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Algérie · Système de santé

Système de santé algérien : hôpitaux publics, cliniques privées, CNAS, carte Chifa et urgences

L’essentiel

Le système de santé algérien associe un secteur public (CHU, établissements publics hospitaliers, établissements de santé de proximité et polycliniques) et un secteur privé de cabinets et de cliniques, surtout présent dans les grandes villes. L’assurance maladie obligatoire est gérée par la CNAS pour les salariés et la CASNOS pour les non-salariés ; les prestations en nature sont remboursées à 80 %, et la carte Chifa permet le tiers payant chez les médecins et pharmaciens conventionnés. Depuis l’arrêté du 13 juillet 2023, les résidents étrangers règlent les soins publics à des tarifs réglementés, par exemple 800 DA pour une consultation de médecine générale. En urgence, le 14 joint la protection civile ; le SAMU dispose de numéros locaux.

  • Remboursement de base de 80 % des prestations en nature par la CNAS, porté à 100 % pour l’hospitalisation, les affections de longue durée et à partir du 16e jour d’arrêt de travail (CNAS).
  • Tarifs publics pour les résidents étrangers (arrêté du 13 juillet 2023) : 800 DA la consultation de généraliste, 1 800 DA celle de spécialiste, 6 000 DA la nuit en EPH et 7 000 DA en CHU.
  • Espérance de vie à la naissance de 76,5 ans en 2024 (Banque mondiale).
  • Dépenses courantes de santé : 4,35 % du PIB en 2023, contre 3,63 % en 2022 (Banque mondiale).
  • Carte Chifa : tiers payant dans les pharmacies conventionnées de tout le territoire, quel que soit le centre de paiement d’affiliation (CNAS).
  • Urgences : 14 pour la protection civile et les pompiers ; 1548 pour la police et 1055 pour la gendarmerie (France Diplomatie).

Le système de santé algérien en bref : secteur public et secteur privé

Le secteur public est organisé en plusieurs niveaux : les centres hospitalo-universitaires (CHU), qui assurent les cas complexes et la formation médicale, les établissements publics hospitaliers (EPH), les établissements hospitaliers spécialisés (EHS) et les établissements publics de santé de proximité (EPSP), qui regroupent polycliniques et salles de soins. Les CHU d’Alger, comme Mustapha, Lamine-Debaghine et Nafissa-Hamoud, et ceux des grandes villes sont les établissements de référence ; le Centre Pierre-et-Marie-Curie, à Alger, est un établissement public de référence en oncologie.

Le secteur privé comprend des cabinets de médecins et de spécialistes, des laboratoires, des centres d’imagerie et des cliniques, concentrés à Alger, Oran et Constantine. Il offre des délais plus courts et davantage de confort, avec une facturation à l’acte supérieure aux tarifs de référence de l’assurance maladie. Quelques repères de santé publique : l’espérance de vie à la naissance est de 76,5 ans en 2024 et la dépense courante de santé de 4,35 % du PIB en 2023 (Banque mondiale), pour une population de 47,4 millions d’habitants en 2025.

Assurance maladie : CNAS, CASNOS et carte Chifa

La CNAS (Caisse nationale des assurances sociales) couvre les salariés, mais aussi les étudiants, stagiaires et apprentis, et gère l’assurance maladie, la maternité, l’invalidité, les accidents du travail, les allocations familiales et le décès. La CASNOS (Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés) couvre les commerçants, artisans et professions libérales. Les ayants droit comprennent le conjoint sans activité et les enfants de moins de 18 ans (21 ans en études, 25 ans en apprentissage), sans limite d’âge en cas d’infirmité (CLEISS).

La carte Chifa est la carte de sécurité sociale qui identifie l’assuré et ses ayants droit. Elle s’obtient auprès du centre de paiement d’affiliation avec une photo d’identité sur fond clair et une copie de la pièce d’identité. Elle se présente chez les médecins, pharmaciens et opticiens conventionnés et lors des démarches auprès des centres de paiement. Elle bénéficie notamment aux salariés, aux assurés atteints de maladies chroniques prises en charge à 100 %, aux retraités et pensionnés d’invalidité (taux d’incapacité d’au moins 50 %) et à leurs ayants droit (CNAS).

Un résident étranger affilié à la CNAS par son employeur ou à la CASNOS par son activité dispose des mêmes droits qu’un assuré algérien. Les profils sans affiliation (retraité, conjoint, étudiant) relèvent d’autres voies, décrites sur la page remboursement des soins en Algérie.

Ce que l’assurance maladie rembourse, et ce qui reste à charge

  • Prestations en nature : frais médicaux, chirurgicaux et d’hospitalisation, appareillage et prothèses, soins et prothèses dentaires, optique médicale, cures thermales. Le taux de base est de 80 % du tarif de référence ; il passe à 100 % à partir du 16e jour d’un arrêt de travail, pour l’hospitalisation et pour les affections de longue durée (CNAS).
  • Indemnités journalières : en cas d’arrêt maladie, l’indemnité est de 50 % du salaire pendant les 15 premiers jours ; l’arrêt se déclare dans un délai de 2 jours ouvrables avec le certificat médical (CNAS).
  • Maternité : suivi prénatal (examens aux 3e, 6e et 8e mois) et examen postnatal ; la salariée bénéficie d’un congé de maternité de 150 jours remboursé à 100 % du salaire cotisé (CLEISS).

Le ticket modérateur de 20 % et la différence entre le prix facturé et le tarif de référence restent à la charge de l’assuré, sauf s’il adhère à une mutuelle conventionnée ; les médicaments hors liste remboursable ne sont pas pris en charge. Voir le ticket modérateur et le reste à charge.

Médecins et pharmacies conventionnés : comment fonctionne le tiers payant

La CNAS tient un réseau de médecins conventionnés et de pharmacies conventionnées. Chez ces professionnels, la carte Chifa active le tiers payant : le patient ne règle que sa quote-part, et la CNAS paie directement le reste. En pharmacie, la carte est lue par le lecteur, qui vérifie les droits et lance la transaction ; elle fonctionne dans toutes les pharmacies conventionnées du territoire, quel que soit le centre de paiement d’affiliation (CNAS).

Les conditions du tiers payant varient selon la catégorie d’assuré : les personnes atteintes de maladies chroniques, les retraités, les titulaires d’une pension d’invalidité d’au moins 50 % et les personnes de 75 ans et plus bénéficient de conditions étendues, tandis que les salariés en activité sont soumis à des plafonds fixés par la CNAS. Pour un remboursement hors tiers payant, la prescription est présentée avec les vignettes des médicaments. En dehors du réseau conventionné, le patient avance les frais et demande le remboursement ; la vérification du réseau conventionné évite les surprises.

Hôpitaux publics : accès, tarifs pour les étrangers et affluence

L’arrêté du ministère de la Santé du 13 juillet 2023 fixe les montants à régler par les personnes étrangères dans les établissements publics de santé : 800 DA pour une consultation de médecine générale ou de chirurgie dentaire, 1 800 DA pour un spécialiste, 5 000 DA pour une hospitalisation dans un service d’urgences, 6 000 DA par nuit en EPH ou en établissement spécialisé et 7 000 DA en CHU, soit 1 000 DA de plus. Pour les services d’urgences spécialisés, comme la cardiologie ou l’hématologie, le tarif est de 50 000 DA la nuit. Les examens complémentaires sont facturés en sus. Les réfugiés et les personnes en situation irrégulière ne sont pas concernés par ces tarifs.

Ces tarifs sont inférieurs aux fourchettes du secteur privé. En contrepartie, les établissements publics reçoivent une forte affluence, avec des délais d’attente pour les consultations spécialisées et les actes programmés. Pour une hospitalisation programmée, un devis et une confirmation de prise en charge écrite sont recommandés. France Diplomatie souligne que les frais médicaux ne sont en aucun cas pris en charge par l’ambassade de France.

Cliniques et cabinets privés : qualité des soins et devis

Le secteur privé est utilisé par de nombreux résidents étrangers pour la rapidité des rendez-vous, le confort et l’accès à l’imagerie. Les honoraires sont libres et réglés en général à la sortie ; une garantie financière peut être demandée avant une hospitalisation programmée. Les tarifs varient d’un établissement à l’autre : pour une imagerie, une intervention ou un accouchement, un devis écrit avant l’admission permet de comparer et de faire valider la prise en charge par l’assureur.

Le guide pour budgétiser sa santé aide à estimer un budget annuel.

Médicaments et pharmacies

Les médicaments se délivrent en pharmacie. Le remboursement porte sur les produits de la liste remboursable, calculé sur un tarif de référence ; les produits non remboursables et la différence avec le prix de référence restent à la charge de l’assuré (CNAS). France Diplomatie recommande d’éviter les médicaments achetés dans la rue en raison du risque de contrefaçons et de transporter ses traitements dans leur emballage d’origine, avec l’ordonnance.

Avant le départ, France Diplomatie recommande de mettre à jour les vaccins habituels (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole) et de consulter son médecin ou un centre de vaccinations internationales pour les vaccins complémentaires, dont l’hépatite A et B, la fièvre typhoïde et la rage selon le profil. Une alerte sanitaire sur la hausse des cas de rougeole a été publiée le 13 mars 2026. Pour les traitements chroniques, prévoyez une réserve suffisante et l’ordonnance en français.

Urgences, numéros utiles et couverture à prévoir

Les numéros nationaux sont le 14 pour les pompiers et la protection civile, le 1548 pour la police et le 1055 pour la gendarmerie. Le SAMU fonctionne avec des numéros locaux : à Alger, le 16 ou le 021 61 00 17 ; à Oran, le 3016 ou le 041 40 31 31 ; à Annaba, le 038 40 51 52 ou le 038 40 51 77 (consulats de France). L’ambassade de France à Alger répond au +213 21 98 17 17, y compris en dehors des horaires d’ouverture. Notez ces numéros, ainsi que l’adresse de l’établissement d’urgences le plus proche de votre domicile.

Pour sécuriser votre couverture, combinez le régime applicable à votre statut avec une protection adaptée : assistance et rapatriement (voir rapatriement et assistance), complémentaire locale, CFE ou assurance santé internationale remboursant les frais réels (voir assurance santé expatrié). Expavy aide à comparer ces garanties. Le guide des systèmes de santé replace le système algérien dans une vue d’ensemble, et la page vivre en Algérie complète l’installation.

Tarifs réglementés des soins publics pour les résidents étrangers

Acte ou séjourTarif réglementéÉquivalent indicatif
Consultation de médecine générale ou de chirurgie dentaire800 DAenviron 5,30 €
Consultation de spécialiste1 800 DAenviron 11,90 €
Hospitalisation dans un service d’urgences5 000 DAenviron 33 €
Nuit d’hospitalisation en EPH ou établissement spécialisé6 000 DAenviron 40 €
Nuit d’hospitalisation en CHU7 000 DAenviron 46 €
Nuit en urgences spécialisées (cardiologie, hématologie)50 000 DAenviron 331 €

Arrêté du ministère de la Santé du 13 juillet 2023 ; examens complémentaires facturés en sus ; réfugiés et personnes en situation irrégulière non concernés. Équivalents calculés au cours officiel du 1er octobre 2026 (environ 151 DA pour 1 €).

Questions fréquentes

Les soins sont-ils gratuits pour un étranger en Algérie ?

Non : depuis l’arrêté du ministère de la Santé du 13 juillet 2023, les personnes étrangères règlent des tarifs réglementés dans les établissements publics (800 DA pour une consultation de généraliste, 1 800 DA pour un spécialiste, 6 000 DA la nuit en EPH, 7 000 DA en CHU). Les réfugiés et les personnes en situation irrégulière ne sont pas concernés.

Qu’est-ce que la carte Chifa ?

C’est la carte de sécurité sociale algérienne délivrée par la CNAS, qui identifie l’assuré et ses ayants droit. Elle permet le tiers payant chez les médecins, pharmaciens et opticiens conventionnés : l’assuré ne règle que sa quote-part et la CNAS paie directement le reste. Elle s’obtient auprès du centre de paiement d’affiliation avec une photo d’identité et une copie de la pièce d’identité.

Quel est le taux de remboursement de la CNAS ?

Les prestations en nature sont remboursées à 80 % du tarif de référence. Le taux passe à 100 % à partir du 16e jour d’arrêt de travail, pour l’hospitalisation et pour les affections de longue durée. Le ticket modérateur de 20 % et l’écart avec le prix facturé restent à la charge de l’assuré, sauf mutuelle conventionnée.

Quelle différence entre la CNAS et la CASNOS ?

La CNAS couvre les salariés (ainsi que les étudiants, stagiaires et apprentis) ; la CASNOS couvre les non-salariés : commerçants, artisans et professions libérales. Chacune affilie l’assuré et ses ayants droit et gère le remboursement des soins.

Quels numéros appeler en cas d’urgence en Algérie ?

Le 14 pour les pompiers et la protection civile, le 1548 pour la police et le 1055 pour la gendarmerie. Le SAMU fonctionne avec des numéros locaux : à Alger, le 16 ou le 021 61 00 17 ; à Oran, le 3016 ou le 041 40 31 31. L’ambassade de France à Alger répond au +213 21 98 17 17.

Combien coûte une consultation dans le privé en Algérie ?

Les honoraires du privé sont libres et nettement supérieurs aux tarifs réglementés du public (800 DA pour un généraliste, 1 800 DA pour un spécialiste pour un résident étranger). Demandez le tarif à la prise de rendez-vous et un devis pour les actes lourds et l’hospitalisation.

Faut-il une assurance santé en plus du régime algérien ?

France Diplomatie juge impératif de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance couvrant tous les frais médicaux, dont la chirurgie et l’hospitalisation, et le rapatriement sanitaire ; ces frais ne sont jamais pris en charge par l’ambassade. Une complémentaire ou une assurance au premier euro couvre l’écart avec les tarifs de référence et les frais du secteur privé.

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