Hongrie · Travailler et économie
Travailler en Hongrie quand on est français : droit au travail, salaire minimum, contrat, impôts et cotisations
L’essentiel
Un Français travaille en Hongrie sans permis ni visa, au titre de la libre circulation dans l'Union européenne. Le salaire minimum est de 322 800 forints bruts par mois depuis le 1er janvier 2026, et le minimum garanti de 373 200 forints pour les postes qui exigent une formation secondaire. L'impôt sur le revenu est de 15 % ; le salarié verse 18,5 % de cotisation sociale et l'employeur une taxe sociale de 13 %, le tout collecté par la NAV. La convention fiscale franco-hongroise du 28 avril 1980 évite la double imposition, et la monnaie reste le forint.
- 322 800 forints bruts par mois : salaire minimum depuis le 1er janvier 2026, soit 1 856 forints de l'heure ; 373 200 forints et 2 145 forints de l'heure pour le minimum garanti (décret 426/2025).
- 906 euros par mois : salaire minimum au second semestre 2026 selon Eurostat, contre 838 euros au premier semestre ; 745 500 forints bruts : gain moyen de juillet 2026 (KSH).
- 15 % : taux de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, sauf disposition contraire de la loi (loi CXVII de 1995, article 8).
- 18,5 % de cotisation sociale à la charge du salarié et 13 % de taxe sociale à la charge de l'employeur, sur le salaire brut (CLEISS, 1er janvier 2026).
- 183 jours sur l'année civile : durée maximale de séjour dans l'autre État pour que le salaire reste imposable dans l'État de résidence selon la convention franco-hongroise (impots.gouv.fr).
- 24 mois au plus : durée du détachement avec le formulaire A1, qui maintient le salarié au régime français (europa.eu).
Repères économiques : Hongrie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +0,5 %
- Inflation
- 4,4 %
- Taux de chômage
- 4,5 %
- PIB par habitant
- 25 907 $
- Population
- 9,5 millions
- Change
- 1 € = 368 HUF
- forint, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : un accès sans permis pour un Français
Les citoyens de l’Union européenne exercent une activité salariée ou indépendante en Hongrie au titre de leur droit de séjour : un Français n’a pas à demander de permis de travail. Pour un emploi de plus de trois mois, le salarié demande l’enregistrement de son séjour à la Direction nationale de la police des étrangers au plus tard le 93e jour, avec son contrat de travail ; la page vivre en Hongrie détaille ces formalités. L’employeur déclare le salarié à la NAV et retient les cotisations.
La recherche d’emploi passe par les offres des employeurs et par les services publics de l’emploi. Le hongrois ouvre le marché le plus large ; plusieurs entreprises internationales fonctionnent aussi en anglais. Le guide travailler à l’étranger aide à préparer le départ côté français.
Salaire minimum et niveaux de salaire
Le décret du Gouvernement 426/2025 (XII. 23.) fixe, pour les salaires de janvier 2026 et suivants, le salaire minimum à 322 800 forints par mois pour un emploi à temps plein, soit 74 210 forints par semaine, 14 850 forints par jour et 1 856 forints par heure. Le minimum garanti, pour les postes qui exigent au moins une formation secondaire, est de 373 200 forints par mois, soit 85 800 forints par semaine, 17 160 forints par jour et 2 145 forints par heure. Eurostat, qui convertit les salaires minimums nationaux en euros, retient 906 euros par mois en Hongrie au second semestre 2026, contre 1 867 euros en France.
- Salaire moyen : le KSH chiffre à 745 500 forints bruts et 523 300 forints nets le gain mensuel moyen d’un emploi à temps plein en juillet 2026, soit +7,5 % en brut et +9,1 % en net sur un an ; le gain médian est de 618 200 forints bruts et 437 900 forints nets (publication du 16 septembre 2026).
- Par secteur : les gains bruts moyens de juillet 2026 sont de 744 200 forints dans le secteur des entreprises, 743 000 dans le secteur budgétaire et 764 200 dans le secteur associatif (KSH).
- Comment lire une offre : l’annonce mentionne en général le salaire brut mensuel ; le net dépend de la cotisation sociale et de l’impôt décrits plus bas.
Pour comparer une offre avec un poste en France, le guide détaché ou expatrié rappelle les différences de statut qui changent le salaire net et la protection sociale.
Contrat, arrêts maladie et maternité
Selon le CLEISS, l’indemnité journalière de maladie est versée sans délai de carence pendant un an au plus : l’employeur verse 70 % du salaire brut pendant 15 jours par an au maximum, puis l’assurance maladie prend le relais à 50 % ou 60 % du revenu brut journalier moyen des 180 derniers jours (page de 2022). Le congé de maternité dure 24 semaines, avec une indemnité de 100 % du revenu brut journalier moyen, sans plafond, sous condition de 365 jours d’assurance au cours des deux années précédentes.
- Remboursement des soins : les droits du salarié à l’assurance maladie et leur articulation avec une complémentaire sont expliqués dans la page remboursements des soins en Hongrie.
- Contrat local ou détachement : un salarié recruté localement relève du régime hongrois ; voir le glossaire du contrat local.
Impôt sur le revenu et convention franco-hongroise
L’article 8 de la loi hongroise CXVII de 1995 sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques fixe le taux à 15 % de l’assiette, sauf disposition contraire. La déclaration des revenus de l’année précédente et le paiement de l’impôt se font au plus tard le 20 mai de l’année suivante ; la NAV prépare un projet de déclaration, qui devient valable à cette date si le contribuable ne le corrige pas (NAV, brochure du 26 janvier 2026).
- Convention franco-hongroise : signée à Paris le 28 avril 1980 et en vigueur depuis le 1er décembre 1981, elle prévoit que le salaire d’un résident d’un État n’est imposable que dans cet État, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État (article 15). Le salaire reste imposable dans l’État de résidence si le bénéficiaire séjourne dans l’autre État au plus 183 jours au cours de l’année civile, si l’employeur n’y est pas résident et si la charge n’est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe.
- Double imposition (article 24) : la France exonère les revenus imposables en Hongrie en vertu de la convention, sauf les dividendes, les revenus des professions indépendantes (article 14), les tantièmes et les revenus d’artistes et de sportifs, qui sont imposables en France avec un crédit d’impôt égal à l’impôt hongrois, dans la limite de l’impôt français ; l’impôt français est calculé au taux correspondant au total des revenus. La Hongrie exempte les revenus imposables en France, sous réserve d’une déduction pour les dividendes.
En cas de doute sur la résidence fiscale ou sur un double emploi entre les deux pays, le service des impôts des particuliers non-résidents en France et la NAV restent les interlocuteurs.
Cotisations sociales : salarié, employeur et indépendant
Selon le CLEISS, le salarié supporte une cotisation sociale globale de 18,5 % du salaire brut, qui inclut la part assurance maladie, et l’employeur verse la taxe sociale (szocho) de 13 % du salaire brut, au 1er janvier 2026. L’assiette minimale du salarié est de 30 % du salaire minimum mensuel, soit 96 840 forints ; le CLEISS cite aussi un plafond annuel côté employeur de 7 747 200 forints, soit 24 fois le salaire minimum. La NAV collecte ces prélèvements ; ils ouvrent l’accès aux soins décrit dans la page système de santé hongrois.
- Indépendant : la cotisation sociale de 18,5 % et la taxe sociale de 13 % se calculent sur le revenu déclaré, avec une base minimale égale à 100 % du salaire minimum mensuel, soit 322 800 forints ; la taxe sociale est supprimée en cas d’activité complémentaire ou de perception d’une pension (CLEISS, page mise à jour le 21 mai 2026).
- Forfait santé : une personne sans emploi ni autre droit aux soins verse 12 300 forints par mois (NAV).
- Détaché depuis la France : un salarié détaché avec le formulaire A1 reste au régime français, pour 24 mois au plus, et ne cotise pas en Hongrie (europa.eu).
Télétravail et indépendants
Selon le règlement (CE) n° 883/2004, un salarié qui télétravaille au moins 25 % de son temps dans son État de résidence relève de la sécurité sociale de cet État (CLEISS). L’accord-cadre multilatéral qui permet de rester affilié à l’État de l’employeur pour moins de 50 % de télétravail compte 23 États signataires au 1er février 2026 ; la Hongrie ne figure pas dans la liste, alors que la France en est signataire. Un télétravail régulier entre la France et la Hongrie se règle donc au cas par cas, par une demande de l’employeur à son institution compétente, qui peut délivrer un formulaire A1.
Les indépendants et les nomades numériques installés en Hongrie relèvent de la NAV pour l’impôt et les cotisations ; le guide assurance nomade digital présente les points d’attention de ce statut.
L'économie hongroise : secteurs, forint et perspectives
Eurostat chiffre la valeur ajoutée brute de la Hongrie à 70 033 milliards de forints en 2024. L’industrie hors construction en représente 21,7 % (dont 18,5 % pour l’industrie manufacturière), le commerce, les transports et l’hébergement-restauration 17,6 %, l’administration publique, l’éducation et la santé 16,7 %, l’immobilier 11,8 %, les activités spécialisées et de soutien 10,5 %, la construction 6,0 %, l’information et la communication 5,4 %, la finance et l’assurance 4,4 %, l’agriculture 3,2 % et les autres services 2,8 %.
- Deuxième trimestre 2026 : le KSH relève, sur un an, une hausse de 3,7 % de l’industrie (2,7 % pour l’industrie manufacturière), de 1,9 % des services, avec 6,0 % pour la finance et l’assurance, un recul de 0,3 % de la construction et de 12,4 % de l’agriculture, en raison d’une sécheresse sévère (publication du 1er septembre 2026).
- Monnaie : la Hongrie conserve sa monnaie, le forint (HUF), et n’appartient pas à la zone euro. Un revenu perçu en euros comporte donc un risque de change, dont l’évolution est suivie dans le bloc « Repères économiques » de cette page.
- Perspectives : les prévisions de croissance, d’inflation et de chômage sont actualisées en continu dans le même bloc.
Prélèvements sur un salaire en Hongrie
| Prélèvement | Taux | Qui le supporte |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu des personnes physiques | 15 % de l'assiette, sauf disposition contraire | Salarié |
| Cotisation sociale globale (dont assurance maladie) | 18,5 % du salaire brut | Salarié |
| Taxe sociale (szocho) | 13 % du salaire brut | Employeur |
| Assiette minimale du salarié | 30 % du salaire minimum, soit 96 840 forints | Salarié |
Sources : CLEISS (taux en vigueur au 1er janvier 2026), loi CXVII de 1995 sur l'impôt sur le revenu, article 8. Les abattements et exonérations se vérifient auprès de la NAV.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Hongrie ?
Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, un Français travaille en Hongrie au titre de son droit de séjour. Pour un séjour de plus de trois mois, il demande l'enregistrement à l'OIF au plus tard le 93e jour.
Quel est le salaire minimum en Hongrie ?
Il est de 322 800 forints bruts par mois depuis le 1er janvier 2026, soit 1 856 forints de l'heure. Le minimum garanti, pour les postes qui exigent au moins une formation secondaire, est de 373 200 forints par mois, soit 2 145 forints de l'heure.
Quel est le salaire moyen en Hongrie ?
Selon le KSH, le gain mensuel moyen d'un emploi à temps plein était de 745 500 forints bruts et 523 300 forints nets en juillet 2026 ; le gain médian était de 618 200 forints bruts.
Combien d'impôt sur le revenu paie-t-on en Hongrie ?
La loi fixe le taux à 15 % de l'assiette, sauf disposition contraire. La déclaration et le paiement des revenus de l'année précédente se font au plus tard le 20 mai.
Quelles cotisations sociales sont retenues sur un salaire hongrois ?
Le salarié supporte 18,5 % de cotisation sociale globale sur son salaire brut, qui inclut la part assurance maladie. L'employeur verse en plus une taxe sociale de 13 %. La NAV collecte l'ensemble.
Comment cotise un indépendant en Hongrie ?
Selon le CLEISS, il verse 18,5 % de cotisation sociale et 13 % de taxe sociale sur le revenu déclaré, avec une base minimale égale au salaire minimum mensuel, soit 322 800 forints. La taxe sociale est supprimée en cas d'activité complémentaire ou de pension.
Que prévoit la convention fiscale entre la France et la Hongrie pour les salaires ?
Le salaire d'un résident est imposable dans son État de résidence, sauf si l'emploi est exercé dans l'autre État. Un séjour de 183 jours au plus dans l'année civile, avec un employeur non résident et sans charge pour un établissement stable, maintient l'imposition dans l'État de résidence.
Le télétravail depuis la France pour un employeur hongrois est-il possible ?
Oui, mais l'affiliation dépend de la part de télétravail : à partir de 25 % dans l'État de résidence, la sécurité sociale de cet État s'applique. La Hongrie n'est pas signataire de l'accord-cadre sur le télétravail transfrontalier ; l'employeur demande un A1 à son institution compétente.
Les autres guides : Hongrie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
