Aller au contenu principal
Expavy

Guernesey · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite à Guernesey : séjour, fiscalité de la pension française, soins et coût de la vie

L’essentiel

Les sources officielles consultées ne décrivent aucun visa réservé aux retraités à Guernesey : un Français a besoin d'une permission d'entrée puis d'un permis ou d'un certificat du Population Management Office, et le marché ouvert (Open Market) est le logement accessible à tous. Aucune convention de non double imposition ne lie la France à Guernesey : seul un accord d'échange de renseignements existe, et la pension française de source française reste soumise au droit interne français, qui prévoit une retenue à la source pour les non-résidents, alors que Guernesey impose à 20 % les revenus mondiaux de ses résidents. Le formulaire S1 de l'Union européenne ne s'applique pas ; selon le CLEISS, les soins relèvent de la sécurité sociale guernesiaise au titre de la résidence, et aucune attestation n'est délivrée avant le départ. Un conseil fiscal et un contrat de santé complémentaire se préparent avant l'installation.

  • Impôt sur le revenu de 20 % à Guernesey, avec relief possible pour l'impôt payé à l'étranger sur justificatifs.
  • Retenue à la source française sur les pensions de source française des non-résidents : 0 % jusqu’à un premier seuil, 12 % jusqu’à un second seuil, 20 % au-delà (barème révisé chaque année).
  • Âge de la pension d’État de Guernesey relevé progressivement, vers 70 ans ; pension complète hebdomadaire revalorisée chaque année.
  • Soins en France pour un retraité français : pension d'au moins 15 ans d'assurance française, sous conditions du CLEISS.
  • Offre retraités de la CFE : cotisation variable selon le pays et l'âge, uniquement pour les soins à l'étranger.
  • Prestation d'aide à la dépendance : au moins 5 ans de résidence à Guernesey, dont les 12 mois précédents.

Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.

Droit de séjour et installation du retraité

Guernesey applique les règles d’immigration britanniques et les complète par une loi de gestion de la population. Les pages consultées du gouvernement de Guernesey ne mentionnent aucun visa ou statut spécifique aux retraités et ne fixent aucun seuil de ressources pour eux ; la voie d’entrée et la permission de séjour se confirment auprès de l’Immigration & Nationality Division (immigration@gcis.gg). Depuis le 1er janvier 2021, un ressortissant de l’UE autre que britannique ou irlandais demande un visa pour tout séjour qui n’est pas une visite.

  • Visite : passeport et ETA de 20 £ (valable deux ans, séjours de six mois au plus) depuis le 23 avril 2026, et 90 jours sur 12 mois sans permis.
  • Permis ou certificat : toute personne qui vit à Guernesey en détient un. Certains certificats limitent le titulaire à un logement du marché ouvert.
  • Marché ouvert (Open Market) : accessible à tous. Dans une maison de partie A, le propriétaire et sa famille proche ou élargie résident sans limite de durée. L’acquisition vise en principe un bien déjà inscrit au registre du logement en marché ouvert. Le prix médian brut y est très élevé, les transactions étant peu nombreuses.
  • Maison de retraite (partie C) : le titulaire peut y rester sans limite, mais il est rare qu’une personne sans résidence antérieure à Guernesey y obtienne un certificat.
  • Conjoint ou partenaire d’un résident installé : séjour initial de 33 mois, puis 30 mois de prolongation, puis demande de séjour permanent après 60 mois, avec une autorisation d’entrée avant le voyage.

Voir aussi vivre à Guernesey. Les conversions de cette page sont indicatives et varient avec le taux de change.

Fiscalité de la pension française : une convention absente

La France et Guernesey n’ont signé aucune convention de non double imposition : la liste officielle des conventions de Guernesey ne comprend pas la France. Les deux États sont liés par un accord d’échange de renseignements en matière fiscale, signé à Paris le 24 mars 2009 et en vigueur depuis le 4 octobre 2010, qui ne contient aucune clause sur la double imposition ni sur les pensions. Le décret de publication précise que cet accord porte sur l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, l’impôt de solidarité sur la fortune, les droits de succession et de donation et la TVA côté français.

  • Côté guernesiais : une personne principalement résidente à Guernesey paie l’impôt sur ses revenus mondiaux, au taux de 20 %, et peut demander un crédit pour l’impôt payé ailleurs sur justificatifs. L’abattement personnel est révisé chaque année et réduit au-delà d’un certain niveau de revenu. La pension d’État de Guernesey ou du Royaume-Uni se déclare sans retenue à la source. Un régime de plafonnement de l’impôt existe pour les résidents fortunés (plafonds fixés sur les revenus qualifiants ou sur le total des revenus, sans abattements personnels), et un plafond particulier existe pour les résidents d’Aurigny. Il n’y a pas d’impôt sur les successions.
  • Côté français : les pensions de source française versées à une personne non domiciliée en France relèvent de la retenue à la source de l’article 182 A du code général des impôts, dont le barème, révisé chaque année, comporte trois tranches à 0 %, 12 % et 20 %. Elles se déclarent aux lignes 1AL et suivantes de la déclaration 2042 avec l’annexe 2041-E. Le caractère imposable en France dépend de la nature de la pension (publique, de sécurité sociale ou privée) et, en principe, de la convention applicable : ici aucune, c’est donc le droit interne qui s’applique. Le service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR) renseigne.
  • Prélèvements sociaux : selon le CLEISS, un retraité qui n’est plus domicilié fiscalement en France ne paie ni CSG, ni CRDS, ni CASA ; une cotisation maladie de 3,2 % sur les pensions de base, 4,2 % sur les complémentaires et 7,1 % sur les pensions d’indépendants est retenue lorsqu’il reste rattaché à un régime français.

Le point décisif est le domicile fiscal. L’article 4 B du code général des impôts retient trois critères alternatifs : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle, ou le centre des intérêts économiques en France ; un seul suffit. Sans convention, aucune règle de départage ne tranche entre les deux États : un retraité qui garde sa résidence ou ses principaux placements en France peut rester imposable en France sur ses revenus mondiaux alors qu’il est aussi résident de Guernesey. Un conseil fiscal personnalisé avant le départ est indispensable.

Retraites : la pension française et la pension d'État de Guernesey

La convention de 1965, qui reprend la convention franco-britannique de 1956, coordonne les pensions de vieillesse et de survivants : chaque territoire verse la pension correspondant à ses périodes, l’assuré peut choisir une demande conjointe, avec totalisation des périodes et pension au prorata, ou séparée, et les pensions peuvent être exportées. Les salariés français ou originaires des îles sont visés.

La pension d’État de Guernesey exige au moins 156 cotisations dans la vie active ; le taux plein suppose en moyenne 50 cotisations par an sur 45 ans, un taux réduit s’appliquant à partir d’une moyenne de 10. La pension complète est versée chaque semaine selon un barème révisé chaque année. L’âge de la pension, supérieur à 65 ans, monte progressivement vers 70 ans. Depuis mai 2026, les bénéficiaires qui vivent à Guernesey, à Aurigny, à Herm ou au Royaume-Uni n’ont plus à remplir de certificat de vie annuel. La caisse française de retraite se contacte avant le départ ; voir le guide toucher sa retraite à l’étranger.

Accès aux soins du retraité : pas de S1, couverture par la résidence

Le formulaire S1, valable dans l’Union européenne (voir le glossaire formulaire S1), ne s’applique pas à Guernesey. Le CLEISS précise que la convention de 1956 ne permet pas le remboursement des soins à Guernesey au titre de la pension française, qu’aucune attestation de droit n’est délivrée avant le départ et que les soins relèvent de la sécurité sociale guernesiaise du fait de la résidence. Cette couverture suppose l’enregistrement aux cotisations : à partir de l’âge de la pension, la cotisation d’une personne sans activité est de 3,8 % du revenu, avec un minimum hebdomadaire de 10,11 £ (environ 12 €) sauf exonération, et la redevance sur les médicaments (5,40 £ par article) ne s’applique plus.

Le généraliste reste payant, avec une aide publique de 12 £ par consultation (barème révisé chaque année). Dentiste, optique et ambulance ne sont pas couverts par le régime. La prestation d’aide à la dépendance exige au moins cinq ans de résidence à Guernesey, dont les douze mois précédant le début des soins ; pour une maison de soins privée, le barème prévoit une prestation hebdomadaire et une quote-part à la charge de la personne, toutes deux révisées chaque année. Un nouvel arrivant n’est pas éligible avant ce délai et prévoit une autre couverture.

Séjours en France : un retraité d’une pension française de base d’au moins 15 ans d’assurance, sans activité professionnelle, reçoit des soins ; la CPAM de Seine-et-Marne (centre national des retraités français à l’étranger) gère ces dossiers, avec préinscription sur ameli-rfe.fr. Le conjoint est exclu et s’assure à part. L’offre retraités de la CFE, dont la cotisation dépend du pays et de l’âge, couvre les soins à l’étranger sans questionnaire de santé pour les titulaires d’une pension du régime de base français. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger, la fiche qui rembourse les soins et le système de santé.

Coût de la vie et logement du retraité

Le loyer mensuel moyen du marché local se compte en milliers de livres et le prix moyen d’achat ajusté en centaines de milliers de livres. Les propriétaires paient une taxe annuelle sur la propriété foncière calculée selon la taille et l’usage du bien, et des charges de paroisse. Le gouvernement de Guernesey indique qu’il n’y a ni TVA, ni impôt sur les plus-values, ni droits de succession. Les revenus d’un retraité français étant en euros, le taux de change entre l’euro et la livre sterling joue directement sur le budget.

Les soins et le logement pèsent donc plus lourd que dans beaucoup de pays voisins. Un abonnement à l’ambulance de St John évite de payer chaque trajet, et une assurance couvrant le rapatriement protège des coûts d’un transfert vers la France, que l’accord de réciprocité avec le Royaume-Uni ne prend pas en charge.

Où s'installer et précautions avant le départ

Les sources officielles consultées ne classent pas les villes. Les services publics, l’hôpital public et le bureau de l’immigration se trouvent à Guernesey, à Saint-Pierre-Port pour l’immigration et la sécurité sociale. Aurigny confie ses principaux services publics à Guernesey depuis 1948 et dispose de son propre hôpital ; son régime fiscal comporte un plafond spécifique, et Sercq possède sa propre assemblée. La proximité de l’hôpital et des cabinets médicaux compte pour un retraité, de même que le secteur scolaire pour une famille.

  • Faire valider la permission de séjour et le logement par le Population Management Office avant tout achat.
  • Obtenir un avis fiscal écrit sur le domicile fiscal et la retenue à la source de la pension française.
  • Souscrire un contrat de santé complémentaire avec rapatriement, ou adhérer à la CFE, avant le départ.
  • Prévoir le retour : une affiliation CPAM après trois mois de résidence stable, la CFE maintenant les droits trois mois (voir retour en France).

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité pour Guernesey ?

Les pages consultées du gouvernement de Guernesey ne décrivent aucun visa réservé aux retraités ni seuil de ressources. Un Français a besoin d'une permission d'entrer et de séjourner et d'un permis ou certificat du Population Management Office. L'Immigration & Nationality Division confirme la voie adaptée.

La France a-t-elle une convention fiscale avec Guernesey ?

Non. Il n'existe pas de convention de non double imposition. Un accord d'échange de renseignements en matière fiscale, signé le 24 mars 2009, est en vigueur depuis le 4 octobre 2010 ; il ne traite ni de la double imposition ni des pensions.

Une pension française est-elle imposée en France quand on vit à Guernesey ?

Les pensions de source française versées à une personne non domiciliée en France relèvent de la retenue à la source de l'article 182 A du code général des impôts (barème révisé chaque année : 0 %, 12 % puis 20 %). Sans convention, le droit interne s'applique ; le domicile fiscal se détermine par l'article 4 B. Un conseil fiscal est nécessaire.

Le formulaire S1 fonctionne-t-il à Guernesey ?

Non, il est propre à l'Union européenne. Selon le CLEISS, aucune attestation n'est délivrée avant le départ et les soins relèvent de la sécurité sociale de Guernesey au titre de la résidence, la convention de 1956 ne permettant pas de remboursement à Guernesey au titre de la pension française.

À quel âge touche-t-on la pension d'État de Guernesey ?

L'âge de la pension, supérieur à 65 ans, monte progressivement vers 70 ans. Il faut au moins 156 cotisations ; la pension complète est versée selon un barème révisé chaque année.

Un retraité peut-il se faire soigner en France depuis Guernesey ?

Oui, lors de séjours en France, s'il perçoit une pension française de base d'au moins 15 ans d'assurance et n'exerce aucune activité. Les frais d'hospitalisation au-delà d'un mois exigent une autorisation préalable. Le conjoint n'est pas concerné.

Que coûte un loyer à Guernesey ?

Le loyer mensuel moyen du marché local se compte en milliers de livres, selon le gouvernement de Guernesey. Le marché local n'est accessible qu'aux personnes qualifiées par leur résidence ou titulaires d'un permis ; le marché ouvert est accessible à tous, à des prix plus élevés.

Les autres guides : Guernesey