Emploi et fiscalité
Travailler aux Bermudes quand on est français : permis, salaires, impôts et cotisations
L’essentiel
Un Français ne peut travailler aux Bermudes qu'avec un permis de travail demandé en ligne par l'employeur, qui doit d'abord proposer le poste aux Bermudiens ; 48 catégories d'emplois sont fermées aux non-Bermudiens. Le permis standard dure de 1 à 5 ans, le salaire minimum est de 17,13 dollars de l'heure et le revenu annuel brut médian avoisine 71 000 dollars. Les particuliers ne paient pas d'impôt sur le revenu : l'impôt sur la masse salariale (payroll tax) s'applique, avec une part salariale de 0,25 % à 12,5 % selon les tranches. L'assurance sociale, l'assurance santé et la retraite privée sont dues dès le premier jour d'emploi, avec au moins 50 % à la charge de l'employeur.
- Salaire minimum horaire révisé tous les deux ans, avec une hausse plafonnée à 2,5 % par an.
- Revenu annuel brut médian : nettement plus élevé pour les non-Bermudiens que pour l'ensemble des salariés, et le plus élevé dans l'activité internationale des entreprises.
- Payroll tax, part salariale : taux progressif de 0,25 % pour les plus bas salaires jusqu'à 12,5 % pour les tranches les plus élevées ; plafond par personne fixé chaque année.
- Permis standard : 1 015 $ pour un an (environ 904 €) et 6 510 $ pour cinq ans (environ 5 800 €), avec un traitement de 20 jours ouvrables.
- Catégories d'emplois fermées ou restreintes aux non-Bermudiens, selon une liste publiée chaque année par le gouvernement.
- Congés minimums : 14 jours de vacances après un an, 8 jours de maladie payés et 13 semaines de congé maternité payé après un an.
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Repères chiffrés : Bermudes
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,9 %
- PIB par habitant
- 142 250 $
- Population
- 64 555
- Espérance de vie
- 82,5 ans
- Médecins pour 1 000 hab.
- 1,77
- Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
- 6,3
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail et permis de travail
Selon le guide officiel du travail de la Labour Relations Section, une personne qui n’est ni Bermudienne, ni citoyenne britannique d’outre-mer naturalisée considérée comme appartenant aux Bermudes, ni conjointe d’un Bermudien, ni titulaire d’un certificat de résident permanent doit détenir un permis de travail. La première demande se fait depuis l’étranger, sauf autorisation du Département de l’immigration. C’est l’employeur qui dépose le dossier en ligne, avec un contrat écrit (statement of employment) signé par les deux parties et les informations sur les membres de la famille. Le dépôt par courriel ou en personne n’est pas accepté, et le travail ne peut pas commencer avant l’approbation.
Travailler sans permis, avec un permis expiré ou hors du poste autorisé expose le travailleur et l’employeur à des amendes, à l’expulsion et à une interdiction de revenir travailler aux Bermudes pendant au moins 12 mois, d’après le gouvernement. Le titulaire n’est autorisé à occuper que l’emploi indiqué sur son permis. Le guide travailler à l’étranger rappelle les points communs à tous les pays.
Les catégories de permis, les délais et les frais
Le gouvernement distingue le permis standard (de 1 à 5 ans), le permis de court terme (jusqu’à 6 mois), le permis occasionnel (travail à temps partiel, au plus 14 heures par semaine), le permis périodique pour les visiteurs fréquents, et des permis destinés aux nouvelles entreprises, à la fintech et aux bureaux familiaux, ainsi que les catégories « global entrepreneur » et « intra-entreprise ». Le traitement d’un dossier complet prend 20 jours ouvrables pour un permis standard et 4 jours ouvrables pour un court terme d’urgence. Les frais publiés pour un permis standard ou périodique sont de 1 015 $ pour un an (environ 904 €), 2 530 $ pour deux ans, 3 795 $ pour trois ans, 5 040 $ pour quatre ans et 6 510 $ pour cinq ans (environ 5 800 €). Un permis de court terme coûte de 705 $ pour trois mois au plus à 1 070 $ pour six mois (environ 953 €). Les conversions sont indicatives et varient avec le taux de change, le dollar bermudien étant à parité avec le dollar américain.
La demande de renouvellement se dépose au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant l’expiration du permis, et le salarié peut continuer à travailler pendant l’instruction. Un certificat de police couvrant le pays d’origine et les pays de résidence des deux années précédentes est demandé aux primo-demandeurs. Un niveau d’anglais est exigé de la plupart des nouveaux candidats à un permis standard, sauf pour les ressortissants de pays anglophones ou les titulaires d’un diplôme d’un établissement anglophone.
Emplois fermés, priorité aux Bermudiens et mobilité
Avant d’embaucher à l’étranger, l’employeur doit publier le poste pendant au moins huit jours dans un journal local et sur le site d’emploi du gouvernement, et tout candidat bermudien qui remplit les exigences doit être dûment considéré : les Bermudiens ont toujours la priorité. La politique 2025 des permis de travail, entrée en vigueur le 1er novembre 2025, ajoute des catégories fermées et restreintes : 48 catégories sont fermées aux travailleurs étrangers (par exemple adjoint administratif, caissier, agent immobilier, agent de sécurité, chauffeur de taxi) et 18 sont restreintes, avec des permis plus courts et des vérifications supplémentaires. La liste est mise à jour périodiquement.
Un titulaire de permis doit en principe accomplir deux ans chez son premier employeur. Après ce délai, les mises à jour de la politique prévoient qu’un changement d’emploi ne peut pas être examiné pendant les six premiers mois d’un nouveau permis (contre un an auparavant) ni pendant les trois premiers mois d’un permis renouvelé. Une promotion n’est possible que sur un permis renouvelé, avec l’autorisation écrite préalable du Département. À la fin du permis, le titulaire dispose en principe de 90 jours pour régler ses affaires et partir ; l’employeur finance le rapatriement dans le pays d’origine sauf accord contraire. La politique évolue régulièrement : à vérifier avant toute démarche.
Salaires et niveaux de rémunération
Le salaire minimum horaire est passé de 16,40 $ à 17,13 $ (environ 15,26 €) le 1er septembre 2025 pour tous les salariés, à temps plein ou à temps partiel, selon un communiqué du ministère de l’Économie et du Travail du 25 août 2025. Il sera revu tous les deux ans, avec une hausse plafonnée à 2,5 % par an et indexée sur les prix. Les chiffres de l’enquête sur l’emploi donnent un revenu annuel brut médian proche de 71 000 $. La médiane atteint environ 79 000 $ chez les 40 à 54 ans et 41 000 $ chez les moins de 25 ans ; elle est d’environ 85 000 $ pour les titulaires d’un certificat de résident permanent, 84 000 $ pour les conjoints non bermudiens de Bermudiens, 83 000 $ pour les autres non-Bermudiens et 68 000 $ pour les Bermudiens.
Les niveaux varient fortement selon la profession : les cadres supérieurs et dirigeants affichent une médiane de 120 533 $ (environ 107 379 €), les travailleurs des services et de la vente de 42 698 $ (environ 38 038 €). Le tableau ci-dessous reprend les secteurs les mieux et les moins bien rémunérés. Les revenus mesurés sont bruts, avant cotisations et impôt sur la masse salariale.
Contrat de travail et droits du salarié
L’Employment Act 2000 s’applique à tous les salariés, quel que soit leur statut d’immigration. L’employeur remet un contrat écrit (statement of employment) au plus tard une semaine après le début du travail, avec un bulletin de paie détaillé. Les heures au-delà de 40 par semaine sont des heures supplémentaires, payées au moins à 1,5 fois le taux normal ou compensées par un repos, sauf accord écrit contraire. Le salarié bénéficie d’un repos de 24 heures consécutives par semaine et d’une pause repas de 30 minutes après cinq heures de travail. Le guide officiel recense dix jours fériés.
- Vacances : au moins deux semaines (14 jours) payées après un an de service, dont une semaine peut être prise après six mois.
- Maladie : au moins huit jours payés par an après un an de service ; un certificat médical peut être demandé.
- Maternité et paternité : 13 semaines de congé maternité payées après un an de service continu (non payées avant) et cinq jours consécutifs de congé paternité (payés après un an).
- Fin du contrat : le préavis figure dans le contrat ; il n’existe pas d’âge légal de départ à la retraite pour le secteur privé, mais les employeurs appliquent souvent une politique à 65 ans.
Impôts et cotisations : payroll tax, assurance sociale, santé, retraite privée
Le gouvernement indique que les particuliers ne paient pas d’impôt sur le revenu. Le prélèvement principal est la payroll tax, calculée sur la rémunération annuelle avec un plafond de 1 000 000 $ par personne. La part salariale, progressive, va de 0,25 % à 12,5 % selon la tranche de rémunération. La part employeur dépend de la masse salariale. Ces barèmes sont révisés chaque année : les taux en vigueur se vérifient auprès de l’administration. L’employeur peut retenir la part salariale mais répond du total. La déclaration est trimestrielle, aux échéances du 15 janvier, 15 avril, 15 juillet et 15 octobre.
S’y ajoutent trois prélèvements prévus par la loi pour tout salarié éligible, dès le premier jour : l’assurance sociale, pension publique accessible dès 65 ans, l’assurance santé (Standard Health Benefit) et la retraite privée, ouverte à partir de 23 ans et de 720 heures travaillées dans l’année. Pour chacune, l’employeur supporte au moins 50 % du coût et peut déduire le reste du salaire ; les titulaires d’un permis de six mois ou moins sont exemptés de l’assurance sociale. Les taux de cotisation à la caisse de pension contributive étant révisés, les montants hebdomadaires en vigueur se lisent auprès du Department of Social Insurance. Pour l’assurance santé, voir le système de santé des Bermudes.
Indépendants, télétravail et situation côté français
La payroll tax s’applique aussi aux sociétés et aux travailleurs indépendants. Les sources consultées ne décrivent pas de statut d’indépendant non bermudien sans autorisation : l’activité d’un non-Bermudien relève du Département de l’immigration, à interroger avant tout projet. Pour le télétravail, le programme Work from Bermuda, lancé le 1er août 2020, permettait de vivre une année aux Bermudes en travaillant pour une entité non bermudienne, avec possibilité d’un renouvellement d’un an, sans emploi local ; son statut actuel se vérifie auprès du gouvernement. La permission de résider sur une base annuelle (275 $ pour un an au plus, 1 215 $ pour cinq ans au plus) est la voie proposée aux personnes qui s’installent sans emploi local ; ses conditions, notamment sur l’exercice d’une activité, sont publiées par le Département de l’immigration.
Côté français, le CLEISS indique que le salarié détaché vers un pays sans convention reste affilié au régime français pendant trois ans renouvelables une fois, avec des cotisations payées en France et parfois aussi dans le pays d’accueil. L’expatrié sous contrat local quitte le régime français, peut adhérer volontairement à la CFE pour la maladie, la maternité, l’invalidité, les accidents du travail et la retraite de base, et la France ne tient pas compte des périodes locales pour calculer sa pension. Aucune convention fiscale ne lie les deux États (liste BOFiP) : l’article 4 B du CGI détermine le domicile fiscal (foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques). Voir détaché ou expatrié.
L'économie : secteurs, monnaie et perspectives
L’enquête sur l’emploi dénombre plus de 33 000 emplois pourvus, dont plus de 22 000 occupés par des Bermudiens et plus de 8 000 par les autres non-Bermudiens. L’activité internationale des entreprises représente environ 5 000 emplois, les services et la vente près de 6 700 et les cadres supérieurs et dirigeants près de 6 900. Le dollar bermudien est à parité fixe avec le dollar américain, selon l’évaluation nationale des risques publiée avec l’autorité monétaire. Le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne la croissance, l’inflation et le chômage actualisés.
Côté perspectives, le Bermuda Health Council a publié une stratégie des ressources humaines de santé, et la politique des permis évolue régulièrement. La politique 2025 a ajouté la catégorie bureau familial (family office) et conservé les catégories fintech et nouvelle entreprise. Le guide assurance santé expatrié présente les choix de couverture ; Expavy aide à les comparer à sa situation.
Revenu annuel brut médian par secteur d'activité
| Secteur d'activité | Médiane en dollars | Équivalent en euros |
|---|---|---|
| Activité internationale des entreprises | 169 155 $ | environ 150 695 € |
| Finance et assurance | 106 751 $ | environ 95 101 € |
| Activités professionnelles, scientifiques et techniques | 99 929 $ | environ 89 024 € |
| Électricité, eau et gestion des déchets | 91 954 $ | environ 81 919 € |
| Services administratifs et de soutien | 42 704 $ | environ 38 044 € |
| Activités des ménages employeurs | 42 541 $ | environ 37 898 € |
| Autres activités de services | 41 231 $ | environ 36 731 € |
| Agriculture, sylviculture et pêche | 39 828 $ | environ 35 482 € |
Source : Département de la statistique, enquête sur l'emploi. Médiane de tous les emplois, brute, avant cotisations. Conversions indicatives au cours de la BCE.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail aux Bermudes ?
Oui, sauf s'il est conjoint de Bermudien, titulaire d'un certificat de résident permanent ou considéré comme appartenant aux Bermudes. L'employeur dépose la demande en ligne avec un contrat signé, et le travail ne peut pas commencer avant l'approbation.
Quel est le salaire minimum aux Bermudes ?
17,13 dollars de l'heure (environ 15,26 euros) depuis le 1er septembre 2025, pour tous les salariés à temps plein ou à temps partiel. Il est révisé tous les deux ans, avec une hausse plafonnée à 2,5 % par an et indexée sur les prix.
Combien coûte un permis de travail standard ?
1 015 dollars pour un an (environ 904 euros), 2 530 dollars pour deux ans, 3 795 dollars pour trois ans, 5 040 dollars pour quatre ans et 6 510 dollars pour cinq ans, selon la grille des frais d'immigration du gouvernement.
Existe-t-il un impôt sur le revenu aux Bermudes ?
Le gouvernement indique que les particuliers ne paient pas d'impôt sur le revenu. La payroll tax, prélevée par l'employeur, comporte une part salariale progressive de 0,25 % à 12,5 % selon les tranches, avec un plafond de 1 000 000 dollars par personne.
Combien de jours de congés a un salarié aux Bermudes ?
Au moins deux semaines (14 jours) de vacances payées après un an de service, huit jours de maladie payés après un an et dix jours fériés, d'après le guide officiel du travail.
Peut-on changer d'employeur avec un permis de travail ?
Le titulaire doit accomplir deux ans chez son premier employeur. Ensuite, un changement d'emploi n'est pas examiné pendant les six premiers mois d'un nouveau permis ni pendant les trois premiers mois d'un permis renouvelé, selon les mises à jour de la politique.
Le conjoint d'un travailleur étranger peut-il travailler ?
Il peut être autorisé à vivre et à travailler si le salaire de base du titulaire est d'au moins 60 000 dollars par an et si une assurance médicale est en place. Les enfants de moins de 18 ans, ou de moins de 25 ans s'ils étudient à temps plein à l'université, ne peuvent pas travailler sans permis.
Les autres guides : Bermudes
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
