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Retraite à l'étranger

Prendre sa retraite aux Bermudes quand on est français : séjour, fiscalité et santé

L’essentiel

Les Bermudes n'ont pas de visa retraité dédié : un retraité français peut demander une permission de résider sur une base annuelle (275 dollars pour un an au plus, 1 215 dollars pour cinq ans au plus), dont la brochure officielle exige un revenu annuel d'au moins 75 000 dollars, une assurance santé privée et 90 jours de présence par an, sans activité locale. La France n'a conclu avec les Bermudes ni convention fiscale ni convention de sécurité sociale : la pension française de source française reste régie par le droit interne, avec une retenue à la source pour les non-résidents, tandis que le territoire ne prélève pas d'impôt sur le revenu des particuliers. Côté santé, il n'existe pas de formulaire S1 ; les choix sont le plan public FutureCare, l'offre retraités de la CFE ou une assurance internationale.

  • Permission de résider : revenu annuel d'au moins 75 000 $ (environ 66 815 €), assurance santé privée pendant tout le séjour et 90 jours de présence par année civile, selon la brochure officielle.
  • Frais de la permission : 275 $ (environ 245 €) pour un an au plus, 1 215 $ (environ 1 082 €) pour cinq ans au plus.
  • Certificat de résidence par investissement économique : au minimum 2,5 millions de dollars (environ 2,23 millions d'euros) investis dans l'économie bermudienne.
  • Retenue à la source sur une pension française de source française : abattement de 10 %, puis 0 %, 12 % et 20 % selon des tranches de revenu fixées chaque année.
  • FutureCare : 530,14 $ par mois (environ 472 €) pour les 65 ans et plus éligibles à la subvention d'âge, 1 528,48 $ (environ 1 362 €) pour les autres ; la cotisation de l'offre retraités de la CFE dépend du pays et de l'âge.
  • Aucune convention fiscale ni de sécurité sociale entre la France et les Bermudes ; accord d'échange de renseignements fiscaux en vigueur depuis le 28 octobre 2010.

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Repères chiffrés : Bermudes

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,9 %
PIB par habitant
142 250 $
Population
64 555
Espérance de vie
82,5 ans
Médecins pour 1 000 hab.
1,77
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
6,3

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour du retraité : la permission de résider

Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa retraité spécifique. Les ressortissants français ne figurent pas parmi les nationalités de l’ordonnance sur l’interdiction d’entrée du 17 juillet 2025 et les touristes remplissent la carte d’arrivée numérique. Pour s’installer, le gouvernement renvoie vers la permission de résider sur une base annuelle (article 32 de la loi sur l’immigration et la protection), accordée en général pour un an et qui peut couvrir jusqu’à cinq ans. Les frais publiés sont de 275 $ (environ 245 €) pour un an au plus et de 1 215 $ (environ 1 082 €) pour cinq ans au plus.

Selon la brochure « Permissions to Reside in Bermuda » du gouvernement (document publié sur gov.bm, dont l’ouverture directe a échoué lors de la consultation et dont les conditions sont reprises ici d’après le texte restitué), le demandeur doit prouver un revenu annuel d’au moins 75 000 $ (environ 66 815 €), disposer d’une assurance santé privée pendant toute la durée du séjour, résider aux Bermudes au moins 90 jours par année civile et s’abstenir de chercher ou d’occuper un emploi sur place. Ces conditions se reconfirment auprès du Département de l’immigration avant toute démarche. Le dossier comprend un certificat de police, un certificat médical pour une première installation, des références professionnelles et personnelles, le passeport et les informations sur le soutien financier.

Le retraité qui dispose d’un patrimoine plus important peut viser le certificat de résidence par investissement économique, qui suppose au minimum 2,5 millions de dollars (environ 2,23 millions d’euros) investis, par exemple en immobilier ou dans une entreprise bermudienne ; la politique a été révisée avec effet au 31 mars 2023. Le certificat de résident permanent (PRC), associé notamment à 20 ans de résidence habituelle, donne le droit de vivre, de travailler et d’acheter un bien d’une valeur locative annuelle inférieure ; il ne donne pas automatiquement le statut de Bermudien.

Fiscalité de la pension française sans convention

La liste BOFiP des conventions fiscales conclues par la France, en vigueur, ne comprend pas les Bermudes. Les deux États sont liés par un accord sous forme d’échange de lettres relatif à l’échange de renseignements en matière fiscale (signé à Paris le 2 octobre 2009 et à Hamilton le 8 octobre 2009, en vigueur depuis le 28 octobre 2010) : il organise la coopération entre administrations sans répartir le droit d’imposer. C’est donc le droit interne français qui s’applique. Le domicile fiscal reste en France si le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle ou le centre des intérêts économiques s’y trouve (article 4 B du CGI) ; un seul critère suffit.

Pour une personne domiciliée fiscalement hors de France, les pensions de source française sont soumises à une retenue à la source (article 182 A du CGI). La base est le montant versé après un abattement de 10 %, et le barème par tranches, révisé chaque année, applique des taux de 0 %, 12 % puis 20 %. Les tranches à 0 % et 12 % sont libératoires ; la retenue de 20 % s’impute sur l’impôt dû avec un taux minimum de 20 % (article 197 A). Si plusieurs caisses versent des pensions, la retenue peut être sous-estimée et une régularisation est prévue par l’article 197 B du CGI (notice 2041-E de l’administration). Le gouvernement des Bermudes indique que les particuliers ne paient pas d’impôt sur le revenu local, si bien qu’aucun impôt local sur le revenu ne s’ajoute à ce prélèvement.

Le CLEISS précise qu’un retraité qui n’est plus résident fiscal en France ne paie ni CSG, ni CRDS, ni Casa. Si le retraité dépend encore d’un régime français, une cotisation d’assurance maladie est retenue sur ses pensions, aux taux usuels de 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la pension complémentaire et 7,1 % pour les retraites de travailleurs indépendants. Pour comparer les options, le guide toucher sa retraite à l’étranger rappelle les démarches auprès des caisses.

Accès aux soins du retraité : pas de S1, trois voies

Le formulaire S1 vaut dans l’Union européenne et ne s’applique pas aux Bermudes. Le CLEISS demande au retraité de vérifier auprès des institutions locales dans quelle mesure le régime local prend en charge ses soins, puis d’adhérer volontairement à la CFE ou de souscrire une assurance privée. Trois voies existent. Le plan public FutureCare du Health Insurance Department, ouvert aux résidents de 65 ans et plus, coûte 530,14 $ (environ 472 €) pour les personnes éligibles à la subvention d’âge, qui suppose le statut de Bermudien et dix années continues de résidence sur les vingt précédentes, et 1 528,48 $ (environ 1 362 €) pour les autres. Le HIP, de 459,24 $ à 1 239,60 $ selon l’âge et l’éligibilité, reste ouvert aux 18 ans et plus. La page du Department ne précise pas la périodicité de ces montants ; sa brochure les présente comme des primes mensuelles.

La deuxième voie est l’offre retraités de la CFE, dont la cotisation dépend du pays, de l’âge et de la situation familiale : elle est réservée aux personnes retraitées d’un régime de base français, sans questionnaire de santé, avec une prise en charge immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation, puis trois mois de carence pour les moins de 44 ans ou six mois pour les plus de 45 ans. La troisième est une assurance santé internationale avec évacuation sanitaire : les plans publics limitent l’hospitalisation à l’étranger à 45 jours sur douze mois pour un même diagnostic et n’indemnisent pas l’avion sanitaire. Une assurance privée est de toute façon exigée pour la permission de résider.

Lors d’un séjour temporaire en France, la prise en charge concerne les titulaires d’une pension française justifiant d’au moins 15 ans d’assurance en France et sans activité professionnelle ; le conjoint qui accompagne n’est pas couvert et doit souscrire une assurance avant le séjour. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page remboursements des soins aux Bermudes.

Coût de la vie et logement

Les sources officielles ne publient pas de budget type pour un retraité. Le Département de la statistique publie l’indice des prix à la consommation, par poste : santé et soins personnels, alimentation, transports et voyages à l’étranger, carburant et électricité. Le gouvernement reconnaît une pénurie aiguë de logements (déclaration ministérielle du 10 novembre 2023) et indique qu’une partie importante du parc locatif est soumise à une législation encadrant les loyers ; la taxe foncière est payée deux fois par an, en mars et en septembre, par les propriétaires et les locataires de longue durée.

Les conversions de cette page sont indicatives et varient avec le taux de change, le dollar bermudien étant à parité avec le dollar américain. Le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne l’inflation et le change actualisés. Pour une assurance habitation adaptée aux cyclones, le gouvernement recommande, avant la saison du 1er juin au 30 novembre, de vérifier que la garantie est suffisante.

Où s'installer quand on est retraité

Aucune source officielle consultée ne classe les paroisses selon leur attrait pour les retraités. Le territoire mesure environ 54 km² et compte deux municipalités, Hamilton et St. George’s. Un critère décisif est la proximité des soins : le King Edward VII Memorial Hospital est le seul service d’urgences du territoire, selon un communiqué du ministère de la Santé et du Bermuda Hospitals Board, et le numéro d’urgence est le 911. La saison cyclonique impose enfin de s’informer sur la robustesse du logement et sur la station d’urgence 100.1 FM.

Le retraité qui reste inscrit au registre des Français établis hors de France dépend du consulat général de France à New York (934 Fifth Avenue), dont la circonscription comprend les Bermudes ; l’inscription est valable cinq ans. Le guide vivre aux Bermudes détaille le climat, la scolarité et les formalités.

Retour définitif en France

Service-public indique que, pour un retour depuis un pays autre que l’Espace économique européen, un adhérent de la CFE peut conserver ses prestations d’expatrié pendant trois mois après son retour, sous conditions. Un retraité qui n’est pas couvert par un accord de sécurité sociale, ce qui est le cas des Bermudes, peut demander la protection universelle maladie avec le formulaire S1106 s’il remplit les conditions de résidence stable et régulière. Selon la page de l’offre retraités de la CFE, aucune carence ne s’applique au retour en France et le retraité réintègre automatiquement le régime général. Voir la page retour en France.

Permission de résider sur une base annuelle : repères officiels

CritèreRepèreÉquivalent en euros
Revenu annuel minimal75 000 $environ 66 815 €
Assurance santéAssurance privée pendant tout le séjour—
Présence minimale90 jours par année civile—
Activité localeChercher ou occuper un emploi aux Bermudes est interdit pendant la permission—
DuréeUn an en général, jusqu'à cinq ans—
Frais275 $ pour un an au plus, 1 215 $ pour cinq ans au plusenviron 245 € et 1 082 €

Sources : brochure « Permissions to Reside in Bermuda » (gouvernement des Bermudes), frais d'immigration du gouvernement. Les conditions se reconfirment auprès du Département de l'immigration. Conversions indicatives au cours de la BCE.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité aux Bermudes ?

Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa retraité dédié. Le gouvernement propose la permission de résider sur une base annuelle (275 dollars pour un an au plus, 1 215 dollars pour cinq ans au plus), le certificat de résidence par investissement économique (au minimum 2,5 millions de dollars) et, à long terme, le certificat de résident permanent.

Quelles conditions financières pour résider comme retraité ?

La brochure officielle des permissions de résider indique un revenu annuel d'au moins 75 000 dollars (environ 66 815 euros), une assurance santé privée pendant tout le séjour et une présence d'au moins 90 jours par année civile, sans activité locale. Le Département de l'immigration confirme les conditions en vigueur.

Ma pension française est-elle imposée aux Bermudes ?

Le gouvernement des Bermudes indique que les particuliers ne paient pas d'impôt sur le revenu. Les pensions de source française versées à une personne domiciliée fiscalement hors de France sont soumises en France à une retenue à la source, selon le droit interne, aucune convention fiscale ne liant les deux États.

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et les Bermudes ?

Non : la liste BOFiP des conventions fiscales en vigueur ne comprend pas les Bermudes. Seul un accord d'échange de renseignements en matière fiscale, en vigueur depuis le 28 octobre 2010, lie les deux États.

Le formulaire S1 est-il valable aux Bermudes ?

Non, le S1 vaut dans l'Union européenne. Le CLEISS indique au retraité de vérifier la prise en charge locale, d'adhérer volontairement à la CFE ou de souscrire une assurance privée ; le plan public FutureCare est ouvert aux résidents de 65 ans et plus.

Quelle est la prime du plan public pour un retraité ?

FutureCare coûte 530,14 dollars (environ 472 euros) pour les personnes éligibles à la subvention d'âge, réservée au statut de Bermudien, et 1 528,48 dollars (environ 1 362 euros) pour les autres, selon le Health Insurance Department, dont la page ne précise pas la périodicité.

Comment retrouver ses droits en France après un retour définitif ?

Un adhérent CFE conserve ses prestations trois mois sous conditions. Un retraité sans accord de sécurité sociale peut demander la protection universelle maladie avec le formulaire S1106 s'il remplit les conditions de résidence, selon service-public.

Les autres guides : Bermudes