Algérie · Travailler et économie
Travailler en Algérie : emploi pour un Français, permis de travail, salaires et économie du pays
L’essentiel
Pour exercer une activité salariée en Algérie, un étranger doit obtenir un permis de travail (2 ans au plus, renouvelable) ou une autorisation de travail temporaire (3 mois au plus), délivrés par l’autorité chargée du travail à la demande de l’employeur. Le SNMG s’élève à 24 000 DA par mois depuis le 1er janvier 2026, et le salaire net moyen mesuré par l’ONS en mai 2022 atteignait 43 500 DA. Les salariés recrutés localement relèvent de la CNAS, les indépendants de la CASNOS, et le détachement permet de conserver le régime français jusqu’à 3 ans. Côté économie, la croissance a atteint 3,9 % en 2025 (FMI), portée par un secteur hors hydrocarbures en hausse de 4,3 %, tandis que les hydrocarbures représentent 91 % des exportations (données 2023).
- SNMG de 24 000 DA par mois (138,46 DA de l’heure pour 40 heures hebdomadaires) depuis le 1er janvier 2026, contre 20 000 DA auparavant (décret présidentiel n° 26-01).
- Salaire net moyen de 43 500 DA en mai 2022 : 61 300 DA dans le secteur public, 35 200 DA dans le privé, 114 100 DA dans les industries extractives (ONS).
- Croissance du PIB de 3,9 % en 2025 et 3,8 % prévus en 2026 ; secteur hors hydrocarbures en hausse de 4,3 % en 2025 (FMI).
- PIB de 287 milliards de dollars en 2025, soit 6 051 dollars par habitant (Banque mondiale, dollars courants).
- Hydrocarbures : 91 % des exportations algériennes en 2023 (Direction générale du Trésor).
- Permis de travail : durée maximale de 2 ans, renouvelable ; 147 filiales françaises emploient 17 590 personnes (Direction de la diplomatie économique, 2023).
Repères économiques : Algérie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,8 %
- Inflation
- 1,4 %
- Taux de chômage
- 11,6 %
- PIB par habitant
- 6 051 $
- Population
- 47,4 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Travailler en Algérie quand on est français : le cadre légal
Un séjour touristique ne permet pas de travailler. La loi n° 81-10 du 11 juillet 1981 pose la règle : tout étranger appelé à exercer une activité salariée en Algérie doit être titulaire d’un permis de travail ou d’une autorisation de travail temporaire, délivrés par les services de l’autorité chargée du travail, sous réserve des traités et conventions conclus par l’Algérie. Le permis est lié à un emploi déterminé auprès d’un seul employeur et sa durée ne peut dépasser 2 ans, avec renouvellement dans les mêmes conditions. L’autorisation temporaire couvre une activité de 3 mois au plus et ne se renouvelle qu’une fois par an. Les travaux exceptionnels de 15 jours au plus, dans la limite de 3 mois cumulés par an, sont dispensés d’autorisation temporaire.
La délivrance suppose que le poste ne puisse pas être pourvu par un travailleur national, que le candidat dispose des titres et qualifications requis et que le contrôle sanitaire soit satisfaisant. Le dossier est déposé par l’employeur, accompagné d’un rapport motivé et de l’avis des représentants des travailleurs. La loi prévoit un niveau de qualification au moins équivalent à celui de technicien, avec des exceptions pour les ressortissants d’États liés à l’Algérie par une convention et pour les réfugiés. Les conjoints étrangers de citoyens algériens obtiennent un permis de travail de 2 ans sur présentation de leurs documents d’état civil.
Côté entrée sur le territoire, le visa de travail réclame l’autorisation provisoire de travail, le contrat de travail et une attestation par laquelle l’employeur s’engage à assurer le rapatriement du salarié à la fin du contrat (ministère algérien des Affaires étrangères). Un permis de travail, une autorisation temporaire ou la déclaration d’emploi d’un travailleur non soumis au permis figure ensuite dans le dossier de la carte de résident.
Emploi pour un Français en Algérie : qui recrute et sur quels profils
Le marché local du travail est dense : l’enquête de l’ONS d’octobre 2024 évalue le chômage à 9,7 %, et la loi exige que le poste ne puisse pas être occupé par un candidat national. Les recrutements d’expatriés concernent donc surtout l’encadrement, les expertises techniques rares et les filiales de groupes étrangers. Selon la Direction de la diplomatie économique, 147 filiales d’entreprises françaises sont présentes et emploient 17 590 personnes pour un chiffre d’affaires estimé à 2,7 milliards d’euros (2023). Le stock d’investissements français atteint 3,1 milliards d’euros en 2024, et la France figure parmi les principaux investisseurs étrangers, derrière les États-Unis et l’Italie (FMI, 2023).
Les investissements français se dirigent vers les services financiers, l’industrie manufacturière et les industries extractives (Direction générale du Trésor). Les exportations françaises vers l’Algérie sont dominées par la construction automobile, les machines, les produits pharmaceutiques et l’aéronautique (Douanes françaises, 2025). Pour une recherche d’emploi ou une implantation, les interlocuteurs officiels sont le service économique régional d’Alger (Direction générale du Trésor), Business France et la Chambre algéro-française de commerce et d’industrie, dont les coordonnées figurent dans la rubrique voyages d’affaires de France Diplomatie. Les visas d’affaires exigent une lettre de mission de l’employeur ou une invitation d’un partenaire algérien, ainsi qu’une réservation d’hôtel ou une attestation de prise en charge.
SNMG, salaires moyens et cotisations
Le salaire national minimum garanti est fixé à 24 000 DA par mois, soit 138,46 DA de l’heure pour 40 heures hebdomadaires (173,33 heures par mois), par le décret présidentiel n° 26-01 signé le 7 janvier 2026, avec effet au 1er janvier 2026. Il remplace le montant de 20 000 DA fixé en 2021. Au cours officiel du 1er octobre 2026 (environ 151 DA pour 1 €), 24 000 DA représentent environ 159 €.
Pour les salaires effectifs, le repère officiel le plus récent est l’enquête annuelle de l’ONS auprès des entreprises, relative à mai 2022 : le salaire net moyen atteint 43 500 DA (environ 288 €), soit 61 300 DA dans le secteur public et 35 200 DA dans le privé. Il s’élève à 83 800 DA pour les cadres, 51 200 DA pour la maîtrise et 31 200 DA pour l’exécution. Les industries extractives (hydrocarbures et mines) sont les mieux rémunérées, avec 114 100 DA, devant les activités financières (64 300 DA) ; la construction (32 900 DA) et l’immobilier et services aux entreprises (36 400 DA) affichent les niveaux les plus bas. Le salaire net est le salaire brut diminué de l’impôt sur le revenu global, des cotisations de sécurité sociale et de retraite. Ces moyennes datent d’avant la revalorisation du SNMG.
Les cotisations de sécurité sociale sont partagées entre l’employeur et le salarié et financent les assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, décès), la retraite, les accidents du travail et le chômage ; les taux en vigueur figurent dans la rubrique « Les cotisations en Algérie » du CLEISS. Pour un expatrié, le contrat précise la rémunération, le logement éventuel et la couverture santé complémentaire.
Statuts : détachement, contrat local et activité indépendante
Contrat local : le salarié embauché par une entreprise algérienne est affilié à la CNAS par son employeur. Avant le départ, il demande à sa caisse française le formulaire SE 352-03 (attestation de totalisation des périodes d’assurance), qui permet à la CNAS de tenir compte de ses périodes en France pour ouvrir ses droits maladie-maternité. Ses ayants droit restés en France peuvent obtenir une attestation d’affiliation (formulaire SE 352-07) pour être soignés en France (CLEISS).
Détachement : le salarié envoyé par son employeur français reste au régime français jusqu’à 3 ans avec le formulaire SE 352-01, prolongeable de 2 ans ; la comparaison des deux statuts est détaillée dans le guide détaché ou expatrié et dans le glossaire (détaché, contrat local).
Activité indépendante : commerçants, artisans et professions libérales relèvent de la CASNOS, qui gère les cotisations et le remboursement des soins des non-salariés. La justification d’une activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale figure parmi les pièces de la carte de résident, et l’attestation d’affiliation à la CASNOS de moins de 3 mois est exigée pour la carte de 10 ans (ministère algérien de l’Intérieur).
Sociétés étrangères et règle 51/49 : ce qui a changé
La règle dite 51/49, entrée en vigueur en 2009, imposait aux investisseurs étrangers de s’associer avec un partenaire algérien détenant au moins 51 % du capital. La loi de finances complémentaire de 2020 a levé cette obligation hors secteurs stratégiques. La loi n° 22-18 du 24 juillet 2022 relative à l’investissement la supprime pour l’ensemble des investissements, à l’exception de certains secteurs stratégiques (Direction générale du Trésor).
La règle des 51 % reste applicable dans cinq secteurs : les mines et activités extractives ; l’amont du secteur de l’énergie et l’exploitation des réseaux associés à l’énergie électrique et aux hydrocarbures ; les industries relevant du ministère de la Défense nationale ; les chemins de fer, ports et aéroports ; les industries pharmaceutiques (avec des exceptions pour certains produits innovants à forte valeur ajoutée). Les réformes de 2020 ont aussi supprimé l’obligation de recourir au financement local et le droit de préemption de l’État sur les cessions de parts. Une création de société, une filiale ou un bureau de représentation se prépare avec un conseil local et le service économique régional d’Alger, car la liste précise des activités concernées relève de textes d’application.
Télétravail et activité à distance depuis l’Algérie
La liste des visas publiée par le ministère algérien des Affaires étrangères (tourisme, affaires, études, travail, famille, médical, culturel, transit) ne mentionne pas de visa dédié au télétravail. Un salarié qui travaille à distance pour son employeur français pendant un séjour en Algérie se renseigne auprès du consulat d’Algérie sur le visa adapté à la durée de son séjour : un visa touristique ou familial couvre jusqu’à 90 jours par entrée, et toute activité exercée pour une entité algérienne exige un permis de travail. Pour une installation durable avec activité indépendante, la carte de résident repose sur la justification de l’activité exercée et l’affiliation à la CASNOS.
Côté protection sociale, un télétravailleur reste au régime de son employeur s’il est détaché ; sinon, il choisit une couverture adaptée, comme la CFE ou une assurance santé internationale. Les offres pour profils mobiles sont présentées sur la page assurance nomade digital et dans le guide du nomade digital.
Économie de l’Algérie : PIB, croissance et hydrocarbures
Avec environ 47,3 millions d’habitants (FMI, 2025), l’Algérie affiche un PIB de 287 milliards de dollars en 2025, soit 6 051 dollars par habitant (Banque mondiale). L’indice de développement humain du PNUD place le pays au 96e rang en 2023 (0,763). La croissance a été de 3,9 % en 2025, avec 3,8 % attendus en 2026 (FMI) ; le secteur hors hydrocarbures a progressé de 4,3 % en 2025. En 2025, selon la Banque mondiale, les services représentent 45,7 % de la valeur ajoutée, l’industrie et la construction 34,8 % et l’agriculture 14,5 %.
Les hydrocarbures dominent les échanges : les produits minéraux, dont le pétrole et le gaz, forment 91 % des exportations en 2023 (Direction générale du Trésor). Dans les achats français à l’Algérie, les hydrocarbures naturels pèsent 74 % et les produits pétroliers raffinés 15 % en 2025 (Douanes françaises). Le FMI retient un prix du pétrole de 69,4 dollars le baril en 2025 et de 92,6 dollars en 2026, hypothèse qui explique la reprise attendue des exportations et des recettes budgétaires.
Inflation, dinar, finances publiques et diversification
Inflation : la Banque mondiale mesure 1,42 % en moyenne annuelle en 2025, après 4,05 % en 2024 et 9,32 % en 2023. L’ONS relève une hausse de 6,7 % sur un an en juillet 2026 pour l’indice national, et le FMI note que l’inflation est remontée de -2,0 % en septembre 2025 à 5,2 % en avril 2026, avec la fin de la déflation des prix alimentaires. Dinar : le cours officiel est d’environ 151 DA pour 1 € et 134 DA pour 1 USD au 1er octobre 2026 (Banque d’Algérie) ; le FMI recommande une plus grande flexibilité du taux de change.
Finances publiques et extérieur : le déficit budgétaire atteint 10,5 % du PIB en 2025 et 9,6 % sont projetés pour 2026 ; la dette publique représente 52,1 % du PIB ; le solde courant passe de -8,9 % du PIB en 2025 à -1,9 % en 2026 ; les réserves de change brutes s’élèvent à 51,0 milliards de dollars en 2025 (8,6 mois d’importations) et 46,5 milliards sont projetés en 2026 (FMI). Le FMI salue les efforts de diversification, notamment dans les secteurs minier et agricole, et recommande la consolidation budgétaire, une réforme graduelle des subventions énergétiques avec un soutien ciblé aux ménages vulnérables, et des réformes en faveur d’une croissance tirée par le secteur privé. Ces fondamentaux, favorables au pouvoir d’achat des revenus en euros mais exposés aux prix des hydrocarbures, rejoignent les enjeux de la page vivre en Algérie. Avant de signer un contrat, vérifiez aussi la couverture santé : voir la page remboursement des soins en Algérie.
Repères économiques de l’Algérie en un tableau
| Indicateur | Valeur | Source et période |
|---|---|---|
| PIB en dollars courants | 287 milliards | Banque mondiale, 2025 |
| PIB par habitant | 6 051 dollars | Banque mondiale, 2025 |
| Croissance du PIB | 3,9 % (3,8 % prévus en 2026) | FMI, 2025 |
| Croissance hors hydrocarbures | 4,3 % | FMI, 2025 |
| Inflation sur un an | 6,7 % (indice national) | ONS, juillet 2026 |
| Chômage | 9,7 % | ONS, enquête d’octobre 2024 |
| Déficit budgétaire | 10,5 % du PIB | FMI, 2025 |
| Réserves de change brutes | 51,0 milliards de dollars (8,6 mois d’importations) | FMI, 2025 |
| Part des hydrocarbures dans les exportations | 91 % | Direction générale du Trésor, 2023 |
| SNMG | 24 000 DA par mois | Décret présidentiel n° 26-01, depuis le 1er janvier 2026 |
| Cours officiel du dinar | 151 DA pour 1 € ; 134 DA pour 1 USD | Banque d’Algérie, 1er octobre 2026 |
Les valeurs de 2025 sont des estimations ou des mesures provisoires selon les organismes ; les projections 2026 peuvent être révisées.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler en Algérie sans permis de travail ?
Tout étranger qui exerce une activité salariée en Algérie doit détenir un permis de travail (2 ans au plus, renouvelable) ou une autorisation de travail temporaire (3 mois au plus), délivrés par l’autorité chargée du travail à la demande de l’employeur. Des travaux exceptionnels de 15 jours au plus, dans la limite de 3 mois cumulés par an, sont dispensés d’autorisation temporaire.
Quel est le SNMG en Algérie ?
Le salaire national minimum garanti est de 24 000 DA par mois, soit 138,46 DA de l’heure pour 40 heures hebdomadaires, depuis le 1er janvier 2026 (décret présidentiel n° 26-01). Il était de 20 000 DA auparavant. Au cours officiel du 1er octobre 2026, cela représente environ 159 €.
Quel est le salaire moyen en Algérie ?
Le salaire net moyen mesuré par l’ONS en mai 2022 est de 43 500 DA par mois (61 300 DA dans le public, 35 200 DA dans le privé). Il atteint 114 100 DA dans les industries extractives et 83 800 DA pour les cadres. Ces données précèdent la revalorisation du SNMG de 2026.
La règle 51/49 existe-t-elle encore en Algérie ?
La loi n° 22-18 du 24 juillet 2022 supprime la règle 51/49 pour l’ensemble des investissements, sauf dans cinq secteurs stratégiques : mines et extraction, amont énergétique et réseaux associés, industries de défense, chemins de fer, ports et aéroports, industries pharmaceutiques (avec exceptions). Un conseil local confirme le cas de chaque activité.
Quelle protection sociale pour un salarié français en Algérie ?
Un salarié en contrat local est affilié à la CNAS par son employeur ; un salarié détaché reste au régime français jusqu’à 3 ans (formulaire SE 352-01), prolongeable de 2 ans ; un indépendant relève de la CASNOS. Une complémentaire ou une assurance santé internationale peut compléter ces régimes, notamment pour le secteur privé.
Peut-on faire du télétravail depuis l’Algérie ?
Les visas publiés par le ministère algérien des Affaires étrangères ne comprennent pas de catégorie télétravail. Un séjour de moins de 90 jours par entrée relève d’un visa touristique ou familial ; pour une installation durable, renseignez-vous auprès du consulat d’Algérie. Toute activité pour une entité algérienne exige un permis de travail.
Sur quoi repose l’économie algérienne ?
Sur les hydrocarbures, qui forment 91 % des exportations (Direction générale du Trésor, 2023), et sur des secteurs en développement : services (45,7 % de la valeur ajoutée), industrie et construction (34,8 %), agriculture (14,5 %) en 2025 (Banque mondiale). Le FMI salue les efforts de diversification, notamment dans les secteurs minier et agricole.
Quelle est la croissance de l’économie algérienne ?
Le FMI estime la croissance du PIB à 3,9 % en 2025 et prévoit 3,8 % pour 2026 ; le secteur hors hydrocarbures a progressé de 4,3 % en 2025. Le déficit budgétaire (10,5 % du PIB en 2025) et la baisse des réserves de change restent des points de vigilance.
Les autres guides : Algérie
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- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.