Algérie · Prendre sa retraite
Retraite en Algérie : retraité français, fiscalité de la pension, santé et coût de la vie
L’essentiel
Un retraité français peut percevoir sa pension en Algérie, à condition d’informer ses caisses et de produire chaque année un certificat d’existence. La convention fiscale franco-algérienne, signée le 17 octobre 1999 et en vigueur depuis le 1er décembre 2002, réserve l’imposition des pensions privées à l’État de résidence, tandis que les pensions publiques restent en principe imposables en France. Côté santé, un titulaire d’une pension du régime français sans droits algériens peut être couvert par la CNAS avec le formulaire SE 352-08, moyennant une cotisation de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire. L’installation passe par un visa, puis par une carte de résident valable 2 ans, ou 10 ans après 7 ans de résidence continue.
- Convention fiscale franco-algérienne : signée le 17 octobre 1999, entrée en vigueur le 1er décembre 2002 (BOFiP).
- Pensions privées (régime général, Agirc-Arrco) : imposables exclusivement dans l’État de résidence, sans retenue à la source en France (article 18 de la convention, BOFiP).
- Résidence fiscale hors de France : ni CSG, ni CRDS, ni Casa ; cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire pour un retraité couvert par la CNAS (Assurance retraite, CLEISS).
- Certificat d’existence à fournir chaque année à la caisse de retraite ; Aspa et ASI cessent en cas de départ à l’étranger (Assurance retraite).
- Carte de résident : 2 ans, ou 10 ans après 7 ans de résidence continue et légale ; timbre de 30 000 DA pour la carte de 10 ans (ministère algérien de l’Intérieur).
- Cours officiel au 1er octobre 2026 : environ 151 DA pour 1 € ; prix à la consommation en hausse de 6,7 % sur un an en juillet 2026 (Banque d’Algérie, ONS).
Repères économiques : Algérie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,8 %
- Inflation
- 1,4 %
- Taux de chômage
- 11,6 %
- PIB par habitant
- 6 051 $
- Population
- 47,4 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Retraite en Algérie : ce qu’il faut savoir avant de choisir
S’installer en Algérie à la retraite attire des retraités français pour la proximité de la France, les liens familiaux, le climat et le niveau des prix locaux. La décision se prépare sur quatre sujets : le titre de séjour, le versement de la pension, la fiscalité et la couverture santé. Les binationaux franco-algériens disposent en plus de leurs documents algériens, ce qui change les démarches d’entrée.
Un point de départ utile est le budget : la pension se perçoit en euros, les dépenses courantes se règlent en dinars, et le cours officiel de la Banque d’Algérie était d’environ 151 DA pour 1 € le 1er octobre 2026. Le guide toucher sa retraite à l’étranger et la page assurance santé du retraité à l’étranger complètent cette page.
Titre de séjour du retraité : visa, carte de résident et binationaux
L’entrée en Algérie suppose un visa auprès du consulat d’Algérie ; le dossier comprend le passeport valide au moins 6 mois, des photos, le formulaire et une attestation d’assurance voyage-assistance rapatriement, et le visa familial ou touristique demande un certificat d’hébergement ou une réservation. Le séjour est limité à 90 jours par entrée (ministère algérien des Affaires étrangères). Pour s’installer, le retraité sollicite la carte de résident étranger auprès des services de sûreté, 15 jours avant l’expiration de son visa.
Le dossier comprend le formulaire, l’acte de naissance, cinq photos, un timbre fiscal, un certificat médical, la copie du passeport, le contrat de location et, pour une personne qui n’exerce pas d’activité, la preuve de moyens de subsistance, ce qui correspond à l’attestation de pension. La carte est valable 2 ans ; une carte de 10 ans peut être délivrée après 7 ans de résidence continue et légale, avec un timbre fiscal de 30 000 DA et une preuve de la situation fiscale apurée (ministère algérien de l’Intérieur). France Diplomatie rappelle que les étrangers se signalent aussi au bureau des étrangers de leur province.
Binationaux : la dispense de visa pour les binationaux franco-algériens, sur présentation d’un passeport étranger valide avec une carte d’identité algérienne biométrique, même expirée, ou un passeport algérien biométrique expiré, est reconduite jusqu’au 31 décembre 2026. La carte de résident étranger s’adresse aux étrangers : un retraité binational se renseigne auprès du consulat d’Algérie sur les documents à détenir. France Diplomatie précise que la protection consulaire dépend de l’accord des autorités algériennes pour un Français qui possède aussi la nationalité algérienne. L’inscription au registre des Français établis hors de France est recommandée dès 6 mois de séjour.
Versement de la pension : certificat d’existence, compte bancaire et devise
La pension de retraite française se perçoit en Algérie. Avant le départ, signalez votre changement d’adresse et de coordonnées bancaires à chaque caisse de retraite, par courrier. La pension se verse sur un compte bancaire en France ou, sur demande, sur un compte à l’étranger ; l’Assurance retraite verse les pensions dans plus de 180 pays. Les virements en euros se convertissent ensuite en dinars aux conditions de la banque, au cours officiel publié par la Banque d’Algérie.
Chaque année, tout retraité vivant à l’étranger remplit un certificat d’existence, qu’il retourne à la caisse par son compte en ligne ou par courrier (Centre de traitement retraite à l’étranger, à Tours). Sans certificat, la caisse peut suspendre le paiement. Le départ à l’étranger met fin au service de l’Aspa et de l’ASI. Le guide trimestres travaillés à l’étranger aide aux retraités qui ont aussi cotisé en Algérie.
Fiscalité de la pension française en Algérie : la convention franco-algérienne
La convention fiscale franco-algérienne du 17 octobre 1999, entrée en vigueur le 1er décembre 2002, évite la double imposition. L’article 18 prévoit que les pensions servies au titre d’un emploi antérieur, c’est-à-dire les pensions de base de la Sécurité sociale, les régimes complémentaires obligatoires comme l’Agirc-Arrco et les autres régimes privés, ne sont imposables que dans l’État de résidence du bénéficiaire. Pour un retraité résidant en Algérie, la France ne prélève donc pas de retenue à la source sur ces pensions, et c’est la législation fiscale algérienne qui s’applique ; renseignez-vous auprès de l’administration fiscale algérienne sur la déclaration à déposer.
L’article 19 traite des pensions publiques : celles qui rémunèrent des services rendus à l’État, à une collectivité ou à une personne morale de droit public, hors activité industrielle ou commerciale, ne sont imposables que dans cet État, donc en France pour une pension d’un fonctionnaire français. Une exception existe lorsque le bénéficiaire réside en Algérie et possède la nationalité algérienne sans avoir en même temps la nationalité française : la pension relève alors de l’Algérie. Un binational reste donc imposable en France sur sa pension publique (BOFiP). Ces règles se confirment avec l’administration fiscale avant le départ.
Côté prélèvements sociaux, un retraité dont la résidence fiscale est fixée hors de France ne paie ni la CSG, ni la CRDS, ni la Casa. S’il est couvert par la CNAS grâce à la convention, une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire est prélevée (Assurance retraite, CLEISS).
Couverture santé du retraité : SE 352-08, CNAS, CFE et assurance internationale
La convention permet à un titulaire d’une pension du régime français sans droits au regard du régime algérien d’être couvert sur le territoire algérien. La démarche se fait sur place : le retraité s’adresse à la CNAS de son lieu de résidence, qui vérifie l’absence de droit algérien et transmet le formulaire SE 352-08 I à la caisse française de retraite de base. Celle-ci établit l’attestation du droit aux soins de santé (SE 352-08 II) ou une notification de rejet (SE 352-08 III). Si le droit est reconnu, la CNAS rembourse le retraité et ses ayants droit qui résident habituellement avec lui comme s’il était titulaire d’une pension due au titre de la seule législation algérienne (CLEISS).
Les prestations de la CNAS sont remboursées à 80 % du tarif de référence, avec la carte Chifa, qui ouvre le tiers payant pour les retraités chez les médecins et pharmaciens conventionnés (CNAS). Ce niveau laisse un reste à charge dans le secteur privé : une adhésion à la CFE ou une assurance santé internationale au premier euro le comble, avec un contrat pour retraités expatriés ou une garantie rapatriement. France Diplomatie juge impératif de disposer d’une couverture des frais médicaux et du rapatriement sanitaire, jamais pris en charge par l’ambassade. Le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page remboursement des soins en Algérie détaillent chaque situation.
Coût de la vie du retraité : budget, change et prix
Le niveau de vie local se mesure à quelques repères officiels : le SNMG est de 24 000 DA par mois depuis le 1er janvier 2026 (environ 159 € au cours officiel) et le salaire net moyen de 43 500 DA en mai 2022 (ONS). Ces ordres de grandeur expliquent pourquoi les services et l’alimentation locale sont accessibles avec une pension en euros, alors que les produits importés et les soins du secteur privé suivent des prix plus élevés. Les prix progressent de 6,7 % sur un an en juillet 2026 (ONS), après une inflation moyenne de 1,42 % en 2025 (Banque mondiale) : un budget se construit en dinars, avec une marge pour l’inflation.
Le change se fait au cours officiel de la Banque d’Algérie, d’environ 151 DA pour 1 € le 1er octobre 2026. Le FMI relève une prime élevée sur le marché parallèle ; privilégiez les circuits bancaires. Les devises de 1 000 € ou plus se déclarent à la douane à l’entrée et à la sortie, et le retrait d’espèces peut être difficile. La page vivre en Algérie détaille logement, change et scolarité.
Où s’installer à la retraite : Alger, Oran, Annaba, Tlemcen, Béjaïa
Le choix de la ville dépend surtout de l’accès aux soins et aux services consulaires. Alger réunit l’ambassade, le consulat général, les CHU de référence et une grande partie des cliniques ; Oran et Annaba disposent chacune d’un consulat général, de grands établissements hospitaliers et d’un site du lycée international Alexandre-Dumas, utile pour les petits-enfants. Tlemcen, à l’ouest, séduit par son patrimoine andalou et son rythme calme ; Béjaïa, sur la côte kabyle, par ses plages et son relief montagneux, sans poste consulaire dans ces deux villes.
Avant de vous engager, vérifiez la distance jusqu’à un établissement d’urgences et jusqu’au consulat compétent pour le certificat d’existence, et consultez la carte des zones de sécurité de France Diplomatie. Les secteurs frontaliers du sud, de l’est et de l’ouest sont formellement déconseillés.
Démarches du retraité qui part en Algérie, dans l’ordre
- Informer chaque caisse de retraite et la caisse d’assurance maladie du départ, de la nouvelle adresse et des coordonnées bancaires.
- Souscrire l’assurance voyage-assistance rapatriement exigée pour le visa, puis déposer la demande de visa auprès du consulat d’Algérie.
- À l’arrivée, se signaler au bureau des étrangers de la province et demander la carte de résident aux services de sûreté, 15 jours avant l’expiration du visa.
- Se présenter à la CNAS du lieu de résidence pour lancer le formulaire SE 352-08 I si vous n’avez pas de droits algériens.
- Compléter la couverture par une CFE, une assurance internationale ou une assistance rapatriement.
- S’inscrire au registre des Français établis hors de France auprès du consulat général compétent.
- Fournir chaque année le certificat d’existence à la caisse de retraite et vérifier la déclaration fiscale applicable.
Pension et impôt : qui taxe quoi quand on s’installe en Algérie
| Revenu ou prélèvement | Qui peut l’imposer | Précision |
|---|---|---|
| Pension de base et retraites complémentaires (Agirc-Arrco, régimes privés) | État de résidence : l’Algérie | Article 18 ; pas de retenue à la source en France |
| Pension publique d’un fonctionnaire français résidant en Algérie | La France (État payeur) | Article 19 ; retenue à la source française |
| Pension publique d’un résident algérien de nationalité algérienne seule | L’Algérie | Exception de nationalité de l’article 19 |
| Pension publique d’un binational franco-algérien | La France (État payeur) | Le bénéficiaire possède aussi la nationalité française |
| CSG, CRDS et Casa | Non appliquées | Résidence fiscale fixée hors de France |
| Cotisation d’assurance maladie (CNAS, SE 352-08) | Caisse de retraite française | 3,2 % de la pension de base, 4,2 % de la complémentaire |
Synthèse indicative des règles de la convention ; confirmez votre cas avec l’administration fiscale française et l’administration fiscale algérienne.
Questions fréquentes
Un retraité français peut-il toucher sa pension en Algérie ?
Oui : la pension se perçoit en Algérie sur un compte en France ou, sur demande, à l’étranger, après information de chaque caisse. Le retraité remplit un certificat d’existence chaque année ; sans lui, le paiement peut être suspendu. L’Aspa et l’ASI cessent en cas de départ à l’étranger.
Comment la pension française est-elle imposée quand on vit en Algérie ?
Selon la convention fiscale franco-algérienne, les pensions privées (régime général, Agirc-Arrco) ne sont imposables que dans l’État de résidence, donc en Algérie, sans retenue à la source en France. Les pensions publiques restent en principe imposables en France, sauf pour un résident algérien de nationalité algérienne seule. Confirmez votre cas avec l’administration fiscale.
Quelle couverture maladie pour un retraité français en Algérie ?
S’il perçoit une pension du régime français et n’a pas de droits algériens, il peut être couvert par la CNAS grâce au formulaire SE 352-08, avec une cotisation de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire. Les prestations sont remboursées à 80 % du tarif de référence ; une CFE ou une assurance internationale complète le reste à charge.
Faut-il payer la CSG et la CRDS quand on est retraité en Algérie ?
Non, si la résidence fiscale est fixée hors de France : la CSG, la CRDS et la Casa ne s’appliquent pas. Un retraité couvert par la CNAS paie à la place une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire.
Quel visa pour s’installer en Algérie à la retraite ?
Un visa d’entrée est exigé, avec une attestation d’assurance voyage-assistance rapatriement. Pour s’installer, le retraité demande la carte de résident étranger aux services de sûreté, 15 jours avant l’expiration du visa, avec notamment la preuve de moyens de subsistance. La carte est valable 2 ans, ou 10 ans après 7 ans de résidence continue et légale.
Un retraité binational franco-algérien a-t-il besoin d’un visa ?
Une dispense de visa s’applique aux binationaux qui présentent un passeport étranger valide avec une carte d’identité algérienne biométrique (même expirée) ou un passeport algérien biométrique expiré. Elle est reconduite jusqu’au 31 décembre 2026. Renseignez-vous auprès du consulat d’Algérie sur les documents à détenir pour un séjour durable.
Quel budget prévoir pour une retraite en Algérie ?
Les repères officiels sont le SNMG de 24 000 DA par mois, le salaire net moyen de 43 500 DA (ONS, mai 2022) et une hausse des prix de 6,7 % sur un an en juillet 2026. La pension en euros se convertit au cours officiel (environ 151 DA pour 1 € début octobre 2026). Prévoyez en plus une couverture santé pour le secteur privé et le rapatriement.
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- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.