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États-Unis · Remboursements des soins

Remboursement des soins aux États-Unis : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

Le remboursement des soins aux États-Unis dépend de votre situation : salarié détaché, contrat local, indépendant, étudiant, retraité, conjoint, adhérent de la CFE, assuré au 1er euro, visiteur en ESTA ou retour en France. La convention franco-américaine de sécurité sociale organise la retraite, l'invalidité et les survivants : l'assurance maladie relève d'autres dispositifs, donc la carte Vitale reste en France. Le salarié détaché garde le régime français et un remboursement aux tarifs français, le salarié local passe par l'assurance de son employeur américain, et l'adhérent de la CFE est remboursé sur une base française alors que les prix américains en sont très éloignés. Un tableau récapitulatif et un panorama par poste de soins (consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité) vous aident à repérer le reste à charge à prévoir.

  • Convention franco-américaine : retraite, invalidité et survivants ; 6 trimestres minimum aux États-Unis pour la totalisation ; entrée en vigueur le 1er juillet 1988 (CLEISS).
  • Consultation chez un généraliste de secteur 1 : base de 30 € en France, remboursée à 70 % moins 2 € de participation, soit 19 € nets (Assurance Maladie).
  • Hospitalisation en France : remboursement à 80 %, puis 100 % à partir du 31e jour, forfait journalier de 23 € (Assurance Maladie, 2026).
  • Dépenses hospitalières ajustées de 3 132 $ en moyenne par journée d'hospitalisation aux États-Unis en 2023 (KFF).
  • Assurance J-1 : 100 000 $ par accident ou maladie, 50 000 $ d'évacuation médicale, 25 000 $ de rapatriement, franchise de 500 $ maximum (22 CFR 62.14).
  • Prime moyenne d'assurance employeur en famille : 26 993 $ par an en 2025, dont 6 850 $ à la charge du salarié (KFF).

Le principe : la convention franco-américaine ne couvre pas la santé

La convention de sécurité sociale entre la France et les États-Unis, signée le 2 mars 1987 et entrée en vigueur le 1er juillet 1988, couvre trois branches : l’invalidité, la vieillesse et les survivants. Elle permet de totaliser les périodes d’assurance des deux pays pour la retraite, à condition d’avoir accompli au moins 6 trimestres d’assurance aux États-Unis, et prévoit des règles particulières pour les détachements. L’assurance maladie n’y figure pas : le CLEISS la classe hors du dispositif de coordination (convention bilatérale).

Conséquence directe : les soins reçus aux États-Unis ne passent ni par la carte Vitale ni par un formulaire de type S1. Le remboursement provient de l’un des mécanismes suivants : le régime français maintenu pour un détaché, l’assurance de l’employeur américain, un contrat individuel (Marketplace ou assurance internationale), la CFE ou une assurance voyage. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères rappelle que l’ambassade ne prend jamais en charge les frais médicaux.

Salarié détaché et salarié en contrat local

Le salarié détaché reste affilié à la Sécurité sociale française pendant sa mission, car l’Assurance Maladie distingue le détaché, qui conserve le régime français, de l’expatrié, qui n’y relève plus. Ses frais sont remboursés aux tarifs français, quel que soit le prix facturé sur place. Les employeurs ajoutent souvent un contrat collectif international pour couvrir l’écart avec les prix américains. Les détails figurent dans notre guide détaché ou expatrié.

Le salarié en contrat local rejoint le régime de l’employeur américain. En 2025, la prime moyenne d’un plan d’entreprise est de 9 325 $ par an en individuel et de 26 993 $ en famille, le salarié en finançant en moyenne 16 % en individuel (1 440 $) et 26 % en famille (6 850 $). La franchise moyenne atteint 1 886 $ en couverture individuelle (KFF). Ce salarié peut en plus adhérer à la CFE pour conserver une couverture calquée sur le régime français, notamment pour ses séjours en France. Notre page contrat local précise cette situation.

Indépendant, étudiant ou jeune en échange J-1

L’indépendant ou l’entrepreneur n’a pas de plan d’employeur. Il choisit entre le Marketplace de l’Affordable Care Act, la CFE et une assurance santé internationale. HealthCare.gov indique que les titulaires de visas de séjour (travail, études, autres visas) peuvent s’inscrire au Marketplace ; à partir du 1er janvier 2027, les aides sur les primes seront réservées aux résidents permanents, aux entrants cubains ou haïtiens et aux ressortissants des États du Pacifique liés par un pacte d’association. Les autres statuts peuvent s’inscrire au prix plein.

L’étudiant ou le stagiaire dépend de l’assurance exigée par son programme. Pour un visa J-1, la réglementation fédérale (22 CFR 62.14) impose une couverture d’au moins 100 000 $ par accident ou maladie, 50 000 $ pour l’évacuation médicale, 25 000 $ pour le rapatriement des restes et une franchise de 500 $ maximum, avec une couverture des conjoints et des personnes à charge qui l’accompagnent. Les universités exigent en général une assurance pour les étudiants F-1, avec parfois une dispense sur preuve d’équivalence. Voir l’assurance étudiant à l’étranger et l’assurance jeune expatrié.

Retraité avec pension française, conjoint et enfants

Le retraité qui perçoit une pension française s’installe dans un pays où le formulaire S1 n’existe pas pour la maladie, puisque la convention ne couvre pas ce risque. Ses options sont la CFE, une assurance santé internationale, le Marketplace avant 65 ans et, à 65 ans, Medicare sous des conditions strictes de statut de résident permanent et de cotisations (voir retraite aux États-Unis et le formulaire S1 mode d’emploi).

Le conjoint et les enfants suivent en général le plan du salarié, à un coût de famille nettement supérieur : 26 993 $ de prime annuelle moyenne en 2025. Les conjoints de titulaires de visas L-1 ou E-2 reçoivent une autorisation de travail liée à leur statut, ce qui leur ouvre parfois leur propre plan d’employeur. Pour les visas J-1, les personnes à charge doivent respecter la même couverture minimale que le titulaire. Notre page assurance famille expatriée aide à organiser la couverture de toute la famille.

Adhérent CFE : un remboursement sur base française et un reste à charge élevé

La CFE offre une continuité avec le régime français pour la maladie, la maternité et l’invalidité, avec une couverture qui suit l’adhérent dans les pays d’expatriation et lors de séjours en France. Son principe de remboursement s’appuie sur les tarifs conventionnés français : l’acte est remboursé comme il le serait en France, quel que soit son prix sur place.

Aux États-Unis, l’écart est particulièrement marqué. En France, une consultation chez un généraliste de secteur 1 repose sur une base de 30 € depuis le 22 décembre 2024 ; l’Assurance Maladie rembourse 70 % de cette base, soit 21 €, dont on déduit 2 € de participation forfaitaire : le remboursement net est de 19 €. Une consultation américaine se facture souvent plusieurs fois ce montant, et une journée d’hospitalisation représente en moyenne 3 132 $ de dépenses hospitalières ajustées (KFF, 2023). L’essentiel de la facture reste donc à la charge de l’adhérent ou de sa complémentaire. Les guides remboursements CFE et complément CFE détaillent le mécanisme, tandis que le guide CFE ou assurance privée aide à choisir.

Assurance au 1er euro (zone USA incluse) et visiteur en ESTA

Une assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de son plafond de garantie, sans passer par le tarif de référence français. Les contrats distinguent des zones de couverture : la zone « monde entier » avec États-Unis se tarife au niveau le plus élevé, car les soins américains y sont les plus chers. Avant de souscrire, vérifiez que la zone États-Unis figure bien au contrat, le plafond annuel, la prise en charge directe auprès des hôpitaux et le délai de carence maternité. Expavy compare ces garanties pour vous aider à choisir.

Le visiteur en ESTA séjourne 90 jours maximum, sans travail ni études. Le ministère français des Affaires étrangères juge impératif de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance couvrant tous les frais médicaux, chirurgie et hospitalisation compris, ainsi que le rapatriement sanitaire. L’ambassade précise que la simple détention d’une carte bancaire permet souvent la prise en charge des frais d’hospitalisation à l’étranger pour les séjours de moins de 90 jours, selon les clauses d’exclusion du contrat. Pour un séjour plus long, voir l’assurance voyage longue durée.

Retour en France : reprendre sa couverture

Au retour, l’ancien salarié détaché retrouve naturellement le régime français qu’il n’avait pas quitté, tandis que l’ancien expatrié et l’adhérent de la CFE reconstituent leurs droits auprès de l’Assurance Maladie. La CFE couvre aussi les soins reçus en France lors de séjours temporaires. Un dossier de retour bien préparé (attestations d’assurance, comptes rendus médicaux, justificatifs de résidence) évite les ruptures de couverture : notre guide retour en France et la page assurance retour en France détaillent les étapes.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : base française de 30 € remboursée à 70 % moins 2 € de participation (19 € nets). Aux États-Unis, la facture passe par le réseau du contrat : copay fixe ou franchise puis coinsurance. Un spécialiste hors réseau coûte davantage.
  • Hospitalisation : en France, l’Assurance Maladie rembourse 80 % des frais, 100 % à partir du 31e jour d’hospitalisation, avec un forfait journalier de 23 € en hôpital ou clinique. Aux États-Unis, les dépenses hospitalières ajustées atteignent 3 132 $ en moyenne par journée en 2023. La prise en charge directe auprès de l’hôpital évite d’avancer les fonds et suppose un accord préalable du contrat (entente préalable).
  • Médicaments : en France, les taux de remboursement sont de 65 %, 30 % ou 15 % selon le service médical rendu, et 100 % pour les médicaments irremplaçables et coûteux. Aux États-Unis, une ordonnance française ne permet pas d’acheter de médicaments : il faut une prescription américaine, et le contrat fixe les niveaux de copay.
  • Dentaire et optique : ces soins relèvent le plus souvent de garanties distinctes, souscrites en option, et la base française de remboursement reste modeste. Un contrat international précise le plafond annuel pour ces postes.
  • Maternité : en France, la prise en charge est de 100 % durant les 4 derniers mois de grossesse, l’accouchement et les 12 jours suivants. Aux États-Unis, une naissance génère 14 768 $ de dépenses supplémentaires par voie basse et 26 280 $ par césarienne pour une assurée d’un employeur, dont 2 655 $ et 3 214 $ restent à sa charge (Peterson-KFF). Les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence maternité.

Tableau récapitulatif : qui rembourse les soins aux États-Unis selon la situation

SituationQui couvre les soinsBase de remboursementPoint d'attention
Salarié détachéRégime français maintenu, souvent complété par l'employeurTarifs françaisÉcart avec les prix américains : prévoir un complément
Salarié en contrat localAssurance de l'employeur américainContrat du plan : réseau, franchise, plafondPart du salarié : 16 % de la prime en individuel, 26 % en famille
Indépendant, entrepreneurMarketplace, CFE ou assurance internationaleContrat choisi (plafond Marketplace 2026 : 10 600 $)Aides sur les primes restreintes aux résidents permanents dès 2027
Étudiant, stagiaire J-1Assurance exigée par le programme ou l'universitéContrat conforme aux minimums (J-1 : 100 000 $)Conjoint et enfants à couvrir aussi
Retraité avec pension françaiseCFE, assurance internationale, Marketplace ; Medicare sous conditionsSelon l'option retenueAucun formulaire S1 pour la maladie
Conjoint et enfantsPlan du salarié ou contrat propreContrat du planPrime famille moyenne de 26 993 $ en 2025
Adhérent CFECFETarifs conventionnés françaisReste à charge élevé aux États-Unis
Assurance au 1er euroAssureur internationalFrais réels dans les plafondsZone États-Unis à vérifier au contrat
Visiteur en ESTAAssurance voyage ; parfois carte bancaire (moins de 90 jours)Contrat ou clauses de la carteL'ambassade ne prend pas en charge les frais
Retour en FranceRégime français ; CFE pour les séjours temporairesTarifs françaisPréparer la reprise des droits avant le retour

Sources : CLEISS, Ambassade de France aux États-Unis, Assurance Maladie, HealthCare.gov, KFF, 22 CFR 62.14. Le tableau présente des principes généraux ; les garanties exactes dépendent de chaque contrat.

Questions fréquentes

Un salarié détaché aux États-Unis est-il remboursé par la Sécurité sociale française ?

Oui, il reste affilié au régime français pendant sa mission, avec un remboursement aux tarifs français. L'écart avec les prix américains reste à sa charge, d'où l'intérêt d'un complément ou d'un contrat collectif de l'employeur.

La convention franco-américaine couvre-t-elle les frais de santé ?

Non. Elle couvre la vieillesse, l'invalidité et les survivants, avec une totalisation des périodes à partir de 6 trimestres aux États-Unis. L'assurance maladie en est exclue, et le formulaire S1 n'existe donc pas pour les soins américains (CLEISS).

Comment la CFE rembourse-t-elle les soins aux États-Unis ?

Sur la base des tarifs conventionnés français. Une consultation de généraliste est remboursée sur 30 €, soit 19 € nets après la participation de 2 €, quel que soit son prix sur place. Le reste à charge peut donc représenter l'essentiel de la facture américaine.

Quelle assurance faut-il pour un visa J-1 ?

La réglementation fédérale exige 100 000 $ par accident ou maladie, 50 000 $ d'évacuation médicale, 25 000 $ de rapatriement des restes et une franchise de 500 $ maximum, avec la couverture des conjoints et personnes à charge qui accompagnent le titulaire.

Un retraité français peut-il utiliser le formulaire S1 aux États-Unis ?

Non, le S1 suppose une convention de coordination de l'assurance maladie, qui n'existe pas entre la France et les États-Unis. Le retraité choisit entre la CFE, une assurance internationale, le Marketplace avant 65 ans et Medicare sous conditions.

L'assurance au 1er euro couvre-t-elle les États-Unis ?

Seulement si la zone de couverture inclut les États-Unis, souvent en option ou à un tarif supérieur. Il convient de vérifier la zone, le plafond annuel, la prise en charge directe et les délais de carence avant de souscrire.

Un visiteur avec ESTA est-il couvert en cas d'urgence ?

Le séjour se couvre par une assurance voyage, ou par la carte bancaire selon ses clauses pour moins de 90 jours. L'ambassade de France ne prend pas en charge les frais médicaux, et une admission à l'hôpital peut exiger une garantie financière.

Les autres guides : États-Unis