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Retraite aux États-Unis : visa, Medicare, fiscalité de la pension française et santé
L’essentiel
Prendre sa retraite aux États-Unis demande de préparer trois volets : le statut de séjour, la fiscalité et la santé. Le pays ne propose pas de visa retraite : un séjour supérieur à 90 jours exige un visa, et les voies d'installation durables passent par une carte verte (famille, emploi, investissement ou loterie) ou par une activité sur place avec un visa d'investisseur. La convention fiscale franco-américaine répartit l'imposition selon la nature de la pension : les régimes obligatoires français restent imposables en France, tandis que les pensions privées relèvent de l'État de résidence. Côté santé, Medicare suppose un statut de résident permanent, des cotisations ou une prime de 311 $ à 565 $ par mois en 2026, d'où l'intérêt d'une couverture internationale ou de la CFE avant 65 ans.
- Visa obligatoire au-delà de 90 jours ; ESTA valable 2 ans pour des séjours de 90 jours maximum, sans activité professionnelle (France Diplomatie).
- Medicare 2026 : partie A gratuite avec 40 trimestres de cotisations, sinon 311 $ par mois (30 à 39 trimestres) ou 565 $ par mois ; partie B à 202,90 $ par mois (CMS).
- Franchise hospitalière Medicare partie A de 1 736 $ et franchise annuelle partie B de 283 $ en 2026 (CMS).
- Convention franco-américaine : 6 trimestres minimum aux États-Unis pour totaliser les périodes de retraite (CLEISS).
- Plafond annuel de dépenses restant à charge du Marketplace en 2026 : 10 600 $ en individuel (HealthCare.gov).
- Niveau de prix de l'agglomération de Miami : 114,2 en 2024, pour une moyenne nationale de 100 (BEA).
Repères économiques : États-Unis
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +2,2 %
- Inflation
- 2,9 %
- Taux de chômage
- 4,2 %
- PIB par habitant
- 90 027 $
- Population
- 341,8 millions
- Change
- 1 € = 1,130 USD
- dollar américain, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Aucun visa retraite : les options d'immigration pour un retraité français
Les États-Unis ne délivrent pas de visa retraite. Un Français peut entrer avec l’ESTA, valable 2 ans à compter de sa délivrance, pour des séjours de 90 jours maximum à titre touristique ; ce dispositif exclut toute activité professionnelle. Un séjour de plus de 90 jours exige un visa (France Diplomatie). Un retraité qui souhaite vivre sur place choisit donc parmi des catégories de visa conçues pour d’autres projets.
- Carte verte par la famille : un enfant citoyen américain, un conjoint citoyen ou résident permanent peut parrainer une résidence permanente. C’est la voie la plus courante pour un retraité qui rejoint ses proches.
- Visa E-2 d’investisseur : réservé aux ressortissants d’un pays de traité, dont la France, qui investissent un montant substantiel dans une entreprise réelle et en dirigent l’activité. Le séjour initial est de 2 ans, renouvelable par périodes de 2 ans sans limite de nombre (USCIS).
- Carte verte par l’emploi ou l’investissement : elle suppose un parrain, un projet ou un investissement créateur d’emplois, ce qui convient aux retraités entrepreneurs ou consultants.
- Loterie de la carte verte (Diversity Visa) : tirage au sort annuel dont l’éligibilité dépend du pays de naissance ; l’inscription se fait uniquement sur le site officiel du Département d’État.
Les séjours répétés de plusieurs mois sous ESTA peuvent attirer l’attention des autorités frontalières, car l’ESTA est destiné aux visites temporaires. Un projet de résidence durable gagne à être préparé avec un avocat en immigration.
Retraite française et Social Security américaine : ce que fait la convention
La convention de sécurité sociale entre la France et les États-Unis couvre la vieillesse, l’invalidité et les survivants. Elle permet de totaliser les périodes d’assurance des deux pays pour ouvrir un droit à pension, à condition d’avoir accompli au moins 6 trimestres d’assurance américains (CLEISS). Votre pension française continue d’être versée à l’étranger par vos caisses de retraite.
Côté américain, la retraite de la Social Security exige 40 trimestres de cotisation, soit dix années de travail. L’âge de départ à taux plein se situe entre 66 et 67 ans selon l’année de naissance, et un départ dès 62 ans réduit la pension (CLEISS). Un retraité français qui n’a jamais travaillé aux États-Unis ne perçoit pas de pension américaine ; son revenu vient de ses droits français, de son épargne et de ses éventuelles rentes privées.
Cette convention n’a aucun effet sur la santé : elle ne comporte pas de formulaire S1 pour les soins américains. Consultez le guide formulaire S1 : mode d’emploi pour comprendre ce document et ses pays d’application.
Fiscalité de la pension française selon la convention fiscale franco-américaine
Le texte de la convention fiscale, publié par l’IRS, distingue plusieurs catégories de revenus. Selon l’article 18, les pensions et rémunérations similaires versées en contrepartie d’un emploi passé, y compris les distributions de régimes de retraite, sont imposables uniquement dans l’État de résidence. Les pensions versées en vertu de la législation de sécurité sociale d’un État à un résident de l’autre État sont imposables uniquement dans l’État qui les verse ; la notion inclut les régimes français de caractère obligatoire. Selon l’article 19, une pension publique est imposable uniquement dans l’État payeur, sauf si le bénéficiaire est à la fois résident et ressortissant de l’autre État.
- Retraite de base et complémentaire obligatoire française : imposable en France, selon les règles applicables aux non-résidents ; vérifiez la procédure sur impots.gouv.fr.
- Rentes et retraites privées (plans d’épargne retraite, contrats facultatifs) : imposables dans l’État de résidence, donc aux États-Unis pour un résident américain.
- Pension de fonctionnaire : imposable en France, État qui verse la pension.
- Social Security américaine versée à un résident français : imposable uniquement aux États-Unis.
Un résident fiscal américain déclare ses revenus mondiaux à l’IRS, et la résidence américaine résulte du statut de résident permanent ou du test de présence substantielle : 31 jours dans l’année et 183 jours sur trois ans, en comptant l’année en cours, un tiers de l’année précédente et un sixième de l’année d’avant. L’article 29 de la convention précise que les États-Unis peuvent imposer leurs résidents comme si la convention n’existait pas, sauf pour certains avantages, dont le régime des pensions de sécurité sociale (article 18, paragraphe 1, b) et l’élimination de la double imposition (article 24). Un titulaire de carte verte ne conserve donc pas le bénéfice de l’article 19 vis-à-vis des États-Unis. Ces règles sont techniques : un conseil fiscal franco-américain sécurise le montage avant le départ.
Medicare : une porte fermée sans cotisations ni statut de résident
Medicare couvre les personnes de 65 ans et plus. Selon le Centers for Medicare & Medicaid Services, la partie A (hospitalisation) est gratuite pour les personnes qui ont cotisé 40 trimestres. Avec 30 à 39 trimestres, la prime est de 311 $ par mois en 2026 ; en dessous de 30 trimestres, elle atteint 565 $ par mois, soit 6 780 $ par an. La partie B (médecins) coûte 202,90 $ par mois, avec une franchise annuelle de 283 $, et la franchise hospitalière de la partie A atteint 1 736 $ en 2026.
L’accès suppose en outre un statut de résident permanent avec cinq ans de résidence continue. La loi de 2025 a restreint l’éligibilité des immigrants : les résidents permanents, les entrants cubains ou haïtiens et les ressortissants des États du Pacifique liés par un pacte d’association restent concernés, tandis que les autres bénéficiaires actuels perdent leurs droits au 4 janvier 2027 (National Health Law Program). Un retraité français sans carte verte ne peut donc pas compter sur Medicare, et celui qui en bénéficie doit anticiper la prime et les franchises. Notre guide système de santé américain présente les autres dispositifs.
Coût de la santé du retraité : ce qu'il faut budgéter
Avant 65 ans, ou sans droit à Medicare, un retraité résident peut souscrire un contrat sur le Marketplace : HealthCare.gov accepte les résidents permanents et de nombreux titulaires de visas de séjour. Le plafond de dépenses restant à charge est de 10 600 $ en individuel pour 2026, hors prime ; à partir du 1er janvier 2027, les aides sur les primes seront réservées aux résidents permanents, aux entrants cubains ou haïtiens et aux ressortissants des États du Pacifique liés par un pacte d’association.
- La CFE propose des formules pour les retraités, avec un remboursement sur base française, donc un reste à charge élevé aux États-Unis (remboursements CFE).
- L’assurance santé internationale rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, avec une zone États-Unis à vérifier au contrat (assurance retraite à l’étranger).
- Les séjours en France restent couverts par la CFE ou par un contrat prévoyant l’Europe : voir le guide retraite à l’étranger et le glossaire RetraitExpat.
Le détail de chaque situation se trouve dans la page remboursement des soins aux États-Unis. Expavy compare des garanties santé internationales adaptées aux retraités et aux seniors.
La Floride et les États prisés des retraités
La Floride attire de nombreux retraités par son climat et son cadre fiscal : l’État ne prélève pas d’impôt sur le revenu des particuliers, ce qui ne dispense pas de l’impôt fédéral. Le coût de la vie y reste élevé dans les grandes agglomérations : le BEA mesure un niveau de prix de 114,2 à Miami en 2024, pour une moyenne nationale de 100. Le logement, l’assurance habitation (exposition aux ouragans) et les charges de copropriété pèsent sur le budget.
D’autres États du Sud et du Sud-Ouest séduisent pour leur climat et leur fiscalité. Le choix d’un État pèse sur la fiscalité locale, le coût du logement et la disponibilité des hôpitaux et des spécialistes : comparez les réseaux de soins de chaque région avant de signer un bail ou un achat. Notre page vivre aux États-Unis compare les villes et leurs indices de prix.
Check-list d'un départ à la retraite aux États-Unis
- Choisir la voie d’immigration (famille, investissement, emploi, loterie) et consulter un avocat en immigration.
- Faire estimer la pension française nette de fiscalité selon la convention, avec un conseil fiscal franco-américain.
- Vérifier ses trimestres américains éventuels et le droit à une pension de la Social Security.
- Prévoir la couverture santé dès le jour d’arrivée : CFE, contrat international ou Marketplace, puis Medicare si les conditions sont réunies.
- Organiser le suivi des soins en France, l’ordonnance américaine et la gestion des médicaments.
- S’inscrire au registre des Français établis hors de France et conserver ses justificatifs de résidence.
Pour aller plus loin, la fiche États-Unis récapitule les obligations selon le visa.
Quel État impose quelle pension ? Repères de la convention fiscale franco-américaine
| Type de revenu | État qui impose | Base dans la convention |
|---|---|---|
| Retraite de base et complémentaire obligatoire françaises | France (État qui verse) | Article 18, paragraphe 1 b |
| Rentes et retraites privées, plans facultatifs | État de résidence | Article 18, paragraphe 1 a |
| Pension de fonctionnaire (France) | France (État payeur), sauf résident et ressortissant de l'autre État | Article 19, paragraphe 2 |
| Social Security américaine versée à un résident français | États-Unis (État qui verse) | Article 18, paragraphe 1 b |
Source : texte de la convention fiscale France-États-Unis publié par l'IRS. Les États-Unis conservent le droit d'imposer leurs résidents (clause de sauvegarde, article 29), avec des exceptions. Cas particulier : faites valider votre situation par un conseil fiscal.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraite pour les États-Unis ?
Non. Les retraités passent par d'autres catégories : carte verte par la famille, par l'emploi ou l'investissement, visa E-2 d'investisseur pour ceux qui dirigent une entreprise, ou loterie de la carte verte. L'ESTA permet seulement des séjours touristiques de 90 jours maximum.
Un retraité français peut-il bénéficier de Medicare ?
Medicare exige un statut de résident permanent, cinq ans de résidence continue et soit 40 trimestres de cotisations, soit une prime mensuelle de 311 $ ou 565 $ en 2026. Depuis la loi de 2025, l'éligibilité des immigrants est restreinte à des statuts limités.
Ma pension française est-elle imposée aux États-Unis ?
Cela dépend de sa nature et de votre statut. Les régimes obligatoires français sont imposables en France selon la convention (article 18, paragraphe 1 b), tandis que les rentes privées relèvent de l'État de résidence. Un résident fiscal américain déclare ses revenus mondiaux à l'IRS, d'où l'intérêt d'un conseil fiscal.
Le formulaire S1 fonctionne-t-il aux États-Unis ?
Non. Le S1 suppose une convention couvrant l'assurance maladie. L'accord entre la France et les États-Unis couvre seulement la vieillesse, l'invalidité et les survivants.
Comment se couvrir pour la santé avant 65 ans ?
Le Marketplace de l'Affordable Care Act accepte les résidents permanents et de nombreux titulaires de visas, avec un plafond de dépenses de 10 600 $ en individuel en 2026. La CFE ou une assurance santé internationale incluant la zone États-Unis offrent d'autres options.
La Floride est-elle avantageuse pour un retraité ?
La Floride ne prélève pas d'impôt sur le revenu des particuliers et attire pour son climat, mais son niveau de prix reste élevé : 114,2 à Miami en 2024 selon le BEA, pour une moyenne nationale de 100. L'impôt fédéral s'applique, et la couverture santé reste à organiser.
Combien de trimestres faut-il pour une pension américaine ?
La Social Security exige 40 trimestres de cotisation. La convention franco-américaine permet de totaliser les périodes des deux pays, à condition d'avoir accompli au moins 6 trimestres d'assurance américains.
Les autres guides : États-Unis
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.