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Santé internationaleExpavy

Fiche pays — Europe

Assurance expatrié et assurance santé en Andorre

Rue résidentielle calme du vieux quartier d'Andorre-la-Vieille, façades de montagne en pierre

En 5 lignes

Pour un court séjour, un Français n'a besoin d'aucun visa en Andorre : une carte d'identité ou un passeport valide suffit, mais la Principauté n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'espace Schengen, l'entrée se fait obligatoirement par un poste-frontière. Il n'existe pas d'obligation légale de souscrire une assurance privée avant le départ, mais toute personne exerçant une activité professionnelle en Andorre est affiliée à la Caisse Andorrane de Sécurité Sociale (CASS), financée par des cotisations partagées entre employeur et salarié (contrairement à Monaco, où la part salariale maladie est nulle). La convention de sécurité sociale France-Andorre du 12 décembre 2000 organise la coordination entre les deux régimes selon le principe de l'État d'emploi. Pour une installation sans activité professionnelle (« résidence passive »), aucune affiliation à la CASS n'est prévue : une assurance privée reste indispensable. Le pays étant très petit, son unique hôpital public ne dispose pas de tous les plateaux techniques lourds (neurochirurgie, grands brûlés, réanimation longue durée) et des évacuations vers la France ou l'Espagne restent nécessaires pour certains soins spécialisés.

Source : France Diplomatie — Andorre, Conseils aux voyageurs, Santé

Chiffres clés

  • 2 248 Français inscrits au registre consulaire en 2025, en légère baisse de 2,68 % sur un an.
  • Espérance de vie à la naissance : 84,2 ans en 2024 (Banque mondiale) — l'une des plus élevées au monde.
  • Dépenses de santé courantes : 7,70 % du PIB en 2023 (Banque mondiale, dernière année disponible pour l'Andorre).
  • Cotisation CASS maladie pour un salarié : 7 % à la charge de l'employeur, 3 % à la charge du salarié (CLEISS, 2024) — contrairement à Monaco, la part salariale n'est pas nulle.

Système de santé local

L’Andorre dispose d’un système de santé mixte, organisé autour de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS), l’unique caisse de sécurité sociale du pays. L’affiliation est obligatoire pour toute personne exerçant une activité professionnelle en Andorre (salariée ou indépendante), ainsi que pour les pensionnés du régime andorran. Elle couvre la maladie, la maternité, les accidents du travail, l’invalidité et la vieillesse ; il n’existe en revanche pas d’assurance chômage en Andorre. Les soins sont dispensés par des professionnels conventionnés ou non conventionnés avec la CASS, le niveau de remboursement variant selon ce statut ; en pratique, une large majorité d’assurés souscrit en complément une assurance privée facultative pour réduire le reste à charge.

L’Hospital Nostra Senyora de Meritxell, à Escaldes-Engordany, est le seul établissement hospitalier du pays (Servei Andorrà d’Atenció Sanitària — SAAS). Il assure les urgences 24h/24, la chirurgie, la maternité et la rééducation, mais un aussi petit territoire ne peut réunir tous les plateaux techniques lourds : certaines prises en charge (neurochirurgie complexe, grands brûlés, réanimation de longue durée) ne sont pas disponibles sur place. En cas d’urgence vitale ne pouvant être traitée localement, une évacuation vers un centre hospitalier universitaire en France (Toulouse) ou en Espagne (Barcelone) peut être nécessaire — un point à anticiper dans le choix d’une assurance incluant un volet rapatriement/évacuation sanitaire.

Obligations légales et de visa

  • Séjour court (touristique) : aucun visa requis pour un Français, carte nationale d’identité ou passeport valide suffisant. L’Andorre n’étant pas membre de l’espace Schengen, l’entrée sur le territoire se fait obligatoirement par un poste-frontière.
  • Installation avec activité professionnelle : nécessite une autorisation d’immigration délivrée par le Departament d’Immigració du Govern d’Andorra (« résidence et travail »), soumise à quota et à un contrat de travail ou à la création d’une activité indépendante ; l’affiliation à la CASS est ensuite automatique dès le début de l’activité.
  • Installation sans activité professionnelle (« résidence passive ») : régime distinct, avec conditions de ressources et de présence minimale sur le territoire fixées par le gouvernement andorran ; ce statut n’ouvre aucun droit à la CASS, une assurance maladie privée à couverture complète est donc indispensable.
  • Salarié détaché : maintien possible au régime français sous certaines conditions prévues par la convention bilatérale, sur demande auprès de l’Urssaf avant le départ (certificat de détachement SE 130-01).
  • Salarié recruté localement (« expatrié ») : affiliation à la CASS dès le début de l’activité professionnelle en Andorre, avec un signalement à faire en France (CPAM, CAF, France Travail) pour éviter le versement indu de prestations françaises.

Aucune amende à proprement parler, mais l’absence d’affiliation à la CASS (ou de couverture privée pour un résident passif) expose à la prise en charge intégrale des frais médicaux engagés en Andorre, sans aide possible de l’ambassade de France.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en Andorre, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Cotisation maladie CASS (salarié), part salariale3 % du salaire brut—
Cotisation maladie CASS (salarié), part patronale7 % du salaire brut—
Cotisation vieillesse CASS (salarié), part salariale3,5 % du salaire brut—
Cotisation vieillesse CASS (salarié), part patronale8,5 % du salaire brut—
Cotisation maladie CASS (travailleur indépendant)10 % d'un revenu de référence (2 426,70 €/mois en 2024)—
Consultation médecin généraliste conventionnéTarif variable selon établissement, non communiqué publiquement—
Consultation médecin spécialiste conventionnéTarif variable selon établissement, non communiqué publiquement—
Hospitalisation au Nostra Senyora de MeritxellTarif variable selon service et durée, non communiqué publiquement—
Évacuation sanitaire vers la France ou l'EspagnePrise en charge dépendante du contrat d'assurance souscrit, montant non communiqué publiquement—

Accords de sécurité sociale avec la France

L’Andorre n’est pas membre de l’Union européenne : la coordination avec la France ne passe donc pas par les règlements européens 883/2004 et 987/2009, mais par une convention bilatérale spécifique : la convention de sécurité sociale France-Andorre du 12 décembre 2000 (arrangement administratif général du 23 janvier 2001, entrée en vigueur le 1ᵉʳ juin 2003). Son champ est large — maladie-maternité, invalidité, vieillesse et survivants, accidents du travail et maladies professionnelles, prestations familiales, décès — à l’exception de l’assurance chômage, non couverte (l’Andorre n’a d’ailleurs pas de régime chômage propre).

Le principe retenu est celui de l’État d’emploi : un travailleur, salarié ou non-salarié, relève du régime de sécurité sociale du pays où il exerce son activité, avec des exceptions pour les détachés, les agents diplomatiques, les fonctionnaires et les personnels de transport international. Les périodes d’assurance accomplies de part et d’autre se totalisent pour l’ouverture des droits.

  • Assuré du régime français en séjour ou déplacement en Andorre : une autorisation préalable de la caisse française (CPAM/MSA) et le formulaire SE 130-05 permettent une prise en charge des soins par la CASS pour le compte de la caisse française, notamment en cas de convalescence ou de soins non disponibles en France dans un délai raisonnable.
  • Salarié expatrié ayant travaillé en France : le formulaire SE 130-03 (attestation de totalisation des périodes d’assurance) permet de faire valoir ses droits auprès de la CASS.
  • Salarié détaché : formulaire SE 130-01 (certificat de détachement) et SE 130-08, maintien au régime français sans cotisation supplémentaire en Andorre ; une complémentaire adaptée reste recommandée, les tarifs médicaux andorrans pouvant dépasser les bases de remboursement françaises.
  • La convention ne couvre ni l’assurance chômage, ni les compléments de type mutuelle : le reste à charge dépend du contrat souscrit individuellement.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Andorre
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVT / mobilité type « jeune actif »Non applicable — aucun dispositif équivalent identifié pour l'Andorre—
ÉtudiantPas de régime étudiant propre identifié ; couverture comme ayant droit d'un parent affilié à la CASS le cas échéantVérifier une couverture complémentaire individuelle en l'absence de rattachement à un parent affilié
Salarié détachéMaintien possible au régime français sous conditions, via la convention bilatérale (formulaire SE 130-01)Les tarifs médicaux andorrans peuvent dépasser les bases de remboursement françaises : prévoir une complémentaire
Salarié recruté localement (expatrié)Affiliation à la CASS dès le début de l'activité, cotisation partagée employeur/salariéSignaler son départ à la CPAM, la CAF et France Travail pour éviter un indu de prestations françaises
Résident passif (sans activité professionnelle)Aucune affiliation à la CASS ; autorisation de résidence soumise à conditions de ressources fixées par le Govern d'AndorraAssurance maladie privée à couverture complète indispensable, y compris pour l'évacuation sanitaire
Travailleur indépendantAffiliation obligatoire à la CASS, cotisation calculée sur un revenu de référence (2 426,70 €/mois en 2024)Taux de cotisation plus élevés que pour un salarié (maladie 10 %, vieillesse 12 %)

Hôpitaux et réseau de soins

  • Hospital Nostra Senyora de Meritxell (Escaldes-Engordany) — unique hôpital du pays, géré par le Servei Andorrà d'Atenció Sanitària (SAAS) ; urgences 24h/24, chirurgie, maternité, rééducation. Certaines prises en charge lourdes (neurochirurgie complexe, grands brûlés, réanimation longue durée) ne sont pas disponibles sur place ; évacuation possible vers la France (Toulouse) ou l'Espagne (Barcelone) en cas d'urgence vitale ne pouvant être traitée localement.

Démarches

  1. Avant le départ, pour un salarié détaché : vérifier avec l’employeur les conditions de maintien au régime français prévues par la convention bilatérale (demande via le compte employeur auprès de l’Urssaf).
  2. Pour une installation avec activité professionnelle : demande d’autorisation d’immigration (résidence et travail) auprès du Departament d’Immigració du Govern d’Andorra, avant ou à l’arrivée selon le statut.
  3. Pour une installation sans activité professionnelle : demande d’autorisation de résidence passive auprès du même département, et souscription préalable d’une assurance maladie privée à couverture complète.
  4. À la prise de poste, pour un salarié recruté localement : vérifier auprès de l’employeur la déclaration d’affiliation à la CASS et la remise de l’attestation correspondante.
  5. Signaler son départ à la CPAM, la CAF et France Travail pour éviter le versement indu de prestations françaises ; demander le formulaire SE 130-03 si une carrière a été effectuée en France.
  6. Inscription recommandée au registre des Français établis hors de France.

Questions fréquentes

Un Français doit-il souscrire une assurance privée pour s'installer en Andorre ?

Ce n'est pas une obligation légale en soi pour qui exerce une activité professionnelle, puisque l'affiliation à la CASS devient alors obligatoire. En revanche, pour une résidence passive (sans activité professionnelle), aucune affiliation à la CASS n'est prévue : une assurance privée à couverture complète est indispensable.

Quelle est la différence entre un salarié détaché et un salarié recruté localement en Andorre ?

Le détaché peut rester, sous conditions, affilié au régime français pendant sa mission (formulaire SE 130-01). Le salarié recruté localement est affilié à la CASS andorrane dès le début de son activité, avec une cotisation partagée entre employeur et salarié.

La cotisation maladie est-elle intégralement à la charge de l'employeur, comme à Monaco ?

Non. Contrairement à Monaco, où la part salariale maladie est nulle, un salarié en Andorre cotise personnellement : 3 % de son salaire brut pour la maladie et 3,5 % pour la vieillesse, en plus des parts patronales de 7 % et 8,5 %.

Que se passe-t-il en cas de soins non disponibles en Andorre ?

Le pays étant très petit, l'unique hôpital public ne dispose pas de tous les plateaux techniques lourds. En cas d'urgence vitale ou de soins très spécialisés, une évacuation vers la France (Toulouse) ou l'Espagne (Barcelone) peut être nécessaire — un point important à couvrir dans le contrat d'assurance choisi.

Que couvre la convention franco-andorrane et que ne couvre-t-elle pas ?

Maladie-maternité, invalidité, vieillesse et survivants, accidents du travail et maladies professionnelles, prestations familiales, décès. L'assurance chômage n'entre pas dans son champ — l'Andorre n'a d'ailleurs pas de régime chômage propre.

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