selon le contrat pour une assurance internationale.
  • Hospitalisation : elle exige une prescription hors urgence et est généralement prise en charge intégralement, sauf services facultatifs ; les urgences sont accessibles à toute personne, quel que soit son statut d’assurance (CLEISS).
  • Médicaments : la NEAK rembourse entre 25 % et 90 % du prix de référence selon la liste ; la participation est ramenée à 300 forints pour les maladies graves ou chroniques prises en charge à taux plein (CLEISS).
  • Dentaire : les soins sont gratuits pour les moins de 18 ans, les étudiants, les plus de 62 ans et les femmes enceintes ; pour les autres assurés, les urgences et la chirurgie dentaire sont couvertes, et une participation s’applique aux prothèses et aux appareils orthodontiques (CLEISS, page de 2022).
  • Optique : les sources officielles consultées ne décrivent pas de prise en charge générale des lunettes pour les adultes ; les contrats internationaux fixent un plafond par période.
  • Maternité : le congé dure 24 semaines (quatre avant l’accouchement et vingt après, ou vingt-quatre après), avec une indemnité de 100 % du revenu brut journalier moyen, sans plafond, sous condition de 365 jours d’assurance sur deux ans (CLEISS). Une CFE ou un contrat international prévoient en général des conditions d’ancienneté pour la maternité.

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localNEAK, financée par la cotisation sociale de 18,5 %Déclaration par l'employeur à la NAV ; numéro TAJPrestataires conventionnés ; indemnités maladie de 50 % à 60 % après 15 jours
Salarié détachéRégime français maintenu ; CEAM ou remboursement françaisA1 pour 24 mois au plus ; S3125 si frais avancésFamille résidente : S1 demandé à la caisse française
IndépendantNEAK après cotisation à la NAVCotisation de 18,5 % sur une base minimale de 322 800 forintsTaxe sociale de 13 % selon l'activité
RetraitéNEAK avec le S1 délivré par la caisse de retraite françaiseS1 avant le départ ; un S1 par ayant droitCotisation de 3,2 % et 4,2 % si résidence fiscale hors de France
ÉtudiantCEAM (séjour temporaire)CEAM à demander à sa caisse avant le départAssurance maladie ou moyens exigés au-delà de 3 mois
Conjoint et enfantsSelon le statut ; mineurs résidents couverts ; S1 pour la famille d'un retraitéDocuments européens de la caisse françaiseConjoint non cité parmi les ayants droit de la NAV
Personne sans activitéForfait santé de 12 300 forints par mois ou couverture justifiéeInscription d'office par la NAV ; ressources suffisantes pour le séjourTAJ invalidé au-delà de 6 mois d'arriérés
Adhérent CFECFE en complément du régime hongroisAdhésion avant le départ ou peu aprèsCotisation aux deux systèmes ; carence si adhésion tardive
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical, carences, exclusionsAccès aux prestataires privés ; prise en charge directe
TouristeCEAM (EU-Kártya) auprès des prestataires affiliés ; assurance voyageCEAM gratuite, à demander à sa caisse avant le départPas de rapatriement, de soins privés ni de soins programmés
Retour en FranceAssurance Maladie, dernière caisse du régime françaisDemande de réouverture des droitsCFE : reprise sans carence selon l'organisme

Sources : CLEISS, NAV, OIF, europa.eu. Les participations varient selon le prestataire ; les montants chiffrés du CLEISS portent sur les années indiquées.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Hongrie ?

Non. Pour un séjour temporaire, la CEAM (EU-Kártya) donne accès aux soins nécessaires du système public hongrois, aux mêmes conditions que les assurés locaux. Pour une installation durable, la preuve de droits dépend du statut : affiliation à la NEAK, formulaire A1 pour un détaché ou formulaire S1 pour un retraité.

Que rembourse la NEAK à un salarié français ?

Les consultations du médecin généraliste, les soins spécialisés sur prescription et l'hospitalisation sont pris en charge. Les médicaments sont remboursés de 25 % à 90 % du prix de référence selon la liste.

Un retraité français peut-il se faire soigner en Hongrie ?

Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite avant le départ. Aucune cotisation locale n'est retenue ; si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général.

Que couvre la CEAM en Hongrie ?

Les soins médicalement nécessaires du système public, en tiers payant : le patient ne règle que le montant habituellement exigé des assurés hongrois. Elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements programmés.

Comment un salarié détaché est-il couvert en Hongrie ?

Il reste au régime français avec le formulaire A1, valable 24 mois au plus. La CEAM lui donne accès direct aux prestataires hongrois ; l'arrêt maladie se transmet à la caisse française sous 48 heures et la famille résidente demande un S1.

Que se passe-t-il si l'on n'a ni emploi ni droit aux soins en Hongrie ?

Une personne résidente sans autre droit aux soins paie le forfait santé de 12 300 forints par mois, inscrit d'office par la NAV. Au-delà de six fois le forfait mensuel d'arriérés, le numéro TAJ est invalidé et les soins gratuits ne sont plus accessibles jusqu'au paiement.

Les soins dentaires sont-ils remboursés en Hongrie ?

Ils sont gratuits pour les moins de 18 ans, les étudiants, les plus de 62 ans et les femmes enceintes. Pour les autres assurés, les urgences et la chirurgie dentaire sont couvertes, et une participation s'applique aux prothèses et aux appareils orthodontiques.

Comment rouvrir ses droits au retour en France ?

En contactant la caisse d'assurance maladie dont on relevait avant le départ. Sans activité, une résidence stable en France est en général exigée ; avec un contrat de travail, l'affiliation se fait sans délai. Un adhérent CFE vérifie avec l'organisme les conditions de reprise sans carence.

Les autres guides : Hongrie